mardi 29 mars 2011

Enseignants masculins : par-delà la discrimination positive…

Michelle Courchesne
C’était le 12 février 2009.  La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) lançait un véritable cri d’alarme à Michelle Courchesne, alors ministre de l’Éducation du Québec (MEQ), « face au nombre sans cesse croissant de cas d’enseignantes et d’enseignants victimes de fausses allégations ou injustement accusés au criminel. » 

Manon Bernard, présidente de la FSE, déclarait : « Il y a énormément de colère dans nos rangs en ce moment en lien avec ces fausses allégations et ces accusations.  Les enseignants reçoivent durement un message extrêmement démotivant qui fait de l’enseignement une profession de plus en plus à risque.  Chaque geste posé envers un élève, aussi nécessaire soit-il pour l’enseignant, peut maintenant avoir des conséquences graves, et même briser des vies et des carrières.  Pourtant, il y a une énorme différence entre exercer son autorité en classe dans le cadre de son travail et poser un geste violent envers un élève.  Nous souhaitons que ce message soit compris par tous les intervenants de notre milieu et qu’au-delà des beaux discours que les dirigeants scolaires tiennent sur notre profession, ils nous appuient concrètement dans l’exercice de notre travail. »

Manon Bernard
Mme Bernard affirmait de plus que le fléau des fausses allégations était en hausse depuis 10 ans et, plus particulièrement, depuis les cinq dernières années.   Jean Drury, avocat en droit criminel, le confirmait, après avoir défendu six accusés de voies de fait en un an et demi, une nette augmentation en regard des années antérieures.  « Au Québec, accuser un enseignant au criminel est un jeu d’enfant », renchérissait-il.  Selon le psychologue Hubert Van Gijseghem, les jeunes, sur sensibilisés, ne font pas toujours la part des choses : « Un simple toucher peut se muer en attouchement sexuel, une contention physique en voies de fait. »  La préadolescence n’arrange rien, précisait-t-il : « Rumeurs malveillantes, complots, vengeances : les faits sont souvent déformés intentionnellement par le jeune qui défie l’autorité ou découvre sa propre sexualité. »

Voilà un discours qui va à contre-courant d’une attitude étatique de « tolérance zéro » fortement conditionnée par certains lobbys.  Allez défendre les points de vue qui précèdent devant le Regroupement québécois des Calacs, pour qui la présomption d’innocence demeure un fâcheux irritant dans la lutte que ces militantes prétendent livrer aux agressions sexuelles, et vous pourrez mesurer toute la résistance qui attend les enseignants dans leurs revendications légitimes. 


« D’un côté, on accuse les professeurs de faire preuve de laxisme en classe, avait dénoncé Mme Bernard, mais d’un autre côté, quand ils interviennent auprès d’un élève, ils s’exposent à une poursuite au criminel.  On souhaite être davantage soutenus pour exercer notre autorité. »  Voilà pourquoi la FSE interpellait le gouvernement québécois afin qu’il revoie la procédure, découlant d’une entente multisectorielle conclue en 2001, qui régit toujours les plaintes déposées contre les professeurs et qui fait que tout professionnel « ayant un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant sont ou peuvent être considérés comme compromis a l’obligation de signaler sans délai la situation au directeur de la protection de la jeunesse ».

Compte tenu de la réputation d’excellence de cet organisme décrié de toute part, il ne faut pas se surprendre des inévitables dérives engendrées par ses redoutables excès d’efficacité, de plus en plus dénoncés comme étant conditionnés par une approche féministe radicale.  Faut-il s’étonner si la plupart des victimes de fausses allégations sont des hommes ?

Les garçons aussi écopent.

Université de Nipissing
Une récente étude de l’Université de Nipissing, en Ontario, révèle qu’un enseignant masculin sur sept a été victime de fausses allégations et que, lorsque des jeunes portent plainte pour sévices, rien n’est prouvé dans trois cas sur quatre. Cette calamité, Jon Bradley, professeur à la faculté d’Éducation de l’université McGill, la dénonce depuis quelques années :  « S’ils quittent leur emploi à la suite de calomnies, tout le monde est perdant : eux, la société et les enfants. »

Au-delà des longues études, des conditions de travail discutables et de la surreprésentation féminine, contextes qui ont toujours prévalu, faut-il voir dans cette menace, qui plane plus que jamais sur leur avenir, le facteur déterminant dans la chute brutale, ces dernières années, du nombre d’enseignants masculins de 29 à 22 % ?  Poser la question, c’est y répondre.

Les profs masculins ne sont pas les seules victimes des fausses allégations.  Les garçons subissent indirectement le contrecoup de leur pénurie.  Même si le concept de leur influence sur la réussite scolaire des gars ne fait pas l’unanimité, il faut au moins envisager l’hypothèse que leur absence accentue une problématique à laquelle on ne semble trouver aucune solution.  Alors qu’un garçon sur trois ne termine pas son secondaire et que, de l’aveu même de la nouvelle ministre de l’Éducation, Line Beauchamps, son ministère est marqué – ou devrait-on dire gangrené ? - par une guerre d’idéologies, il importe plus que jamais de trouver des solutions concrètes et rapides afin d’éliminer à la base les irritants qui provoquent l’exode des profs masculins.

Égide Royer
Convaincu de leur influence bénéfique sur les garçons, le pédagogue Égide Royer préconise la discrimination positive afin d’augmenter leur participation, proposition qui suscite l’enthousiasme des directions d’école et les réserves des syndicats.  Pour bien intentionnée que se veuille à prime abord cette mesure, il faudrait s’interroger sur son efficacité à l’embauche si, en contrepartie, les inscriptions masculines en enseignement continuent de stagner.  Pertinente, une tournée de sensibilisation à l’automne, comme l’anticipe la ministre ?  Discrimination positive et valorisation de la profession ont déjà été combinées afin d’augmenter les inscriptions des femmes en ingénierie, sans que ces dernières ne dépassent 11 % des membres de cette profession.

À la différence de celles-ci, les enseignants masculins, déjà plus nombreux, l’ont été par le passé encore plus.  Faudra-t-il à nouveau fouiller, disserter, décortiquer, soupeser et cogiter ad nauseam afin d’identifier les ressors profonds qui, dans la psyché masculine, compromettent le désir d’enseigner ?  En attaquant de front la problématique des fausses allégations, la ministre Beauchamps ferait coup double : tout en faisant montre de courage politique, elle contribuerait à enrayer de graves injustices et stimulerait ensuite, par des effectifs masculins accrus, la réussite des garçons.  Elle serait bien la première ministre de l’Éducation à arriver à des résultats concrets.  Son action devrait cependant obtenir l’appui et la collaboration du ministre de la Justice. 

Jon Bradley
Une telle attitude demande un sérieux coup de barre.  Laissons, dans cette perspective, au professeur Bradley le mot de la fin : « Les enquêteurs trop zélés, les jeunes qui ont manifestement menti, les parents qui en rajoutent sur l’Internet : tous doivent être sanctionnés.  Il faut les dissuader d’agir ainsi.  Pour l’instant, on voit des gens dont la réputation et la vie ont été ruinées et qui ne peuvent même pas compter sur des excuses. »

samedi 26 mars 2011

Leçon de vie d’un père judiciairement harcelé

Depuis que je tiens ce blog, j’ai été choyé par plusieurs participations dignes d’intérêt.  Bien sûr, personne ne peut faire l’unanimité, mais la plupart de ceux et celles qui ne partagent pas mes points de vue ont jusqu’ici su exprimer leurs divergences dans le respect des différences.  Je leur en suis reconnaissant.  Il arrive parfois que certaines interventions se démarquent d’autres, au point où le commentaire devient littéralement une seconde chronique, juxtaposée à la mienne.  Loin de le ressentir cet état de fait comme une concurrence, je suis ravi de ces apports qui contribuent à rendre ce blog plus intéressant. 

Aujourd’hui, j’ai décidé de donner la parole à l’un de ces commentateurs hors du commun, qui a laissé le témoignage qui suit à la fin de ma dernière chronique, parue ailleurs que dans ce blog.  Il y était question de la pénible expérience de Jean-Charles, un – autre – père luttant au fil des ans pour assurer une vie décente à ses enfants et à lui-même, malgré une ex-conjointe envahissante et vindicative et les nombreux obstacles mis sur sa route par la DPJ et le système policier comme judiciaire.


Je ne vois pas comment j’aurais pu passer cette contribution sous silence.  J’ai donc décidé de la partager avec vous.  L’auteur, qui a signé sous le pseudonyme de « Sauvé », est un père qui, lui aussi, a traversé l’enfer de la judiciarisation de son divorce.  Je n’en écris pas plus.  Lisez plutôt.

Monsieur Kaestlé, 

La judiciarisation, une cause de suicide ?
Je suis de tout coeur avec vous. J’ai été témoin à moult reprises de ce type d’abus, où l’homme en mangeait toute une.  Ce type de rupture dont vous parlez, ces accusations et ce contrôle sur les enfants sont crucifiants. Ce fut certainement l’épreuve la plus difficile de toute ma vie. Et fort de mon expérience, voici ce que j’ai appris : 

« Nous attirons notre bourreau ou notre victime. » Plus nous prenons responsabilité dans notre devoir de trouver et de garder la paix en nous (en dépit des accusations mensongères, des manipulations, des aliénations faites aux enfants, etc), moins nous devenons sujets à cette méprise par l’autre.  Plus nous devenons libre. 

Nous n’offrons plus de résistance et à un moment donné, l’adversaire s’épuise à ne plus avoir de réaction de l’autre. C’est probablement le message qu’a voulu nous transmettre ce grand maître lorsqu’il nous invita à offrir l’autre joue.   Avec la bonne approche, notre bourreau devient notre professeur du moment, jusqu’à temps où nous ayons enfin compris de quoi il en relevait. L’autre ne nous affecte plus. 

Et puis oui, vous avez raison, c’est probablement l’un des plus grands défis qu’un être humain puisse vivre. Ne plus résister et enfin pardonner et aimer...  pas évident, surtout dans un système qui se trouve à des millions d’années lumières de cette réalité.   Mes bonnes pensées sont pour Jean-Charles, ces enfants, et surtout pour cette mère, qui est probablement profondément malheureuse, si elle ne s’est pas encore sortie de cette dynamique. 

Au Québec, 9 800 hommes sont arrêtés chaque année sans motif 
puis relâchés le lendemain.
J’ai aussi été témoin de nombreuses injustices par la cour et le corps policier qui de facto, condamnaient le père suite aux fausses accusations de la mère. Dans un cas, c’était la violence, dans l’autre c’était la pédophilie (eh oui !!), dans l’autre, la torture psychologique. Ces hommes furent complètement détruits. Certains n’en pouvant plus, ont mis fin à leur existence. Fort des statistiques sur le suicide des hommes au Québec, j’ose espérer que les juges prennent aujourd’hui des distances avec leurs réflexes initiaux. 

Cela étant dit, je m’encourage de cette heureuse expérience avec ce juge qui m’a inspiré à rester dans l’honneur. C’est ce juge qui, dans son écoute et son affabilité, m’a permis de cesser de me considérer comme une victime et un indigné. Je me suis assumé peu importe ce que l’autre faisait ou ne faisait pas. Et c’est à partir de ce moment-là, que j’ai commencé à respirer et à devenir plus libre. Sans un mot dire pendant des années, et à force de changer mes pensées noires pour de plus lumineuses, je sentais bien que quelque chose se transformait dans ce mystérieux monde des événements. Et puis un jour, qui vois-je à ma porte ? Mes enfants ! Ils se rappelèrent ce qu’ils avaient vraiment vécu avec leur papa, et ils revinrent au bercail partager à nouveau de bons moments avec lui.  Quelle joie je peux ressentir en écrivant ces lignes ! Mais ce fut difficile, très difficile, j’en conviens.

Un père et ses enfants.
Toujours est-il que ce système de Justice est notre reflet, et que si nous voulons des changements profonds qui apportent la paix et surtout du bien pour les enfants, nous devons retourner à nous-même et aux causes profondes qui ont permis que nous attirions ce bourreau ou cette victime dans notre vie. 

Il est grand temps que les hommes puissent se donner les moyens de mieux partager entre eux autour d’autres choses que d’une bière dans une brasserie. C’est peut-être une idée dont le temps est venu, sait-on jamais :) 

Sauvé 

Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à pareille leçon de vie, de dépassement de soi et de sérénité conquise au prix de mille luttes.  Je suis persuadé que ce témoignage contribuera à soutenir de nombreux hommes, enfants et nouvelles conjointes à traverser cette véritable épreuve du feu qu’est devenu pour un trop grand nombre la judiciarisation des ruptures.  En attendant et surtout, en militant en vue de changements devenus impératifs et essentiels qui devront être appliqués à notre système judiciaire, le témoignage de ce père nous rappelle que les plus grandes révolutions commencent de l’intérieur.  Après seulement, la collectivité peut s’éveiller.

mercredi 23 mars 2011

Un père témoigne : « Jamais sans mes fils ! »

Une famille québécoise, vers 1954
J’entends déjà les réactions des tenantes d’une certaine mouvance qui liront ce titre : « Encore un ! » ou « C’est reparti pour un tour ! »  Eh oui, encore un père floué, un de plus parmi tant d’autres qui, selon elles, se plaignent sans raison.  Un autre qui, diront-elles, souhaite un retour à un patriarcat ancestral où l’homme était soi-disant seigneur et maître.  C’est bien mal connaître le Québec profond où l’homme dit Canadien français, sans instruction, travaillait six jours semaine comme une brute sous les ordres d’un « foreman » souvent anglophone, se faisait dicter à l’Église son devoir de citoyen et le parti pour lequel voter, avant de remettre l’intégralité de sa maigre paie à sa conjointe et mère de ses enfants, véritable reine du foyer, dans l’incertitude de gagner la pitance d’une famille qui n’en finissait pas de s’accroître.  Le patriarcat a ceci de particulier qu’il reste le lot d’une minorité de dirigeants, et que les hommes, au même titre que les femmes, vivent sous sa botte, idéologie radicale ou pas.

Camille Bouchard
Dans l’un de ses nombreux élans de négationnisme, Micheline Carrier, éditrice du site Sisyphe, plate-forme de prédilection de ce genre de discours, prenait à partie en 2005 le péquiste Camille Bouchard qu’elle accusait de relayer « la propagande de certains groupes de la condition masculine sur la présumée discrimination à l’égard des pères ».  Elle précisait : « Par ailleurs, M Bouchard ayant travaillé longtemps dans le domaine psycho-social devrait savoir que des études n’existent pas sur ce sujet parce que cette réalité n’existe pas. »  Raisonnement d’une simplicité poignante.  Ainsi les données sur l’exploitation des gaz de schiste faisant défaut, ces gaz n’existent pas.  Cessons alors de couper les cheveux en quatre. 


Mais la journaliste ne s’arrête pas en aussi bon chemin.  Après avoir reproché au député d’avoir présenté le sujet à la toute fin de la période de question du 27 janvier 2005 à des porte-parole de la Table des groupes de femmes de Montréal, elle en remet :  « Cependant, M Bouchard n’a pas réitéré sa question aux personnes les plus en mesure de lui répondre, c’est-à-dire les porte-parole du Barreau du Québec.  Imaginez le dialogue.  Camille Bouchard : « Avez-vous une attitude défavorable envers les pères, les déconsidérez-vous, comme leurs enfants, et provoquez-vous ainsi des démêlés judiciaires indus et onéreux qui les mettent sur la paille ? »  Le Barreau : « Nooon, voyons ! »  Micheline Carrier : « Vous voyez, M Bouchard, ils le disent eux-mêmes qu’ils ne sont pas injustes ! »   Autant demander à un ponte du crime organisé s’il se livre à des activités de blanchiment d’argent, de proxénétisme ou de trafic de drogue : « Nooon, voyons ! »

Claire L'heureux Dubé
Pourquoi M Bouchard aurait-il dû se fatiguer quand Claire L’heureux-Dubé, juge en chef retraitée de la Cour suprême, déclarait le 2 février suivant en commission parlementaire à Québec : « J’ai été 30 ans dans la magistrature et je n’ai jamais vu un juge avoir un préjugé quelconque en cette matière (contre les pères). »  Imaginez le proprio d’une entreprise de voitures usagées qui ne connaît pas de concurrent véreux, un chef de police qui n’a jamais eu de policier violent sous ses ordres, un comptable qui n’a jamais eu vent qu’un collègue falsifiait des états financiers.  Bonne retraite, Mme Dubé-L’heureux, vous serez plus à votre place sur la touche.

La palme de la négation, pour ne pas dire de la misandrie, revient incontestablement à Anne McLellan, ancienne vice-première ministre du Canada et ministre de la Justice de 1997 à 2002, qui déclarait, dans l’Alberta Advisory Council on Women Issues, cité dans l’essai 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? : « … un nombre croissant de spécialistes suggère aujourd’hui, que la garde partagée perpétuerait l’influence et le domination des hommes sur les femmes… »  L’argument est si ridicule et biodégradable que je ne prendrai même pas la peine de le réfuter.

Des fils qui préfèrent Papa…

Anne McLellan, inénarrable...
« Je vais vous raconter mon histoire.  Je crois que personne ne s’en prendra à mes enfants, vu qu’ils sont tous majeurs. » Ainsi débute le récit de Jean-Charles (nom fictif), que ses quatre fils, étrangers aux préceptes des oracles cités plus haut, ont choisi pour les garder au lendemain de son divorce.  « Si je m'exprime, c’est pour éliminer cette violence cachée et essayer de rétablir une justice pour que les enfants aient une chance de s’en sortir et que les pères ne soient pas tous traités comme des criminels. »

Après environ 20 ans de mariage, la relation entre Jean-Charles et sa femme, Thérèse (nom fictif), bat de l’aile.  L’amour a fait place à la haine.  L’épouse multiplie les gestes agressants, lui crie à deux pouces du visage, tente vainement de le pousser à bout pour qu’il la frappe, menace de le faire arrêter, multiplie les crises de larmes, l’accuse sans motif de la tromper, de lui cacher de l’argent, de la calomnier, tout ça parfois jusqu’aux petites heures.  À deux reprises, la situation dégénère au point où notre homme doit appeler la police.  Il suffit à Thérèse de prétendre qu’il est violent et père négligent, pour que Jean-Charles se voit menacé d’être incarcéré à Orsainville. 

Ce couple n'est pas celui du récit.
Le phénomène se reproduit quand il appelle la DPJ à la rescousse, devant le climat empoisonné du domicile familial.  Les intervenantes ferment les yeux sur la déviance manifeste de la mère et le menacent d’aller vivre dans un petit appartement, de payer une grosse pension et de ne plus revoir ses fils.   « Alors, pour ne pas perdre les enfants, j’endurais tout ça », écrit-il.  Lors d’une crise plus violente que les précédentes, Jean-Charles appelle le 911.  Thérèse est emmenée dans une maison d’hébergement pour femmes battues… « Lors du divorce, les plus vieux ont été obligés d’écrire une lettre pour dire que j’étais un bon père et un bon mari, précise-t-il, afin que les plus jeunes puissent vivre avec moi, comme ils le désiraient. »  On comprendra aisément leur choix quand, aujourd’hui encore, les fils disent à leur père : « On a vu des films de monstre, de guerre, d’horreur, mais jamais comme ce qu’on a vécu à la maison… »

Ces garçons ne sont pas ceux du récit.
Au lendemain de son divorce, ayant pu, en raison de l’âge légal des aînés et du désir de tous, obtenir la garde de ses enfants, Jean-Charles ne s’en voit pas moins obligé, en plus de subvenir à leurs besoins, de payer une pension de 325 $ par semaine à Thérèse.  Pour arriver, il doit effectuer du temps supplémentaire, quitte à s’absenter le soir, afin de « gagner la vie d’une autre personne qui ne fait rien ».  Il lui faudra attendre 2007 pour pouvoir remplacer son véhicule de 1993.  Demander une révision de pension n’est tout simplement pas dans ses moyens. 

Au moment de prendre sa retraite, il devra s’y résoudre pourtant, moyennant des honoraires d’avocat de 9 200 $.  Après qu’elle l’eut copieusement « dénigré, calomnié et faussement accusé », aucun magistrat n’a ramené Thérèse à l’ordre.  Elle a cependant vu sa pension réduite à 450 $ par mois, indexée à vie, un montant moins généreux que celui que Jean-Charles payait jusque-là.  Peut-être songera-t-elle enfin à devenir plus autonome ?

Au-delà de l’aspect financier calamiteux, le père retient surtout le climat de violence institutionnalisée entretenu et ressenti : « Pourquoi notre système de justice bonifie-t-il la violence ?  Quel intérêt y trouve-t-il ?  Comment pourrons-nous arrêter la violence dans notre société si elle est approuvée et camouflée par notre système de justice, nos services sociaux et nos dirigeants politiques ? »  Voilà autant de questions pressantes qui commandent des réponses immédiates.

jeudi 17 mars 2011

Dan Bigras, l’homme harcelé qui porte plainte

Dan Bigras
Il ne s’agit pas d’une bombe médiatique, tout au plus d’un pétard mouillé.  Ce n’est pourtant pas parce que l’incident n’a pas engendré de secousse notable sur notre sismographe médiatique qu’il doit être passé sous silence, ni commenté sans circonspection.  La nouvelle est tombée ce 15 mars lorsque l’on apprenait que le chanteur et comédien Dan Bigras avait déposé une plainte pour harcèlement criminel au service de police de Sherbrooke contre Nadia Fortin, 31 ans, intervenante au Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) de l’Estrie. 

Les faits reprochés par l’artiste, également reconnu pour son engagement auprès des jeunes hommes sans abri de 17 à 24 ans, notamment par le biais de son spectacle annuel Le Show du Refuge, se seraient déroulés entre juin 2009 et février 2011.  Dans un communiqué émis le 15 avril, Bigras explique :  Le 25 janvier, j’ai reçu le premier d’une série de courriels de détresse émanant d’une petite fille de 11 ans affirmant se faire agresser sexuellement par son père.  J’ai immédiatement communiqué avec la police de Montréal qui a fait suivre le dossier à la Sûreté du Québec, section des crimes sexuels, puis à la police de Sherbrooke qui a fait un travail exceptionnel pour retrouver la petite victime. 

Il précise : Après vérification, il s’est avéré selon l’enquête que la petite fille en question n’existait pas et qu’une dame se faisait passer pour elle, imitant donc une petite fille qui se faisait agresser.  Une plainte a donc été déposée contre elle.  Il faut relever qu’à cette plainte Bigras a ajouté un deuxième grief pour harcèlement.  Les gestes auraient été commis entre le 4 juin 2009 et le 9 janvier 2011, mais il est impossible pour le moment d’en savoir plus quant à leur nature.  L’accusée devra comparaître devant la justice le 6 avril.

Malgré un manège qui durait depuis plus de 18 mois, Nadia Fortin travaillait au CALACS de l’Estrie depuis un peu plus de huit semaines quand les plaintes ont été déposées.  Elle a été congédiée il y a un mois.  Yenisse Alvarez, directrice générale de l’organisme explique : C’est une intervenante qui était encore dans sa période de probation.  D’un point de vue professionnel, elle était très bien.  Lorsque nous avons reçu l’information de la police, nous avons été surpris, mais nous avons réagi rapidement. 

Munchausen ?

Voilà pour les faits connus, qui ont de quoi laisser méditatif quant à deux aspects : leur médiatisation, plutôt discrète, et surtout, les motivations de l’ancienne intervenante.  Il est évident que Nadia Fortin nourrissait une sorte de fixation sur Dan Bigras, idée fixe dont la nature même reste énigmatique. 

Éric Lapointe
Cet événement n’est pas sans évoquer, en bien moins lourd de conséquences pour la victime, l’affaire Éric Lapointe, en 2003, quand une mythomane s’était inventé de toutes pièces un passé de violence conjugale avec le chanteur alors qu’elle ne l’avait jamais rencontré.  Sa version des faits avait alors semblé crédible au point où le rocker avait été arrêté, en plus de voir son nom à la une de tous les quotidiens du Québec dès le lendemain.  Heureusement pour lui, une enquêteuse minutieuse avait découvert le pot aux roses, notamment après vérification d’un alibi en béton.

L’accusatrice de Lapointe souffrait vraisemblablement d’une déficience appelée syndrome de Munchausen, qui la poussait à l’affabulation afin d’attirer sur elle l’attention.  Le fait pour l’ancienne intervenante d’avoir inventé des fausses agressions vécues par une gamine qui n’existe pas pourrait bien relever de la même pathologie.  Il n’aurait plus manqué que Dan Bigras soit accusé d’être un agresseur imaginaire… 

À gauche, Michel St-Yves
Selon Michel St-Yves, psychologue judiciaire à la SQ, auteur et spécialiste en techniques d’interrogatoire, les personnes en proie au syndrome de Munchausen, souvent familières des services psychosociaux et des corps policiers, se trouvent régulièrement à l’origine de fausses allégations de violence et d’agressions sexuelles.  Cette réalité est niée par les CALACS qui tentent de ne voir dans ce phénomène que préjugés sexistes et réducteurs.  Devant les récents événements, leurs représentantes auront désormais matière à réflexion…

Et si c’était un homme ?

Il y a lieu de se demander quel impact aurait eu la médiatisation d’une pareille nouvelle si un militant de la défense des droits des pères avait harcelé une artiste connue et valorisée pour son engagement social.  Vous voulez parier que l’on en parlerait encore, s’informant chaque jour du vécu de la victime, et scrutant à la loupe le passé de l’accusé, témoins à l’appui ?

Dan Bigras, lors d'un Show du Refuge
Il faut saluer ici l’initiative de Dan Bigras, d’avoir porté plainte à un système policier et juridique beaucoup plus enclin à défendre les femmes que les hommes. Précisons que l’engagement social et la crédibilité de l’artiste militaient en sa faveur.  Pas sûr qu’un quidam inconnu aurait été pris au sérieux, ni qu’un organisme aussi puissant qu’un CALACS aurait congédié son employée avant même la tenue de son procès.  Faut dire que les découvertes de la police ne laissait aucune marge de manœuvre.  Qui sait si, comme dans le cas de Nathalie Simard avant lui, la démarche de Bigras n’encouragera pas d’autres hommes aux prises avec des problèmes semblables à briser le silence ?

Le vrai scandale

Il serait par ailleurs trop facile de remettre en question le fonctionnement des CALACS parce que l’un d’eux a manqué de discernement dans l’embauche d’une employée.  Il existe de bien meilleures critiques à adresser à ces organismes, dont leur fâcheuse tendance à la prolifération de clichés de type homme prédateur, femme victime, quand l’Institut de la statistique du Québec nous répète depuis des années qu’un garçon sur six est victime d’agressions sexuelles.  Dans cette perspective, on pourrait également reprocher aux CALACS, alors qu’ils touchent plusieurs millions chaque année de quatre ministères, de ne pas investir un sou pour aider ces mêmes garçons qui, faut-il leur rappeler, sont des enfants et des adolescents, bref des mineurs. 

Les femmes, seules victimes pour les CALACS
Enfin, alors que ces groupes nient obstinément la présomption d’innocence en affirmant comme un mantra qu’une femme qui accuse un homme ne peut mentir, 9 800 hommes sont chaque année inutilement arrêtés puis relâchés dès le lendemain en vertu de la politique d’intervention en violence conjugale.  Libère-t-on autant de coupables ?   Leurs accusatrices, intouchables, ne sont nullement inquiétées.  S’il existe un scandale à dénoncer chez les CALACS, ce n’est pas que l’un d’eux ait engagé une employée perturbée, mais que chacun d’entre eux propage une idéologie déviante, à même des subventions payées par le contribuable.

samedi 12 mars 2011

Pères et mères, mêmes droits ? Mon œil…

Ceux et celles qui connaissent le site Web Sisyphe, véritable Pravda québécoise du féminisme radical, peuvent témoigner qu’il vaut mieux ne pas compter sur ses participantes pour soutenir la condition masculine, souvent placée entre guillemets pour mieux la mettre entre parenthèses.  On y retrouve cependant en archive un article de Renée Joyal et d’Évelyne Lapierre-Adamcyk sur les pères et la garde partagée, paru dans Le Devoir du 26 septembre.


Malgré un propos général qui tend à banaliser les conflits judiciaires qui briment les pères, les auteures citent une étude qui pose cette question : Les pères et les groupes de pères qui se plaignent d’être « désavantagés par le système » (les guillemets sont des auteures) ont-ils raison de se plaindre ?  Douze avocats, dont sept femmes et cinq hommes, ont répondu oui, cinq, dont quatre femmes et un homme, ont dit non, et trois autres, dont deux femmes et un homme, ont répondu… oui et non.   Ce résultat n’a rien de scientifiquement irréfutable, vu son faible échantillonnage, mais il semble plausible et pourrait indiquer qu’une majorité de juristes concluent que les droits des pères ne sont pas autant respectés que ceux des mères. 

Ce père et ce fils ne sont pas ceux de ce récit.
Le récit qui suit pourra apporter de l’eau au moulin à une indispensable remise en question qui, tôt ou tard, devra occuper l’avant-plan des préoccupations du système familialiste et même, du système judiciaire québécois tout court.  On pourrait en dire autant des pays dotés – ou affligés - d’un féminisme d’État.

Tout nouveau, tout beau…

Veuf au début de la trentaine avec un fils de trois ans, alors qu’il travaille sur les shifts, Roger (nom fictif) rencontre celle qui deviendra sa conjointe en 2003.  Dans la jeune vingtaine et vivant chez ses parents après une séparation, Sophie (nom fictif) est elle-même mère d’un garçon de trois ans.  Comme Roger vient d’acheter une maison, il lui propose la vie commune, un partage des dépenses et une aide mutuelle avec les enfants.  Malgré les grandes réticences de sa mère, Roger croit qu’il a trouvé la perle rare.  Il apprendra bien plus tard de son fils que, dès le début, sa nouvelle conjointe se montrait hostile envers ce dernier.

Ces fêtards sont étrangers à ce récit.
Un an après, naît un garçon.  Sophie quitte son travail et s’occupe en apparence correctement des enfants.  Les tourtereaux se marient.  Premier écueil : Roger découvre que sa conjointe n’exerce pas l’emploi qu’elle prétend, mais un autre, tout à fait louable, mais moins considéré.  Pas de quoi demander une annulation de mariage, pense-t-il, mais notre homme devient perplexe.  En fait, les surprises ne font que commencer.  De retour aux études, Sophie persuade Roger, qui finance sa scolarité, de lui louer une chambre à proximité de son école.  Il découvrira que sa conjointe mène une vie de festivités et le trompe tandis que lui s’occupe des trois garçons tout en cumulant le temps supplémentaire pour boucler les fins de mois.  

Comprenant qu’il aurait dû écouter sa mère, devant la saignée grandissante de son budget, Roger demande la séparation en 2005.  Sophie lui rétorque qu’il est jaloux et que s’il part, elle demandera la garde de leur fils… mais aussi celle de son premier rejeton, né de son union précédente !  Atterré par telles menaces mais toutefois incrédule, Roger demande conseil auprès d’un ami avocat.  Saviez-vous, m’écrit-il, que puisque la mère de mon garçon était morte et qu’il appelait ma conjointe « maman », cela lui donnait un avantage certain ?  Alors, comme je veux éviter bien des procédures et tout ce qui va avec, d’un commun accord, elle revient à la maison. 

Chassez le naturel…

Malgré des vœux pieux, les sorties et beuveries reprennent de plus belle.  Suivront une faillite, mais aussi une promotion à l’extérieur pour Roger, qui lui permettra de louer une chambre loin d’un foyer devenu insupportable, avec le projet de protéger ses fils et de se séparer.  Devant la détérioration de leur relation, et la vie de plus en plus dissolue de sa conjointe, notre homme annonce en 2008 aux enfants que Sophie et lui vont se séparer.  Elle tente de le faire changer d’idée, mais Roger préfère vivre pour un temps chez un parent.  Quand il passe à la maison voir si les enfants vont bien, ceux-ci lui apprennent que des hommes interchangeables fréquentent le domicile familial. 

Devant l’insistance de Roger pour qu’elle soit plus discrète dans ses frasques, Sophie le  flanque à la porte de leur domicile et refuse de le laisser partir avec leur fils.  Malgré une visite chez le médiateur, une pension mensuelle de 1000 $, le paiement de l’hypothèque et des assurances habitation totalisant 1800 $ d’une maison qu’elle conserve, Sophie se montre insupportable et demande toujours plus d’argent.  Elle conserve la garde du garçon qu’elle a eu avec Roger – l’aîné reste finalement avec son père - et menace celui-ci de l’enfer judiciaire s’il la revendique.

Devant les propos du fils aîné qui lui apprend un peu tard des incidents de violence survenus avec sa mère, Roger décide de reprendre son fils cadet avec lui quoi qu’il advienne et d’entamer des procédures de divorce pour adultère.  Erreur fatale, de m’écrire Roger.  En cour, LA juge décrète : Vous n’aviez aucun droit de garder votre enfant malgré que vous prétendiez le faire pour sa sécurité !  Macho, va !  Dans la même situation, une mère aurait-elle été traitée de la sorte ?

DPJ : la mère avant l’enfant !

DPJ : une vision simpliste de la mère...
Roger perd donc la garde de son plus jeune fils, doit parcourir 240 km pour le voir, et se voit infliger 2050 $ d’arrérages de pension.  Ça lui apprendra à « s’en prendre » (là, c’est moi qui met les guillemets)  à la mère !  À cela s’ajoute le refus sporadique de Sophie de laisser Roger voir leur enfant, et des propos diffamatoires qui parviennent aux oreilles de son employeur.  Quand il y a accès, leur fils lui est remis avec des bleus, parfois la crotte aux fesses et Sophie ridiculise son père en sa présence.  Une plainte est déposée par Roger à la DPJ qui, bien sûr, s’empressera de ne pas bouger.  Normal, c’est la mère qui est accusée.  Le père ne peut qu’être un frustré, enragé d’avoir été dompé, même si c’est lui qui est parti.

Deux avocats véreux et des frais accumulés plus tard, Roger repasse en cour et le juge accorde presque tout ce que la mère demande : une pension de 2050 $, soit 1100 $ pour elle et 950 $ pour leur enfant, en plus de 300 $ pour le parc d’été.  Il ne reste à notre homme et à son fils aîné que 1600 $ par mois s’il ne fait pas de temps supplémentaire.  Sa situation budgétaire devient plus précaire.  La pension qu’il verse doit être indexée, mais pas son salaire…


L’été prochain, Roger retournera faire valoir ses droits et ceux de son fils aîné, maintenant âgé de 11 ans, à une vie matérielle plus équitable.  Son ex, perpétuelle étudiante, ne songe pas à se trouver d’emploi.  L’autonomie financière, ça sert à quoi ?  Malgré l’issue incertaine de ses démêlés, Roger garde courage.  Ça ne peut pas toujours mal aller, croit-il.  Espérons que sa détermination trouvera écho chez un juge doté d’une âme, caractéristique trop souvent optionnelle chez les familialistes…

lundi 7 mars 2011

8 mars : souriez, Mesdames, ça va bien…

Chaque année, c’est pareil.  Le spleen de la journée de la femme s’abat sur une pléthore de féministes, regroupées ou individuelles.  Une fois encore, elles broieront du noir.  C’est à se demander pourquoi les pharmacies et grandes surfaces ne prévoient pas pour l’occasion des spéciaux sur les papiers mouchoirs et les antidépresseurs afin de les aider à passer à travers.  Il faut dire que le 8 mars, non seulement le verre de la condition féminine leur paraît à moitié vide, mais c’est à se demander s’il n’a jamais été vaguement rempli, à leurs yeux.  Comment soutenir nos féministes chéries et les aider à franchir cet insoutenable cap annuel ? 

Dessin : Serge Ferrand
Tout leur paraît aller pour le pire et dans la même démesure, peu importe l’endroit envisagé : Téhéran, Montréal, même combat.  En vain tenterons-nous de les rassurer en leur disant par exemple qu’en Afghanistan, notre armée tente – laborieusement, admettons-le - d’imposer la démocratie et de libérer femmes et filles du joug des talibans, elles demeureront inconsolables.  Et puis, rappelez-vous : la FFQ s’est opposée à toute intervention militaire canadienne dans ce pays infesté par les mines antipersonnelles.  Sans doute faudrait-il à la place parachuter des commandos de représentantes Avon, qui épauleraient la gent féminine locale avec des crèmes et des lotions que les résidentes pourraient utiliser sous leur burka ou leur niqab ? 

La violence conjugale recule !

Si elles se documentaient davantage, nos féministes auraient de quoi se réjouir.  Un premier bilan de la prévalence et du taux de prévalence de la violence conjugale au Québec et au Canada entre 1993 et 2004 indique que ce fléau a diminué de 41 % au Québec pour cette période.  Ainsi, l’Institut de la statistique du Québec enregistre notamment un recul de 27 % chez les femmes victimes de violence grave.  Et c’est pas tout : même la violence des femmes, ce grand tabou féministe, est en baisse !  On a noté pour la même période une diminution de 49 % des cas de violence grave rapportés par les hommes.

La violence conjugale au féminin, difficile à admettre...
Pour bien informer nos militantes, que l’égalité en toute chose préoccupe, l’Institut avait déjà révélé, il y a quelques années à peine, que sur une période de cinq ans, 3,9 % des hommes avaient rapporté au moins un événement de violence physique en comparaison de 2,9 % de femmes, ce qui représentait respectivement 70 200 hommes et 52 600 femmes.  C’est une bien piètre consolation, mais n’est-il pas éclairant de réaliser que les femmes ne sont pas les seules victimes de la violence conjugale ?  Bien sûr, mieux vaudrait se retrouver égalitaires dans le respect de la personne.

Moins de pauvreté chez les femmes

Bien que leur revenu soit moindre que celui des hommes, en bonne partie parce que plus de femmes préfèrent travailler à temps partiel ou font des choix de carrière moins lucratifs, la croissance de la rémunération horaire et hebdomadaire est plus forte chez celles-ci que chez les hommes pour la période 1997-2005, nous indique encore l’Institut de la statistique du Québec.  

Autre fait révélateur, près de 80 % des femmes travaillent dans un domaine qu’elles ont choisi en comparaison d’à peine 20 % d’hommes, ce qui tend à démontrer que la notion de pourvoyeur l’emporte chez ces derniers sur les aspirations personnelles.  Qui plus est, les femmes qui cessent de travailler le font en majorité de leur propre initiative, contrairement aux hommes, qui se voient le plus souvent contraints de quitter leur emploi.  L’esprit de sacrifice n’opprime plus autant les femmes, ce qui devrait répandre un baume sur le cœur si meurtri de nos féministes. 

Métiers masculins : souvent plus à risque
Les femmes optent également pour des emplois à moindre risque :  elles cumulent nettement moins d’accidents de travail, avec 13,6 accidents par 1000 femmes en comparaison de 23,5 par 1000 hommes.  Les femmes sont également moins représentées que leurs contreparties masculines parmi certaines catégories de personnes à faible revenus.  Selon le ministère du Revenu et de la Solidarité sociale, elles représentent 48 % des assistés sociaux, en comparaison de 52 %, pour les hommes.  Elles affichent un taux de chômage de 6,7 %, en comparaison de 7,8  % pour les hommes et ne constituent qu’un itinérant sur quatre, bien que leur nombre dans cette catégorie augmente.

La discrimination, c’est positif !

Tandis que les femmes constituent plus de 60 % de la population universitaire, elles peuvent bénéficier de politiques de discrimination positive dans plusieurs disciplines non traditionnelles en plus de profiter de programmes encourageant leur réussite académique tels que Chapeau les filles et Excelle Science.  Rien de comparable n’existe pour les hommes, naturellement.  La présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, soulignait récemment à quel point de telles dépenses lui semblaient inutiles. 

Si les femmes envisagent une carrière dans la fonction publique, notamment, la tendance à les privilégier se maintient puisqu’elles représentent 60 % des effectifs de ce secteur d’activités.  Bien que la parité homme femme soit dépassée (de plus d’une façon, entre autres, désuète), les politiques de discrimination positive sont maintenues au point où les femmes excèdent les 60 % dans neuf ministères, dont celui de la Justice, avec 75,2 %, et celui d’Emploi et Solidarité sociale, avec 73,9 %.  Bien que présente dans le secteur privé, la discrimination positive demeure plus difficilement quantifiable.

De meilleurs soins de santé

N’est-il pas réconfortant de savoir que l’État prend en charge la santé des femmes en y consacrant jusqu’à onze fois plus de budget que pour les hommes et que cette proportion ira en augmentant grâce au concept d’analyse différenciée contenu dans le dernier plan d’action pour l’égalité du ministère de la Condition féminine ?  Cette tendance se voit confirmée par la Fondation des maladies du cœur, qui nous recommande de sauver au moins une femme et par la Fondation du cancer du sein du Québec, qui a récolté 1,5 M $ pour la recherche en six ans.  L’université du Québec à Trois-Rivières consacrera de son côté une part importante d’une subvention de 1,26 M $ à la recherche sur les cancers du sein, des ovaires et de l’utérus.

Que dire de plus...
Il n’est pas jusqu’au secteur privé qui emboîte le pas à cette tendance mode.  Après Becel, Pharmaprix, que l’on pourrait rebaptiser pour l’occasion Femmaprix, soutient « cinq programmes de grande influence créés par des experts du domaine de la santé des femmes », nous apprend leur plus récente publicité.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez une féministe mélancolique vous dire que la situation des femmes va en empirant et qu’il faut que l’État investisse davantage dans la condition féminine, j’espère que la chronique que vous venez de lire vous donnera des arguments pour la réconforter…