dimanche 15 mai 2016

Un roule-o-thon pour nos secrétaires agressées par leurs chaises hétéro sexistes !

On avait appris, grâce à une étude édifiante de l’UQÀM, que les femmes, plus que les hommes, étaient affectées par les changements climatiques.  Une enquête néerlandaise nous informait par ailleurs que l’air conditionné dans les grands édifices les indisposait davantage que leur collègues masculins.   Mais qui se soucie du sort qui, quotidiennement, opprime nos secrétaires ?

Secrétaire visiblement inconsciente de son aliénation...
C’est dans le silence feutré des bureaux, sous les arpèges d’une anonyme musique d’ascenseur, ou à l’écoute du glouglou faussement rassurant d’un aquarium kitch, que se joue quotidiennement un drame qui affecte des milliers de secrétaires au Québec, que dis-je, des dizaines de millions à travers le monde.  Va-t-on enfin réaliser que, en restant conservateur, quatre secrétaires sur quatre sont victimes tous les jours d’attouchements intimes non sollicités de la part de leur chaise de bureau ?  


Oui, c’est aussi lugubre que ça en a l’air… 

Non seulement le métier traditionnel de secrétaire cantonne ces pauvres femmes aliénées dans un rôle de subalterne hérité d’une vile tradition patriarcale, mais les chaises où elles assoient leur servitude, confectionnées par des entreprises bassement masculines ne représentent-elles pas le douloureux prolongement d’une domination millénaire ?  Ces sièges hypocritement douillets ne sont-ils pas ni plus ni moins que l’extension de mains prédatrices, salivant de convoitise et de dépravation ?

Vite, un roule-o-thon pour les sauver !

Messieurs, hommes, utérhommes, similhommes, et autres indéterminés, j’en appelle à votre sens civique, à votre soutien moral d’éternels privilégiés envers ces pauvres formes de vie lamentables et tyrannisées.  Inspirons-nous de ces citoyens qui ont marché, avec dignité et majesté, un mille en talons hauts en riposte à l’abomination d’être femme. 

Instaurons dès à présent un roule-o-thon, et parcourons nous aussi, avec fierté et humanisme, un mille en chaise de bureau en soutien à ces opprimées, à peine conscientes de l’étendue de leur servitude. 

Mesdames, cessez de participer à la culture du viol !

Parlant d’inconscientes, Mesdames, c’est à vous que je m’adresse afin de vous aider à réaliser l’étendue de votre esclavage.  Si vous êtes menstruables et utilisez des tampons, vous participez sans le savoir à la culture du viol et vous agressant vous-mêmes !

Ne réalisez-vous pas que l’objet maléfique que vous insérez innocemment dans vos parties intimes a été conçu par des entreprises multimillionnaires dirigées par des hommes qui, par l’intermédiaire de leur abominable invention, violent votre intimité avec votre consentement, voire votre participation ?  Cessez de jouer selon les règles du patriarcat ! 

Le phallocrate instrument...
N’allez surtout pas vous associer au « combat » de cette sous-féministe du nom de Kiran Gandhi (Désolé, M Khadir, aucun lien de parenté.) qui a couru le marathon de Londres sans tampon lors de ses règles afin qu’un plus grand nombre de femmes aient accès à cette damnable invention.  Plus elles y auront accès, plus elles seront asservies !

Ma modeste contribution…

Je gage que vous, lecteurs et lectrices désormais sensibilisés par mes doctes révélations, envisagez la servitude d’être femme d’un œil nouvellement conscientisé.  

Il y a une section commentaires au bas de ce billet.  N’hésitez pas à me faire part de vos trouvailles, réelles ou imaginaires, en matière d’aliénations vécues par les femmes, victimes éternelles et soeurs de souffrance.  N’hésitez pas à vous montrer créatifs.  Après tout, l’invraisemblance n’a jamais été un obstacle à la sensibilisation militante…

samedi 14 mai 2016

Moscou : l'enfant décapitée, victime d’une islamiste ou d’une schizophrène ?

La nounou qui a décapité en février dernier une gamine de quatre ans, vous vous souvenez ?  Oui, oui, celle qui, à Moscou, s’est ensuite promenée près d’un métro en brandissant la tête de l’enfant, pour sûr que vous êtes au courant, non ?  Celle-là même qui a crié « Allah akbar ! » et menacé des passants de se faire exploser, allons, avouez, vous avez lu sur le sujet ?  Entendu parler à la radio ?  Vu des topos à la télé ou sur le web ?  Non ?

Gyulchekra Bobokulova, un cas  parmi de nombreux isolés.
Si vous n'avez rien vu passer, vous serez sans doute éblouis d’apprendre qu’au Québec, royaume incontesté de la liberté d’expression et du droit du public à l’information, plusieurs médias ont parlé de l’événement...  pour mieux l'oublier dès le lendemain.  En vain, j'ai cherché un suivi, un commentaire, une analyse, une quelconque tentative d'explication d'un geste aussi atroce, je n'en ai pas trouvé.  

Si vous êtes plus chanceux que moi, vous pouvez me copier un lien à la section commentaire de cette chronique.  Ne vous en faites pas si vous ne trouvez rien, le même silence radio règne aussi sur les médias occidentaux.  Un banal cas de folie isolé.  Un autre...

Gyulchekhra Bobokulova, 38 ans, gardait Nastya, sa petite victime, depuis trois ans et ne s’était jusque-là démarquée que par son professionnalisme et sa fiabilité sans accroc.  Elle faisait, a-t-on affirmé, presque partie de la famille.  Comment a-t-elle pu, du jour au lendemain, quitter ce prosaïque visage de femme sans reproche pour se métamorphoser en monstre sanguinaire ?

Pour venger les musulmans bombardés par Poutine…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la meurtrière, originaire de l’Ouzbékistan et mère de trois enfants, ne brillait pas par la cohérence alors que, à peine seize heures après le meurtre, elle expliquait aux policiers, sur les lieux du crime, comment, après avoir « entendu des voix », elle avait étranglé, puis décapité sa victime avec un couteau de cuisine.  

Elle devait ajouter que tout était la faute de son mari infidèle, qui l’avait trompé avec une autre femme, ce qui ne l’a pas empêché d’affirmer : « C’est Allah qui me l’a ordonné. »  Quand une situation n’est pas partie pour être claire…

Originaire d’un État de l’ancienne union soviétique à majorité musulmane, elle n'aurait aucunes accointances connues avec quelque organisation terroriste islamiste connue.  Elle serait atteinte de schizophrénie, explication qui a bon dos, mais qui pourrait s’avérer juste dans son cas.  

Au cours d’une entrevue pour le moins décousue, elle devait cependant affirmer qu’elle avait tué l’enfant pour venger les musulmans des bombardements infligées par le président Vladimir Poutine en Syrie.

Il n’y a pas qu’au Québec que les médias se taisent…

Dmitri Peskov, crédible ?
Selon Russia beyond the Headlines, qui porte bien son nom : « La société russe a violemment réagi à la tragédie. L’absence de couverture de l’affaire par les principales chaînes de télévision a provoqué une forte émotion. Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, a déclaré que les autorités n’avaient donné aucune recommandation aux chaînes de télévision, mais soutenaient leur décision. »  Puisque M Peskov le dit…

Une spécialiste de l’islam, Raïssa Souleïmanova, considère par ailleurs que le fait de ne s'en tenir qu'à l'hypothèse d'une possible intoxication de la meurtrière ou de sa maladie mentale pour calmer le jeu n'est pas une option :  « Cela aura l’effet inverse. La volonté de dissimuler l’élément religieux et idéologique ne fera que convaincre le russe moyen de son existence ».

Bien que Bobokulova ait connu plusieurs séjours en psychiatrie avant d’arriver à Moscou, Il faut, croit Mme Souleïmanova , envisager la motivation islamiste  :

« Décapiter les gens est devenu pour les partisans de Daech [organisation interdite en Russie, ndlr] un symbole qui terrifie leurs ennemis. De façon révélatrice, cette femme a commis son crime dans un appartement, mais est sortie le revendiquer dans la rue, criant des menaces aux passants et semblant se vanter de son acte. »

Vous serez sans doute étonné de voir un défenseur de l’islam s’opposer à pareille hypothèse. Damir Moukhetdinov, vice-président de la Direction spirituelle des musulmans de Russie, devait déclarer, toujours dans Russia, beyond the Headlines : 

« Même en supposant qu’elle partage les positions des extrémistes, elle ne peut avoir aucun lien avec la culture islamique. Dans le chapitre « Mener le Jihad » de n’importe quel livre de droit islamique, il est écrit que la guerre ne se mène pas contre les enfants, les femmes et les personnes âgées. » 

Nastya, quatre ans, victime
Une femme, vêtue de noir, capite une enfant (Aucune décapitation prescrite dans le coran, naturellement...), crie « Allah akbar ! », en brandissant sa tête, affirme qu'Allah a inspiré son geste, menace de se faire exploser, déclare avoir voulu venger les musulmans bombardés par Poutine, et elle n'aurait aucune affinité avec une culture qui prône le djihad, la décapitation de ses ennemis, le mépris meurtrier des femmes et la tolérance envers la pédophilie dans un contexte marital ?  Autant ne pas voir les animaux dans un zoo...

Faut-il absolument entretenir des liens privilégiés avec une organisation terroriste musulmane pour être considéré islamiste ?  L’adhésion au djihad, documentée ou simplement fanatiquement aveugle, ne suffit-elle pas ?  La schizophrénie est-elle une explication qui écarte automatiquement cette étiquette ?  Et puis, y a-t-il une si grande différence entre un islamiste schizophrène et un autre, qui ne l'est pas ?  Existe-t-il des terroristes islamistes sains d’esprit ?

Une migrante illégale…

Cette nouvelle fracassante a également mis en évidence la délicate question de l’immigration et de l’inefficacité de son contrôle : Goultchekhra Bobokoulova travaillait sans autorisation à Moscou. Si les services de l’immigration avaient pu l’intercepter à temps, une évaluation psychiatrique aurait pu éviter le pire.  

Pas plus qu’au Québec, l’arrivée de migrants ne soulève l’enthousiasme du peuple russe.  Une tragédie pareille ne va pas arranger les choses.  Voilà sans doute une raison de plus expliquant le silence des médias… qui n’auront reçu aucune directive politique, bien sûr.  Au fond, au plan de la liberté de presse, le pays de Poutine n’est pas si différent de celui de Trudeau…   

mercredi 11 mai 2016

Affaire Ghomeshi : la quatrième accusatrice baisse pavillon…

C'était presque écrit : Jian Ghomeshi ne subira pas de second procès, la quatrième plaignante ayant choisi de modérer ses ambitions.  Comment se surprendre d’un tel dénouement, après la sinistre farce judiciaire qui, loin de révéler un odieux agresseur, a plutôt jeté un éclairage cru et sans complaisance sur trois menteuses finies, éprises de vengeance envers un homme qui avait commis l’outrage de les larguer après les avoir séduites.  

Jian Ghomeshi, lors de son procès
La plaignante déserteuse, Kathryn Borel, jadis employée de CBC, reprochait à son ancien collègue d'avoir simulé en 2008 un acte sexuel en se plaçant derrière elle pour la bousculer avec son bassin.  Un geste à coup sûr très déplacé, mais peut-on vraiment parler d'agression sexuelle ?  Voilà pour la cause

Devant la minceur anticipée de celle-ci, on peut comprendre que la victime autoproclamée ait préféré éviter une déconfiture plus que probable.  

Nos adorables féministes militantes ont dû se trouver bien déçues, devant une conclusion qui, de leur point de vue, représente une victoire patriarcale et hétéro normative.  Cette démission, à n’en pas douter, cautionne leur fixation sur une présumée culture du viol qu’elles voient partout au Québec, sauf parmi les cultures rétrogrades aux yeux desquelles les femmes représentent moins qu’un chameau.

Une seule contrainte

Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès, dit le proverbe.  Est-ce la conséquence d’un dépit, d’une volonté de sauver la face, ou d’une vengeance mesquine de la part de la plaignante ou de la Couronne, mais l’animateur déchu de CBS devra signer une ordonnance de garder la paix, fort probablement inutile, l’intéressé ne tenant certainement pas à revoir son accusatrice, et encore moins à simuler quoi que ce soit dans son dos... 

A-t-on jamais entendu dire que Ghomeshi aurait tenté de revoir les trois menteuses à l’origine du procès si médiatisé qui les avait couvert, ainsi que la Couronne, de ridicule ?

Ghomeshi devra donc se résoudre à signer un facultatif mais symbolique « 810 », un document qui implique une reconnaissance, de la part du signataire, à l’effet qu’il aurait pu soi-disant représenter un risque ou un danger pour une éventuelle victime, mais qu’il se tiendra à carreau.  

Ce document a l’avantage d’éviter au « vilain » un casier judiciaire, mais représente trop souvent une blague juridique lugubre, sa raison d’être étant bien davantage liées aux craintes, feintes ou réelles, des plaignantes qu’à des faits objectifs vérifiables et attestés.

En clair, la parole de la plaignante devient sacralisée, même si aucun comportement, fait ou témoignage lié à un suspect ne vient la corroborer.  Il s’agit d’une procédure inquisitoriale digne d’un état policier instaurée, comme la pathétique politique d’intervention en violence conjugale, à la suite des pressions de groupes féministes. 

Notre justice, biaisée et parodique...
Rappelons que, selon ladite politique, une femme peut, sur simple déclaration, faire incarcérer son conjoint de 24 à 48 heures sans avoir à prouver quoi que ce soit et les policiers ne disposent d’aucun pouvoir discrétionnaire pouvant aller à l’encontre de cette directive ahurissante qui se substitue au code criminel en abolissant la présomption d’innocence.  Quand donc voyez-vous ces aberrations dénoncées dans nos médias main stream ?

C’est le même « esprit » qui anime le 810, une procédure douteuse qui peut, même si elle n’entraîne pas un casier judiciaire, être invoquée pour discréditer ensuite un ex conjoint revendiquant la garde partagée ou exclusive de sa progéniture.  

Plus d’un camionneur ayant eu le malheur de signer une telle ordonnance s’est vu interdire l’accès aux Etats-Unis en raison de ce document présenté par des policiers ayant « oublié » de l'informer quant aux conséquences.

Ainsi, on pourrait légitimement se demander quel impact pourrait avoir une telle ordonnance dans l’éventualité où Ghomeshi déciderait de poursuivre CBC pour congédiement injustifié ou les trois menteuses pour diffamation, ce que mériteraient aussi bien l’ancien employeur que les ex partenaires sexuelles.

Des poursuites au civil restent le dernier recours de Ghomeshi afin d’obtenir justice pour les irréparables préjudices causés par les menteuses et même CBC à sa réputation, sa carrière et sa situation financière.  Sans doute que sa santé physique et mentale a été durement affectée par la saga judiciaire dont il a été victime. 

Les trois manipulatrices auraient dû se voir poursuivies pour méfait public dans une société de droit digne de ce nom où les calomniatrices seraient tenues de répondre de leurs actes.  Une telle procédure aurait eu l’avantage de ne rien coûter à Ghomeshi, possiblement ruiné à l’heure qu’il est.  L'impunité accordée aux menteuses encourage de nouvelles injustices similaires.

De l’arrogance à l’état pur…

Loin d’avoir appris de ses erreurs et retenu sa leçon, Lucy DeCoutere, la plaignante la plus médiatisée, continue de jouer à la victime, soutenue par des féministes coupables de cautionner et d’encourager ainsi les fausses allégations.  Elle n’a pas hésité récemment à accuser publiquement le comédien Mike Smith d’avoir agressé une nommée Goergia Ling… qui a clairement démenti ses déclarations !

Linda Redgrave, arrogante
De son côté, la plaignante numéro un au procès retentissant qui l’a présentée comme une fumiste, a jugé opportun de sortir de l’anonymat, bien sûr au nom de la cause des femmes, du grand n’importe quoi.  Linda Redgrave, qui avait envoyé une photo d’elle en bikini à Ghomeshi après avoir été, selon ses dires, agressée par lui, prétend vouloir faire en sorte que son expérience aide d’autres plaignantes. À mieux mentir ?  À mieux dissimuler des preuves ?  À se venger plus perfidement ? 

Le juge William Horkins n’avait pas hésité à affirmer que sa crédibilité avait été « irrémédiablement entachée » par des preuves « manifestement fausses ».  Avec pareilles alliées, la « cause des femmes » n’a pas besoin d’ennemis…  Ces imposteures s’en tirent définitivement à trop bon compte.  Entre-temps, même innocenté, Ghomeshi est désormais un homme marqué au fer rouge.  

Il aura échappé légitimement à la condamnation judiciaire, mais pas au tribunal populaire.  Et là, à l’instar de Roscoe Arbuckle, la grande vedette américaine dont j’ai récemment relaté la tragique histoire, il devra purger une sentence à vie…

lundi 9 mai 2016

1921 : Roscoe Arbuckle, première vedette détruite par de fausses allégations...

Si vous pensez que l’affaire Jian Ghomeshi, qui a permis à trois menteuses de détruire l’ancien animateur de CBC, est un phénomène nouveau s’inscrivant dans une mouvance pro féministe inquisitoriale et néo victorienne, détrompez-vous.   L’histoire que je vais vous relater est survenue en 1921, il y a donc presque un siècle, et a été présentée par Wikipédia  comme « le premier de ce que l’on appellera les grands scandales hollywoodiens.»

Roscoe Arbuckle, crucifié
Comme dans le cas de l’ancienne vedette de radio, on retrouve les cinq mêmes ingrédients à l’origine de la chute, cette fois d’une star de cinéma américain au sommet de sa gloire : une partie menteuse et malveillante, une partie victime, dont l’existence sera irrémédiablement gâchée, une partie judiciaire, qui fera d’une cause sans fondements un opéra en vingt tableaux, une partie médiatique, qui condamnera pour mieux vendre, et une partie fanatisée, qui se servira du procès à des fins de propagande idéologique en démonisant un homme sans reproche.

L’affaire Roscoe Arbuckle

En 1919, tout semble sourire à Roscoe Arbuckle.  Acteur burlesque multidisciplinaire révélé par le producteur Mack Sennett, auquel il doit son surnom populaire de « Fatty » en raison de son embonpoint, il vient de signer un contrat plus que lucratif d’un million de dollars avec la Paramount et voit les succès commerciaux, à défaut de critiques, s’enchaîner à un rythme endiablé.  Il tournera ainsi neuf longs-métrages en à peine plus d’un an.

L'année 1921 sera malheureusement celle de sa chute, brutale et irrémédiable, causée par une femme malveillante et rapace : Maude Delmont. Wikipédia présente ainsi l’affaire :

« Le 5 septembre 1921, durant une fête privée organisée au douzième étage du St. Francis Hotel à San Francisco, l'actrice et modèle Virginia Rappe est prise de violentes douleurs abdominales. Vers 15 h, selon ses déclarations, Roscoe Arbuckle découvre la starlette dans la salle de bains de la chambre qu'il occupe lorsqu'il se rend dans cette dernière pour se changer. Les autres invités prévenus, un docteur est appelé et Virginia Rappe conduite dans une autre chambre de l'hôtel. Roscoe Arbuckle quitte alors le St. Francis.
Virginia Rappe, trouvée morte
« Quatre jours plus tard, le 9 septembre, Virginia Rappe décède d'une péritonite due à une rupture de la vessie. Maude Delmont, présente lors de la fête, se rend à la police pour déclarer que Virginia Rappe est morte consécutivement à un viol perpétré par Roscoe Arbuckle. Le 11 septembre, Roscoe Arbuckle est arrêté, accusé du viol et de l'homicide de l'actrice. »

À partir de ce moment, le délire envahit l’appareil judiciaire, aussitôt transmis, tel un virus, aux médias, qui s’emparent du « scandale » en condamnant à l’avance l’acteur jusque-là populaire.  

Cet accès de folie collective qui agitera l’Amérique entière n’aura été causé que par une femme, Maude Delmont, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne représente en rien un exemple de moralité. 

Il s’agit en fait d’une intrigante, inculpée pour bigamie et condamnée à de multiples reprises pour chantage et extorsion de fonds, en clair, une crapule qui modifiera à plusieurs reprises un témoignage bancal, mais que la justice américaine continuera de soutenir, quitte à ne pas la présenter à la barre, lors du second des trois procès intentés contre l’infortuné acteur. 

La menteuse ira jusqu'à tenter d'extorquer de l'argent des avocats d'Arbuckle avant que ceux-ci ne découvrent un peu tard une lettre faisant état de son projet initial de faire chanter celui-ci...

Les médias empocheront des sommes considérables sur le dos du pauvre homme avec la complicité de la justice américaine, notamment de Mattew Brady, le procureur chargé de l’accusation, qui tentera par tous les moyens d’attirer l’attention des journalistes afin de mousser ses ambitions de devenir gouverneur.  

Il ira jusqu’à intimider deux témoins : Betty Campbell et Zey Prevon, en les menaçant, la première, d’emprisonnement, et la seconde, d’inculpation de parjure, si elles ne témoignent pas à charge contre Arbuckle, ce qu'elles finiront par faire... se parjurant par le fait même !

Le magnat de la presse William Randolph Hearst se vantera de son côté d’avoir bénéficié de tirages encore plus volumineux en crucifiant publiquement le comédien déchu que lors de l’affaire du Lusitania à l’origine de la participation américaine dans la première guerre mondiale.

Bien sûr, les ligues de vertu et de moralité féminines et féministes – Eh oui, ça existait déjà ces bestioles-là ! – peuvent donner libre cours à leur hystérie bien-pensante en condamnant aveuglément la victime d’une mise en scène dégoûtante, allant même pour certains jusqu’à revendiquer la peine de mort.  

On croit entendre les hauts cris stridents des ancêtres du Conseil du statut de la femme, de la Fédération des femmes du Québec, de l’R des centres de femmes ou du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles dans l’affaire Ghomeshi.

Maude Delmont, crapule
C’est pourtant un sénateur républicain, William Hays, fou de balustre réactionnaire et président de la Motion Picture Producers and Distributors of America (MPPDA), organisme non gouvernemental voué principalement à la censure, qui se montrera le plus venimeux en condamnant sans explication Roscoe Arbuckle, même une fois acquitté au terme d’un troisième procès en six mois.  

C’est en effet le 18 avril 1922, soit quatre jours après son acquittement survenu le 14, que l’homme détruit inaugure la liste noire de la MPPDA.  

Implacable, Hays déclare : « (…) les distributeurs, à ma demande, ont annulé toutes les projections et toutes les réservations des films d’Arbuckle. »  Cette interdiction sera levée par Hays le 20 décembre 1922, mais le comédien ne sera autorisé à jouer dans aucun film pendant les dix années suivantes.  Il mourra en 1933, l'année même d'un retour qui s'annonçait prometteur, à l'âge de 46 ans.  

Quant à la crapule à l’origine de cette sordide affaire, Maude Delmont, elle n’aura pas à répondre de ses actes, pas plus que le procureur obligeant aux parjures, ni le magnat de presse diffamatoire, ni les ligues de vertu féminines et féministes cautionnant aveuglément le mensonge, ni William Hays, qui a empêché lâchement un artiste de gagner sa vie comme il l'aurait dû pendant dix ans à seule fin de publiciser son organisme et ses dogmes.

La triste histoire de Roscoe Arbuckle annonce, mieux qu’une répétition générale, la lugubre pièce de théâtre qui attend tout homme, vedette ou méconnu, ayant le malheur de tomber entre les griffes d’une femme malveillante.  Mais que pourraient ces manipulatrices, sans la justice, les médias et les bien-pensants qui se font leurs complices ?