jeudi 30 juin 2011

Harcèlement judiciaire : les risques du second degré

André Drouin, « victime » de son humour.
De tout temps, il s’est trouvé des esprits à subtilité variable pour ne pas comprendre l’humour au second degré.  Prenez l’exemple désormais classique d’Hérouxville.  Qui ne se souvient pas d’André Drouin, alors conseiller vedette de ce petit village mauricien, de son code de vie, et du commentaire voltairien qu’il contenait interdisant la lapidation des femmes ?  Toute personne un tant soit peu alerte intellectuellement, apte à saisir l’humour grinçant et à en comprendre l’intention revendicatrice, était en mesure, dès l’explosion médiatique de cette affaire, de saisir la volonté flagrante de provocation de Drouin.

Dans notre riante région métropolitaine, j’ai nommé Montréal, nombreux ont été les commentateurs à ne pas comprendre les motivations de cette démarche pourtant criantes d’évidence.  Si le message de Drouin a d’ailleurs porté, c’est en bonne partie grâce au concours si involontaire de ces bien-pensants.  Le conseiller voulait susciter le débat, il y a pleinement réussi.  À en croire nombre de chroniqueurs de La Presse ou du Devoir, parmi tant d’autres, Drouin s’imaginait qu’on lapidait des musulmanes à tous les coins de rue du Plateau Mont-Royal, que des dentistes intégristes offraient des forfaits examen-nettoyage-excision, et que le pauvre « habitant » ignorait de toute évidence que son code de vie ne pouvait se substituer à la Loi.

Marie-Andrée Chouinard, conscience au Devoir.
Des journalistes compétents se seraient au moins informés sur la personnalité, le parcours professionnel et le passé d’André Drouin.  Pourquoi faire, quand on possède à ce point ce que d’aucuns appellent sans rire l’instinct journalistique ?  Quiconque est habité par ce don convoité entre tous peut aisément se passer d’apprendre que le citoyen Drouin, résident mais non originaire du petit village regardé de haut, faisait depuis belle lurette carrière en tant que consultant en ressources humaines et avait vu plus de pays dans sa vie que la somme de ses détracteurs dans la leur. 

Qu’importent pareils détails à ces oracles populaires !  Quatre ans, un livre et un documentaire plus tard, ils soutiennent toujours avoir eu raison de regarder avec mépris l’auteur du code d’Hérouxville, dont on se demande seulement s’ils l’ont lu, et poussent maintenant la courtoisie jusqu’à le traiter de « crétin » et d’« hurluberlu ».  Je gage que, dans dix ans d’ici, et même au-delà, ils s’estimeront toujours sûrs de leur droit.  Bien lourde est la responsabilité de se voir les illustres détenteurs de la vérité…

Des conséquences parfois plus fâcheuses…

C’est à cet incident que devait me faire penser l’histoire que vient de me raconter Vincent (nom fictif), qui s’est retrouvé en 2007 aux prises avec une constable de GRC aussi peu éthique et perspicace que nos chroniqueurs métropolitains.  Le pire de ses déboires demeure cependant l’incurie d’un système judicaire apparemment aussi inique envers les hommes que le nôtre.  Je parle ici du Nouveau-Brunswick et de ce qui existait alors sous forme de projet pilote avant de devenir la politique « pro-arrest, pro-prosecution and pro-charge », que l’on pourrait librement traduire par « Ta présomption d’innocence vient de sauter, mon gars ! »

Certains couples s’expriment parfois par l’humour et l’ironie, comme c’était le cas de Vincent et de sa conjointe d’alors, Geneviève (nom fictif).  Lors de cette soirée fatidique de juin 2007, leur propension au second degré se trouvait exacerbée par le fait que les conjoints de naguère envisageaient le divorce après que Vincent eut découvert les infidélités répétées de Geneviève avec un collègue de travail.  Comme la discussion à ce propos s’animait, l’épouse fautive, railleuse, devait interpeller ainsi son partenaire de vie des 17 dernières années : « Tu songes peut-être à quelque chose de stupide, un suicide, par exemple ? »  Et l’autre de rétorquer, sur le même ton sarcastique : « Si tel était le cas, je pourrais demander à ton amant quelques explications, un revolver sur la tempe, et dans le cas où je n’aimerais pas les réponses, le liquider et faire de même avec moi. » 

C’est à cet instant précis que leur fils de huit ans vint interrompre cet échange aigre-doux en informant Vincent qu’un représentant du magasin Canadian Tire voulait lui parler au téléphone.  « Ça doit être pour me prévenir que mon revolver est arrivé ! » de renchérir notre homme, pince sans rire.  Comme Geneviève craignait pour la santé mentale de Vincent, puisqu’il avait déjà été diagnostiqué dépressif, et qu’elle-même semblait avoir emprunté la même pente, elle prit peur et appela  la police.  Un fâcheux tour du destin voulut que ce soit la constable Pamela Groleau (nom fictif) qui accourut sur les lieux.

Cette agente n'est pas Pamela Groleau.
La constable Groleau  demeure très représentative d’un certain type d’intervenante qui sévit dans toutes les sphères de la fonction publique, qu’il s’agisse de policières, de travailleuses sociales, de médecins, de psychologues ou de psychiatres.  Se sentant investie d’une mission féministe visant à voir un coupable en tout homme passant dans la mire de son esprit obtus, elle n'utilisera le pouvoir discrétionnaire dont elle dispose que pour accabler sa prochaine victime avec la satisfaction du devoir accompli.  Après un tel étalage de grossière incompétence, Geneviève n’aura pas fini de regretter son appel, et Vincent, ses paroles imprudentes.

En effet, Groleau interprétera littéralement les sarcasmes de Vincent et conclura qu’il projette de liquider son rival avant de se suicider.  Rappelons que Geneviève ne redoutait que des intentions suicidaires, point à la ligne.  Heureusement qu’elle se trompait.  Persuadée que Vincent avait bien commandé un revolver, Groleau se garde bien de vérifier auprès du Canadian Tire allégué la nature du coup de téléphone.  L’eut-elle fait qu’elle aurait appris que l’appel avait pour objet une enquête de satisfaction sur l’achat et la pose de pneus neufs après trois semaines d’utilisation, une explication trop banale pour cadrer avec sa mentalité tordue. 

Il est à noter que si Geneviève a alerté la police, jamais elle n’a porté plainte, son but premier étant de protéger Vincent.  Arrêté et amené au poste de police de M..., notre homme se voit accusé de menaces de mort contre l’amant de son ex.  Constatant sans doute la bêtise de la constable Groleau, la juge en charge de l’enquête sur cautionnement libère notre homme sans difficulté, malgré le fait que la policière lui ait attribué la note de neuf, selon une échelle de un à dix, d’évaluation de dangerosité.

Québec ou Nouveau-Brunswick : des politiques biaisées.
Alors que, sous le couvert de venir en aide à Geneviève, la GRC fait tout pour la monter contre Vincent, celui-ci, comme tout homme dans sa situation, est laissé sans ressource.  Le douteux corps de police pousse même la courtoisie jusqu’à faire interdire toute communication entre les ex-conjoints, ce qui entrave les procédures de vente de leur maison.  L’incompétence de Groleau ne constitue qu’un pâle reflet d’un système gangrené.  Comment admettre, se demande Vincent, qu’une plainte pour menaces de mort envers un pur étranger puisse avoir un rapport avec une politique d’intervention en violence conjugale ?  En effet, jamais Geneviève n’a fait l’objet d’aucune menace.

Poursuivre sa route…

Malgré une plainte pour incompétence visant la constable Groleau et avoir failli y laisser ses finances comme sa santé, Vincent a été reconnu coupable en 2009 de menaces de mort avec deux ans de probation, ce qui a entraîné les restrictions professionnelles que son dossier criminel implique.  Il a toutefois renoué des liens d’amitié significatifs avec son ex et tente tant bien que mal de poursuivre sa route.  Je lui laisse le mot de la fin : «  J’ai pardonné entièrement et vit avec les conséquences.  Cependant, tous les hommes n’ont pas ma résilience, ma force de caractère, ni mon courage.  Certains, voire même plusieurs, ne passeront pas au travers et je trouve ça épouvantable. »  J’aimerais pouvoir le contredire…

vendredi 24 juin 2011

Infanticide selon le sexe : discrimination… positive ?

Un regard différent sur l'affaire Turcotte.
Ce 23 juin, je me suis entretenu avec l’animateur et auteur Jean-Philippe Trottier sur les ondes de Radio Ville-Marie, dans le cadre de son émission Midi Actualité, à propos de l’affaire Turcotte.  Bon d’accord, les médias en ont beaucoup parlé, mais comme le précisait d’entrée de jeu l’animateur, il ne s’agissait pas cette fois de se prononcer sur les circonstances et les motivations entourant cette tragédie dont plusieurs ont trouvé que les journalistes avaient exagéré tant la fréquence des nouvelles que la trop précise énumération de détails sordides.  Cette fois, cet événement serait envisagé sous l’angle du traitement médiatique d’un infanticide selon que son auteur soit un homme ou une femme, un questionnement qui, pour marginal qu’il puisse à prime abord sembler, n’en demeure pas moins pertinent, voire incontournable.

Je ne tenterai pas ici de rendre compte avec précision des 15 minutes de verbomotricité impénitente dont je me suis rendu coupable, mais je m’en tiendrai aux grandes lignes de l’entrevue, par ailleurs menée avec tact et professionnalisme par Trottier. 


Un tabou tenace

Le tabou de la violence féminine demeure tenace.  On a beau, statistiques à l’appui, se trouver désormais en mesure d’établir que l’infanticide est autant, sinon davantage, le fait des mères et des belles-mères que des pères et des beaux-pères, on dirait que nos médias sombrent moelleusement dans un inconfort maniéré et suranné dès qu’une mère fait la manchette pour avoir tué son ou ses enfants.  Juste ciel, encore une !  Comment traiter la nouvelle ?

L'animateur de Midi Actualité, Jean-Philippe Trottier.
Si on ne peut réfuter les faits, ce sont les intentions qui ne sauraient être condamnables. Je citais à cet effet Jacques Marleau, chercheur à l’Institut Philippe Pinel, qui, à l’occasion du meurtre commis par Louise Desnoyers sur son garçon, noyé aux États-Unis, avait jugé à propos d’affirmer qu’un père tuait par vengeance envers la conjointe, et la mère, par souci de protéger son enfant de la souffrance de la rupture.  N’importe quoi, pour déresponsabiliser les femmes.

En contre faux de cette affirmation, je relatais cet autre cas d’une mère qui avait tué son enfant d’un mois au micro-ondes pour que son conjoint ne découvre pas qu’il n’en était pas le père : expliquez-moi le désir de protéger l’enfant dans un contexte aussi sordide qu’égoïste !

China Arnold : infanticide au micro-ondes.
Jean-Philippe Trottier me fit remarquer avec quelle aisance la défense d’aliénation mentale pouvait être invoquée chez une femme.  Cette affirmation me fit me souvenir des propos d’un criminologue du Service correctionnel du Canada qui, lors d’une formation que m’avait accordée un ancien employeur, questionna ainsi les participants : « Vous êtes-vous demandés pourquoi les services psychiatriques sont submergés par les femmes et les prisons, encombrées par les hommes ?  La responsabilité criminelle n’est pas la même, aux yeux de la loi, pour les premières que pour les seconds », devait-il se répondre.  En clair, les hommes sont coupables, les femmes sont malades.  C’était en 1992 que j’entendais ces propos; près de 20 ans plus tard, ils restent d’actualité.  

Mélo à vendre 

Isabelle Gaston, au cœur du triangle.
Je précisais par ailleurs que le sexe du meurtrier n’était pas le seul facteur de l’impact médiatique d’un infanticide.  Dans le cas Turcotte, plusieurs éléments rendaient l’histoire on ne peut plus sensationnelle aux amateurs d’émotions fortes.  Nous nous trouvions en face d’un triangle amoureux sulfureux impliquant Turcotte, sa femme et l’entraîneur de celle-ci dans le rôle de « l’autre homme ».  Pour tout arranger, cet individu, faux jeton de service, avait été le meilleur ami du cardiologue, donc double trahison. Ne manquait que le maître d’hôtel qui verse l’arsenic dans la soupe.  Revenu d’un voyage au Mexique où l’abcès a été crevé, le mari éconduit et brisé quitte le domicile familial.  À peine son auto partie, celle de son rival débouche dans le stationnement.  Suivent les disputes entre anciens conjoints, les menaces de la mère de ravir au père les enfants, leurs meurtres sanglants, et vous avez là tous les ingrédients d’un mélo français amplifiés par un procès sur médiatisé à l’américaine.

Aurore, enfant martyre 2011

Imperméables aux leçons de notre folklore ?
Il arrive malgré tout que les facteurs sensationnels jouent aussi un rôle dans la médiatisation des infanticides maternels, comme l’a démontré en 2009 le procès de Cathy Gauthier, cette Saguenayenne reconnue coupable du meurtre avec préméditation de ses trois enfants, après avoir conclu un pacte de suicide avec son mari.  Je soulignais également à Jean-Philippe Trottier le cas de Stéphanie Meunier, qui devait se voir reconnue coupable de meurtre au premier degré dans les heures qui ont suivi notre entrevue.  Il y avait pourtant là tous les éléments d’un autre mélodrame évoquant irrésistiblement le drame d’Aurore, dont le triste récit de maltraitance terminé par son meurtre, commis par sa belle-mère, fait partie de notre histoire et même de notre cinémathèque.

Meunier, la marâtre 2011
Tout comme « la marâtre », telle qu’elle avait été surnommée à l’époque, Stéphanie Meunier, belle-mère de la victime, avait multiplié les épisodes de violence auprès du petit Jérémie, quatre ans, avant de le tuer d’un coup fatal à la tête.  Ce meurtre apparaît presque plus crapuleux que le double infanticide de Turcotte, par le harcèlement brutal et méchant qu’il a révélé.  En comparaison, les enfants du cardiologue ont vécu deux minutes de souffrance, qui n’en relevaient pas moins de l’horreur absolue.  On ne peut que constater que, tandis que le cas Turcotte a été méticuleusement disséqué par nombre de chroniqueurs, on cherche en vain des articles de fond consacrés à l’affaire Meunier.  Pareille violence, semblable cruauté, auraient au moins mérité que l’on s’interroge collectivement, non ?  Vite, balayons tout ça sous le tapis, comme de bonnes ménagères, et continuons à ne considérer l’infanticide que comme une phénomène exclusivement masculin !

Indécrottable autocensure

Féminisme : l'éternelle négation...
Interrogé par l’animateur sur la cause d’une telle autocensure, j’ai répondu que la crainte de la désapprobation féministe était tenace chez les médias, bien que ce mouvement, à la popularité crépusculaire auprès du public, adopte pour cette raison un profil bas.  La culture du lobbying de coulisse, sournois mais efficace, des féministes d’État demeure plus indétectable que celle des syndicats, typiquement masculine, avec ses rapports de force sur médiatisés.  Jadis le mythe de la mère toute bienveillante était entretenu par le clergé;  de nos jours, des sœurs laïques, à la religion dont Dieu et les hommes ont été exclus, propagent le même mythe dénué de tout fondement empirique.  Curieux, soulignait Trottier, que les féministes, qui revendiquent l’égalité en tout, refusent de la reconnaître dans le crime.  Curieux en effet, et qui prouve que, quand la réalité frustre l’idéologie, l’idéologie l’emporte chez ces militantes sur la réalité.

vendredi 17 juin 2011

1 femme sur 4 agressée sexuellement : une énigme statistique

Une question claire; des réponses confuses...
Je clôturais ma dernière chronique de mardi par un questionnement tout simple que j’avais adressé aux 24 Centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) du Québec, à savoir de quelle source précise leurs porte-parole se réclamaient pour affirmer qu’une femme sur quatre avait été victime d’une agression sexuelle.  Ayant posé ma question vendredi, vers 16h30, je leur ai donc laissé un délai raisonnable d’une semaine, soit jusqu’à ce vendredi, 16h30, pour me donner une réponse simple à cette question on ne peut plus claire. 

Devinez quoi ?  sur 24 Calacs interrogés, à peine quatre ont daigné me répondre.  C’est pourtant sur cette statistique extraordinaire que ces « intervenantes » se fondent pour affirmer la nécessité de défendre les femmes agressées – mais pas les garçons – et de subventionner toujours davantage leurs services.  Le moins que l’on pourrait exiger d’organismes aussi substantiellement financés par l’État, c’est que leurs représentantes sachent au moins de quoi elles parlent et puissent étoffer leurs dires par des chiffres convaincants, puisque c’est la carte statistique qu’elles jouent.

Au cas où je serais soupçonné d’indélicatesse dans le libellé de ma question, voici un copié-collé de mon envoi :

À qui de droit,

J'aimerais connaître la source exacte de votre statistique à l'effet qu'une femme sur quatre sera un jour victime d'une agression sexuelle.

Merci à l'avance de votre collaboration.

Olivier Kaestlé

Question trop compliquée, peut-être ?
Me semble que l’énoncé est clair.  J’ai bien spécifié « source exacte ».  J’ai beau me dire qu’avec toutes les victimes dont elles disent s’occuper, leurs moments libres doivent être rares, mais quand même, ces militantes doivent bien pouvoir trouver deux minutes pour me donner la réponse qu’elles devraient toutes connaître par cœur, tellement le caractère dramatique de la statistique invoquée et sa fréquence dans leur discours a de quoi retourner les esprits.

Le Calacs de l’Estrie, celui-là même qui vient pourtant de donner une conférence de presse le 3 juin dernier en invoquant « une femme sur quatre » ne m’a jamais répondu.  Selon les quatre réponses reçues, il semble qu’il n’y ait pas vraiment concordance avec « une femme sur quatre » à laquelle trois Calacs ont préféré « une femme sur trois », sans expliquer la raison de ce penchant.  Serait-ce parce que c’est le seul chiffre qui puisse être rattaché à une source officielle, à défaut d’être crédible ?

Rappelons qu’il faut reculer jusqu’en 1993, dans l’Enquête sur la violence envers les femmes, pour retracer cette « statistique » voulant qu’une femme sur trois sera un jour agressée sexuellement.  On y retrouvait une définition surdimensionnée, débordant largement le cadre du code criminel, où les gestes déplacés étaient mis sur le même pied que les viols et les attouchements non sollicités.  C’est cette source vermoulue, datant de près de 20 ans, que le Calacs de Granby m’a fournie.

On navigue d'étonnement en étonnement...
Contesté de toutes parts, ce chiffre n’a jamais été confirmé par aucune étude subséquente, ce qui n’a pas empêché le Calacs de Maniwaki de me donner cette nouvelle « source » : Ministère de la Sécurité publique 2006, Les agressions à caractère sexuel au Québec, Statistique 2004.  D’abord impressionné, je suis allé vérifier… à la source.  Savez pas ?  Je n’y ai jamais découvert de « une femme sur trois », ni sur quatre, d’ailleurs. 

Quant au Calacs 09, il n’a rien trouvé de mieux que de me référer à un document confectionné par ses soins présentant la statistique si dramatique… avec la même source erronée et une autre en prime : Orientations gouvernementales en matière d’agressions sexuelles, du ministère de la Santé et des Services sociaux, 2001.  Nouvelle vérification : nouvelle absence d’« une femme sur trois » ou sur quatre.  Il y a une explication à tout ceci à la dernière section de cette chronique.

Seul organisme à ne pas renier « une femme sur quatre », le Calacs de Trois-Rivières m’a donné pour référence : Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme.  Me semble que j’avais précisé « source exacte ».  Pas de référence rattachée à un rapport, à un auteur, à une année… rien !  Au fait, saviez-vous que l’organisme fédéral cité par ce Calacs est celui-là même à qui l’on doit la fraude du « 300 000 femmes chroniquement battues au Québec » ?  Rappelons que cette « statistique » est dérivée de l’historique « une femme sur dix battue au Canada », publié par ledit Conseil, à propos de laquelle son « auteure », Linda MacLeod, avait confessé en 1994 qu’elle ne reposait que sur des perceptions on ne peut plus subjectives.  Toute une référence !

Une question imprudente et voilà ce qui arrive...
Toujours sans citer leur source, le Regroupement québécois des Calacs, dans un document de 1993 remis à jour en 2000 et intitulé « Les agressions sexuelles : ça suffit ! », s’en tient à « une femme sur quatre », sans qu’il soit clairement indiqué que l’on parle du Québec ou du Canada.  Or, dès 2000, les Calacs avaient manifesté leur préférence pour « une femme sur trois ».  Êtes-vous mêlés ?  Moi aussi, mais quelque chose me dit qu’il ne faudra pas compter sur les représentantes de ces organismes pour avoir une vision plus claire des choses, à supposer qu’elles en aient une elles-mêmes, ce dont j’avoue douter de plus en plus.

Une ministre qui a fait ses preuves…

Pourquoi suis-je toujours porté à suspecter Christine St-Pierre, ministre de la Condition féminine, chaque fois que je détecte une anomalie statistique récente quant à la violence faite aux femmes ?  Figurez-vous que, à l’occasion de sa dernière campagne contre les agressions sexuelles, est reparue la fameuse « femme sur trois », assortie d’autres statistiques surannées tout aussi spectaculaires.  Voici l’hyperlien gouvernemental : 


Or, ce topo intitulé « Des chiffres qui parlent. » pourrait se voir rebaptiser « Un gouvernement qui ment. », car il renvoie aux deux études déjà mentionnées par les deux Calacs cités plus haut et dont j’inclus ici les hyperliens :


Une ministre aussi inénarrable que facultative.
Si vous trouvez la mention « Une femme sur trois » dans ces deux documents, je vous invite à m’en indiquer la page dans la section « commentaires » de cette chronique.  Il faudra bien sûr le faire en utilisant les hyperliens officiels ci-joints et aucune autre « variante»…  Si comme moi, vous ne trouvez aucune trace de cette « femme sur trois », vous aurez de bons motifs de vous demander comment une ministre, doublée d’une ancienne journaliste chevronnée de 30 ans d’expérience, a pu commettre pareil impair sans s’en rendre compte.  Si Radio-Canada doit s’ennuyer d’un tel modèle éthique…

mardi 14 juin 2011

Selon les Calacs : baisse de 25 % des agressions sexuelles en 2011

Étonnant revirement statistique des Calacs
Les Calacs elles-mêmes seront sans doute surprises de le réaliser mais, bien qu’elles prétendent le contraire, on ne peut que constater une baisse de 25% des agressions sexuelles, en considérant les chiffres mêmes que ces dames propagent depuis 2000.  C’est en effet à partir de cette année-là que le Regroupement québécois des Calacs mesurait la violence sexuelle infligée aux femmes.  Les garçons agressés, enfants ou adolescents, dont les sévices vécus étaient pourtant déjà connus et demeurent médiatisés chaque semaine, restaient en revanche ignorés. 

On n’en « apprenait » pas moins qu’une femme sur trois a été victime d’une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans, donc au cours de sa vie adulte, chiffre extraordinaire confirmé en 2008 par Christine St-Pierre, ministre à la Condition féminine, qui avait dû recourir, pour y arriver, à un sondage de perception Ipsos Reid auprès de 803 répondants…  Quelle rigueur, chez cette ancienne journaliste de la SRC !  On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a pas.  Ce sont néanmoins les Calacs qui les premières nous « révélaient » que les hommes commettaient des agressions sexuelles sans même le réaliser, notamment en racontant des histoires salées, en lançant des regards insistants, ou en sifflant des femmes. 

Attention, vos yeux peuvent agresser !
Comment avons-nous pu vivre si longtemps, Messieurs, sans réaliser les dommages durables que nous infligions, nous qui pensions jadis que seuls les attouchements non sollicités ou le viol étaient des agressions sexuelles ?  Il semble que les Calacs aient redéfini jusqu’au concept même de ce fléau, au-delà des limites du code criminel.  Carole Cayer, du Calacs de Châteauguay, affirmait dans Le Soleil de Châteauguay le 13 mai 2010 : « Du moment qu’il n’y a pas de consentement, c’est une agression sexuelle. »  Comme esprit de synthèse, difficile de faire plus simple.

Mais alors, cette baisse de 25 % ?

J’y arrive.  C’est sous la plume éclairante du perspicace Olivier Robichaud, journaliste à La Tribune, que nous « apprenions » le 3 juin dernier que le chiffre si perturbant d’une femme sur trois, un jour victime d’une agression sexuelle, venait de tomber à une femme sur quatre, ce qui représente une baisse marquée de 25 % du pourcentage de ce délit.  C’est dans le cadre d’une campagne intitulée « Une agression sexuelle n’a pas de visage », que le Calacs de l’Estrie avait toutefois affirmé que le nombre d’agressions avait au contraire augmenté.  Apparemment, si une agression sexuelle n’a pas de visage, ces intervenantes, elles, sont dépourvues de calculatrices. 

Avec tout l’esprit critique dont il semble doté, Robichaud a rapporté scrupuleusement les propos de la porte-parole, Marjorie Moireau, à l’effet que plus de 5000 cas d’agressions sexuelles ont été signalés à la police au Québec en 2009, oubliant, comme tant de ses collègues, de faire la nuance entre signalements, ce dont on parle ici, et condamnations.  Il est vrai que, pour les Calacs, la présomption d’innocence n’existe pas : un signalement devient automatiquement synonyme d’agression.  Chaque année, c’est en moyenne 500 agressions qui sont en réalité sanctionnées.

Lancement de la campagne du Calacs de l'Estrie
C’est avec la même obséquieuse minutie que notre journaliste transcrivait qu’à peine 10 % des victimes portaient plainte, ce qui aurait pu réveiller chez lui un semblant d’esprit critique.  En effet, comment peut-on établir avec précision que 90 % des personnes agressées sexuellement ne dénoncent pas… si justement, elles gardent le silence ?  Organise-t-on des séances de spiritisme pour établir leur nombre ou recoure-t-on à une boule de cristal, à moins que l’on engage des télépathes  ?

Un optimisme indécent

Pour des raisons connues de lui seul, l’Institut de la statistique du Québec affiche un optimisme délirant, si l’on compare ses conclusions à celles, si spectaculaires, des Calacs.  Cet organisme gouvernemental affirme en effet que, de 1983 à 2003, le Québec avait enregistré une diminution des crimes graves en tous genres, incluant donc bien davantage que les agressions sexuelles les plus sévères, de l’ordre de 54 %, passant d’un sommet historique de 1018 en 1992 à 473 en 2003.

Institut : l'optimisme rend-t-il insensible ?
Prenons pour hypothèse que cette moyenne, qui ne regroupe donc pas que les crimes sexuels, se maintienne au cours des 84 prochaines années, chiffre correspondant à la longévité moyenne d’une femme québécoise, il devrait alors se commettre au Québec durant cette période 39 732 agressions graves de toutes catégories.  Même en mettant les choses au pire, en s’appuyant sur le sommet de 1992, soit 1018 agressions, ce nombre augmenterait à 85 512.  Pour spectaculaire qu’il soit, nous sommes toujours très loin du chiffre calamiteux d’une femme sexuellement agressée sur quatre au cours de sa vie, soit 908 473 femmes (recensement 2001). Leur a-t-on dit, à l’Institut, pour les histoires cochonnes et les sifflements traumatisants ?

Des sources nébuleuses

Il faut reculer aussi loin qu’en 1993, dans l’Enquête sur la violence envers les femmes (p.26) pour retracer la « statistique » voulant qu’une femme sur trois sera un jour agressée sexuellement.  On y retrouve la même définition surdimensionnée, débordant largement le cadre du code criminel, où les gestes déplacés sont mis sur le même pied que les viols et attouchements non sollicités.  Il est à noter que ladite statistique, à l’évidence soufflée, ne sera reprise dans aucune enquête subséquente de Statistique Canada, et pour cause.  Pas étonnant que les Calacs s’y soient accrochées si longtemps.

Un livre noir sur le dopage statistique.
Cette donnée semble tout aussi invraisemblable que celle à l’effet que 300 000 femmes étaient chroniquement battues au Québec, dont la supercherie a été démontrée en 2010 par Jean-Claude Boucher et Jean-Pierre Gagnon dans l’essai intitulé 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ?  À ce jour, aucune preuve à l’effet que ces auteurs aient pu faire erreur ou mentir n’a été établie.

Les intervenantes Calacs font-elles montre d’une petite gêne devant le scepticisme grandissant entourant le concept d’une femme sur trois, ou se basent-elles sur une nouvelle « statistique », toujours est-il que le chiffre d’une femme sur quatre agressée sexuellement est devenu leur nouveau mantra militant.  Mais d’où vient donc ce récent chiffre ? 

À l'aube d'une nouvelle énigme statistique ?
Pour le savoir, j’ai posé la question vendredi à chacun des 24 Calacs du Québec.  Au moment d’écrire ces lignes, deux m’ont répondu, me référant… au chiffre de 1993 de une sur trois, donc 1 211 297 femmes (recensement 2001).  La donnée de une sur quatre existe-t-elle ?  C’est qu’entre une femme sur trois et une femme sur quatre, l’écart de 25 %, soit 302 824 femmes, n’a rien de négligeable.  Rappelons que le Regroupement québécois des Calacs compte parmi la quinzaine d’instances féministes qui a fait tabletter en 2005 le rapport Rondeau dénonçant l’insuffisance des services sociaux pour les hommes, en invoquant… son manque de rigueur méthodologique.  Mais la semaine n’est pas finie.  Peut-être obtiendrais-je enfin une réponse claire à une question claire ?

mardi 7 juin 2011

Viol génétique et libre choix à sens unique

Nos militantes, un rien dépassées, non ?
Le viol génétique, entendu parler ?  La chronique qui suit entend démontrer la nécessité de définir et de reconnaître ce délit en lien direct avec la condition masculine dont elle constitue une problématique sinon méconnue, du moins banalisée, pour ne pas dire ignorée.  Pourquoi s’en étonner ?  Toute militante radicale vous le dira : les problématiques masculines, ça n’existe pas.  Sauf quand elles frappent (je parle des problématiques, bien que les militantes…).  Aussi nous passerons-nous de l’appréciation de ces porte-parole suspendues à un discours du siècle dernier et de ce fait inaptes à envisager un concept contemporain.

Le Canada, comme tout pays dit civilisé, est pro choix.  Même Stephen Harper nous a assuré qu’il ne reviendrait pas là-dessus.  Pro choix vraiment, le Canada, comme les pays occidentaux qui reconnaissent le droit de la femme à disposer de son corps ?  Ce n’est vrai qu’à moitié, à condition qu’elle soit féminine.  Pour l’autre moitié, la masculine, où réside le choix ?  Si une femme enceinte décide d’interrompre sa grossesse, mais que son conjoint souhaite garder l’enfant, il devra subir la décision de la femme.  Si, au contraire, l’homme ne veut pas d’enfant, mais que sa conjointe décide de mener sa grossesse à terme, il devra encore subir sa décision.  Pro choix, vous dites ?  Ça dépend.  Du sexe.

Libre choix : Harper a promis le statu quo.
Au risque d’essuyer une vive réprobation de la part des militants pro vie, je suis d’accord avec le fait qu’une femme puisse interrompre sa grossesse malgré le souhait contraire du conjoint.  Les femmes ayant si souvent la mémoire longue et la dent dure, il ne doit pas faire bon partager le quotidien d’une conjointe qui aurait été contrainte à l’accouchement, que ce soit par une loi, un conjoint, ou les deux : l’enfer à vie.  À l’opposé, par contre, il devrait aller de soi qu’un homme puisse refuser la paternité, si tel est son désir, dans le cas où sa conjointe décide de garder l’enfant contre son gré.  On ne peut être pro choix sans être pro responsabilités.  Une femme doit donc pouvoir vivre avec les conséquences de ses décisions sans les imposer à qui ne les partage pas.  Voilà une perspective pour le moins subversive dans une société asservie au féminisme d’État.

Vous me rétorquerez que là aussi, la conjointe risque d’avoir la dent dure et la mémoire longue.  Je vous répondrai : évidemment, mais rien ne devrait empêcher l’homme alors, devant un tel différend relatif aux choix, priorités et valeurs communes, de passer à autre chose, en clair, de partir, si chacun campe sur ses positions.  Pareille alternative devrait avoir force de loi dans une société où la légitimité du choix de l’homme serait autant respectée que celle de la femme, perspective qui, faut-il le répéter, relève présentement de l’hérésie idéologique.  L’exemple qui suit illustre bien ce paradoxe inéquitable auquel il faudra bien finir par trouver une solution.

Père malgré lui

Il y a quelque temps, mon amie Lise Bilodeau m’a communiqué le cas de Fernand (nom fictif), l’un des membres de son organisme, l’Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ).  Son histoire, qui n’a rien d’un cas isolé, illustre à merveille à quel point un homme placé devant une grossesse non désirée n’a aucune possibilité légale de se soustraire à des obligations parentales imposées, surtout quand elles prennent l’aspect d’une pension alimentaire et ce, même quand la mère l’a délibérément berné en se disant stérile.  Voyez plutôt.

C’est par le biais d’Internet que Fernand fait la connaissance de Chantal (nom fictif) en 1995.  Les deux tourtereaux se rencontrent et vivent une idylle qu’aucun nuage ne semble alors assombrir.  Prudents et soucieux d’éviter toute ITS, les nouveaux enfants du paradis protègent leurs ébats en utilisant le condom avec constance et minutie.  Se disant sécurisée par les bonnes habitudes de vie de son amant, Chantal, qui se prétend stérile, lui propose l’expérience ultime d’ardents transports sans préservatif, une fois.  Devinez donc ce qui est arrivé. 

Sous le choc de la nouvelle de cet enfant non désiré, Fernand, ébranlé, met un terme à la relation.  Il se sent pris au piège, victime de ce qu’il considère un viol génétique. Entre-temps, l’enfant naît en 1996.  Chantal harcèle notre homme, le dénigre auprès de sa famille, de son employeur et des clients de ce dernier, ce qui n’aide en rien l’ex-amant à se ressaisir.  Son travail s’en ressent et ses revenus, à l’origine de 45 000 $ par an, diminuent d’une année à l’autre. En 2000, la Cour supérieure de Montréal déclare Fernand père du rejeton puis, l’année suivante, le condamne à verser une pension pour l’enfant de 380 $ par mois.  Déjà durablement perturbé, le père malgré lui devient dépressif et ne travaille plus que de 10 à 20 heures par semaine.

Un viol génétique peut frapper autant qu'un viol sexuel.
Brisé, il cesse complètement de travailler en 2001, vit en ermite, coupe les ponts avec sa famille et ses amis.  Ses revenus, tombés à 17 500 $ en 2001, chutent à 2 500 $ en 2003.  Difficile de sombrer plus bas.  Il est troublant de constater à quel point les symptômes de Fernand s’apparentent à ceux d’une victime de viol ou d’agression sexuelle aggravée.  Il survivra de l’Aide sociale de 2004 à 2007, avant de demander à un proche parent de lui venir en aide en louant de l’équipement informatique afin de se lancer en affaires.  Il continuera à toucher de l’Aide sociale en toute légalité en 2008 et 2009, avant de pouvoir tirer des revenus de son entreprise au montant de 5000 $.  C’est peu, mais déjà une lueur à l’horizon. 

Le cœur sur une main, mais exigeant une pension de l’autre, Chantal fait chou blanc dans ses plaintes auprès de l’Aide sociale et du Procureur général, qui ont enquêté sur l’état de santé et sur la situation financière de Fernand, irréprochable.  Ses multiples tentatives de soutirer une pension de son ancien amant sont restées lettre morte depuis le jugement lui reconnaissant ce « droit » en 2001.  Les arrérages s’accumulent donc depuis cette année-là.

En 2010, Fernand dépose une quatrième requête d’annulation de pension alimentaire et d’arrérages.  Il aura la chance d’être défendu par un excellent avocat mais surtout, de tomber sur un juge honnête et compatissant, assez différent des individus sans éthique ni scrupules qui avilissent trop souvent les procès en droit familial.  Attendu que Fernand a accumulé des revenus nets de 25 000 $ en 2010 et en anticipe autant en 2011, mais qu’il a disposé d’un revenu inférieur au revenu minimal prévu au Formulaire de fixation des pensions alimentaires entre 2001 et 2009, le juge annule les arrérages accumulés pour ces années, mais fixe la pension payable pour l’enfant à 630 $ pour 2009, 2 400 $ pour 2010 et un peu plus pour 2011.

Une cause, mais pas de véritables gagnants...
Chantal a dû être bien dépitée, si l’on considère qu’au moment de sa rencontre avec Fernand, ce dernier gagnait plus de 45 000 $ par an… Justice a-t-elle été rendue pour autant ?  En partie, seulement.  Compte tenu des lacunes abyssale de notre système judiciaire, le père involontaire ne pouvait aspirer à meilleur dénouement.  Reste que de l’avis même du juge, notre homme demeure hypothéqué, tant par la paternité imposée que par le harcèlement judiciaire de Chantal.  Et contre ça, il ne dispose d’aucun recours légal.

Combien faudra-t-il de Fernand avant que la Justice refuse de se faire complice de ce genre d’escroquerie ?  Les Chantal de ce monde se livreraient-elles à semblable imposture si elles savaient qu’un homme pourrait refuser une paternité non sollicitée ?  Un encadrement légal ne garantirait-il pas des rapports homme femme plus honnêtes, moins empreints de méfiance ?  Nul doute qu’alors, notre société pourrait véritablement se prétendre pro choix, pour l’homme comme pour la femme, dans une perspective égalitaire.  Sans réciprocité, il ne peut y avoir d’égalité.