dimanche 12 avril 2015

Vite, des grand-mamans caresses à la rescousse de l’UQÀM !

Que ceux et celles qui déplorent le désengagement de l’État envers les déshérités de notre société se rassurent.  Il existe un ilot, sédentaire celui-là et non voyageur, qui, à l’instar d’un célèbre village gaulois, résiste encore et toujours à l’envahisseur qu’a été l’implacable désinstitutionalisation.

L'UQÀM, à jamais foyer de notre démocratie...
Qui oserait en effet encore affirmer de nos jours que l’État a abandonné ses plus jeunes sujets hypothéqués, quand preuve est donnée quotidiennement que ces pauvres hères ont trouvé un ultime refuge en l’UQÀM, un havre à la mesure de leurs problématiques comportementales, de leurs limites démesurées, et qui tient compte de leur tragique difficulté à s’insérer dans notre société pour y jouer un rôle constructif ?

Bien sûr, tous les étudiants de cette originale institution ne sont pas aussi cruellement affligés que ceux qui, soutenus par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), vandalisent, « manifestent » illégalement et empêchent leurs confrères et consoeurs de suivre leurs cours tout en les intimidant et en les empêchant de parler aux journalistes, qu’ils repoussent à leur tour.   

 Soulignons au passage le mérite de ces autres jeunes gens, qui ont conçu l’audacieux projet de compléter sérieusement leurs études dans cette « université », en plus d’espérer être un jour pris au sérieux par d’éventuels employeurs une fois leur diplôme obtenu.

Une université féministe et militante avant tout

L’UQÀM qui, en cette période d’austérité, a réussi l’exploit de cumuler 2,1 M $ en financement d’études féministes en 2011, soutient à elle seule le Groupe de recherche interdisciplinaire sur l’antiféminisme (GIRAF), l’Institut de recherche et d’études féministes (IREF) ainsi que le Réseau québécois en études féministes (RÉQF), en plus de financer une pléthore de sujets de recherches féministes des plus enthousiasmants.  Ce portrait est-il assez féministe ?

Comment alors se surprendre du soutien militant de l’ASSÉ aux insurgés de cette institution, à la lecture de cet extrait de leur présentation : «Depuis ses premiers balbutiements, l’ASSÉ s’est définie comme une organisation féministe prônant un système d’éducation auquel est intégrée une analyse féministe et appuyant les luttes féministes, qu’elles soient étudiantes ou non. »  Vous avez bien lu : « analyse » et « féministe » dans une même phrase, quelle audace !

Soutenus par une vingtaine de professeurs militants dans leurs efforts désespérés en vue de faire triompher leur conception si originale de la démocratie, malgré une évidente majorité de dissidents anti « grève », les manifestants ont courageusement affiché leur désunion au sein d’un pavillon réfractaire à leurs revendications, sans doute parce que ses occupants cherchent encore à en comprendre le sens.

Voici le résultat des efforts de sensibilisation des rebelles, relatés dans le Journal de Montréal : « Vitres cassées, savon à vaisselle déversé dans les escaliers, machines distributrices défoncées et pillées, débris répandus partout, cages d'escaliers bloquées par des chaises et de tables; c'est le portrait auquel ont eu droit les employés de l'institution scolaire jeudi matin au lendemain d'une soirée pour le moins mouvementée. Les cours ont même dû être annulés toute la journée parce que le pavillon J.-A.-DeSève avait été véritablement saccagé. »

Tout en condamnant ces actes de vandalisme commis le 8 avril, la présidente du Syndicat des professeurs de l’UQÀM, Michèle Nevert, professeure de littérature et titulaire du cours Écriture et folie, a déploré le recours patriarcal aux forces policières par le recteur Robert Proulx en qualifiant cette manoeuvre d’ « erreur de gestion de crise ».

Sandrine Ricci
Sandrine Ricci, présidente du Centre des femmes de l’UQÀM, coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes et chercheuse sur l’actualisation des analyses féministes des manifestations contemporaines de la violence envers les femmes, est allée encore plus loin en demandant, appuyée de professeurs et d’étudiants, la démission pure et simple du recteur, qui lui a infligé la violence ultime de la lui refuser. 

On pouvait lire dans le site de Radio-Canada que la féministe avait « sévèrement blâmé l'UQAM «   et le recteur en particulier » pour leur attitude dans le conflit, ainsi que pour leur incapacité à assurer un environnement « sain et sécuritaire pour l'ensemble de la communauté uqamienne », dont des conditions propices à l'enseignement. Elle a dénoncé « l'instrumentalisation » des employés de l'UQAM faite par la direction pour « justifier les injonctions et la criminalisation du militantisme étudiant ».

Des grand-mamans caresses….

Comment peut-on en effet songer à criminaliser quelques banales sautes d’humeur estudiantines et ne pas donner raison à Mme Ricci, digne ambassadrice des valeurs féminines de compassion et de compréhension ? Une attitude conditionnée par de telles valeurs, sans doute, aurait calmé instantanément ces jeunes incompris qui, à l’évidence, éprouvent de si visibles difficultés à se comprendre eux-mêmes.  Et depuis quand dérange-t-on la police pour des cas de vandalisme ?  Absurde !

La Ville de Montréal devrait sans plus tarder se prémunir d’un commando d’élite bien mieux indiqué pour gérer de façon harmonieuse ces crises estudiantines : une escouade de grand-mamans caresses.   Au lieu de parachuter de phallocrates policiers au sein d’un groupe d’étudiants déjà survoltés, pourquoi ne pas leur envoyer des octogénaires surentrainées, disposant pour toutes armes des cafetières remplies de chocolat chaud à la guimauve, des sucres à la crème, de chaudes mitaines et des écharpes en Phentex assorties à des cagoules aux motifs chatoyants ? 

Imaginez les étudiants, se sentant enfin compris dans le tréfonds de leur révolte, assis sur les genoux de ces providentielles intervenantes qui, enfin, les berceraient et leur dispenseraient toute la compréhension et la tendresse qui leur fait si cruellement défaut de la part des figures froidement patriarcales que sont le recteur Proulx, le ministre de l’Éducation, François Blais, et les policiers du SPVM ?

Oui, Mme Ricci a bien raison de ne pas tenter de responsabiliser aussi brutalement les victimes d’un système qui ne les a jamais préparés à devenir responsables. Elle a tout aussi bien fait d’omettre de leur indiquer le rôle qu’elles auraient pu jouer quant à « leur attitude dans le conflit »,  en plus d’éviter de leur mettre sous le nez « leur incapacité à assurer un environnement «  sain et sécuritaire pour l'ensemble de la communauté uqamienne ».   

Une telle attitude, en plus de culpabiliser aussi indument ces êtres innocents, deviendrait pire encore que la manifestation du patriarcat le plus vil : elle serait résolument antiféministe !

samedi 4 avril 2015

Bal des martyrs d’Allah et poursuites « judicieuses » ?

N’est-il pas stupéfiant de constater à quel point le rôle de messager d’Allah et de porteur de la parole de son sympathique et décontracté prophète, Mahomet, peut entrainer de conséquences funestes pour ceux et celles qui se consacrent à cette si astreignante mission ?  Tels les martyrs chrétiens jetés en pâture aux lions affamés lors des jeux du cirque dans la Rome antique, ces êtres innocents, dénués de toute malice, sont de plus en plus nombreux à se voir harcelés sous la lumière crue des projecteurs de la voracité médiatique, en plus de se trouver injustement condamnés par notre coupable intolérance.  Honte, honte, sur nous !

Hamza Chaoui, victime de Denis Coderre...
Prenez l’expansif et rieur imam Hamza Chaoui, par exemple, dont le perpétuel sourire s’est brutalement assombri sous les propos diffamatoires du sinistre maire de Montréal, Denis Coderre.  Encore un intolérant, celui-là, incapable de s’ouvrir à l’autre, de le respecter dans sa différence, sous prétexte que les valeurs du méritant personnage qu’il persécute différent quelque peu des nôtres au plan de l’égalité homme femme, notamment.

Il blâme ce prêcheur pour avoir dit que les femmes avaient besoin d’un tuteur et que la démocratie est incompatible avec l’islam, puisqu’elle peut contribuer à faire élire des représentants homosexuels ou athées !  En clair, le politicien condamne ce pauvre homme pour de légères digressions d'avec notre vivre-ensemble.  Comment s’étonner que ce dernier demande réparation devant la justice ?

Je ne reviendrai pas sur le cas ô combien pathétique d’Adil Charkaoui, ce démocrate dont les aptitudes de découvreur de talents ne sont plus à vanter, pas plus que je ne m’étendrai sur celui de son acolyte, l’imam Salam Elmenyawi, cet ardent promoteur de la sharia, un style de vie dont les mérites encourageant la paix domestique coulent de source.  Faut-il rappeler que le saint marocain a dû menacer de poursuites les deux cégeps qui l’avaient banni sous les prétextes les plus anodins, en plus de continuer à exiger 24,5 M $ du gouvernement fédéral  ?

Et que dire des cette multicolore hijab Barbie, dont je tairai le nom afin de préserver sa sécurité, sans doute aussi menacée que celle de Judith Lussier l’été en petite robe blanche !  Cette infortunée trouve heureusement un salutaire réconfort dans le soutien de sa fluorescente avocate, militante dont les valeurs féministes nous catapultent dans un émerveillement béat.  Comment expliquer à cette jeune fille que ses propres commentaires, émis lors d’une émission dominicale à forte cote d’écoute, ont bien davantage concouru à son malheur, par l’intolérance populaire qu’ils ont suscités, que les propos des personnes et sites qu’elle a décidé de poursuivre en justice ? 

Au fond, peut-être devrait-elle s’en prendre à l’animateur de cette émission fatidique, qui l’a attirée dans un sournois guet-apens ou, pourquoi pas, envisager de se poursuivre elle-même ?  Qui n’a pas besoin d’un hobby ?

Djemila Benhabib, intolérante...
Du côté scolaire, une école privée a décidé de condamner l’intolérance de Djemila Benhabib, cette autre militante laïque résolument fermée à l’incomparable apport de l’islam à notre collectivité.  Figurez-vous que, après avoir visité le site Web de l'institution nommée Les Écoles musulmanes de Montréal, elle a osé déclarer : «Ça ressemble à l'endoctrinement digne d'un camp militaire en Afghanistan ou au Pakistan.» Joignant l’injure à l’insulte, elle a précisé plus loin que les sourates (versets coraniques) proposées aux enfants avaient un «caractère extrêmement violent» et «misogyne et sexiste».   L’islam, violent, misogyne et sexiste !  Il y en a pour voir le mal partout…  Faut-il s’étonner si cette école, si injustement fustigée, a elle aussi décidé de poursuivre son agresseuse ?

Plus récemment, un père de famille résolument islamophobe a reçu une mise en demeure pour avoir affirmé sur les réseaux sociaux qu’il ne voulait pas que son enfant soit endoctriné par une « religion de marde » en parlant bien sûr de l’islam.  Imaginez l’intolérance !  Ne devrait-on pas soustraire son fils de huit ans à l’autorité paternelle d’un tel individu et confier son éducation à un centre de loisirs musulman tout près de chez lui ?  Saluons au passage l’intervention éclairée de la Commission scolaire des samares, qui démontre que même des Québécois de souche peuvent se montrer solidaires quand vient le temps de défendre les valeurs islamiques. 

Malgré cette dernière intervention, l’évidence de notre repli sur nous-mêmes ne nous saute-t-elle pas aux yeux ?   Qu’il est escarpé, long et pénible, le chemin des martyrs islamiques sur le chemin de la juste reconnaissance que leur refuse obstinément notre société laïque, démocratique, humaniste, égalitaire et pacifique !  Comment expliquer la froideur sociétale qu’est la nôtre devant les caractéristiques fondamentales contenues dans le Coran, véritable livre de recettes pour une vie collective remplie de rebondissements aussi étonnants que spectaculaires ?   

Vraiment, il y a des jours où je ne nous comprends plus…

samedi 28 mars 2015

Julius Grey, justicier, à la défense d’une hijab Barbie…

La démocratie et le droit à la différence de l’Autre doivent beaucoup à Me Julius Grey, qui s’est si admirablement démarqué en 2006 pour avoir défendu bec et ongle le droit d’un gamin sikh de pouvoir porter son kirpan en classe secondaire.  Quand on sait que, pour certains fervents représentants de cette religion, le kirpan demeure aussi nécessaire à leur salut que la tente à oxygène à l’asthmatique chronique, on peut mesurer à sa juste valeur toute l’étendue de l’inestimable contribution de ce justicier, aussi intègre que désintéressé.  

Julius Grey, justicier...
C’est certainement en bonne partie grâce à ce louable précédent si le kirpan est désormais accepté depuis 2014 dans les ambassades fédérales et les missions à l’étranger en attendant, sans doute, de se voir admis dans les contrôles aéroportuaires ou dans les établissements carcéraux.  Qu'importe si au Penjab, État majoritairement sikh, 80 % de ses jeunes représentants ont même renoncé au turban !

C’est également dans une importante mesure grâce à l’habileté de cet éminent juriste que le Québec doit de se voir bouleversé de salutaires questionnements sur les accommodements religieux, garantis par nos chartes des droits et libertés, tant fédérale que provinciale.  Où en serait l’état de notre évolution sociétale sans des êtres d’exception aussi épris de justice et d’équité ?

Scalpe-t-on les autochtones ?

Dans son laborieux cheminement, si douloureusement semé d’embuches, Julius Grey vient de relever un nouveau défi en se portant à la défense de Rania El-Alloul, déplorablement victime d’une juge indéniablement islamophobe, qui a osé exiger que la musulmane retire son hijab avant de comparaitre devant elle.  Pourquoi ne pas légaliser la pratique du scalp, tant qu'on y est ?  Devant le refus militant de l’interpelée de s’exécuter, la magistrate avait refusé d’entendre sa cause.

La juge Eliana Marengo réalise-t-elle tout le préjudice qu’elle a fait subir à cet être fragile, démuni, presque éteint, doté d’une identité si chancelante qu’elle se raccroche si désespérément à un morceau de tissus ?  « Je ne vais donc pas vous entendre si vous portez un foulard sur votre tête, avait eu le culot de déclarer la magistrate, comme je ne permettrais pas à une personne de comparaître devant moi si elle portait un chapeau ou des lunettes de soleil ou tout autre vêtement qui n'est pas convenable lors d'une audience du tribunal. » 
Imaginez, rabaisser le hijab au rang de chapeau ou de lunettes de soleil !  Ne même pas le trouver convenable !  N’est-ce pas là joindre l’insolence à l’intolérance, je vous demande un peu !
Un désintéressement des plus totaux…
Rania El-Alloul, victime.
À ceux qui oseraient soupçonner chez Me Grey quelque velléité de cupidité à partir d’une cause bancale, voire insipide, l’incorruptible avocat rétorque :

« Je n’ai pas fait une étude approfondie de la possibilité d'obtenir des dommages de quelqu'un. Tout ce que je pourrais dire, c'est que le but de cette procédure n'est pas l'obtention de dommages, pas plus que de faire démissionner la juge. Le but est d'établir un principe une fois pour toutes : que tout le monde est bienvenu devant les cours de justice. »
Vous voyez, il ne vise pas l’obtention de dommages, puisqu’il l’affirme !  Après tout, comment douter de la parole d’un représentant de notre Justice, presque philanthropique ?
L’admirable générosité des Québécois…
Un irrépressible sentiment de fierté m’envahit souvent devant l’incommensurable générosité des Québécois, tout comme devant leur inégalable lucidité, au regard des situations qui les touchent au plus profond de leurs entrailles.  Au plan de l’altruisme et de la clairvoyance, peu de peuples leur ressemblent.
La preuve en est que, puisque Rania El-Alloul s’adressait au tribunal pour récupérer sa voiture, saisie par la Société de l’assurance automobile du Québec, un mouvement de solidarité en sa faveur a permis de récolter 50 000 $ pour que la femme voilée puisse s’acheter une nouvelle auto !
Quand je vois ça, j’en ai les larmes aux yeux…
La musulmane, très digne, a refusé l’argent, mais les organisateurs de la campagne ont émis la possibilité d’utiliser « une partie de ce montant » pour financer des actions en justice.
Vous voulez parier que des esprits retors accuseront Julius Grey de vouloir s’enrichir en manipulant des esprits simples ?  Est-il Allah possible..

jeudi 26 mars 2015

La croisade de Soumia Allalou contre les mâles alpha de McGill…

Il arrive que des initiatives qui semblent à prime abord éminemment égalitaires dissimulent en fait des desseins condamnables.  Ainsi, l’apparente égalité homme femme affichée par la mixité dans les salles d’exercice d’une institution publique ne pourrait-elle pas servir de paravent infamant à une manifestation insidieuse de la domination masculine qui afflige si particulièrement le Québec, ou d’intolérance devant les us et coutumes de citoyens aux valeurs légèrement différentes des nôtres ? 

Soumia Allalou, hijab Barbie.
C’est sans doute à la perspicacité de Soumia Allalou, étudiante musulmane en droit originaire de la si progressiste Ontario, que nous devons de prendre conscience de ce bien douloureux constat.  Depuis quelques semaines en effet, la communauté universitaire de McGill se voit cruellement déchirée à la suite des avant-gardistes revendications de cette militante qui réclame que le centre sportif de cette institution rétrograde offre enfin des plages horaires réservées uniquement aux femmes.  La moindre des choses, non, dans notre société qui se dit habitée par l’égalité homme femme et par l’ouverture à l’Autre ? 

« Je préfère faire de l'exercice dans un environnement uniquement féminin », devait expliquer sans sourciller la jeune militante de 23 ans, une revendication qui n’a rien d’un caprice, on s’en doute, et encore moins d’un accommodement religieux, bien évidemment.  Elle ajoute : « Je pense que les femmes ont plusieurs raisons de vouloir faire du sport avec seulement des femmes. Elles peuvent se sentir plus à l'aise, elles peuvent avoir eu de mauvaises expériences dans le passé, elles peuvent avoir moins accès aux machines. Beaucoup de femmes me disent qu'elles se sentent intimidées dans la section des poids » 

Bien sûr, des esprits tordus pourraient objecter à ces observations si éclairantes que les jeunes femmes peuvent profiter de l’occasion offerte par le contexte actuel pour cohabiter avec l’autre sexe, pour s’affirmer envers lui si besoin est, et vivre ainsi dans un climat authentiquement égalitaire.  Ils pourraient ajouter que l’université demeure un lieu privilégié pour apprendre à vivre en société.  Mais nous savons bien que tout ça, c’est du pipeau, des mots dissimulant un obscur dessein relevant de la plus déplorable conspiration phallocratique et xénophobe !

Ah, l’emprise de ces mâles alpha hétérosexuels de souche !

On peut dès lors concevoir les sourdes appréhensions, les noirs tourments, les sombres insomnies susceptibles d’accabler la frêle gent féminine de cette université à l’idée de côtoyer les hommes québécois de demain, sans doute parmi les plus inquiétants machos en Amérique du Nord.  Et que dire de leur libido monstrueusement envahissante, au point où la chroniqueuse Judith Lussier, une femme si équilibrée, s’est déjà épanchée dans l’un de ses billets sur le sentiment de terreur qui l’envahissait chaque fois qu’elle se promenait l’été, vêtue de sa jolie robe blanche, dans les lugubres rues de Montréal !

Comme il fallait s’en douter, les mêmes esprits étroits que tantôt, prétextant un factice souci d’égalité, se sont opposés aux revendications ô combien légitimes de Soumia par le biais d’une pétition, dont voici un extrait particulièrement incriminant : « Tous les étudiants de McGill devraient être traités également. Des droits exclusifs pour le gym ne devraient pas être accordés à des groupes démographiques spécifiques. Les femmes qui refusent d'utiliser le gym quand des hommes s'y trouvent doivent assumer leur choix ».

Imaginez, on dit aux femmes d’assumer leur choix !  Y aura-t-il un jour une limite à l’antiféminisme culpabilisant, à l’intolérance islamophobe, qui menacent l’humanité québécoise de demain ?  S’opposer à de si nobles revendications, n’est-ce pas joindre le racisme au sexisme ?  Mes doigts tremblent en tapant ces deux mots, si lourds de sens !

Judith Lussier, une autre militante...
Fidèle à l’idée qu’on se fait d’une association étudiante, celle de l’université soutient Soumia.  Dans un communiqué publié mercredi, la vice-présidente Claire Stewart-Kanigan écrit : « c'est mon travail de guider, soutenir et représenter un étudiant dans ses efforts pour faire valoir ses droits auprès de l'Université ».  Quelle signifiante preuve de solidarité !  En clair, peu importe le bien-fondé d’une initiative, l’important, c’est de la soutenir.  Et l’on viendra dire que les responsables d’associations étudiantes sont des têtes de linotte…

Le début d’un temps nouveau…

N’est-il pas rafraîchissant de voir cette nouvelle venue ontarienne nous indiquer la route à suivre, si étendue, affirme-t-elle, dans sa province d’origine où l’ouverture d’esprit est telle qu’elle a bien failli adopter les tribunaux islamiques ?  Vite, laissons nos préjugés de côtés, et apprenons à vivre selon les us et coutumes d’une culture qui viendra à coup sûr enrichir notre si rustique simplicité québécoise.  C’est peut-être l’avenir de notre civilisation qui se dessine peu à peu grâce à des gens aussi bien intentionnés que cette honorable bienfaitrice…

dimanche 22 mars 2015

Retour de Charkaoui à Maisonneuve : gare à l'Islamophobie !

Dire qu’il existe des âmes chagrines pour s’énerver du retour d’Adil Charkaoui au collège de Maisonneuve !  Comment est-il Allah possible que leur tolérance à la différence soit tombée si bas ?  Heureusement, c’est dans la paix de Mahomet que l’apôtre de la religion d’amour expansionniste a été réintégré dans son École des compagnons, hébergée par ledit collège d'où il avait été si injustement expulsé en raison de jugements précipités sur des évènements au fond bien anodins. 

Adil Charkaoui, victime de notre intolérance...
Après tout, comment peut-on légitimement trouver quoi que ce soit à redire sur les fâcheuses coïncidences qui ne finissent plus de s’accumuler et de faire malencontreusement passer pour un mauvais sujet un citoyen que nos services d’immigration ont eu la sagesse de reconnaitre comme Canadien à part entière ?

Doit-on se formaliser du fait que cinq des sept jeunes qui ont quitté le Canada pour le djihad en Syrie aient fréquenté le collège Maisonneuve, que deux d’entre eux au moins suivaient les cours de notre homme, que des voisins aient aperçu pendant des mois Charkaoui visiter un jeune « converti » avant son départ, que le site du militant regorge de sites exaltant le djihad et Ben Laden, qu’il partage la vedette du Collectif québécois contre l’islamisation avec un imam ayant milité pour l’instauration des tribunaux islamiques en Ontario, que des procureurs fédéraux détiennent des enregistrements le présentant– sans doute à tort - en train de planifier une attaque biochimique dans le métro de Montréal ou qu’il soit donc toujours dans la mire des milieux anti-terroristes ?

Il en faut bien peu pour alarmer les esprits soupçonneux, sans doute en proie au racisme le plus abject ou à l’islamophobie la plus perfide.  Heureusement, il y a des élus pour donner l’exemple et qui savent se tenir.  

C’est sans doute parce qu’il se sent perclus de remords d’avoir signé en 2003 le certificat de sécurité d’Adil Charkaoui alors qu’il était ministre de l’Immigration que Denis Coderre, maintenant maire de Montréal, observe un silence empreint de repentance sur les évènements qui accablent si injustement sa victime, depuis trop longtemps sous les feux des projecteurs médiatiques.

Même le collège Rosemont, qui maintient obstinément son expulsion d’un citoyen sans reproche, refuse de commenter, en proie assurément à une conscience tourmentée par la faute commise.

De son côté, le collège de Maisonneuve espère bien se faire pardonner sa si injuste attitude envers un fin démocrate en l’accueillant avec humilité en son sein.  On se demande pourquoi alors la direction de cet établissement juge à propos de déléguer un observateur arabophone afin de s’assurer que M Charkaoui ne s’adonne pas à un prosélytisme islamiste.  Où donc ces gens vont-ils chercher pareilles suppositions, on se le demande.

Il ne manquerait plus que de nouvelles recrues au djihad syrien ne quittent ce collège, ou tout autre endroit fréquenté par Adil Charkaoui, pour que de nouveaux soupçons injustifiés ne viennent à nouveau accabler ce citoyen exemplaire, symbole de la réussite de l’intégration de la différence dans notre société d’accueil.  Là encore, il faudrait surtout se garder de sauter trop vite aux conclusions d’après des apparences sans réel fondement.  L’islamophobie, ce cancer sociétal, se déclare si facilement...

vendredi 20 mars 2015

Niqab : Miller n’aurait pas dû s’excuser, Trudeau et Mulcair, oui !

À peine étions-nous sortis du psychodrame entourant la boutade de Robert Poëti sur les femmes et le magasinage, lancée devant la Chambre de commerce de Baie-des-Chaleurs, à l’appellation prémonitoire, compte tenu des réactions de sa porte-parole et de celles du PQ et de Québec solidaire, que nous nous trouvions cette semaine propulsés dans une nouvelle tempête dans une verre d’eau. 

Larry Miller, soufre-douleur de la bienpensance.
La cause ?  Un député conservateur, Larry Miller, a eu le mauvais goût présumé d’affirmer que les femmes qui ne voulaient pas dévoiler leur visage lors de leur assermentation en vue de devenir citoyennes canadiennes auraient mieux fait de rester « là d’où elles venaient ». Où donc serait le problème avec pareille prise de position ?

En effet, lorsque avant même de participer à une cérémonie aussi significative dans sa patrie d’accueil, une arrivante se sent en droit d’en contester les usages établis et d’imposer une coutume aussi réductrice que barbare, il y a de quoi s’interroger sur une intégration qui risque de se voir compromise par de nouveaux faits d’arme tout aussi discutables.  Une société est parfois riche des citoyens dont elle peut se passer.

Dans cette optique, il peut sembler difficile, pour toute personne sensée, de contredire les propos de Miller et encore moins aisé de monter aux barricades pour les dénoncer, pourrait-on croire.  Force est pourtant de constater que des fous de balustres se sont sentis en droit de déchirer publiquement leur djellaba à ce sujet.  

C’est à se demander si, dans un avenir rapproché, il sera possible d’afficher des positions un tant soit peu dénuées d’ambigüité sans les avoir passées au préalable à travers un décodeur filtrant ce qui ne correspondrait pas aux dogmes d’une rectitude politique bienpensante des plus asphyxiantes, pour ne pas dire des plus insipides. 

« L’affront » 

Ce député ontarien, commentant la « cause » de Zunera Ishaq, cette Pakistanaise qui habite dans la région de Toronto,  obnubilée par l’idée fixe de pouvoir porter son niqab en prêtant le serment de citoyenneté, a précisé que la plupart des Canadiens étaient d’accord avec l’interdiction d’arborer cet oripeau.  Il a de plus eu l’audace d’exprimer son ras-le-bol devant les nouveaux venus qui débarquaient au Canada pour y imposer leur mode de vie.  Miller aurait pu parler d’usages rétrogrades, misogynes et avilissants, mais des vierges offensées auraient sans doute exigé sa démission.

Le niqab, aussi rétrograde que hideux.
Ces commentaires prenaient place dans le contexte où le gouvernement Harper avait fait appel de la décision absurde de la Cour fédérale qui, en proie à un envahissant accès d'errance idéologique, avait jugé à propos d’invalider l’interdiction de porter le niqab dans le cadre de l’assermentation.  Notons que le même parti conservateur juge par ailleurs pertinent qu’une employée de la fonction publique puisse s’affubler de semblable déguisement dans l’exercice de ses fonctions.  

Imaginons Aqsa Parvez, assassinée en 2007 par son père et son frère pour avoir refusé de porter le hijab, tentant au préalable de demander aide et soutien auprès d’une intervenante sociale affublée d’un vêtement ne laissant paraitre que les yeux…  

Et que dire des sœurs Shafia, avant que leur père, sa seconde épouse et leur frère ne les noient, ainsi que leur mère, à Kingston, dans la même province où se joue le psychodrame de la militante au niqab. L’incompétence des services sociaux, scolaires et policiers avait déjà suffisamment attiré une bien embarrassante attention sans en rajouter avec des symboles dits religieux aussi dissuasifs que répulsifs.

Quoi qu’il en soit, devant le tollé soulevé par ses commentaires, le député conservateur a présenté des excuses tout en maintenant son opposition au port du niqab lors du serment d’allégeance.  Il n’aurait certainement pas dû s’excuser. 

Les limaces ne s’excusent pas. 

Justin Trudeau, opportuniste et à plat ventriste.
À genoux devant la Charte des droits et libertés et devant les tribunaux, Thomas Mulcair, chef de l’opposition officielle, préfère quant à lui se laver les mains de cette question embarrassante qui, préfère-t-il penser, ne relève pas des politiciens.  Parlez-moi d’un homme politique de convictions !   Sa position est tout aussi flasque en ce qui a trait à la possibilité pour les employés de la fonction publique d’arborer des signes religieux.

Plus mollasson que ça, on devient Justin Trudeau, chef du parti libéral du Canada, dont le seul soubresaut d’énergie manifestée sur cette question sensible a été de s’en prendre à Stephen Harper pour avoir contesté la décision de la Cour fédérale de permettre le niqab lors de l’assermentation à la citoyenneté canadienne.  C’est ainsi que le Sean Lennon de la politique fédérale devait accuser le chef conservateur d'avoir «choisi plutôt d'utiliser une politique de division, d'attaques et de peur».  Imagine no religion… 

Devant un calcul électoral aussi flagrant de la part de politiciens opportunistes qui ne songent qu’à courtiser une clientèle ciblée, on pourrait se demander comment il se fait que, compte tenu de la porte laissée ouverte par eux à toutes les dérives au prétexte du respect de la religion, ce n’est pas plutôt ces individus qui auraient dû présenter des excuses publiques.

Ce serait la moindre des courtoisies, quand on tient des propos aussi irresponsables que condamnables. 

mardi 10 mars 2015

La longue route sinueuse d'Adil Charkaoui...

C’est fou ce que les commérages injustifiés ou les apparences traitresses peuvent causer de tort aux meilleures réputations comme aux personnalités publiques les plus admirables et attachantes.  Prenons le cas d’Adil Charkaoui, par exemple.  Figurez-vous que trois voisins d’Imad Eddine Rafai, l’un des six jeunes ayant quitté le Canada en janvier pour joindre un groupe islamiste en Syrie, auraient prétendu avoir vu le porte-parole du Collectif québécois contre l’Islamophobie entrer et sortir à plus d’une reprise du logement du jeune homme entre juillet et décembre 2014. 

Adil Charkaoui et le démon de la route.
C’est le Journal de Montréal qui a eu vent de cette rumeur sans doute exagérée, peut-être même forgée de toute pièce, avant de tenter de joindre le militant islamique qui n’a pu s’expliquer de façon adéquate, occupé qu’il était à conduire au moment de l’appel.  M Charkaoui a dû poursuivre son parcours routier très longtemps à partir de ce moment, puisqu’il n’a jamais rappelé les journalistes malgré « de multiples messages précis lui demandant de  réagir à ces renseignements. »

Tout le monde sait que le fait de conduire de façon prolongée peut entrainer des conséquences funestes, comme de la fatigue accumulée, des problèmes de vision ou des troubles de la mémoire.   Voilà sans doute la raison pour laquelle M Charkaoui ne s’est pas rappelé, le 27 février, d’avoir rencontré l’un ou l’autre des jeunes partis pour la Syrie, incluant ledit Imad Eddine Rafai.  La mémoire lui était par contre revenue pour Bilel Zouaidia, sans doute parce que ce dernier avait suivi les cours d’arabe et d’études coraniques de son École des compagnons.

Un soudain flashback devait par ailleurs lui rappeler Mohamed Rifaat, photographié à ses côtés lors d’activités de son Centre communautaire islamique de l’est.  Un article de La Presse avait sans doute contribué à ce regain mnémonique.  Interrogé par les journalistes du quotidien de la rue St-Jacques, le musulman marocain avait sans doute dû à nouveau succomber au démon de la route puisqu'il ne semble pas avoir été en mesure de leur retourner leurs appels.

Trou de mémoire ? 

Si l’on en croit un témoin présumé, M Charkaoui souffrirait d’importants déficits au plan des souvenirs puisqu’il aurait eu l’habitude de rencontrer Imad Eddine Rafai de jour, en l’absence de son père.  Sans doute trouvait –il en pareilles rencontres un havre de paix, loin de ses habitudes routières prolongées.  Si le témoin dit vrai, les absences de mémoire de M Charkaoui seraient grandes puisque les visites se seraient déroulées à l’été et à l’automne 2014, soit tout récemment.

 Un fâcheux concours de circonstances, relevant sans doute de la plus pure coïncidence, aurait fait en sorte qu’une étonnante métamorphose s’est précisément opérée à cette époque chez le jeune homme, qui s’est laissé pousser une barbe typique en plus de porter une longue tunique claire, semblable à celles arborées par les adeptes de l’islam fondamentaliste.

Imad Eddine Rafai... auparavant.
Pour ajouter à une polissonne fatalité, c’est vers le 16 janvier, donc peu après les visites répétées de M Charkaoui, que le jeune homme se serait envolé, de concert avec trois autres hommes et deux jeunes femmes d’origines marocaine et algérienne, dans le but de joindre les rangs des djihadistes en Syrie.  Gageons que le porte-parole du Collectif québécois contre l’Islamophobie n’a rien pu faire pour le dissuader d’un projet aussi téméraire qu’inquiétant, malgré tout l’ascendant qu’on serait porté à lui prêter. 

Quand le mauvais sort s’acharne… 

Cette malencontreuse révélation ne pouvait plus mal tomber, au moment où le militant islamique réprouvé se sentait déjà si tristement ostracisé. Est-il nécessaire de rappeler la décision des collèges de Maisonneuve et de Rosemont de suspendre la location de leurs locaux à l’organisation de ce fin démocrate, sous prétexte que son site héberge des liens de propagande djihadiste ?  Comment ne pas voir en M Charkaoui un martyre de la liberté d’expression, une victime de l’islamophobie ?  Lui y parvient si aisément.

J’ai déjà fait état dans une chronique précédente d’autres incidents fâcheux qui jalonnent  le parcours du combattant de ce farouche défenseur de la tolérance.  Malgré son humanisme percutant, des voix parmi la communauté musulmane s’élèvent pour lui demander de ne plus parler en leur nom tandis qu’un ancien supporter le désavoue publiquement.  

Il n’est pas jusqu’à Françoise David, à la perspicacité visionnaire, qui soutenait si ardemment  M Charkaoui en 2009, mais qui rase désormais les murs aussi prudemment de nos jours.  

Quel sort attend M Charkaoui et celui de la minorité dans la minorité qu’il défend ?  C’est en retenant notre souffle que nous découvrirons sans doute dans les jours et les mois qui viennent le dénouement d’une question qui va bien au-delà de la personnalité même, si attachante soit-elle, de cet homme d’idées indubitablement compatibles avec notre gauche progressiste.  À travers Adil Charkaoui, c’est une question de liberté d’expression et de respect de la personne qui se joue et où l’intérêt public et la sauvegarde de nos libertés doivent finir par l’emporter.

Il ne faudrait pas trop attendre avant de s'en rendre compte...