mardi 3 mars 2015

Et si Jésus était islamophobe ?

Avertissement : le recours omniprésent au second degré dans ce texte relève d’une pathologie personnelle librement et consciemment assumée.

Jésus aurait-il condamné l'islam ?
Jésus, islamophobe ?  Avouons que la question se pose, non ?  Comparons le Coran et les évangiles du Nouveau Testament.  Il serait difficile de ne pas voir une intolérante condamnation du premier par les préceptes des secondes.   Dieu – ou Allah – merci, Jésus a vécu sept cents ans avant Mahomet et ses éclairantes révélations, ce qui prouve qu’il n’a cherché ni à le contredire, et encore moins à le condamner.  On peut dès lors excuser ses positions pour le moins discutables et arbitraires quand elles sont étudiées à travers le prisme si éclairant et humaniste du Prophète des musulmans.

C'est à la lumière de ce constat que je propose ici une lecture de dogmes chrétiens revus et corrigés par le sage et bon enfant fondateur de l'islam. 

« Aimez-vous les uns les autres. »

Imaginez l’horreur ! Le verbe aimer ne figurerait qu’un nombre très limité de fois dans le Coran et l’amour invoqué ne serait réservé qu’à l’intention exclusive d’Allah, seule entité digne d’en recevoir.  Jésus, de son côté, parle d’aimer sans réserve le premier venu !   Ne commande-t-il pas d’aimer son prochain comme soi-même ?  Voilà qui fait vraiment petit peuple… 

Comme si ces propos n’étaient pas suffisamment déplacés, celui que les Chrétiens considèrent encore comme le fils de Dieu enseigne d’aimer jusqu’à nos ennemis !  Bien pis, il commande de tendre l’autre joue quand il ne nous ordonne pas de leur donner tous nos vêtements s’ils volent notre tunique !  Heureusement que ce vêtement a considérablement perdu en popularité en Occident depuis le Christ !

Comme Mahomet connaissait les évangiles, on peut aisément supposer à quel point le brave homme a dû se sentir outré par de tels enseignements, quand on sait que le mot « châtiment » se retrouve 354 fois dans son best seller.  Concédons tout de même qu’en dehors des Juifs, des Chrétiens, des homosexuels, des femmes adultères, des apostats et autres mécréants, le sympathique guerrier ne manifeste que très peu d’hostilité envers son prochain, sans pour autant s’abaisser à l’aimer.  Une bonne pâte, quoi !

« Que celui qui n’a pas pêché lui lance la première pierre. »

Le jovial Mahomet.
En lisant cette affirmation, le Prophète s’est certainement étouffé avec son couscous.  Comment faire autrement quand on songe que cet humaniste foncier a consacré à la lapidation une promotion et un marketing aussi intenses, pour ne pas dire religieux.  Grâce à lui,  cette activité innocente est devenue aux musulmans de son époque ce que la pétanque représente pour les Marseillais : un candide délassement local qui fait oublier les sombres rigueurs de la vie.  

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Ne reculant devant aucune délicatesse pour agrémenter le quotidien de ses fidèles, Mahomet a instauré la charia, cet exaltant système de valeurs décloisonnant sa religion et la vie politique de façon aussi symbiotique qu’harmonieuse.  Ce faisant, il corrigeait enfin la si désolante erreur de son prédécesseur, le Messie, qui préconisait exactement le contraire, sans doute dans un moment d'égarement.  Quelle prétention chez ce fils de charpentier !

C’est au nom de la charia que l’on peut encore de nos jours éduquer le bon peuple de tout pays islamique en protégeant bien hermétiquement les femmes à domicile, et les délestant d’une liberté dont elles ne sauraient que faire, au besoin en les excisant ou en les mariant en bas âge, en liquidant les pervers homosexuels, les vilains Juifs et les sombres Chrétiens, en tranchant les mains des voleurs ou présumés tels, et en jetant de l’acide au visage de toute femme indécemment vêtue, le tout au nom d'Allah, d'une infinie grandeur.

« Laissez-venir à moi les petits enfants. »

Alors qu’on lui amène des enfants, des disciples de Jésus s’interposent et celui-ci s’indigne.  Il leur commande de laisser les enfants venir à lui et… rien ne se passe !  C’est à peine s’il leur effleure la tête !  Avec sa troisième épouse, Aïcha, Mahomet brisa un tabou : celle-ci avait six ans lors de son mariage, mais le prophète eut le tact d’attendre qu’elle atteigne sa neuvième année avant de consommer leur union.  Et dire que des méchantes langues accusent ce saint homme de pédophilie !

Coran corps avec toi...

Devant de telles évidences, comment ne pas constater, béats et admiratifs, l'apport considérable de l’islam, qui a su corriger les lacunes du Christianisme et de son prophète ?  Comment peut-on par ailleurs accuser les islamistes de déformer les propos de Mahomet, quand ces fidèles assidus les suivent à la lettre jusqu'à la mort, préférablement celle des infidèles qui pensent différemment d'eux ?  Vous dire la honte qui m’envahit quand je vois des intolérants condamner les positions et les gestes de gens si dévots et respectables !

On ne peut par ailleurs que se prosterner devant l’intelligence supérieure des inclusifs, ces penseurs si ouverts à la différence, salutairement disposés à s’imprégner d’une culture aussi exotique qu’originale.  C’est grâce à eux et à la tolérance de nos dirigeables que nous pourrons enfin, tous ensemble, nous libérer des chaines de la liberté, comme de l'esclavage du droit de parole, et marcher dans la lumière de la charia.

C'est là notre avenir probable, à condition que des mécréants ne fassent pas entrer le loup dans la mosquée avant de la fermer !   Inch’ Allah !

mercredi 25 février 2015

Masculinité et hétérosexualité : des féministes s'insurgent !

Qu’il est escarpé, incertain et semé d’embuches, le laborieux itinéraire emprunté par les féministes en vue de dénoncer le complot patriarcal millénaire et international qui opprime toujours si tragiquement les femmes !  Heureusement, à l’instar d’Emma Watson, cette actrice-ambassadrice de l’ONU qui incarne un féminisme nouveau et amélioré dans un emballage cadeau tranchant nettement sur ses prédécesseures, de jeunes féministes dénoncent avec une bravoure digne d’un Martin Luther King ou d’un Gandhi (Excusez ces exemples tristement masculins, mais si chers à un leader politique d’extrême gauche.) l’oppression que cristallisent pour elles les deux fléaux représentant l’ultime menace envers le sexe suprême, donc le leur.

J’ai nommé la masculinité et l’hétérosexualité.  Voilà, c’est fait !

Geneviève Pettersen, troublée.
C’est avec une admiration spontanée que je consacre aujourd’hui cette chronique à deux de ces nouvelles égéries militantes en leur cédant la parole.  Comme moi, et plusieurs à les avoir lus, vous frémirez aux témoignages bouleversants de leurs tourments, et compatirez, j’en suis persuadé, au récit profondément touchant de ces humanistes engagées.

Quand on donne naissance à son pire ennemi…

Déjà victime de la violence innée du fils qu’elle porte et qui lui inflige maintenant des coups de pied phallocrates dans les côtes, la romancière Geneviève Pettersen, à l’occasion de sa première chronique pour le magazine Châtelaine, a décidé elle aussi de frapper un grand coup en témoignant du malaise qui allait l’envahir à l’annonce tragique, écographie à l’appui, qu’elle donnerait naissance à… un garçon !  Comment ne pas se sentir pris de vertige devant une si soudaine aliénation et envahi de sollicitude envers la victime ?

Imaginez le courage qu’il aura fallu à cette mère affligée pour briser le silence avec ces lignes aussi douloureuses qu’indignées : «En pleine angoisse de la page blanche, je reçois de mon fils un bon coup de pied dans les côtes. C’est lui qui me donne la solution. Je parlerai de lui. Et de ma déception d’apprendre, à 22 semaines de grossesse, qu’il est de sexe masculin. »  Non, il ne s’agit pas d’un canular, Châtelaine ayant bel et bien publié ce texte, mais de la courageuse et poignante confession d’une militante féministe qui laisse entrevoir que, loin de devenir crépusculaire, le mouvement dont elle se réclame se réserve, avec une jeune relève, une pérennité certaine.
Mme Pettersen ne s’arrête pas en aussi bon chemin, elle qui affirme par ailleurs ressentir « une pression, celle d’écrire quelque chose d’intelligent et qui ferait réfléchir à la condition féminine ».  Vous dire à quel point elle a atteint son objectif, comme en témoigne cet autre extrait significatif et pathétique : « J’ai peur. Je ne saurai pas quoi faire avec un gars, moi... (…) J’ai demandé à mon mari s’il le savait, lui, comment on faisait pour élever ça, un bébé garçon. Je vous le jure, à ce moment-là, j’avais vraiment l’impression de porter l’ennemi. »
Comment rester indifférent à tant de sensibilité, froid devant un tel humanisme ?  Un bémol, cependant : qu’avait donc cette chroniqueuse à se compromettre dans une relation conjugale tristement hétérosexuelle ?  Ne savait-elle pas que c’est par cette perversité patriarcale que les hommes, ses ennemis naturels, se reproduisent ?  Militante féministe, Mme Pettersen aurait dû souscrire à la fatwa de T-Grace Atkinson : « Le féminisme, c’est la théorie, le lesbianisme, c’est la pratique. »
Horreur, sa fille pourrait devenir hétéro !
Sally Kohn, perplexe.
Plus conséquente, l’essayiste et analyste politique à CNN Sally Kohn (Pas de jeu de mots facile ici, s’il vous plaît !), lesbienne autoproclamée, anticipe avec appréhension que sa fille de six ans connaisse les abîmes de l’hétérosexualité, ainsi qu’elle en a témoigné dans le Washington Post ce 20 février avec un lettre ouverte au titre on ne peut plus limpide: Je suis gay et je veux que mon enfant soit gay aussi (I’m gay.  And I want my kid to be gay, too.).  Semblables prises de position, ça ne s’invente pas !
S’appuyant sur un argumentaire d’une désarmante simplicité, elle déclare : « Si nous sommes allés au collège, nous voulons que nos enfants aillent au collège.  Si nous aimons les sports, nous voulons que nos enfants aiment les sports.  Si nous votons démocrate, nous voulons que nos enfants votent démocrates. »  En toute logique, alors, évidemment, si nous sommes gays…
Mme Kohn n’hésite pas à dénoncer la réprobation de plusieurs de ses amis hétéros qui considèrent pourtant cette vision pour le moins tordue.  « Je pourrais tout aussi bien dire que je souhaite qu’elle (sa fille) grandisse avec un intolérance au lactose. »  Homophobie, quand tu nous tiens !  Comme si ce n’était pas suffisant, une amie lesbienne lui confiait qu’elle ne choisirait jamais d’être gay.  Où sont passées les vraies rebelles ?  À de tels comportements, l’essayiste rétorque que, dans sa maison, être gay n’est pas seulement acceptable, mais souhaitable.
Tenant jalousement à ce que l’hétérosexualité ne devienne pas une obligation pour sa fille, Mme Kohn affirme que sa conjointe en elle ont acheté tous les livres représentant des familles gay, même les « pas-très-bons » (not-very-good-ones) et souscrit manifestement aux études de genres, ces si éclairantes spéculations qui réfutent les scandaleux postulats scientifiques et hétéro-sexistes voulant que les différences entre hommes et femmes soient d’abord biologiques et non culturelles.  Quelle phallocrate hérésie ! 
Ainsi, la fille de Mme Kohn peut également consulter des livres qui brisent les lugubres stéréotypes sexistes en présentant une princesse qui combat les dragons et un garçon qui porte une robe.  N’est-ce pas charmant ?
Malgré ces efforts méritoires, la commentatrice doit admettre que sa fille semble imperméable à tant de doctes enseignements. Mme Kohnn déclare : « En fait, elle est folle des garçons (boy-crazy). »  Faisant part à une amie de son désarroi devant la maladresse de sa fille envers un garçon de son goût, cette dernière lui rétorque : « Ça ne t’embêterait pas autant si elle avait le béguin pour une fille. »  Mme Kohn devait acquiescer tout en reconnaissant, bonne joueuse, qu’elle soutiendrait sa fille, peu importe son choix.  Mais ce faisant, capitulerait-elle devant ce que Mme Pettersen appelait plus haut… l’ennemi ?
En conclusion…
Donner naissance à un enfant de sexe masculin, voir sa fille devenir hétérosexuelle constituent autant de coups durs pour des féministes militantes éprises d’égalité et désireuses d’un monde meilleur que l’on pourrait anticiper majoritairement féminin et homosexuel !  

Dans le cas de la fille de Mme Kohn comme de celui de Mme Pettersen, une certaine tolérance à l’hétérosexualité resterait tout de même de mise, après avoir tout tenté pour en faire des lesbiennes accomplies.  Après tout, on n’a pas encore trouvé de substitut au sperme aux fins de reproduction.  Dans cette optique, la conservation d’une faible population de mâles reproducteurs resterait une perspective tolérable.  Bonne journée internationale des femmes ! 

samedi 21 février 2015

J’avoue, ma blonde et moi sommes hétérosexuels !

C’est avec une appréhension à peine contenue que je vois approcher le 8 mars, journée internationale de la femme.  Qu’est-ce qui peut bien me mettre dans un état aussi instable qu’angoissé ?  Est-ce la minutieuse et émouvante énumération de toutes les injustices dont je me suis rendu coupable au fil des siècles en écrasant de ma phallocrate insouciance ces êtres charmants, aimants, dévoués, désintéressés, adorables et inoffensifs que sont les femmes ? 

Oui, je suis coupable d'être hétéro !
Ou s’agit-il de ma coupable duplicité, de mon stoïque égoïsme, de mon atterrante insensibilité, qui me poussent inexorablement à toujours refuser le partage avec le sexe suprême de mes nombreux et luxueux privilèges dont aucune calculatrice ne pourrait suffire à comptabiliser la sinistre nomenclature.

Non, ces évocations me laissent de glace car je suis un salaud sans compassion, ni altruisme, en raison de mon appartenance au sexe masculin, par définition maladivement voué à la destruction et condamné à perpétuer le mal.

Les prémisses d’un drame humain

En fait, si l’arrivée du 8 mars me bouleverse autant, c’est qu’il représentera le premier anniversaire de la première conversation téléphonique que je devais entretenir alors avec celle qui devint par la suite ma blonde.  Ma victime.

Jusque là, nous entretenions une correspondance presque quotidienne à la suite d’une rencontre impromptue sur Facebook, devenu par l’occasion l’imparable instrument du mal.  Je devrais dire « du mâle » car, en proie à de sombres pulsions hétérosexuelles envers cet être démuni et vulnérable qui allait devenir ma proie, je lançais autour d’elle les filets de ma lugubre séduction masculine afin de mieux l’asservir.  Mes doigts tremblent comme je tape cette damnable atrocité !

Et ce qui devait arriver, arriva.  Lors d’une première rencontre à son domicile où, tel le vampire invité par la victime insouciante, je me faufilais, j’étendis sur ma blonde ma domination masculine de façon irrémédiable.  Depuis, j’ai récidivé et tient toujours ma captive sous mon emprise maléfique.  Sainte Lise Payette, Sainte Françoise David, priez pour le salut de mon âme maudite !

Un inquiétant personnage

Yvon Dallaire, ennemi pubique.
Si je confesse mon crime immonde, c’est que j’ai vu la lumière à la suite de la minutieuse nomenclature recensée pourtant par un abject antiféministe ayant pour nom Yvon Dallaire dans son nouveau livre au titre blâmable : Homme et toujours fier de l’être.  Comment peut-on se déclarer fier d’appartenir au sexe par qui le patriarcat arrive ?  Vite, enfermez ce fou !  Retirez-lui toute tribune publique afin de préserver la gent féminine de ses atroces hérésies !

Reconnaissons tout de même à cet étrange personnage le mérite d’avoir révélé les feux de l’intelligence féministe la plus sublime à travers les prises de position de ses représentantes les plus méritantes.  Je vous livre les perles par lesquelles j’ai pu enfin prendre toute la mesure de ma perfide perversité hétérosexuelle.

« Tous les hommes sont des violeurs, et rien d’autre. »
Marilyn French, The Women ‘s Room

« La relation hétérosexuelle est l’expression la plus pure, la plus formalisée du mépris pour le corps de la femme. »
Andrea Dworkin, The Rape Atrocity and the Boy Next Door

« Si le violeur professionnel doit être distingué du mâle hétérosexuel dominant moyen, cette différence ne peut être qu’essentiellement quantitative. »
Susan Griffin, Rape : The All-American Crime

« Les rapports hétérosexuels sont antiféministes. »
T-Grace Atkinson, Amazon Odyssey

« Quand une femme orgasme dans les bras d’un homme, elle collabore avec le système patriarcal, elle érotise sa propre oppression.  »
Sheila Jeffrys, professeure


« L’homme moyen, y compris l’étudiant de gauche moyen, veut un objet sexuel passif, une ménagère et une infirmière pour enfants qui nettoie ce qu’il salit, pendant qu’il joue à l’homme d’affaires important ou à Che Guevara : cet homme est mon oppresseur et mon ennemi. »
Martha Selly, poétesse.

« J’affirme qu’il y a viol chaque fois que la relation sexuelle n’a pas été entreprise par la femme, à partir de son désir et dans un contexte de sincère affection. »
Robin Morgan, Theory and Practice : Pornography and Rape

On se demande quel sort serait réservé à l’humanité pensante sans la contribution inestimable de ces oracles à la conscience sociale et à l’humanisme surnaturels.  C’est pour cette raison qu’à l’approche du 8 mars, journée internationale de la femme, j’ai jugé indispensable de  leur donner la parole afin que le public le plus vaste possible puisse bénéficier de leurs lumières essentielles.  C’est bien peu, mais c’est déjà un pas dans une bonne direction qui ne saura cependant jamais absoudre mon crime ultime : celui d’être né et d’appartenir au mauvais sexe. 

Bonne journée internationale des femmes !

vendredi 20 février 2015

Mosquée à Shawinigan : quand l’information confirme l’intuition...

À en croire Ginette Gagnon et Jean-Marc Beaudoin, respectivement éditorialiste et chroniqueur au quotidien mauricien Le Nouvelliste, les Shawiniganais ont cédé à une peur irrationnelle en refusant que le zonage de leur parc industriel soit modifié en vue d’y admettre l’établissement d’une mosquée.  Plus précisément, le conseil municipal de cette ville a eu tort, croient-ils, de tenir compte des appréhensions de ses commettants en opposant pareil refus à des musulmans pacifistes, bien intégrés et souscrivant à une religion de paix. 

Philippe Bégin Garti
Nos médias d’information étant ce qu’ils sont, tant au plan régional que provincial ou national, comment blâmer ces gens d’agir sans en savoir davantage sur les enjeux réels de l’arrivée d’une mosquée dans leur environnement immédiat ?  Et si les journalistes faisaient leur travail avec une réelle impartialité et une détermination implacable à chercher l’information où elle se trouve au lieu de s’enfoncer dans le lazy-boy intellectuel de l’aveuglement volontaire, les Shawiniganais auraient-ils pris une décision différente ?  Certainement pas, mais ils auraient davantage compris le bien-fondé de leur refus.

Ce n’est pas parce que des préjugés sont favorables, chers journalistes du Nouvelliste, qu’ils cessent d’être des préjugés…

L’énigmatique M Bégin Garti

On serait tenté de donner Allah sans confession à M Philippe Bégin Garti, affable président du Centre culturel de Shawinigan et promoteur du projet de mosquée, quand il affirme que ce lieu de culte inoffensif jouerait un rôle préventif envers toute radicalisation de l’islam.  Un article extrêmement documenté, publié par le site Point de bascule, véritable bête noire de nombre d’islamistes qui aimeraient le vouer aux gémonies, en trace cependant un portrait pour le moins troublant.

Abdelati Aatif, président du CCIVS, Abdelatif
Badli, Philippe Bégin Garti, l’imam Jafaar et Tarif Louah.
On y apprend que M Garti s’était associé en 2012 au Conseil musulman de Montréal, représentant 70 groupes islamiques, dans l’organisation d’une journée portes ouvertes d’une quinzaine de mosquées.  M Garti faisait partie du Centre islamique de Vaudreuil-Soulange et  avait prêté son concours à l’organisation de cette activité (voir photo) dans cette MRC en tant que responsable des communications. 

Un étonnant compagnon de lit

Qu’y a-t-il de mal à cela ?  Un tout petit détail : le Conseil musulman de Montréal est présidé par nul autre que l’imam Salam Elmenyawi, défenseur acharné de la charia, qui s’était particulièrement illustré par son opiniâtreté à faire reconnaitre les tribunaux islamiques en Ontario.  Dire que cet imam ne porte pas dans son cœur Mme Fatima Houda-Pépin, alors à l’origine de la pétition à l’Assemblée nationale condamnant cette initiative répugnante, est en dessous de la vérité. 

Point de Bascule cite les passages d’une entrevue de cet étonnant personnage, donnée à La Presse, dans son édition du 16 juin 2003, p. B1 : « La séparation de la religion et de l’État est impensable.  Comme on fait appel à un ingénieur pour concevoir un pont, on se réfère à Dieu pour faire les lois. »  Éloquent, non ?

Mais il y a mieux, si l’on peut dire.  Nous apprenons dans le même article que, tandis qu’il mettait sur pied son Conseil de la charia au Québec, Elmenyawi déclarait, dans le Devoir du 11 décembre 2004, qu’il se trouvait en contact rapproché avec Youssef Qaradawi, guide spirituel des Frères musulmans, rien de moins, connu pour avoir déjà lancé une fatwa appelant à «une guerre totale contre les juifs, où qu'ils soient»...

Au fait, comment cette sympathique « sommité » conçoit-elle le rôle d’une mosquée ?  Ainsi :  «Ce doit être le rôle de la mosquée que de guider les politiques publiques de la nation, de présenter les enjeux importants et de faire connaitre ses ennemis.» 
«Depuis les temps anciens, la mosquée a joué un rôle important pour encourager le jihad dans le sentier d’Allah, pour inciter à résister aux ennemis de la religion que sont les occupants (sic !). C’est dans les mosquées que l’intifada bénie dans la terre des prophètes, la Palestine, a commencé. Le premier appel est venu des minarets et l’intifada a d’abord été connue sous le nom de la révolution des mosquées. Le rôle de la mosquée dans le jihad afghan et dans tous les autres jihad islamiques est indéniable. »
Comme opposition à la radicalisation de l’islam, intégration à une société d’accueil et séparation de la religion et de la politique, on a vu plus probant, non ?
Comment M Garti se positionne-t-il ?
Jean-Marc Beaudoin et Ginette Gagnon,
du Nouvelliste, ont connu de meilleurs moments...
Malgré toutes les bonnes intentions dont il se drape, il y a lieu de se demander comment un militant islamique comme M Garti a pu cautionner en 2012, par son soutien médiatique, une activité de promotion organisée par un individu aussi douteux que l’imam Salam Elmenyawi tout en se positionnant comme un ennemi de l’islam radical.  Souscrit-il aux propos du guide spirituel de cet imam ?
Le même Elmenyawi, toujours cité par Point de bascule, avait affirmé en septembre 2004, s’appuyant sur une fatwa de son guide spirituel, Youssef Qaradawi, que l’argent recueilli par la charité islamique, appelée zakat, pouvait servir à rétribuer ceux qui travaillent dans les médias à promouvoir l’islam.  Aucun problème avec ça, en principe, tout travail méritant salaire.  Mais de quel islam parle-t-on ?  Celui de Youssef Qaradawi et de Salam Elmenyawi  a un nom : islamisme, et son fer de lance avoué est la charia.
Toutes ces informations, que vous ne trouverez jamais dans Le Nouvelliste, ont de quoi interpeler l’esprit le plus somnolent, même chez nos journalistes régionaux.  Or ces informations leur ont été communiquées et ils n’en n’ont pas tenu compte.  Paresse d’esprit ou autocensure causée par une fatwa de leur employeur ?  Et si c’était ces présumés professionnels de l’information qui souffraient d’une peur irrationnelle ?  Les paris sont ouverts.
Les citoyens de Shawinigan ont fait preuve de sagesse en refusant l’ouverture d’une mosquée dans leur ville.  En lisant le topo de Point de bascule dont je viens de ne citer que quelques informations, ils comprendront combien leur intuition était justifiée.

vendredi 2 janvier 2015

Êtes-vous séquestré dans votre propre maison ?

À la femme que j'aime.

La séquestration domiciliaire, vous connaissez ?  Non ?  Pas étonnant.  Peu de gens, à ce que je sache du moins, se consacrent à l'étude de pareil sujet.  Il serait pourtant intéressant de pouvoir évaluer combien de personnes, au Québec ou ailleurs dans l’Occident dit civilisé, infligent ou subissent une forme de séquestration à domicile fondée sur l’intimidation, la menace, le chantage et la répression. 

Toutes les séquestrations ne sont pas aussi évidentes...
Ici, pas nécessairement besoin de claque sur la figure, de violence verbale ou de menaces de mort, bien que ces tactiques puissent faire partie du phénomène.  Les agresseurs et agresseuses ont plus souvent recours à des moyens qui ne laissent pas de traces perceptibles.  Même leurs victimes ne réalisent souvent pas qu’elles sont écrasées par leur tortionnaire, tant il s’y prend le plus souvent de façon sournoise et insidieuse.

Combien d’hommes, redoutant un litige pour la garde des enfants s’ils voulaient partir, restent dans une relation toxique avec leur conjointe pour ne pas perdre contact avec leur progéniture, quand ils n’agissent pas ainsi afin de la protéger d’une mère abusive ?  Combien de femmes ne décident-elles pas de continuer à subir un conjoint étouffant par crainte de représailles physiques, devant un système policier qui défend plus aisément les accusatrices mensongères que les vraies victimes de violence conjugale ?

Je ne peux personnellement m’appuyer sur aucune donnée statistique sur un sujet aussi méconnu, mais ma conviction reste à l’effet que les agresseurs, comme les victimes de séquestration domiciliaire, n’appartiennent pas plus au sexe masculin que féminin.

Un cas vécu

Pourquoi vous entretenir d’un tel sujet ?  Dans une autre vie, j’ai déjà subi ce fléau, alors que je vivais avec une femme qui me menaçait d’attenter à ses jours si je la quittais.  Aucune méchanceté, ni volonté de vengeance de sa part, seulement une détresse et une angoisse qu’elle n’arrivait pas à gérer.  La manipulation – puisque c’est de ça dont il s’agit – fonctionna un temps, jusqu’à ce que la situation dégénère au point où mon départ devint inévitable.  Privé d’oxygène, je ne pouvais que sortir brusquement la tête de l’eau.  C’était devenu une question de survie, tant mentale que physique.

Mais la motivation première du présent billet demeure associée à la répression vécue depuis plusieurs mois par ma blonde aux mains de son ex conjoint.  À l’automne 2013, elle devait lui annoncer la fin de leur relation, après sept ans de vie passablement commune, ce qui entraina la mise en vente de leur maison.  À la suite de la rupture, l’ex allait partir en voyage pendant cinq mois.  C’est durant cette période que ma copine et moi fîmes connaissance par le biais de Facebook.  Une complicité s’installa instantanément entre nous, suivi d’une attirance, d’un désir persistant, puis de sentiments amoureux très forts qui se concrétisèrent lors de nos rencontres pour le moins passionnées.

Quel sombre nuage pouvait bien venir assombrir un tableau aussi idyllique ?  Le retour de l’enfant prodige à la maison, toujours pas vendue, mais dans laquelle les deux ex conjoints vivaient désormais.  S’il espérait que son ex se soit ennuyée de lui, le pauvre a dû être déçu de constater que non seulement tel n’était pas le cas, mais que la belle ne s’était vraiment pas ennuyée…

Une jolie demeure peut devenir une cage dorée...
Inspiré par un réflexe davantage compatible avec l’islam radical qu’avec des comportements de notre époque, l’individu, pourtant Québécois pure laine, en proie à une possessivité malsaine, alla – aucun jeu de mots ici – jusqu’à interdire à ma copine de me voir ou de me téléphoner !  À deux reprises, il mit fin brutalement à notre conversation téléphonique, la seconde fois en arrachant le fil du téléphone.  Bref, aux yeux de cet esprit rétrograde, son ex restait sa propriété, au même titre que son auto de luxe ou sa maison, et nul ne devait s’en approcher.  Je le soupçonne d’uriner dans son entrée de garage pour marquer son territoire.

Depuis ces incidents aussi déplacés que ridicules, ma copine ne me téléphone qu'en l’absence de son geôlier ou recoure au clavardage quand il est à la maison, afin de ne pas indisposer Monsieur, qui fait valoir que le téléphone lui appartient.  Or, son ex redoute même de s’équiper de son propre cellulaire, de crainte de l’irriter davantage.

Les quelques fois où ma copine a bravé les foudres de son « imam » pour venir me voir à Trois-Rivières – Elle habite à deux heures de route de chez moi. – elle a dû affronter, à son retour à son domicile, un être boudeur, frustré et, bien sûr, culpabilisant.  Le pauvre n’a bien sûr rien à voir avec les motifs de la « traitresse » de l’avoir quitté : c’est une victime et tous les torts sont du côté de ma copine.  En proie à une vision assez simpliste de l’amour, il s’imagine que celle-ci n’aurait qu’à « se motiver » pour que « l’amour » revienne.  Il existerait donc chez une femme une « switch » qu’il suffise de mettre à « on » pour qu’elle aime à nouveau.  Comme la vie devient simple, ainsi expliquée. 

Je me demande ce qu’Yvon Dallaire penserait d’une telle rhétorique…

Ce qui ne nous tue pas…

… Nous renforcit, dit le proverbe.  Évidemment, le contrôle de ce triste sire sur ma copine n’a pas manqué de nuire à notre vie de couple, bien que, à la réflexion, cette épreuve ait surtout contribué à renforcir notre relation.  Bien entendu, par son attitude répressive, « l’imam » espère, consciemment ou non, que ma copine ou moi lâchions prise, et qu’il pourra un jour remettre le grappin sur son « bien », usure aidant.  Il peut gentiment aller se faire f… 

J’ai la plus grande difficulté à comprendre comment un être soi-disant humain puisse s’imaginer qu’il pourra imposer l’amour par l’intimidation, le chantage ou la menace larvée.  Or, à ce jour, la maison où ma copine se voit séquestrée, je dois préciser aussi par sa faute, n’est toujours pas vendue.  Elle espère toujours que la transaction finira par se faire et qu’elle pourra enfin passer à autre chose en évitant conflits et drame.  Je salue son optimisme…

Se sentant coincée entre un sentiment de culpabilité d’avoir mis fin à sa relation avec son colocataire, et la crainte de représailles indéfinies qu’entretient sournoisement ce dernier, elle a récemment manifesté des signes de fatigue intense, sans doute accumulée par une vie au quotidien avec un individu dont elle se passerait volontiers.  Égoïste et déconnecté, ce dernier reste indifférent à ce que vit son ex conjointe.
Des chaînes, ça se brise...

C’est ce genre de symptômes qu’une victime de séquestration domiciliaire doit apprendre à reconnaître si elle veut finir par reprendre son existence en main et reconquérir une autonomie dangereusement menacée par un être sans scrupule ni empathie.  La liberté n’est pas un cadeau qu’on attend tranquillement, mais un bienfait essentiel que l’on doit se donner.  Avis à toutes les victimes de séquestration domiciliaire… Et à ma blonde !

samedi 20 décembre 2014

Un conte de Noël féministe…

Le premier décembre de l’an passé, la militante universitaire Fay Mean-East s’était levée en proie à une illumination qui allait accentuer ses instincts militants, déjà si aiguisés en ce milieu de temps des fêtes féministe.  Comme chacun sait, une neuvaine de sensibilisation commence chaque année le 25 novembre avec la Journée de lutte à la violence faite aux femmes, pour connaitre son apothéose le 6 décembre, et même au-delà, avec la tragédie de Polytechnique, moment idéal pour revendiquer à l’État Noël des budgets augmentés ou additionnels au nom de la si légitime et inusable cause des femmes.

Le père Noël, suppôt du patriarcat !
Il serait difficile d’évaluer avec justesse les millions de dollars que Marc Lépine a pu faire rentrer depuis 1989 dans les coffres des groupes féministes, mais il est évident que ces derniers lui restent plus que redevables dans l’édification d’un féminisme d’État fort, omniprésent et onéreux.  S’il savait, l’idiot se retournerait dans sa tombe.  Selon les sujets séditieux du groupe « masculiniste » l’Après-rupture, le féminisme d’État couterait environ 600 M $ par an au contribuable québécois.  Du point de vue de Mme Mean-East cependant, il s’agit d’un bien mince tribut à payer afin de redresser les torts causés par la vaste infamie patriarcale millénaire qui opprime toujours si obstinément les femmes à travers la planète.

Dans son inlassable quête de sensibilisation à cette atrocité, la chercheuse, sans cesse à l’affut de sujets inédits, avait alors revendiqué ce premier décembre une augmentation de budgets de recherches féministes à Lukewarm University, où elle disposait d’une modeste chaire au cout famélique d’un million $ répartis sur trois ans.  Malgré le sous-financement qui l’affligeait, Mme Mean-East avait réussi à se démarquer avec des parutions aussi éclairantes que De la toxicité du vernis à ongle envisagée comme une arme d'oppression phallocratique et Les agressions sexuelles sournoisement infligées aux secrétaires par chaises de bureau interposées.  Ces deux opus avaient fait sensation dans les milieux consacrés aux sciences dites molles en plus de contribuer à établir la notoriété de l’auteure.

Le père Noël, suppôt du patriarcat…

Outrée de constater que les garçons éprouvaient toujours autant de plaisir à jouer avec des camions et les filles, avec des poupées, Mme Mean-East avait multiplié depuis des années au père Noël ses revendications visant à inverser les destinataires de ces cadeaux stéréotypés.  Ceux-ci ne pouvaient bien évidemment qu’accentuer les inégalités homme femme dès l'enfance et confirmer les hommes de demain dans leur statut de privilégiés oppresseurs, et les filles, dans leur inconsciente aliénation aux diktats misogynes et patriarcaux.   Mais le père Noël, cette ordure reconnue, persistait à faire la sourde oreille, tare que son âge avancé ne pouvait qu’accentuer. 

Et c’est à ce propos que Fay Mean-East devait avoir son éclair de génie, évoqué plus haut, et dont voici les motivations.  Tant que le père Noël, ce salaud phallocrate, cet oppresseur millénaire, ce torrent ambulant de conditionnements sexistes, bref cet homme, devait exercer son privilège de rendre les enfants joyeux de façon misogyne, les petites filles continueraient à se trouver heureuses, mais resteraient opprimées. 

Sollicitant un appui auprès de l’imam islamiste Mohammad Ben Salâd, allié naturel des féministes d’État pour la reconnaissance respective de leurs causes et valeurs si accessoirement incompatibles, la militante devait essuyer un refus de ce dernier, pour qui la suppression pure et simple de Noël restait le but à atteindre.  Ben Salâd et ses acolytes  voyaient leur projet en bonne voie de réalisation, avec l’éradication des sapins et de la buche de Noël dans les écoles, de même qu'avec l’interdiction de souhaiter Joyeux Noël dans les édifices publics.  La militante n'allait pas s'avouer vaincue pour autant.

Consciente que les allégations infondées constituent des dommages collatéraux inévitables dans la reconnaissance de la cause des femmes, Mme Mean-East comprit instantanément, ce fameux premier décembre, le parti qu’elle pouvait tirer de la très grande promiscuité que son ennemi désormais juré entretenait avec les enfants.  

Les filles, voici votre ennemi de demain !
Oh, la naturelle délicatesse d’esprit de la féministe n’aurait pas toléré de porter des accusations formelles de pédophilie contre le père Noël, mais la répétition de soupçons adroitement orchestrée, assortie d’enquêtes maisons sur les agressions possibles, bien que non démontrées, sur les enfants par les lutins du phallocratique personnage, ne pouvaient que servir la si louable lutte aux stéréotypes de la militante. 

Bref, une saine diabolisation du père Noël et de ses acolytes, la création et l’entretien d’un climat, d’une atmosphère de suspicion salutairement toxique, pourraient faire la différence entre le maintien de l’autorité patriarcale d’un personnage bassement misogyne et l’inexorable marche de petites filles, l’avenir de l’humanité, vers la libération de leur oppression et vers l’accaparement de leur devenir. 

L’arrestation

Pas moins d’un an fut nécessaire afin de mettre ce plan audacieux à exécution.  Après l’obtention d’un maigre budget de recherche de 150 000 $, Mme Mean-East produisit un étude « démontrant » que les agressions sexuelles sur les enfants avaient tendance à augmenter vers le temps des fêtes.  L’hypothèse que le père Noël, qui visite intensivement à cette époque les foyers, y soit pour quelque chose, devenait donc à considérer sérieusement.  Comme prévu, aucune accusation avérée ne fut formulée; seuls des soupçons légitimement alarmistes furent médiatisés à l’approche du temps des fêtes, dans le cadre de la journée de sensibilisation de la violence faite aux femmes.

Devant de telles révélations, si savamment documentées et émanant d’une féministe d’État, universitaire de surcroit, le chef de police, légitimement perplexe, soutenu dans sa démarche par un juge dument conscientisé, procéda à l’arrestation du père Noël.  La forte médiatisation de l’affaire entraîna nombre de dénonciations de parents bouleversés d’apprendre que l’accusé avait pris leur progéniture sur ses genoux en plus d’entonner systématiquement un rire sonore.  Notre système judiciaire et policier n’avait d’autre alternative que de mettre de côté cet irritant qu’est la présomption d’innocence, l’arme des coupables, et de sévir.

Que de chemin à parcourir…

Forte de cette victoire éclatante sur le patriarcat, Fay Mean-East devait soudainement réaliser qu’elle se trouvait plus que jamais au pied d’une montagne à gravir. 

Combien d’études encore devraient être financées, et d’organismes féministes, se voir toujours davantage soutenus par l’État avant que les filles, l'élite de demain, puissent réaliser leur aliénation ?  Quand pourraient-elles enfin représenter, action positive aidant, 50 %, et surtout plus, des métiers traditionnellement masculins et des postes de pouvoir politique et privé, même quand ceux-ci ne les intéressent pas ?

Combien de temps faudrait-il encore avant qu’elles puissent, loin des stéréotypes, s’affranchir de leur identité sexuelle, acquérir le pouvoir, sur simple accusation, de faire condamner leur agresseur réel ou supposé, et surtout, éviter de sombrer dans le bonheur factice de se voir heureuse à la maison avec des enfants et un conjoint aimant…  Quelle horreur !

Après tout, le bonheur, c’est si antiféministe…

C’est sans doute pour cette raison que Mme Fay Mean-East s’excuse de ne pouvoir vous souhaiter de joyeuses fêtes.  Nous nous substituerons donc à elle pour ce faire, tant que notre État de droit n'aura pas compris que ces vœux frelatés constituent en fait une offense patriarcale, bien sûr…