samedi 29 septembre 2012

Mamanpourlavie.com retire une photo misandre et présente ses excuses…

Ceux et celles qui lisent mes chroniques savent que je suis partisan d’un humour souvent ludiquement décapant et irrévérencieux.  Je tente cependant toujours d’évaluer le plus justement possible jusqu’où je peux légitimement aller trop loin, en reculant les frontières d’une rectitude politique constipante, sans toutefois réellement forcer la note, par le passage d’une ironie salutairement dévastatrice à l’insulte.   Cette mise au point pour établir que je n’ai rien d’une vierge offensée qui prend la mouche à la moindre blague tendancieuse ou peu subtile.  Je suis capable d’en prendre et ne ferais pas long feu dans le métier que j’exerce qui me met en contact quotidien avec des patients psychiatrisés souvent très perturbés dont je dois assurer la sécurité en milieu hospitalier. 

Une image qui vaut mille maux…

Étrange amour paternel...
Vous dire mon étonnement, mêlé de répulsion, à l’envoi d’une lectrice, elle-même plus qu’indisposée par une photo mise en ligne dans Facebook par Sonia Cosentino, rédactrice en chef de Mamanpourlavie.com.  Il y avait de quoi, dans une société aussi misandre que le Québec et aussi inconsciente de l’être, éprouver un sérieux haut le cœur devant la photo, déconcertante, montrant au plan supérieur (de plus d’une façon, si je considère l’impact du « message ») une mère aimante, portant à sa bouche avec tendresse la menotte de son bébé, avec la mention « Quand maman est seule avec bébé », tandis qu’au plan inférieur (là aussi, de plus d’une façon) apparaissaient deux mains masculines « s’amusant » à comprimer le crâne et le visage d’un nouveau né, avec la mention « Quand papa est seul avec bébé ».

Si des organisations féministes aussi hostiles aux hommes que le Conseil du statut de la femme, la Fédération des femmes du Québec, les regroupements de maisons d’hébergement ou encore le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel s’étaient abaissées à publier pareil document, je n’aurais pas été surpris outre mesure.  Mais Mamanpourlavie.com, chantre de la rectitude politique ?  Là, j’ai été soufflé.

Une dénomination du siècle dernier

Bien sûr, je trouve la dénomination « Mamanpourlavie » quétaine et relevant du siècle dernier.  « Parentspourlavie » serait une appellation beaucoup plus progressiste en inclusive envers les pères qui s’investissent de plus en plus dans leur rôle parental, au point maintenant de revendiquer les droits légaux correspondant aux responsabilités qu’ils assument.  À une époque où nos féministes haranguaient les hommes quant à une redéfinition de leur rôle de père, elles pouvaient toujours se plaindre, à tort et à raison, de leur absentéisme relationnel. 

Maintenant que ces derniers veulent se voir reconnus autrement que comme des pourvoyeurs, et désirent s’investir dans une relation signifiante envers leurs enfants, nos militantes s'avèrent les premières à s’opposer à la reconnaissance légale de leur nouveau statut.  C’est un peu comme si elles affirmaient : « Vous savez, quand on disait qu’on voulait que vous soyez plus présents auprès des enfants, c’était une blague… »  Étrangement, personne ne rit.

Mobilisation

Les médias sociaux favorisent
la prise de parole citoyenne. 
Sitôt en possession de la photo litigieuse, je me suis empressé de la partager dans Facebook et de la dénoncer.  En « cliquant » sur le lien de Mamanpourlavie.com menant à ladite photo, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, stupéfait, que 483 gogos « aimaient » cette image !  Elle était présentée avec la mention : « Une photo qui résume la différence entre un papa et une maman ! :-) »  Et ben, dites donc…

Je devais aussitôt faire parvenir au média concerné – et consternant – ce message laconique et définitif : « Aucune félicitation à vous faire pour la misandrie de cette photo. Des excuses publiques seraient la moindre des choses. »  Au bout de quelques instants, le lien litigieux avait disparu.  Ne figurait plus que la mention : « Le contenu de cette page est actuellement indisponible. »  Sans doute trop de gens se sont montrés actuellement indisposés. 

Je n’étais en effet – et heureusement - pas le seul à condamner la diffusion d’une telle photo, puisque d’autres amis Facebook ont reçu, tout comme moi, le message suivant de la rédactrice en chef de Mamanpourlavie.com :

« La publication de cette photo a été malheureusement interprétée de façon péjorative par certains comme vous, et je m'en excuse. Je n'ai vu dans cette photo que de l'affection et de l'amour. Si j'y avais vu de l'agressivité ou de la maltraitance, jamais je ne l'aurais publiée sur Facebook. Je suis désolée que vous et d'autres personnes aient interprété la publication de la photo comme une vision malsaine de la paternité, ce n'était absolument pas mon intention ni la position de Mamanpourlavie.com. La photo a été retirée hier soir, et je vous assure que ce genre de publications pouvant porter à interprétation de préjudices ne seront plus jamais affichées sur la page Facebook de Mamanpourlavie.com.

« Je vous présente mes excuses les plus sincères.

Sonia Cosentino
Rédactrice en chef de mamanpourlavie.com »

Faute avouée…

Hooters, dorénavant pour dames...
Concédons à Mme Cosentino qu’elle a su faire amende honorable, à défaut d’avoir fait montre de discernement, avant de mettre en ligne une photo aussi litigieuse.  Une autre aurait pu se cantonner à une attitude belliqueuse de défi et me traiter, ainsi que les autres plaignants, de vierge offensée tout en montant elle-même aux barricades.  L’incident de cette faute de goût, en soi banal, démontre cependant que, par notre refus d’accepter la misandrie, délibérée ou inconsciente, si courante dans notre société, nous pouvons contribuer à changer les mentalités et à inciter certaines instances à rectifier le tir devant un phénomène aussi répandu qu’ignoré, quand il n’est pas banalisé, une fois dénoncé.

Ce constat s’est imposé à mon esprit, après la lecture d’un article pour le moins interpellant de Mario Roy, dont je me demande comment il peut survivre à ses propres écrits dans un journal aussi inféodé aux dictats féministes que La Presse.  Alors que les féministes s’obstinent toujours à présenter les femmes comme les premières victimes de la pauvreté, Roy cite un consultant en marketing, commentant la démocratisation aux femmes des célèbres restaurants « machos » Hooters  : « Ces sont elles qui ont profité de la croissance dans l’emploi et on ne peut plus les ignorer. »

Une nouvelle façon d’assassiner Mozart…

Un sondage Léger Marketing, commandé par Le Journal de Montréal, avait déjà fait état, fin 2009, des liens étroits de la misandrie dans l’espace public, notamment dans la pub, avec le pouvoir économique émergeant des femmes, dont la médiatisation croissante contrecarre le misérabilisme militant.

Selon le sondage, le sort réservé au corps de la femme dans la publicité indisposait 62 % de Québécois, dont 76 % de femmes, qui se montraient réfractaires à ce type d’approche publicitaire. Le crétin de service représentait en revanche l’avenir de la pub au Québec. Une majorité de 55 % des répondants jugeait sa présence acceptable. Les femmes, plus particulièrement, se délectaient, nous disait-on, de voir des hommes tournés en ridicule. Ainsi, malgré l’autonomie accrue de la gent féminine, acquise au prix d’un demi-siècle de luttes et de revendications, il semble qu’une quantité non négligeable de ses représentantes éprouvait le besoin de voir l’homme diminué ou avili pour se sentir son égale.  Assez triste, merci.  Et la situation n’a certainement pas évolué depuis trois ans.

La misandrie, conséquence
d'un pouvoir économique ?
Heureusement, je connais suffisamment de femmes en désaccord, quand elles ne sont pas en rébellion, contre cette approche sexiste.  Elles font partie de la solution dans la lutte à la misandrie dont l’épisode de Mamanpourlavie.com ne représente qu’une anecdote bien futile, en comparaison des luttes à venir pour la reconnaissance de la condition masculine et la restitution aux hommes de leur dignité sociétale. 

L’impact de ces représentations négatives, systématiques et obsessionnelles, demeure difficile à mesurer sur nos garçons, enfants comme ados. Le martèlement de portraits d’idiots congénitaux et de tortionnaires sadiques ne risque-t-il pas d’affecter leur estime personnelle, en plus de la difficulté qu’ils éprouvent à se sentir motivés par un système scolaire conçu pour les filles ?

Si nous continuons à tolérer les multiples facettes de la misandrie comme nous le faisons, nous pourrions bien, hommes et femmes, nous révéler sous peu aussi brillants que les crétins de service qui infestent notre quotidien.  Quant aux garçons, qui représentent aussi légitimement que les filles l’avenir du Québec, ce sont eux qui paieront la note de notre indifférence.  Par notre passivité, nous aurons trouvé une façon inédite de laisser Mozart se faire assassiner…

samedi 22 septembre 2012

Roger Moore, victime de violence conjugale pendant 15 ans !

Roger Moore, dans le rôle qui l'a rendu célèbre.
Si, parmi les vedettes de mon enfance, je devais désigner ma favorite, ce serait immanquablement Roger Moore, dans le rôle de Simon Templar, qui allait lui faire connaître la renommée mondiale, bien avant qu’il ne troque le smoking du Saint contre celui de 007.   La force tranquille, l’ironie persifleuse, l’élégance des grands félins et la décontraction insolente du héros dans les situations les plus improbables l’avaient propulsé à la première place de mon panthéon enfantin.  Si le personnage de Templar doit beaucoup au naturel de Sir Roger, la réalité vécue par ce dernier lors de ses deux premiers mariages n’avait aucun rapport avec la désinvolture frondeuse du héros des années 60 qui, bien que galant et courtois avec les dames en détresse, pouvait remettre à leur place criminelles tentaculaires, manipulatrices aguerries et héritières hystériques avec la même nonchalance qu’un joueur de cricket au milieu d’une partie par temps clair. 

Live and let dry…

Roger Moore et Doorn van Steyn.
Preuve qu’on n’est jamais trop jeune pour commettre l’impensable, c’est à 19 ans que Roger Moore allait convoler en premières noces avec la patineuse sur glace Doorn van Steyn, de six ans son aînée, en 1946, une époque qui reste à ce jour l’une des pires de son existence.  Il s’agit là de l’une parmi plusieurs confidences troublantes que le comédien de 84 ans devait dévoiler ce 14 septembre à l’animateur Piers Morgan, dans le cadre de l’émission Morgan’s Life Stories.  Moore révèle que les épisodes de violence qu’il a subis étaient monnaie courante, affirmant qu’il a conservé des cicatrices de cette époque tumultueuse.  Sa conjointe le frappait, le griffait, allant un jour jusqu’à lui taillader la main par une morsure sévère, en plus de l’avoir frappé une fois avec une théière. 

Lors de l’épisode de la main blessée, la patineuse était allée jusqu’à s’en prendre au médecin qui soignait l’acteur.  « Ce fut un changement, devait déclarer Moore, pince sans rire, normalement, c’est moi qu’elle frappait », avant d’ajouter : « Elle me griffait.  Ma mère était toujours pétrifiée quand je rentrais à la maison de voir que j’avais toujours plus de cicatrices. »

La violence psychologique était également au rendez-vous.  Comme si leurs problèmes monétaires ne suffisaient pas, van Steyn lui tenait des propos décourageants : «  Tu ne seras jamais un acteur.  Tu as l’air trop faible.  Ta mâchoire est trop grosse, et ta bouche, trop petite. »  L'intuition artistique et esthétique n'était pas le fort de Mme van Steyn...

Quatre trente sous pour une piastre

L’être humain a souvent la fâcheuse habitude de tomber plusieurs fois amoureux de son pire ennemi avant de comprendre la nécessité de réévaluer ses standards et priorités.  M Moore n’a pas fait exception à la règle.  Sitôt débarrassé de van Steyn, notre homme devait tomber sous la coupe de l’actrice Dorothy Squires, de 12 ans son aînée, en 1953.  Aspirant sans doute à une vie conjugale paisible, il devait tomber sur le même type d’épouse déchaînée.  Leur union, marquée de nouveaux épisodes de violence subis par l’acteur, allait durer huit ans.  Cette fois, c’est avec sa propre guitare que le futur James Bond devait se voir attaqué, la recevant de plein fouet sur la tête.  Moore concède cependant qu’il avait été infidèle.

Roger Moore et Dorothy Squires.
C’est d’ailleurs avec sa nouvelle flamme, qui allait devenir sa troisième épouse, l’actrice italienne Luisa Mattioli, que Moore a été découvert.  « Elle a jeté une brique à travers ma fenêtre, m’a agrippé par la chemise à travers la vitre et s’est coupé aux bras par le fait même.  La police est arrivée et ils ont dit : « Madame, vous saignez. »  Et elle a dit : « C’est mon cœur qui saigne. »  Admettant volontiers qu’il était égoïste, Moore ne joue pas à l’innocente victime sans défense : « Je n’ai jamais dit que j’étais gentil. » 

Squires allait pendant sept ans refuser le divorce à Moore, faisant des deux premiers de ses trois enfants des rejetons nés hors mariage, en Grande-Bretagne…  Mais ce ne fut pas tout : l’épouse délaissée entama une poursuite judiciaire en restitution de droits conjugaux.  Pour des raisons connues de lui seul, un juge trouva normal d’ordonner à Roger Moore de revenir à son ex conjointe, mais ce dernier fit la sourde oreille.  Il y a de quoi se demander comment pareil verdict puisse avoir été rendu…  Squires tenta enfin de publier une autobiographie dévastatrice, mais Moore et sa nouvelle conjointe obtinrent une injonction en interdisant la parution. 

Le calme après les tempêtes

Roger Moore et Luisa Mattioli.
Moore s’est exprimé d’autant plus librement que ses deux premières femmes sont aujourd’hui décédées.  Il demeure étrangement discret sur sa troisième épouse, Mme Mattioli, une femme réputée explosive et décrite par leur fils Geoffrey comme « contrôlante ».  Moore devait la quitter en 1996 pour sa conjointe actuelle, la Suédoise Christina Tholstrup.  Leur relation serait paisible, affirme le comédien.  Espérons-le…

Briser le silence…

De Tina Turner, victime de son conjoint Ike, à Rihanna, nombreuses sont les vedettes féminines à avoir brisé le silence, selon l’expression consacrée, en rendant publique les sévices qu’elles disent avoir subi.  À ce jour, il était pratiquement impossible de trouver d’exemples analogues chez les hommes.  Le public serait pourtant surpris d’apprendre que les comédiens Burt Lancaster et John Wayne, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne dégagent pas l’image d’éternelles victimes, aient pu subir de la violence conjugale.  On pourrait en dire autant de Roger Moore, à cette différence près que lui a décidé de se donner le droit de parole.

Dans une chronique parue dans The Independent le 13 septembre, Ally Fog affirme que c’est par le biais de rapports de police, de poursuites judiciaires et de spéculations médiatiques que l’on apprend que des vedettes masculines peuvent subir de la violence conjugale.  Il cite le cas de Whitney Huston, qui avait avoué que c’était elle, et non son conjoint, Bobby Brown, qui faisait preuve de violence physique dans le couple.  Humphrey Bogart a été poignardé dans le dos avec un couteau de boucher par sa femme, Mayo Methot, vers 1938. 

Roger Moore et sa conjointe actuelle,
Christina Tholstrup.
Au temps de Lancaster, Wayne et Bogart, bien sûr, il n’était pas question de dénoncer pareils épisodes sans risque de passer pour une mauviette.  Le préjugé voulant qu’une femme ne pouvait frapper sans une bonne raison, se voir attaquée, par exemple, n’avait sans doute pas attendu la venue du féminisme militant pour avoir droit de cité. 

C’est dans cette optique que les confidences de Sir Roger Moore prennent une importance considérable.  Qu’un tel homme, identifié à l’un des personnages les plus « machos » de la culture occidentale, admette, contre toute attente, avoir été maltraité par ses deux épouses, peut avoir un effet d’entraînement, exactement comme ont eu, au Québec, les dénonciations de Nathalie Simard, abusée pendant toute son enfance par son imprésario, Guy Cloutier.  L’attitude de Moore rend tangible la perspective selon laquelle un homme peut admettre avoir subi de la violence sans être moins respectable pour autant, ni bourreau, ni minable.  Simplement un homme, qui se tient debout en dénonçant un fléau qui dépasse sa seule personne, en toute dignité.

samedi 15 septembre 2012

Homicide : plus de 70 % des victimes sont des hommes !

Oui, vous avez bien lu. Et il s’agit d’une statistique canadienne, reflet d’un pays où le taux d’homicide reste faible en comparaison de nombreux États occidentaux. Alors qu’il n’y en a que contre la violence faite aux femmes, cette donnée a de quoi nous faire réfléchir quant à l’étendue réelle et à la répartition exacte des victimes masculines et féminines de meurtre au pays, en dehors de toute falsification ou banalisation idéologique. Il faudra conserver cette perspective à l’esprit le 25 novembre prochain, journée internationale de lutte à la violence faite aux femmes, alors que commenceront concerts de lamentation féministes et articles de complaisance empesée de journalistes inféodés aux dictats de porte-parole misandres.

Une - autre - réalité méconnue.
Bien sûr, on peut biaiser des études, faire passer, comme le prouve si régulièrement le ministère de la Sécurité publique du Québec, des signalements de violence conjugale pour des agressions sanctionnées par des verdicts de culpabilité. Il demeure cependant impossible de simuler un meurtre, ou de faire passer une tentative de meurtre pour un homicide. Les morts ne parlent pas, mais leur nombre, en revanche, reste éloquent. Comme le précise l’étude présentée dans cette chronique : « Les homicides sont plus susceptibles que les autres crimes d’être signalés à la police, de faire l’objet d’une enquête approfondie et, par conséquent, d’être saisis dans les statistiques officielles (Nivette, 2011; Van Dijk, 2008; Gannon et autres, 2005). » 

Omerta sur les hommes !

D’où peut donc alors provenir un chiffre aussi étonnant que méconnu ? D’un auteur à sensations en mal de notoriété, de méchants « masculinistes » en proie à leur discours « haineux » ou « misogyne » ? Il est en fait tiré de Statistique Canada, dans le plus récent document fédéral disponible sur l’homicide, couvrant l’année 2010, intitulé simplement L’homicide au Canada, 2010. Une étude aisément accessible au journaliste le plus somnolent… 

Ce document brosse un portrait global de l’homicide au Canada, comme l’indique son auteure, Tina Hotton Mahony : « Le présent article du Juristat porte sur les données de 2010 sur les homicides, ce qui marque la 50e année consécutive pour laquelle cette information a été recueille par Statistique Canada. Les tendances relatives aux homicides attribuables à des gangs, aux homicides commis à l’aide d’une arme à feu, aux homicides commis par des jeunes et aux homicides entre partenaires intimes y sont mises en lumière. Le rapport présente également un profil des homicides commis par des auteurs présumés chez qui on soupçonne un trouble mental ou du développement. » Les chercheurs ont donc ratissé assez large, merci.

Les policiers sont rarement confrontés à des cas d'homicide.
On apprend que les homicides demeurent rares au Canada et ne représentent que 1 % des cas de violence signalées à la police. Qui plus est, après une relative stabilité d’une durée de 10 ans, ces délits ont connu une importante diminution en 2010. Voilà de quoi apaiser plus d’un esprit chagrin…

Si nous découvrons que les services de police canadiens ont recensé 554 cas en 2010, la répartition homme femme n’est pas spécifiée dans le texte du document, pour des raisons mystérieuses, ce qui n’empêchera pas Mme Mahony de faire le constat suivant, le seul qu’elle se permettra sur la répartition selon le sexe : « La chute du taux d’homicides sur des personnes de sexe masculin (-12 %) était deux fois celle pour les personnes de sexe féminin (-6 %), ce premier taux d’homicides s’étant fixé à son point le plus bas en plus de 30 ans (graphique 2). » 

On pourrait croire alors que les hommes, éternels privilégiés, se voient encore une fois avantagés aux dépens des femmes, victimes désignées et sanctifiées de toute forme de violence. Un coup d’œil aux graphiques accompagnant cette section, seuls indices de la violence subie et exercée par les hommes, vient jeter un éclairage détonnant sur cette réalité à peine effleurée dans une étude qui consacre beaucoup plus de place à des aspects plus marginaux de l’homicide.

Aidons nos journalistes !

C’est en consultant le tableau 9 de l’étude que l’on peut enfin lire que l’on dénombre 400 homicides ayant des hommes pour victimes, représentant 72,5 % des 554 cas recensés, tandis que les femmes ne représentent « que » 152 victimes, soit 27,5 % de ce total. Considérant le dynamisme intellectuel de nos limiers journalistiques, et le peu de temps qu’il consacrent à leurs dossiers, pressés qu’ils sont par leur heure de tombée, on se demande si de « cliquer » sur un tableau pour le lire ne demeure pas pour eux une opération par trop laborieuse. Il aurait sans doute mieux valu inclure ces statistiques dans le texte même, pour ne pas trop leur compliquer la vie…

Un deuxième tableau, cette fois affiché sans nécessité de « cliquer », mais accompagné d’aucun commentaire ni analyse, suit et termine le bref survol de la répartition homme femme parmi les victimes d’homicide. Ce graphique aurait mérité un peu plus d’attention de Mme Mahony, puisqu’il brosse un portrait éloquent du taux d’homicide par 100 000 habitants concernant les victimes masculines et féminines réparti sur 30 ans, entre 1980 et 2010. Il devient plus difficile de faire des reproches aux journalistes quand une statisticienne ne fait pas son travail correctement.

Une réalité qui ne date pas d’hier…

Il suffisait pourtant d’un simple coup d’œil pour découvrir qu’en 30 ans, le taux d’homicide est resté toujours nettement plus élevé pour les victimes masculines et que la répartition homme femme a suivi une tendance presque parallèle à la baisse. Ainsi, en 30 ans, le taux de victimes masculines est passé de plus de 3,0 par 100 000 habitants en 1980 à un peu moins de 2,5 en 2010. Du côté des victimes féminines, ce taux est passé de plus de 1,5 par 100 000 habitants en 1980 à un peu moins de 1,0 par 100 000 habitants. Je sais pas pour vous, mais il me semble que l’écart entre les taux des hommes et des femmes s’est creusé au détriment des hommes, en trente années, une réalité qui ne semble pas émouvoir outre mesure Mme Mahony.


L’homicide conjugal, seule unité de mesure…

Comment expliquer que, lorsque l’on envisage les victimes de meurtre selon le sexe, un grand nombre d’entre nous reste persuadé que les femmes devancent considérablement les hommes ? Si l’on considère que, du 25 novembre au 6 décembre, anniversaire de Polytechnique, particulièrement chéri de nos féministes militantes, et même au-delà de cette date, le public subit un véritable lavage de cerveau sacralisant les femmes, en tant que victimes, et démonisant les hommes, en tant que prédateurs, comment se surprendre d’un tel résultat ?

Quand l'idéologie l'emporte sur la réalité...
En effet, pour chaque homme tué par sa conjointe, on dénombre trois femmes à connaître le même sort, une réalité qui ne doit en aucun cas être banalisée.  Par contre, quand la partie devient le tout, on fausse les perspectives, et l'on encourage la malhonnêteté d’organismes qui ne présentent de la violence que l’aspect qui leur permet d’asseoir leur pouvoir auprès de nos dirigeants, de consolider leur financement étatique et même, d’en demander toujours davantage. Voilà ce qui arrive quand l’idéologie se substitut à la réalité, que des porte-parole font passer leur intérêt personnel avant la juste évocation des faits, que des journalistes dorment au gaz en se cantonnant au rôle de perroquet à la remorque de divas hostiles, et que des chercheurs, payés par nos taxes, banalisent ou dissimulent des faits essentiels qui gagneraient à être divulguées au plus grand nombre.

samedi 8 septembre 2012

Métropolis : la croisade misandre de Josée Blanchette

Maintenant qu’il semble probable que Richard Bain, le tueur et auteur de l’attentat manqué contre Pauline Marois, n’en avait pas tant contre son sexe que contre la « menace » que le parti québécois représentait à ses yeux pour les anglophones du Québec et l’unité nationale, j’ai eu la candeur de croire que nos primas donnas misandres allaient cette fois se tenir coites et nous épargner leurs effets de balustres et thérapies de groupe publiques de mauvais goût. Ou à tout le moins, qu’elles allaient s’assurer de trouver ne serait-ce qu’un semblant d'argument crédible à l’appui d’une éventuelle thèse victimaire. Je me suis réjoui trop vite. Naïf que je suis ! 

Josée Blanchette
C’est en lisant le statut que Lise Ravary, chroniqueuse au Journal de Montréal, a publié hier dans Facebook, que mes derniers espoirs de voir la tragédie échapper cette fois à la récupération féministe allaient s’envoler : « Je ne sais quoi penser, a-t-elle écrit. Je suis sonnée par la chronique de Josée Blanchette de ce matin, sur l'attentat de mardi. J'aimerais vous entendre. J'aimerais lui répondre. Elle me noue l'estomac et je ne sais pas vraiment pourquoi. Ou si, je le sais, mais je n'ose peut-être pas me le dire. En fait, je suis en train de tester l'élastique de votre tolérance. http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/358612/du-pain-du-sang » 

Comme Mme Ravary ne correspond en rien à l’idée que je me fais d’une tête de linotte, encore moins d’une hystérique prête à monter en épingle l’incident le plus anodin, je suis allé voir le texte qui suscitait chez elle un tel trouble. Rendu à mi-chemin, « l’élastique de ma tolérance » avait sauté ! C’est pour le besoin de cette chronique que je me suis contraint à terminer la lecture du propos déplorable de Josée Blanchette, en me pinçant le nez pour passer à travers les effluves nauséabonds de haine envers les hommes qui irradiaient de ses mantras misandres. 

Bien que la tolérance de notre société envers le mépris ou l’aversion pour les hommes reste très grande, presque sans limites en fait, il faut remonter à Polytechnique ou à certaines chroniques plus récentes de Lise Payette, elle aussi chroniqueuse au Devoir, pour trouver l’équivalent en intensité décapante de ce torchon. 

Pauvre gamin ! 

Après avoir cité Gandhi, décidément à la mode chez un certain type d’extrémiste, non sans récupérer son propos pour sa démonstration imminente, Josée Blanchette, se sentant vraisemblablement investie d’un pouvoir suprême l’autorisant à tous les atermoiements, interpelle publiquement son fils dans ces termes : « Pour toi, la vie est un vaste jeu vidéo où des tireurs fous embusqués enlèvent des vies pour le simple plaisir de jouer. On meurt pour mieux ressusciter. »  Belle entrée en matière !  Elle poursuit : « Vous autres, ton beau-père, ton « beau-frère » et toi, êtes capables de regarder Karaté Kid sans vous émouvoir. Moi, je pleure, je m’énerve, j’ai mal au genou pour le petit Black de Detroit, seul à se battre contre de méchants kung-fu chinois. Je vous abandonne souvent devant vos films d’arts martiaux de série B qui vous font rigoler, pour aller faire mes confitures en écoutant du Belafonte. Je vous laisse à votre culture de mecs, qui m’est totalement étrangère et dont je ne suis pas capable de soutenir l’intensité. » 

Natures sensibles,
prière de vous abstenir...
Si le seul visionnement de Karaté Kid met Mme Blanchette dans de tels états, je me demande comment elle pourrait réagir à la vue d’images bien réelles d’islamistes fanatisés incendiant  et tuant à coups de batte des Chrétiens dans des contrées autrement plus meurtrières que notre périlleuse Amérique du nord, dont Hollywood représente un si funeste ambassadeur. Si j’étais intervenant à la DPJ, je ne manquerais pas de m’interroger sur l’hypersensibilité d’une telle mère, et de l’impact de ses comportements sur son fils. De la sensibilisation à la culpabilisation, le pas peut être vite franchi et ce, même chez des parents équilibrés. Et question culpabilisation, le pire reste à venir, comme vous allez pouvoir en juger. 

Quoi de mieux qu’un bon vieux refrain à la manière Polytechnique pour distiller son venin empoisonneur d’hommes. Aux yeux de la chroniqueuse, seule la violence faite aux femmes existe, ou mérite d’être dénoncée, malgré la preuve statistique que ce fléau atteint tout autant, sinon plus, les hommes, que l’on parle d’homicides, d’hommes envoyés comme chair à canon à la guerre, de policiers, d’agents de sécurité, d’hommes itinérants, une autre forme de violence, d’hommes incarcérés ou d’hommes victimes de violence policière et judicaire dans un contexte d’aliénation parentale, de fausses accusations et de lutte, souvent perdue d’avance, pour la garde de leurs enfants. Cette violence-là, Mme Blanchette s’en bat les flancs. 

Mais redonnons-lui la parole. Après avoir statué que « la violence contre les femmes est multiple, insidieuse, mondiale, historique, et parfois aussi acceptée qu’une burqa noire sous un soleil de plomb un jour de canicule », la voilà qui nous assène un argument massue : « Combien d’hommes, mercredi, se sont désolés qu’on ait raté notre première première ministre? Il y en a eu. Mais on ne le saura pas. (Mme Blanchette possède des aptitudes médiumniques, semble-t-il...) Comme on n’a jamais su combien d’indécis avaient voté pour le parti de Jean Charest, « malgré tout ». La peur et la haine des femmes, mon fils, sont bien plus grandes que tu ne peux l’imaginer. Et elles font partie de notre lot quotidien. À toutes. Celles dont la tête émerge du troupeau sont plus à risque d’attraper une balle perdue. » Ouf ! Vous avez bien lu ! Je vous assure avoir effectué un copier-coller à partir du texte original du Devoir, et n’avoir rien ajouté de mon cru. De tels propos ont de quoi glacer les sangs de par le délire paranoïde morbide qu’ils trahissent !  

Par-delà le bien et le mâle... 

Pauvre fiston ! Ce gamin grandira dans la haine et le mépris de son propre sexe, la conviction infligée par sa mère que l’humanité est divisée en deux : la première, féminine, foncièrement bonne et pure, victime prédestinée de la seconde, haineuse, jalouse, médiocre et meurtrière. La théorie de complot patriarcal et de son inévitable plafond de verre, prônant que la sous représentation féminine dans le lieux de pouvoir résulte forcément d’un rejet de leur féminité et aucunement d’un intérêt relatif de ces dernières, trouve ici un nouvel écho grinçant : « Tu vois, pour certains mâles dominants ou dominés, ça change tout, une jupe. Ça change leur perception d’eux-mêmes. Le boy’s club à cravates, le club sélect des suits qui se relaient le pouvoir comme on se passe une boîte de cigares au Beaver Club, c’est la norme. Une bonne femme atterrit dans le jeu d’échecs, une reine en plus, et ils deviennent fous. » 

Ah, ces méchants hommes...
« … Et ils deviennent fous. » Pauvre femme ! Comment peut-on vivre à l’ombre d’une telle aliénation idéologique, entravée par des clichés aussi caricaturaux que misérabilistes, en portant un monde misogyne unilatéralement écrasant et barbare sur les épaules ? J’en arrive à croire que Mme Blanchet a un urgent besoin d’aide. Si le lecteur entretenait des doutes sur son « engagement » féministe, l’extrait qui suit suffirait à les dissiper : « On s’en serait pris à Françoise David, figure marquante du féminisme au Québec, que je n’en aurais pas été étonnée. C’est menaçant, une féministe, pour un monsieur qui investit toute sa virilité dans son fond de culotte. C’est freudien, j’imagine, la hantise du méchant vagin. » Quelle élégance dans la formulation ! Et subtile dans l’argumentaire, avec ça ! 

En clair, seule la crainte de la vérité féministe et de sa justice immanente peut susciter la réprobation des hommes et, aurait dû ajouter la chroniqueuse, des nombreuses femmes qui pensent comme eux, sans doute aliénées par la culpabilité à l’idée de s’affirmer. Aucun risque que ces gens-là, tous plus ou moins rétrogrades, aient fini par constater que le féminisme, de mouvement légitime visant à redresser des injustices bien réelles vécues jadis par les femmes québécoises, ne soit devenu que sa lugubre auto parodie, un lobby corporatiste utilisant la cause des femmes comme prétexte, et se souciant bien davantage de maintenir ou d’accroître ses privilèges et son pouvoir auprès des gouvernements qu’il parasite que de dénoncer les tourments infligés aux femmes vivant dans les pays islamistes, pour ne mentionner que celles-là. 

Give thought a chance 

Gandhi, que de conneries
ne dit-on pas en ton nom...
Mme Blanchette affirme avoir « connu de près la violence des armes à feu. » Il y avait une dizaine de carabines dans la maison où elle a vécu à l’âge de son fils… Mon père, capitaine d’infanterie lors de la deuxième guerre mondiale, a connu l’horreur de la lutte sur le front, en plus de se voir interné quatre mois dans un camp de concentration nazi et d’avoir survécu à deux maladies mortelles. Lui, a vraiment connu la violence des armes à feu, en plus de voir nombre d’hommes mourir sous ses yeux. Pas des femmes, des hommes. Des hommes qui avaient pour devoir de protéger femmes et enfants, comme vous et votre fils, Mme Blanchette, et qui sont morts pour eux. Est-il possible qu’un tel sacrifice vous laisse de glace ? Denis Blanchette est mort de la même façon, en voulant protéger Pauline Marois. Comme je déplore qu’il porte le même nom que vous ! 

Vous pouvez bien nous bassiner avec Gandhi ! Après Amir Khadir, c’est Pauline Marois qu’il devrait inspirer pour condamner l’utilisation des armes à feu, « pour faire avancer la cause de la violence faite aux femmes », dites-vous. Hommes du Québec, citoyens de seconde classe, tombez sous les balles, on s’en contrefiche ! Gageons que tout ce que notre belle province recèle de détenteurs d’armes légales ou autres, se sentira fortement impressionné par la dame de béton, et se débarrassera de ces objets de musée si disgracieux avant de se rendre célébrer la grand messe féministe de la Fédération des femmes du Québec. « Pour le gibier, pleurnichez-vous, le temps de la chasse se limite à quelques semaines par an. Pour les femmes, la chasse est ouverte toute l’année. » Et pour les hommes, c'est la pêche aux faux coupables ?   

Son fils n’est pas sorti de l’auberge… 

Si fiston croit que sa mère en a fini avec l’endoctrinement idéologique qu’elle doit considérer comme de l’éducation parentale, d’autres entretiens captivants l’attendent : « Et je ne t’ai pas encore raconté l’incident de Polytechnique, n’ai pas parcouru avec toi la petite place du 6-décembre-1989, 14 monuments discrets que tu ne remarques pas lorsqu’on passe sur le chemin de la Reine-Marie. J’attendrai que tu sois plus vieux pour qu’on regarde ensemble le film de Denis Villeneuve. Cette fois-là, ce sera peut-être toi qui me demanderas d’éteindre la télé. » 

Rendu là, c’est peut-être fiston qui sera assez grand pour éteindre Maman. Et sans aucune violence, par la seule force de l’évidence, de la nuance, de la pondération et du refus de vivre dans une société hostile aux hommes et victimaire envers les femmes. C’est la grâce que je te souhaite, « B »…

dimanche 2 septembre 2012

Élections : quand la succursale féministe de QS s’emmêle…

Comme si le Québec était suspendu à ses lèvres, La Fédération des femmes du Québec (FFQ), par l’entremise de sa fataliste présidente, Alexa Conradi, a jugé opportun de rendre publique son évaluation de la façon dont les partis en lice envisageaient la situation des femmes, toujours problématique, on s’en doute, quand elle n’est pas dramatique, bien sûr. C’est à l’occasion d’un débat tenu le 23 août dernier et organisé par le regroupement féministe le plus représentatif du Québec, que des candidates des cinq principaux partis politiques ont dû exprimer leur point de vue sur les « enjeux féministes actuels ». Je parie que vous ne vous en pouvez plus de connaître les conclusions de la FFQ sur leurs propos.

L’égalité, une question mathématique… 

Alexa Conradi
C’est un fait avéré, aux yeux de la FFQ comme de sa présidente, l’égalité homme femme reste d’abord et avant tout une question mathématique : l’obsession de la parité à 50 % de femmes (et plus, mais elles n’insistent pas trop sur cette subtile variante...) représente le suprême critère d’évaluation égalitaire. Dès que les femmes se retrouvent en infériorité numérique dans un secteur d’activités donné, il faut, naturellement, qu’elles soient victimes de discrimination, qu’il s’agisse des domaines de la construction, de l’armée, des mines, de la police, de la sécurité, des monteurs en ligne, pour ne nommer que les plus évidents. Ainsi, si au Québec les femmes ne représentent que 4 % des pompiers, il faut que ce soit parce qu’elles se voient exclues de cette profession non traditionnelle, comme si des candidatures féminines imaginaires étaient obstinément rejetées. On ne songera pas à se demander si les femmes s’intéressent seulement à cette profession. Pourquoi couper les cheveux en quatre ?

Curieusement, la FFQ ne voit aucun complot dans la sous représentation des hommes, notamment dans le domaine infirmier ou dans l’enseignement, non sans raison. Il y aurait cependant une nuance importante à souligner dans ce dernier domaine. Bien sûr, j’aurais aimé à une époque un peu plus naïve de mon expérience parentale que mon fils grandisse dans une école dotée d'une représentation professorale à 50 % masculine. Un jour, on se fait à l’évidence : on ne peut tout de même pas instaurer une conscription et forcer les hommes à enseigner aux enfants. 

Malgré cela, les enseignants masculins demeurent réellement victimes de discrimination : certes minoritaires depuis toujours, leur nombre diminue sans cesse, en raison de la problématique des fausses allégations, d’abord fortement médiatisées avant d’être dissipées. Beaucoup d’enseignants voient leur carrière ainsi compromise, même innocentés. Que les hommes restent minoritaires en enseignement élémentaire, c’est inévitable, mais faut-il qu’ils disparaissent ?  Et de cette manière ?

Prix orange… 

C’est donc en pourcentage de candidates aux prochaines élections que la FFQ évalue le principe d’égalité chez les partis en lice, sans tenir compte du fait que moins de femmes que d’hommes se présentent en politique, sans doute repoussées avec une âpreté toute misogyne loin de ces instances faussement démocratiques. On ne s’étonnera guère de constater que la maison mère de la FFQ, Québec solidaire, se mérite le prix d’excellence, puisque ce parti, fidèle à son leadership bicéphale, atteint le nirvana féministe de parité avec 50 % de femmes. 

Et Mme Conradi d’entonner un hymne à la grandeur du parti d’Amir et de Françoise : « C’est le seul parti à s’identifier comme féministe et à faire écho aux préoccupations exprimées par les groupes de femmes. Que ce soit sur l’équité salariale, la lutte contre la précarité du travail, la pauvreté des femmes à la retraite ou une vision du développement qui tient compte des femmes, QS a le discours le plus articulé autour des besoins des femmes. Il aborde clairement les enjeux identifiés par les groupes de femmes autochtones et les obstacles à l’intégration des femmes immigrantes. » 

Amir Khadir et Françoise David
J’ai beau lire les journaux assidûment, je ne me rappelle pas avoir lu de nouvelle présentant un cas concret démontrant que la précarité était une spécificité féminine. Bien pis, particulièrement à la lumière de la crise manufacturière de 2008, j’ai constaté comme tout le monde – incluant Mme Conradi, à moins qu’elle ne vive dans un placard - que ce sont surtout des hommes qui ont perdu leur emploi. Rappelons que, selon Emploi et solidarité sociale Québec, ils demeurent majoritaires chez les chômeurs et les assistés sociaux, en plus de représenter huit itinérants sur neuf. Quant au travail à temps partiel, Statistique Canada affirme que c’est par choix que les femmes y recourent, et non parce qu’elles sont victimes d’une quelconque fatalité. La FFQ ne peut ignorer ces données, et si elle le fait, c’est pas pure malhonnêteté et opportunisme corporatiste. 

Au fait, avez-vous déjà lu une seule nouvelle dénonçant une entreprise ou une institution qui rémunérait moins les femmes que les hommes pour un même travail ? Il faut cependant reconnaître que des femmes d’un certain âge, ayant passé le plus clair de leur temps à tenir maison avec une famille nombreuse, et survivant fréquemment à leur conjoint, connaissent parfois une grande précarité. 

La FFQ apporte un seul bémol à son concert en louanges majeures : « Il (QS) aurait pu parler davantage de la violence envers les femmes. » Ça, Mme Conradi, vous et les vôtres vous en chargez, particulièrement entre le 25 novembre et au-delà du 6 décembre de chaque année, toujours à l’aide des statistiques dopées du ministère de la Sécurité publique, le tout assorti de demandes répétées d’augmentation de fonds publics. Inutile d’en rajouter… 

Prix citron… 

Au plan de « l’égalité homme femme », le parti libéral du Québec (PLQ) suit de près, avec 38,4 % de femmes, mais, bien que la FFQ reconnaisse les efforts de ce parti au plan d’une représentativité égale, elle n’en est pas satisfaite puisque « la faiblesse de ce parti réside dans son approche individualiste qui ne permet pas d’éliminer les discriminations persistantes. » Qu’est-ce que Mme Conradi entend par « approche individualiste » et par « discriminations persistantes », il faut le deviner, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le regroupement féministe ne brille pas par la gratitude. 

En plus d’avoir fait passer le budget des maisons d’hébergements de 30 M $ à 60 M $ en cinq ans, d’avoir élaboré un plan d’action triennal prônant une approche différenciée au profit des femmes, d’avoir investi 60 M $ dans un projet destiné à lutter contre les agressions sexuelles, de continuer à favoriser outrageusement l’embauche des femmes dans une fonction publique où elles représentent plus de 60 % des effectifs (c’est déjà plus que 50 %...), de favoriser les bourses d’études universitaires réservées exclusivement aux filles et la discrimination positive les avantageant dans les facultés non traditionnelles, le PLQ continue de financer onze fois plus les besoins féminins en santé et en services sociaux que ceux des hommes. 

Christine St-Pierre
Mais voilà, c’est le PLQ qui a piloté le dossier de la hausse des droits de scolarité, et Mme Conradi est mécontente. Du coup, c’est comme si le parti de Jean Charest n’avait rien fait pour les femmes : « Madame St-Pierre, la ministre à la Condition féminine, a affirmé lors du débat qu’il n’y a pas d’impact particulier dans la hausse des frais de scolarité chez les femmes, d'affirmer la présidente. C’est trop souvent le même refrain sur les enjeux de la santé, du travail et de la retraite. À beaucoup d’égards, les inégalités sociales tendent à augmenter avec le PLQ. » Alors, Mme St-Pierre, devant tant de reconnaissance, ne pensez-vous pas qu’il y quelques coups de pied au cul qui se perdent ?... 

Médaille d’argent… 

La FFQ envisage le parti québécois (PQ), gagnant probable des élections du 4 septembre, comme un candidat valable, bien que son pourcentage de candidates ait baissé de 31,2 à 27,2 %. Mme Conradi explique : « Le PQ compte plusieurs mesures qui faciliteront la vie des femmes : abolition de la taxe santé et de la hausse des frais de scolarité, engagement de créer un nombre suffisant de places en CPE, encadrement des agences de placement temporaire ou encore le soutien des services d’économie sociale en soins aux personnes en perte d’autonomie. » Quant à se demander avec quel argent toutes ces mesures seront financées ou compensées, ce n’est pas le problème de la FFQ. Le réseau des CPE, des services de garde en milieu familial et privés, à eux seuls, représentent un gouffre financier de 1,5 G $. Le Québec troquera-t-il bientôt le dollar canadien contre le drachme ? 

Pauline Marois : le coût des promesses...
Mais Mme Conradi n’est toujours pas pleinement satisfaite : « Toutefois, le PQ ne dit rien sur la retraite, la précarité du travail des femmes ou la violence envers les femmes. » Seules les femmes sont victimes de précarité et de violence, naturellement, malgré les études de Statistique Canada et de l’Institut de la statistique du Québec établissant la parité de la violence conjugale. 

Prix de consolation 

Le parti Option nationale (ON) se mérite une brève mention, avec peu de candidates représentant 23,1 %. À l’évidence, un parti aussi résolument indépendantiste a de quoi insécuriser les femmes, toujours plus prudentes devant les risques de turbulence économique qu’un changement constitutionnel radical ne manquerait pas d’apporter. Tout en soulignant la défense de l’universalité du système de santé et l’importance accordée à la gratuité scolaire, la FFQ juge que l’approche d’ON « en matière de condition féminine est à développer. » 

Legault la menace 

François Legault, redoutable...
Après avoir souligné le faible représentation féminine de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), avec 21, 6 %, et ses déclarations « sexistes sur le salaire des femmes, sur leur rapport aux changements ou leurs compétences », sans préciser outre mesure, la FFQ « dénonce » la hausse anticipée des frais de scolarité, des services de garde et les coupures dans la fonction publique. Mme Conradi, par le biais de ce qui se veut un cri du cœur, interpelle ensuite François Legault avec l’habituelle rhétorique victimaire de la FFQ : « Que fera la CAQ au sujet de la précarité du travail chez les femmes ? Que fera la CAQ pour que les femmes gagnent plus que 66% des revenus des hommes à la retraite ? Que fera la CAQ pour que le développement économique et social tienne compte des besoins des femmes ? Que fera la CAQ pour protéger l’universalité et l’accessibilité des services publics, des services sociaux ? Que fera la CAQ pour augmenter la représentation des femmes en politique ? Quel rôle l’État aura-t-il à jouer pour assurer aux femmes des conditions de vie et de travail décentes ? » Je vous le disais, l’habituelle rhétorique victimaire… 

Et la contribution de la FFQ ? 

Et moi qui croyais jadis que le féminisme voulait aider les femmes à se prendre en main afin de devenir partie prenante de notre devenir collectif… Avec la FFQ, c’est l’enlisement dans la dépendance étatique des femmes que Mme Conradi ose présenter comme un projet de société, un pathétique pacte social, où le gouvernement est sommé de prendre la gent féminine en charge du berceau jusqu’à la tombe. S’il est une question de citoyenneté que Mme Conradi et ses consoeurs doivent redouter plus que tout au monde, c’est bien celle que devait prononcer John F Kennedy le 20 janvier 1961 lors du discours inaugural de sa présidence : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »