samedi 27 novembre 2010

Et la violence faite aux hommes, c’est cool ?

Ce 25 novembre, c’était encore la journée de la violence faite aux femmes.  Cette année, je me suis fait plaisir : je n’ai lu aucun article, regardé aucun reportage ni suivi aucune émission dite de « sensibilisation » sur le sujet. Le déballage médiatique ne fait que commencer et prépare le terrain à l’inévitable commémoration de Polytechnique, le 6 décembre, et à son mortel concert de lamentations et de statistiques dopées, avec le sournois concours de nos douteux porte-parole étatiques et féministes. 

Buffet à volonté

Si je n’avais pas l’estomac solidement accroché, je serais saisi de nausées devant tant de manipulations émotive et chiffrées dont le solde est chaque année présenté au contribuable sous forme d’augmentation de subventions aux groupes de femmes les plus grinçants.  Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, a eu beau dénoncer la montée en flèche du financement des maisons d’hébergement, en seulement cinq années, alors que les établissements qu’il a visités étaient presque déserts, rien n’y fera.  Le payeur de taxes continuera de défrayer un montant passé de 30 M $ à 60 M $, le double, depuis 2003, pour répondre à des besoins en bonne partie fictifs.

En passant, toujours pas un dollar consenti pour les hommes contraints de quitter précipitamment le domicile avec les enfants parce que maman a sauté les plombs !  Normal, les gars, ce sont les méchants de la fable. 

Parlant de buffet à volonté pour les groupes de femmes, que dire du cas des Centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) qui se présentent comme une ressource d’aide et de référence ?  Aide aux victimes féminines, référence pour les victimes masculines, bien sûr.  Par référence, comprenez : les gars, démerdez-vous à la DPJ ou à votre CLSC ! 

Ces groupes empochent pourtant plusieurs dizaines de millions des ministères de la Justice, de la Santé et des Services sociaux, de l’Éducation et de la Condition féminine et ne sont pas foutus d’offrir de l’aide directe aux garçons, enfants comme adolescents, qui font la manchette chaque semaine, pas plus qu’à ceux qui, devenus adultes, ont désespérément besoin de soutien pour affronter leurs séquelles permanentes.  Mais ne vous inquiétez pas, certains CALACS trouvent le temps – et le culot ! – d’organiser des campagnes de financement !

Les femmes, seules victimes de la violence ?

Comprenons-nous bien.  Je suis en faveur de la dénonciation de la violence faite aux femmes, honnête, sans concession, ni exagération, comme je le suis de la condamnation de tous les autres types de violences qui affligent enfants, personnes âgés, handicapées, itinérants et, bien sûr, celle qui vise les hommes, qu’il s’agisse des chauffeurs de taxi, des soldats qui partent à la guerre, des policiers qui risquent leur vie, des citoyens agressés par des malfaiteurs, de ceux qui sont victimes de violence familiale et conjugale ainsi que des pères accablés pas le harcèlement judiciaire.

Au cas où il faudrait encore le préciser, bien que la violence conjugale la plus lourde demeure le plus souvent le fait des hommes en raison de leur plus grande force physique, ce fléau est sans contredit bidirectionnel, réalité qui a l’art de faire suer nos primas donnas féministes.  Le Québec se démarque comme un pionnier dans la recherche à ce sujet par la reconnaissance de la violence féminine et plus particulièrement, de la violence psychologique.  C’est juste l’appareil policier et judiciaire qui ne comprend pas vite…

La violence, ça frappe aussi les hommes.

La levée d’un interdit officieux qui relevait de la désinformation pure et simple nous permet maintenant de brosser un portrait plus clair de la violence faite aux hommes.  Ce n’est pas avant 1999 que Statistique Canada recensait enfin les signalements d’hommes agressés par leur conjointe.  Des groupes de femmes avaient jusque-là réussi à faire pression pour taire ces informations de telle sorte que maintenant, tout l’historique de violence conjugale qui affecte les hommes restera à jamais lettre morte. 

C’est ainsi que l’on a cru que les hommes étaient responsables de 98 % des cas de violence conjugale !  C’est à se demander qui pouvait bien avoir commis les 2 % qui restent.  Le chien, le chat, le hamster du conjoint ?  En 2005, Statistique Canada brisait enfin le silence en révélant que 546 000 hommes étaient victimes de violence conjugale au pays.  Mieux vaut tard que jamais !

Une – autre – enquête dissimulée

Entendu parler de l’enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique et menée au coût de 85 918 $ ?  Non ?  Normal, des groupes de femmes ont tout tenté pour en camoufler les conclusions, qui ont de quoi vous jeter à terre.  Selon ce document, 5,4 % des hommes qui ont vécu avec une partenaire au cours de l’année précédant l’enquête auraient subi de la violence physique, en comparaison de 2,4 % de femmes pour la même période.  Il s’agit de plus du double de victimes masculines.  On comprendra que de tels résultats aient pu faire pousser quelques fausses notes à nos Castafiores féministes…

C’est pas tout : 1,3 % des hommes auraient subi de la violence physique sévère, contre 0,8 % des femmes, tandis que, au chapitre de la violence psychologique et des agressions verbales, 35,8 % en ont vécu, soit 1,5% de plus que les femmes dans la même situation.  Pour compléter le tableau, 5,4 % des hommes auraient subi de la violence physique mineure, en comparaison de 2,4 % de femmes.

L’Institut de la statistique confirme.

« Le contraste pourrait indiquer que les hommes demeurent plus longtemps que les femmes dans une union marquée par la violence conjugale », affirme Denis Laroche, de l’Institut de la statistique du Québec.  L’enquête de ce dernier révèle que 3,9 % d’hommes ont rapporté au moins un événement de violence physique au cours des cinq dernières années en comparaison de 2,9 % de femmes, ce qui représente 70 200 hommes et 52 600 femmes respectivement. 


Étonnés de ne pas connaître de tels chiffres ?  Moi pas.  C’est pourquoi il faut les communiquer le plus possible et faire échec au dopage statistique, qui relève du lavage de cerveau, auxquels nous sommes exposés depuis des décennies.  L’exemple des 300 000 femmes « chroniquement » battues au Québec, chiffre dont son auteure a reconnu la fausseté, et celui du sondage travesti en statistique, voulant qu’une femme sur trois sera un jour victime d’agression sexuelle, demeurent des exemples déplorables de désinformation grossière et sexiste envers les hommes.  La dénonciation répétée de telles incuries aura pour effet de contraindre nos dirigeants, sans compassion ni éthique, à un peu plus de justice sociale, de résistance aux préjugés… et à une meilleure gestion des finances publiques.

jeudi 25 novembre 2010

Pères divorcés : histoire d’horreur québécoise…

Si vous croyez qu’il faille absolument lire du Stephen King pour découvrir des histoires d’horreur, j’ai des nouvelles pour vous.  De tels récits existent au quotidien et frappent plus d’un père de famille au Québec, au lendemain d’un divorce ou d’une séparation.  Pas de créature surnaturelle, ni de manoir hanté, encore moins de fantôme terrifiant.  Une ex-conjointe vindicative, un juge sans principe et un palais de justice dépourvu d’âme suffisent à transformer en enfer l’existence d’un citoyen jusque là sans… histoire.  Les histoires d’horreur des romans ont un cachet exceptionnel, celle que je vais vous raconter demeure le lot de trop nombreux hommes.

Ce récit ne m’a pas été transmis par le première venue.  Il s’agit de Mme Lise Bilodeau, présidente-fondatrice de l’Association des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), dont le mandat reste, depuis 12 ans, de sensibiliser l’État aux multiples dérives qui frappent injustement et de plein fouet les hommes séparés ou divorcés, leurs enfants, souvent privés d’un père que l’on se plait à dénigrer, et leur nouvelle conjointe, que l’on contraint à financer la pension de la conjointe précédente et de ses enfants.  Mme Bilodeau est également la co-auteure de De l’amour à la haine, plaidoyer lucide contre l’industrie du divorce au Québec, et de l’excellent 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? un ouvrage de référence sur la – méprisée - condition masculine dans notre riante et inconsciente province.

Laissons d’abord Mme Bilodeau résumer son expérience de plus d’une décennie auprès des membres de l’ANCQ :  « Dans cette traversée, J’ai navigué à travers les pertes incroyables, les situations financières catastrophiques, les burn out, les dépressions, les manques d’appui de toutes sortes auprès des pères, les manques grossiers en matière juridique familiale, l’errance des juges et l’aveuglement de ceux-ci quant à la demande des gardes partagées lorsqu’il s’agissait du père. »

Les grands gagnants de ces infamies grossières et évitables qui frappent les hommes en situation de divorce demeurent les 16 000 avocats familialistes du Québec, qui pourraient bien voir leur clientèle encore augmenter au lendemain du verdict condamnable de la Cour d’appel du Québec qui autorise désormais les ex-conjointes d’unions de fait à réclamer une pension pour elles.  Vous croyez que la corruption ne caractérise que le monde politique.  L’exemple qui suit prouve qu’elle s’étend également au domaine juridique.

Une justice pour Maman, une autre pour Papa…

D’entrée de jeu, Mme Bilodeau dénonce le double standard appliqué par les juges quant à la garde parentale : « Ici au Québec, vous avez l’obligation de prouver que « vous êtes un bon père », tandis que de l’autre côté du versant, la mère n’a rien à prouver : « elle » est MÈRE; et son statut est confirmé, c’est acquis, rien à prouver quant à sa capacité parentale. »

Cette dénonciation s’applique au cas de l’homme dont Mme Bilodeau m’a transmis l’histoire, qui vit présentement dans un trois et demi, trop « plate » pour ses enfants de 14 et 16 ans, que le pauvre homme tente malgré tout de revoir, mais que, aliénation parentale « aidant », ces derniers ont délaissé.  Pas de relations parentales soutenues, pas de complicité solidifiée par les ans, pas de gestes d’amour au quotidien, pas de confiance filiale, donc plus d’enfants.  La mère manipulatrice dont il est question ici devrait faire attention : il existe des situations où, devenus adultes, les enfants découvrent les mensonges répétés de maman.  Aucun juge malhonnête ne peut alors inverser le verdict de culpabilité qui frappe alors ces femmes, et qui entraîne parfois une sentence à vie…

Pour le moment, l’ex conjointe dont je parle se fiche éperdument de la situation qu’elle a créée, avec l’indifférente complicité de notre système judiciaire, et qui prive par ailleurs ses propres enfants d’une relation significative avec leur père.  A-t-elle coupé pour autant tous les ponts qui la rattachaient à celui-ci ?  Pas question, le gars doit payer et elle le fait payer.

Un gars, c’est là pour ça !

Personne ne contestera que, en situation de divorce et de garde exclusive à la mère librement consentie, le père doive verser une pension pour ses enfants, dans la mesure des ses moyens et des besoins légitimes de ceux-ci.  Cela va de soi. 

Dans le cas présent, il n’y a rien de trop beau pour des enfants ingrats.  Voici des exemples de factures que notre homme doit acquitter, bien que vivant dans une situation de précarité budgétaire : des billets de saison en ski alpin au Mont Sainte-Anne, un camp de hockey pour le plus jeune dont il ne faudrait pas contrarier la si louable vocation, des frais de scolarité annuels de 16 000 $ pour l’inscription des chéris dans deux collèges privés, puisque le public n’est pas assez bon pour eux et, enfin, 12 000 $ en frais d’orthodontie (le père a demandé un second avis médical, et on le comprend…).

Pour arriver à payer les pensions, l’une pour la mère et l’autre pour les deux enfants, la moindre des choses, évidemment, le pauvre homme doit, en plus de son emploi quotidien, travailler comme professeur de ski, l’hiver, et dans les camps d’été pour amener ses enfants faire du sport sans qu’il ne lui en coûte trop.

C’est pas assez.  La mère le ramène en cour avec des frais « particuliers » alors qu’elle-même vit plus que confortablement dans un condo de luxe, voiture à l’avenant et se paie – ou devrais-je dire : se fait payer – des voyages à Cuba pour relaxer d’une vie si trépidante…  Vite, récupérons tous ces coups de pied au cul qui se perdent !

Le silence des hommes fait parler de lui…

Quand je lis une telle histoire, et c’est pas la première du genre dont je prends connaissance, il m’arrive de me demander comment de tels excès n’ont pas encore engendré un mouvement nettement plus agressif que les Fathers 4 justice.   Faudra-t-il l’émergence d’un FLQ masculiniste pour que notre système comprenne sa déroute et corrige le tir ?  Il faudrait toutefois des alternatives plus constructives.

Une révolution silencieuse est cependant amorcée, sans que ça paraisse, en catimini.  Les hommes québécois ne draguent plus, dit-on.  On se demande bien pourquoi.  Même en union de fait, on cherche désormais à les vampiriser au même titre que les hommes mariés.  Le patrimoine échappe pour le moment à la voracité de certaines de ces ex-conjointes mais leur grande prêtresse, Anne-France Goldwater ne se tient pas pour battue.  Elle reviendra certainement à la charge, si le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, ne fait pas appel de la décision malhonnête de la Cour d’appel. 

Après le refus des premiers pas, les hommes du Québec renonceront-ils à la vie commune, même en union de fait ?  Dans mon cas, c’est certain et, avant que mon fils ne soit majeur, je lui conseillerai de faire de même.  Tant qu’il n’y aura pas davantage de justice en cas de divorce et de séparation, le plus grand nombre d’hommes aura tout intérêt à vivre seul. 

Impossible, croyez-vous ?  Méfiez-vous.  Le Québec a déjà connu une première révolution tranquille qui a bouleversé à jamais son visage.  Rien n’empêche une seconde de survenir, dans l’intérêt supérieur des hommes, de leurs enfants, tout autant que des femmes dotées d’un cœur à la bonne place, d’une tête sur les épaules, et qui souhaitent une vie de couple et de famille épanouie. 

samedi 20 novembre 2010

Affaire Lola : les Québécois contestent la Cour d’appel

Au moment où ces lignes sont écrites, la fluorescente avocate de Lola, Anne-France Goldwater, a de quoi célébrer : la Cour d’appel vient de lui donner une victoire partielle en suspendant l’article 585, jugé soi-disant discriminatoire par les trois juges à l’éthique perméable que sont Marc Beauregard, Julie Dutil et Lorne Giroux.  Seul le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, un politicien qui n’a rien d’un homme de principes, pourrait s’opposer à ce que les ex-conjointes d’union de faits aient droit à une pension, s’il en appelle du jugement d’ici 12 mois.  S’il se tient coi, Lola, malgré des revenus annuels de 420 000 $ nets d’impôts pour les enfants dont elle a la garde, pourra en toute légalité retourner en Cour supérieure et vampiriser davantage son ex-conjoint.  Son objectif avoué : lui soutirer 50 M $, tout simplement.  Heather Mills, l’ex de Paul McCartney, ne s’était « contentée » que de 40 M $...  De nombreuses autres ex-conjointes pourraient bien sûr entretenir des attentes plus modestes, mais accessibles.

Une question-quiz : Lola étant la cliente officielle de Goldwater, se peut-il que l’avocate en compte de nombreux autres, mais plus officieux, ceux-là ?  Avouons que, sans qu’ils aient eu cependant à la rétribuer, les 16 000 avocats familialistes du Québec, dont Goldwater elle-même, verront s’ouvrir à eux des marchés plus que lucratifs, en recours en pensions alimentaires, avec 1,2 millions de Québécois vivant en union de fait, qui représentent le tiers de tous les couples.  Cherchez à qui le crime profite… Et que dire du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui a dû commencer à inventorier qui, parmi les quelques 367 941 adultes assistés sociaux, il pourra contraindre à poursuivre un ex pour pension alimentaire, comme il le fait déjà d’ailleurs pour les ex-conjoints de couples mariés. 

Mais voilà, il y a un os…

Une fausse note pourrait gâcher ce bel hymne à la solidarité aux moins nantis dont la mélopée ne dissimule que trop maladroitement des visées exclusivement corporatistes.  Un tout récent sondage Léger Marketing-Le Devoir, réalisé en partenariat avec The Gazette, révèle que 56 % des Québécois affichent un net désaccord avec la décision de la Cour d’appel.  Selon eux, sans contrat de mariage, « aucun des conjoints de fait ne devrait avoir de responsabilité financière envers l’autre lors d’une rupture (excluant la pension alimentaire aux enfants) ».  Ils sont seulement 35 % à trouver « légitime » de verser une pension à un conjoint de fait qui aurait été temporairement dépendant financièrement.

Si le ministre Fournier ne cède pas à des questions d’éthique, il devra faire face à des pressions populaires incommodantes puisque, selon Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, les Québécois « n’apprécient pas qu’on leur impose de nouvelles contraintes ».  Il ajoute : « Il faudra de la pédagogie et des bonnes explications du ministre s’il change le code civil. »  Ça tombe bien, Fournier a déjà été ministre de l’Éducation…

Avec un gouvernement au plus bas dans les sondages et un premier ministre que l’on pousse de plus en plus vers la sortie en l’accusant ouvertement de corruption, tout ce qu’il manque au PLQ est de se voir soupçonné de pactiser avec les avocats familialistes au détriment des électeurs.

Allons, encore un petit effort…

Le maintien de la décision de la Cour d’appel serait d’autant plus fâcheux qu’il s’insèrerait dans un contexte de compressions budgétaires où l’on demande au payeur de taxes québécois, déjà le plus pressurisé en Amérique du Nord, de contribuer encore davantage à la réduction d’une dette colossale de 233 G $.   Or le simple citoyen doute de plus en plus de la sincérité d’un État qui lui assure qu’il va s’acquitter de l’effort de 62 % promis par le ministre Bachand, sans le faire payer par la porte de derrière.  Le recours forcé en pensions alimentaires, éventuellement infligé aux prestataires de la sécurité du revenu par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, serait une façon détournée d’atteindre cet objectif. 

L’État nounou contesté

Dans un contexte où le modèle québécois en prend de plus en plus pour son grade, la mentalité d’un filet social tout-terrain trouve sans cesse davantage d’opposants, et tous n’ont pas voté pour l’ADQ en 2007.  Il suffit de voir le sort réservé à la Fédération des femmes du Québec, ambassadrice de cette idéologie, lors de la dernière Marche mondiale des femmes, pour constater un raz le bol dont on n’aurait pas imaginé la manifestation au cours du même événement en 2000.  Il n’aura suffi que d’une publicité maladroite pour que la raison d’être, la représentativité et, par conséquent, le financement par l’État de ce regroupement, qui a vu ses membres individuelles chuter de 900 à 500 au cours des dernières années, ne soient remis en cause.

Lors de l’émission de Mario Dumont, où l’ancien politicien interviewait récemment deux co-auteurs de l’excellent ouvrage intitulé 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? un sondage ayant pour question « Les féministes sont-elles allées trop loin ? » s’est attiré 80 % de réponses affirmatives.  Voilà qui pourrait finir par en faire réfléchir plus d’une…

Comme la récente décision de la Cour d’appel s’inscrit dans le courant d’une mentalité victimaire à l’égard de la femme québécoise, idéologie chère notamment à la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, et qu’il s’agit du résultat de la « militance » d’une avocate qui se dit féministe radicale, ce verdict n’aura rien pour rallier une majorité de citoyens québécois.

L’avantage d’être honnête…


Que la décision de la Cour d’appel soit maintenue ou contestée, Il appert d’avance évident que l’éthique, le bons sens et le véritable esprit de justice resteront étrangers à la prise de décision.  Il reste à souhaiter que ces valeurs coïncideront malgré tout avec des motifs électoralistes, plus que corporatifs, et prendront alors le dessus sur ces derniers.  Le ministre Fournier, au moment de trancher, devrait s’inspirer de cette phrase de Benjamin Franklin : « Si les gens malhonnêtes comprenaient l’avantage qu’il y a à être honnête, ils deviendraient honnêtes par malhonnêteté. »

vendredi 19 novembre 2010

Devrait-on dire : affaire Lola-Goldwater ?...

Derrière toute entreprise, tout projet, il y a des motivations officielles ou inavouées, souvent les deux.  À l’origine de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Lola, l’on retrouve également deux femmes : Lola elle-même, bien sûr, dont l’identité confidentielle peut être découverte sur la toile en deux clics de souris, et sa désormais célèbre avocate, Anne-France Goldwater, personnage pour le moins haut en couleurs et spécialiste des causes médiatisées.

Peu le savent, mais la cause de Lola a été scindée en deux dès 2005.  Le litige privé, opposant Éric à Lola a été réglé le 16 mai 2006 en cour supérieure avec le résultat que la pension de madame a été triplée pour atteindre 35 000 $ par mois.  Cette affaire privée a servi de prétexte, de cheval de Troie, pour la deuxième cause, contestant la constitutionnalité de l’article 585 du code civil concernant l’obligation alimentaire des gens mariés.  C’est la suspension de cet article pour un an qui aura des répercussions certaines sur les unions de fait représentant 34,6 % des couples du Québec et qui entraînera une augmentation appréciable du chiffre d’affaires des avocats familialistes.


Qui plus est, Lola pourra retourner en Cour supérieure et obtenir pour elle-même la pension tant convoitée, en plus des 420 000 $ nets d'impôts par an qu'elle encaisse déjà pour ses enfants.  Rappelons qu'elle exige la bagatelle de 50 M $...

Selon Me Goldwater, « (…) pour une fois, une lutte de riches pourrait véritablement aider les pauvres. »  Rien n’est moins sûr et il est difficile de concevoir qu’une avocate familialiste de 30 ans d’expérience, réputée pour sa compétence, puisse l’ignorer à moins de souffrir d’aveuglement volontaire ou de pratiquer l’autohypnose.  Parions plutôt sur le bluff ou le mensonge délibéré.  De plus en plus nombreuses affluent les dénonciations qui prennent pour cible une justice à double standard, s’exerçant au détriment des intérêts légitimes des maris, des pères et de leurs enfants au Québec.  L’expression « industrie du divorce » fait peu à peu son chemin et s’étendra bientôt, grâce aux bons soins de Mme Goldwater, aux conjoints de sexe masculin en union de faits.

Pas de droit à l'erreur pour les jeunes hommes...

En réaction au verdict frauduleux des juges Marc Beauregard, Julie Dutil et Lorne Giroux, Mme Lise Bilodeau, présidente fondatrice de l’Association des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), devait objecter des arguments qui donnent à réfléchir : «  Imaginez les jeunes hommes qui tentent de faire leur vie avec deux ou trois personnes différentes et que ça ne fonctionne pas.  Seront-ils obligés de payer deux ou trois pensions alimentaires aux femmes avec qui ça n’a pas fonctionné ? » 

À moins d’un renversement en Cour suprême, ou d’un aménagement de la suspension de l’article 585 tenant compte de cette réalité incontournable au cours de la prochaine année, on voit mal comment il pourrait en aller autrement.  Rappelons que les hommes représentent 95 % des payeurs de pension au Québec.  Si vous êtes parents d’un jeune fils majeur depuis peu, mettez-le en garde contre les risques de la vie à deux, même en n’étant pas marié !

Mais qui est Me Goldwater ?

Ceux qui seraient tentés de ne voir en Me Goldwater qu’une virago exécrant les hommes jusqu’à l’apoplexie devront mettre de l’eau dans leur vin, bien qu'il y ait sûrement un important élément de vérité dans un portrait aussi peu flatteur.  Il est arrivé à cette magistrate de défendre des causes controversées mais louables.  Cette femme qui se définit comme une féministe radicale a dû retourner plus d’un estomac parmi ses consoeurs les plus intraitables par la création de la jurisprudence relative à la reconnaissance de l’aliénation parentale.  Quand on sait que, poussées par un système judiciaire au service des mères, celles-ci totalisent 75 % des cas de cette forme de déviance, on réalise l’impact d’une telle victoire, même si elle risque d’être plus symbolique qu’appliquée. 

Mme Goldwater s’est également signalée par la défense du droit des enfants à l’avocat de leur choix et par l’obtention pour eux du statut de partie dans le litige familial, même si, aliénation parentale « aidant », il puisse s’agir là d’une arme à double tranchant, pas toujours propice à un exercice éclairé de la justice.  Les gais et lesbiennes lui doivent également beaucoup, puisqu'elle a obtenu gain de cause en 2003 dans la reconnaissance des couples de même sexe par la mise en échec des dispositions législatives discriminatoires.

Une porte ouverte aux abus

Il semble cependant qu’à la défense pertinente des enfants et des homosexuels s’ajoute celle, infiniment plus contestable, de femmes cupides ou malintentionnées qui ne manqueront pas d’abuser du système avec la complicité mercantile de leur avocat.  Un extrait d’entrevue diffusée à l’émission de Christiane Charrette, cité par le chroniqueur Richard Martineau, qui oppose son collègue Patrick Lagacé à Mme Goldwater, est à cet égard révélateur du féminisme radical et infantilisant dont se réclame l’avocate. 

« Disons que j’habite pendant quatre ans avec une fille et qu’on n’a pas d’enfant, lance Lagacé. On décide de se séparer, et à cause des aléas de la vie, mon ex se retrouve sans travail ou alors elle a un travail qui ne lui permet pas de mener le train de vie qu’elle menait quand on vivait ensemble.  Dois-je lui payer une pension ? »

« Je l’espère », répond l’avocate sans hésiter.

Voilà qui n’aura pas de quoi appaiser les inquiétudes de Mme Bilodeau, de l'ANCQ, citée plus haut dans ce texte, et qui m’a laissé ce commentaire préoccupant et révélateur sur les conséquences de l’affaire Lola.  Je le partage avec vous :

« J’ajoute que nous avons au Québec au moins 16 mille avocats familialistes (donnée de 2006). La majorité des "Joyeux Lurons du Barreau", qui ont défilé jusqu'à maintenant dans les médias, se frottent la bédaine, car ce jugement s'annonce fort lucratif pour eux. Il est faux de prétendre que la Cour prend le temps de tenir compte de la capacité de payer du débiteur. Il est également faux d'avancer que, si le salaire de l'ex conjointe est supérieur à celui de Monsieur, celui-ci n'aura pas à lui verser de pension. Dans la réalité, les faits sont différents, une bursite, une tendinite, une migraine, une dépression, un burn-out viendront peser lourd dans la balance de l'incapacité de Madame à poursuivre sa carrière. Sans compter que Madame pourrait décider de poursuivre des études. Il faut également être prudent quant au contrat de vie, qui pour certains semble être la panacée. En effet, ce dernier ne pourra annuler le nouvel article du code civil. En d'autres termes, nulle entente ne peut passer outre à une disposition légale. »

Gare aux vacances d'été !

Le public ne réalise pas encore pleinement les impacts probables de la décision de la cour d’appel.  Étant donné le nombre de personnes que ce verdict dégoûtant pourra affecter, la vigilance reste plus que jamais de mise sur les modalités que pourraient prendre l’évolution, si l’on peut dire, de la situation.  Il s’agit en plein du genre de sapin de Noël que l’on pourrait se faire passer pendant les vacances d’été… 

lundi 15 novembre 2010

Affaire Lola : le bal des vampires

Comme notre système judiciaire dispose d’un an pour moduler la récente décision de la Cour d’appel du Québec octroyant le droit aux ex-conjoints, ou, convenons-en, aux ex-conjointes à une pension alimentaire, il y a gros à parier que l’onde de choc générée par une décision aussi controversée n’a pas fini de faire jaser.  Un lecteur m’écrivait récemment que, bien qu’il considère que de nos jours, la plupart des femmes souhaitent passer à autre chose au lendemain d’une séparation, il conseillera néanmoins à son fils de ne jamais vivre avec l'une d'elles.  Le chroniqueur vedette du Journal de Montréal, Richard Martineau, donnera lui aussi le même conseil à son gars.  De mon côté, je laisserai au mien le temps de vivre ses quinze ans, avec tous les bouleversements hormonaux, académiques et existentiels que son âge implique, avant de lui donner fort probablement le même conseil.  C’est là, apparemment, qu’on est rendu.

Vite, de l’hémoglobine !

J’écrivais, dans une chronique précédente, que seuls des intérêts corporatistes expliquaient une décision aussi inique qu’improbable.  Improbable, vraiment ?  Pas si sûr.  J’ajoutais que, dans un contexte où les avocats du Québec restent surnuméraires, une excellente façon de leur procurer du travail demeure de favoriser artificiellement la judiciarisation des ruptures en rendant la loi juste assez inéquitable.  Comme on identifie le plus souvent l’homme comme celui qui gagne le plus gros salaire, il est normal d’aller chercher l’argent là où l’on considère qu’il se trouve.  C’était le cas pour les ex-conjoints mariés, ce sera désormais celui des ex-conjoints d’union de fait grâce à la malhonnêteté des juges Marc Beauregard, Julie Dutil et Lorne Giroux.

À aucun moment, ces individus n’ont jugé l’affaire Lola pour ce qu’elle était : la manœuvre d’une manipulatrice rapace plus que choyée qui voulait en soutirer encore plus à un ex-conjoint fortuné.  Autrement, la demanderesse aurait été déboutée sans ménagements.  Ces magistrats se sont plutôt servis de ce cas comme prétexte pour atteindre leur objectif carnassier en se drapant d’un voile de justicier – très masqué – et en se cachant derrière le caractère soi-disant anticonstitutionnel de la situation jusqu’ici actuelle des conjoints de faits. 

Notons qu’en forçant, du moins pour le moment, la rétroactivité de leur décision aux couples déjà formés, au lieu de ne la rendre effective que pour ceux à venir, ils provoqueront encore plus de recours en pension alimentaire, donc encore davantage de boulot pour leurs collègues.  Mais il y a mieux, au chapitre de la rentabilité : un homme qui aura vécu successivement, et c’est courant, avec deux, trois ou quatre femmes, pourra potentiellement voir celles-ci lui réclamer chacune un jour ou l'autre une pension !  

La femme la plus impopulaire du Québec

S’il existe une personnalité juridique qui ne risque pas de sauver le peu de vernis qu’il reste à notre système judiciaire sans éthique après un exercice aussi méprisable, c’est bien Anne-France Goldwater, l’avocate volumineuse et multicolore de Lola, repérable même la nuit.  Jusqu’ici, l’appareil judiciaire québécois, inhumain, anonyme et hostile à la gent masculine avait été dénoncé par des groupes de pères et par le documentaire choc de Serge Ferrand intitulé La machine à broyer des hommes, qui avait valu à son auteur et à sa famille d’être intimidés à domicile en 2003 par certaines féministes et leurs sbires. 

Avec, 34,6 % de couples vivant en union de fait, l'intolérance envers les douteux procédés de l’appareil juridique gagnera à coup sûr plus d’adeptes.  Un conseil à Mme Goldwater : teignez-vous les cheveux, portez du noir et maigrissez, car vous devrez avant longtemps vous faire toute petite… 

En effet, notre système judiciaire sans visage en a désormais un : celui-là même de ce personnage apparemment sorti tout droit d’une prise oubliée d’un vieux sketch de Rock et belles oreilles, et qui n’hésite pas, lors de ses passages remarqués dans les médias, à jeter de l’huile sur le feu.  Mme Goldwater devait en effet affirmer, notamment, qu’il était normal qu’un jeune homme, n’ayant vécu que quelques années avec sa copine sans en avoir d’enfants, soit obligé de lui verser une pension si cette dernière se trouvait dans le besoin ou si elle ne retrouvait pas le même niveau de vie qu'avant la rupture.  Faut pas que j’oublie de dire à fiston…

La reine des vampires

Une seule femme pourrait, à l’heure actuelle, générer plus d'antipathie encore que Mme Goldwater : Lola elle-même, dont l’identité réelle, bien que « protégée » par une ordonnance de non-publication, peut être découverte sur la toile en un clic de souris.  Celle qui a donné l’impulsion initiale à ce bal des vampires, financée en cela par le riche naïf qui lui sert de conjoint, devrait, si ce n’est déjà fait, envisager un budget pour une protection rapprochée.  Il y a gros à parier que son identité, tôt ou tard, sera connue et il n’est pas sûr que parmi les gens qui la reconnaîtront dans la rue, une majorité voudra la féliciter.  Il y a un prix à payer, quand on défend un idéal humanitaire...

vendredi 12 novembre 2010

Affaire Lola : quand les juges se font lobbyistes…

Si, comme moi et plusieurs autres, vous avez suivi les derniers développements de l’affaire Lola, faits d’arme d’autant plus spectaculaires que l’on croyait que la demanderesse serait déboutée, vous êtes sans doute tombés en bas de votre chaise à l’annonce du verdict des juges Marc Beauregard, Julie Dutil et Lorne Giroux, de la Cour d’appel du Québec.  Leur décision de permettre à un ex-conjoint de toucher une pension après une séparation sera lourde de conséquences pour 34,6 % des couples du Québec vivant en union de faits.  Ne nous leurrons pas, « ex-conjoint » sera le plus souvent conjugué au féminin.  Comme 95 % des payeurs de pensions d’anciens couples mariés sont des hommes, 95 % des payeurs de pensions d’anciens couples en union de faits seront des hommes également.

Des avocats à soutenir...

S’abritant derrière de nobles sentiments, à savoir de mettre fin, écrivent les magistrats, à la prétendue injustice que « les conjoints de fait sont moins dignes que les conjoints mariés ou unis civilement de l’article 585», les juges ont invoqué ledit article « qui protège un droit fondamental, celui de satisfaire à des besoins financiers de base après une rupture. » 

Les avocats étant des travailleurs sur-représentés au Québec, ce type de jugement me laisse toujours un arrière-goût de suspicion.  Mais j’ai l’esprit naturellement tordu.  Du temps où Marc Bellemare, ministre de la Justice, souhaitait en 2003 l’abolition du no fault , je ne pouvais m’empêcher d’anticiper le nombre de causes qu’un pareil changement législatif pourrait rapporter à des avocats en mal d’émoluments.  Derrière le justicier désireux de faire payer les chauffards au lieu du contribuable, se cachait selon moi le lobbyiste désireux de veiller aux intérêts de ses pairs.  Quand, grâce notamment au CAA, le public a compris que la majorité des contrevenants n’étaient pas solvables, donc que leurs victimes paieraient des avocats pour se retrouver le bec à l’eau, les projets de Bellemare sont devenus du coup moins attrayants…

Il m’est franchement difficile de voir autre chose qu’une manœuvre semblable doublée de manipulation de la part de ces juges drapés de nobles intentions factices.  Nombreuses sont les voix à avoir dénoncé, avec raison, l’infantilisation de leur décision envers les femmes du Québec et le fait que l’État s’ingérait dans la chambre à coucher des couples.  Les causes de séparation étant déjà un marché lucratif au Québec, puisqu’il avantage plus souvent l’ex-épouse et la mère au détriment du père et des enfants, ce qui entretient la judiciarisation des ruptures, la démocratisation de certaines iniquités aux conjoints de fait permettra à la justice québécoise d’arrondir son chiffre d’affaires.  Business as usual… 

Le prétexte idéal...

Il y a plus.  Une ancienne agente d’aide sociale me faisait remarquer que ce jugement ouvrait la porte à nombre de recours en pensions de la part d’assistés sociaux qui se verront forcés par leur agent de poursuivre leur ex.  Tel était déjà le cas pour les ex-conjoints mariés.  Quelques années auparavant, l’un d’eux, un militant revendiquant la limitation de la pension aux ex-conjointes à trois ans, me faisait déjà remarquer, informations à l’appui, disait-il, que l’État fourbissait ses armes afin d’étendre aux conjoints de fait les mêmes obligations qu’aux couples mariés afin de faire rentrer de l’argent dans ses coffres.  Apparemment, l’affaire Lola a été le prétexte, le déclencheur d’une initiative aussi douteuse…

La décision malhonnête avantageant indûment Lola aura des effets pervers, non seulement sur l’administration déjà biaisée de la justice, mais aussi sur la qualité des relations homme-femme, sur le célèbre refus de l’engagement des hommes et sur le déclin démographique de notre province.  Le mercantilisme féroce s’avère décidément peu compatible avec l’harmonie entre les sexes… 

Sur le même sujet, mon article paru en 2009 :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/200901/29/01-822246-ou-sont-elles-nos-victimes-dantan-.php

Verboblogueur : à venir, Lola et les lobbyistes...

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mercredi 10 novembre 2010

Verboblogueur : j'oubliais, l'affaire Lola...

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Affaire Lola : chacun chez soi !

Si je n’étais pas déjà satisfait de mon existence, à 52 ans, mes enfants derrière moi, ma vie de célibataire organisée entre mes obligations familiales, quelques amis précieux et un travail avec un horaire stable, l’affaire Lola me persuaderait d’en rester là.  Voici donc, au cas où la menace se présenterait, un avertissement honnête et salutaire à toutes les Lolas de notre belle province, ces vampires de pension pour lesquelles assumer sa propre subsistance relève de l’hérésie. 

L’homme qui rédige frénétiquement ces lignes est un personnage détestable, qui parle dans son sommeil et tiens des propos, paraît-il, horribles.  Éveillé, c’est encore pire, je les tiens toujours, et les pense.  J’affiche un intérêt plus que suspect envers Jack l’Éventreur (un texte sur le sujet dans ce blog atteste de ce penchant sinistre).  Vous devrez vous montrer très gentille envers mon fils, atteint d’un trouble envahissant du développement, aux humeurs aussi imprévisibles que celles de son père, autrement... 

Ma sœur, qui me visite quotidiennement, parle toute seule et, la nuit, est en proie à des crises de somnambulisme au cours desquelles elle déchire l’air d’un grand couteau en criant « Mort aux huîtres ! ».  Ma mère, âgée de 93 ans, ne supporte pas la présence d’une femme chez nous (au fait, vous ai-je dit que ma mère vit avec nous ?).  On rapporte, dans notre quartier, d’étranges rumeurs de disparition, toutes concernant des femmes qui ne m’avaient rendu visite qu’une seule fois.  Bien pour dire, ces coïncidences… Un voisin m’a même juré avoir vu la nuit des fantômes surgir des entrailles de notre jardin en scandant « 911 », d’une voix à glacer le sang.  Mais tout ça n’est que rumeurs, bien sûr…  Si vous croyez à l’astrologie, je suis Scorpion ascendant Scorpion.  J’espère que ça ne vous indispose pas trop…

Au fait, il y a pire : je ne suis qu’un humble agent de sécurité qui gagne moins de 30 000 $ par an.  C’est bête, j’aurais dû commencer par là… Pas pensé.

Prendre une femme par la main…

L’affaire Lola, cette émule de Heather Mills, l’ex de Paul McCartney, s’inscrit dans une continuité, chère au Québec, où l’État doit assumer le destin d’une femme, de sa naissance jusqu’à son trépas.  Les gars, démerdez-vous seuls et contribuez à l’épanouissement de nos femmes et de nos filles.  Observez autour de vous, à l’approche d’une naissance.  Avant celle de mon fils, il était de bon goût, chez une majorité, de me souhaiter la venue d’une fille.  Moi j’étais sûr que ce serait un gars, et le disais, mais je suis un monstre. 

Dès son arrivée à la maternelle, la petite fille évolue dans un environnement spécifiquement adapté à ses besoins d’apprentissage grâce, en bonne partie, à la bienveillante protection du Conseil du statut de la femme et de ses heureuses recommandations auprès du ministère de l’Éducation.  Cette aura protectrice suivra l’élève féminine du primaire au secondaire et on poussera même l’obligeance jusqu’à abaisser le niveau de difficulté des cours de maths de quatrième secondaire, porte d’entrée pour les études dans les disciplines non traditionnelles en sciences, afin que nos filles rattrapent leur retard sur les garçons dans ces domaines.  Malgré quelques percées louables, notamment en médecine et en recherche biologique, ce grand rêve tarde depuis 35 ans à devenir une réalité généralisée.

Qu’à cela ne tienne, alors que les garçons sombrent dans les problèmes de décrochage (mais ce ne sont que des gars, après tout !), on accorde bourses et programmes tels que « Chapeau les filles » à nos filles pour qu’elles puissent accomplir un grand idéal féministe.  Des mesures de discrimination positive contribueront à leur insertion dans certaines facultés et, plus tard, sur le marché du travail.  L’État donne l’exemple.  Pour en finir avec sa réputation de misogynie, Radio-Canada se voit maintenant composée de deux cadres féminins pour un seul cadre masculin.  Au Conseil des ministres québécois, Jean Charest a instauré la parité hommes-femmes à partir d’une députation d’à peine 25 % de femmes.  Quel beau moment de solidarité féminine !  Est-ce là l’un des secrets de la performance sans précédent de ce gouvernement ?

Le travail, c’est la santé, mais pour bien travailler, il faut voir à la sienne.  Aussi, les dépenses en santé et en services sociaux pour les femmes sont onze fois plus financées au Québec que celles des hommes.  Ça, c’est du soutien !  Un certain Rondeau a bien tenté, avec un rapport sulfureux, de persuader nos dirigeants que les hommes étaient laissés pour compte, mais nos valeureuses féministes, la très populaire FFQ en tête, ont réussi, dans un moment de grande dignité, à faire tabletter cet horrible document.

Les femmes, pense l'État, toutes des clones humanoïdes de Lassie, cette colley si dévouée, sont naturellement tournées vers le bien.  Aussi est-il normal, quand elles commettent un crime, voire même un infanticide, de leur trouver des circonstances atténuantes.  Le très sérieux institut Philippe Pinel vous le dira : une mère tue son enfant pour le protéger, un père pour se venger de la mère. Dommage qu’il n’y ait pas plus de cas dans l’actualité qui confirment la première hypothèse… L’institut travaille en étroite collaboration avec des maisons d’hébergement, je ne sais pas pourquoi j’écris ça… Il est donc normal, devant tant de bonté dans le crime, que pour un même délit, la sentence soit plus légère pour une femme que pour un homme.  Elles sont tellement pas pareilles…

…pour lui donner la confiance en son pas…

Sans exception victimes prédestinées par une grandeur d’âme standard, toutes les femmes, c’est connu, doivent être protégées malgré elles en cas de rupture.  C’est pourquoi elles peuvent, dans le cas où travailler paraîtrait insurmontable à certaines d'entre elles, bénéficier d’une pension alimentaire à vie.  Une infâme association des nouvelles conjointes a bien tenté de persuader le Conseil du statut de la femme de recommander un plafond de trois ans à cet étrange phénomène de dépendance éternelle, mais dans un accès de dévouement, ce dernier a jugé bon de ne pas donner suite à une requête aussi scandaleuse.  Ainsi, si les pensions pour enfants à charge connaissent une fin, celles pour l’ex-conjointe n’en trouvent aucune.  Les femmes sont-elles, aux yeux de l’État, des enfants éternelles vouées à ne jamais devenir adultes ?  Poser la question…

Ce qui nous amène à la dernière intervention de l’État en vue de sauver nos pauvres ex-moitiés.  Dorénavant et, même si un tel projet n’était pas prévu au moment de leur vie commune, des femmes en union de fait pourront, au lendemain d’une séparation, exiger une pension de leur ex, comme si elles avaient été mariées. Avant, seuls les enfants étaient admissibles à une telle mesure.  Désormais, le Québec a jugé que les femmes seraient traitées exactement comme eux.  

Et puis, ça fera du travail pour les avocats qui, contrairement aux médecins, restent sur-représentés.  Nullement en conflit d’intérêt à ce chapitre, la Cour d’appel du Québec n’a pas tenu compte des récriminations des méchantes langues, tant féminines que masculines, qui martelaient que les femmes doivent prendre leur destin en main, s’informer de leurs droits et, dans le cas où elles ne sont pas satisfaites de leur entente actuelle, en discuter avec leur conjoint et passer chez le notaire.  La Justice a jugé que c’était trop en demander à des êtres vulnérables habitués à ne pouvoir faire un pas sans un programme social ou une mesure légale.  C'est ainsi que notre système perçoit nos femmes.  Justice, pense-t-il, a été rendue…

Vers une nouvelle révolution tranquille…

Celles qui trouvent toutefois l’homme québécois rétif à l’engagement n’ont pas fini de ronger leurs bas.  Ces mécréants, dont l’horrible auteur de ces lignes, chercheront à se soustraire de leurs obligations normales et prédestinées de pourvoyeur.  N’ont-ils pas été mis sur terre, par des femmes, je précise, à seule fin de veiller éternellement sur leur survie, sinon leur bonheur. 

Alors que l’on recense des cas collectifs de grève du sexe dans le monde, ourdies par des femmes qui veulent protester contre les conditions de vie que les hommes leur imposent, au Québec, ce sont ces derniers qui refusent d’entamer le dialogue ou d’initier la relation.  Ont-ils peur qu’on les facture au mot ?  Phénomène unique, observé même de l’étranger, cet immobilisme suspect dissimule-t-il une mouvance inavouée vers une nouvelle révolution tranquille ?

Qui sait, de bons partis, les hommes du Québec pourraient devenir partis pour de bon…


À lire, sur le même sujet, mon article paru en 2009, quand l'affaire Lola est devenue publique :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/200901/29/01-822246-ou-sont-elles-nos-victimes-dantan-.php