jeudi 18 avril 2013

Incroyable, une femme condamnée pour fausses allégations !

... Et au Québec, par-dessus le marché !  L'événement est si exceptionnel qu'il aurait mérité la première page du Journal de Montréal.  De son côté, ce média n'aurait pas dû rester le seul à en parler.  Dans une société où règne une chloroformante rectitude politique, liée à une idéologie réfractaire à la reconnaissance de problématiques masculines, un tel événement n'aurait cependant pas davantage fait la une, puisque les condamnations pour fausses allégations auraient été monnaie courante.  ...Ou peut-être pas, puisque les auteures - des femmes et adolescentes, pour la plupart - se sachant désormais imputables, y penseraient à deux fois avant de se livrer à leurs projets malveillants ou mythomanes.  

Manipulatrices : désormais imputables ?
C'est là la perspective sociétale la plus souhaitable, à laquelle ce fait divers ouvre peut-être une porte.  On peut toujours rêver, non ?  Il y a pourtant matière à espérer : malgré une tendance lourde de la Justice à fermer les yeux sur les fausses accusations les plus évidentes, au motif que leur condamnation pourrait pénaliser les vraies victimes de violences - qui renonceraient, croit-on, à dénoncer - le juge Louis-Paul Cullen a décidé qu'une mère de famille mériterait cette fois - qui n'est pas coutume - un verdict de condamnation assorti d'un montant de 20 000 $ à payer au père de ses enfants.  Il faut le lire pour le croire...

Abordant cette affaire une première fois, je l'avais située dans le contexte précis d'un méfait public, délit sanctionné par le code criminel canadien.  Un lecteur m'a fait remarquer, en commentaire, qu'il s'agissait plutôt d'un verdict rendu dans le cadre d'un procès en droit civil québécois pour diffamation.  C'est exact.  Cette distinction ferait, selon lui, que « nous sommes toujours à la case départ. »  Je ne partage pas ce constat.

Bien qu'une condamnation pour méfait public, sanctionnée par le code criminel, aurait eu une portée plus significative, le verdict du juge Cullen, rendu en faveur d'un père contre une mère, dans le contexte litigieux, comme nous le verrons, d'une lutte pour la garde d'un enfant, n'en demeure pas moins un événement qui mérite d'être souligné, une lueur dans les ténèbres.  Militants et supporters de la condition masculine n'hésitent pas à parler d'un précédent.

Séparation... à l'amiable ?

La femme en question, répondant au nom fictif de Sarah, dans l'article du Journal, pensait probablement que la tendance à la sacralisation de la parole d'une mère, dans les cas litigieux de séparation et de garde d'enfants, allait lui assurer l'impunité.  Si elle avait su...

Les déboires de Xavier (nom fictif), son conjoint, débutent après leur séparation, en janvier 2006, alors que de trop fréquentes disputes, parfois violentes, précise-t-on dans l'article, auront eu raison de leur union de dix ans, qui leur aura néanmoins donné un fils.  Les deux parents agissent alors de façon responsable et s'entendent sur la garde partagée comme mode parental privilégié.  Jusqu'ici, tout va pour le mieux.  On aura beau cesser d'être conjoints, on n'arrête pas pour autant d'être parents.

L'autre femme

La bonne entente sera de courte durée, puisqu'en octobre de la même année, Xavier fera la rencontre d'une autre femme.  Est-ce la jalousie envers son ex, une rivalité avec sa nouvelle flamme pour l'amour de l'enfant, peut-être ces deux motifs entremêlés, toujours est-il que Sarah, d'ex-conjointe admettant la nécessité pour son fils de la présence de son père, se transformera en intrigante prête à tout pour lui nuire et lui dérober son enfant.

Nouvelle conjointe : début des hostilités...
Au diable la médiation entreprise au lendemain de leur rupture !  Sarah amorcera désormais une lutte sans merci en vue de s'accaparer le fils et d'écarter le père.  Un courriel de ce dernier, informant son ex qu'il ne renoncera jamais à la garde de son enfant, jettera de l'huile sur le feu qui mènera à une interminable, onéreuse et stérile procédure judiciaire dont notre Justice familiale détient le navrant secret.

Hors d'elle, Sarah déposera alors une plainte pour violences soi-disant commises par Xavier lors de leur vie commune, allant même jusqu'à persuader sa fille de 18 ans, née d'une union précédente, d'accuser son ex beau-père de deux agressions.  Ces fausses allégations auront pour conséquence l'arrestation de notre homme, puis sa libération, faute de preuves.  Il sera néanmoins privé de la présence de son fils pendant quelques semaines, le temps que la poussière retombe, à défaut de voir la boue disparaître.

Ce revers n'arrêtera pas Sarah.  Elle s'acharnera à propager de fausses rumeurs dans l'entourage de son ex au point de provoquer une situation conflictuelle entre sa nouvelle conjointe et lui.  «Elle me faisait passer pour un abuseur de femmes, violent avec les femmes et les enfants», devait-il déclarer à la journaliste du Journal de Montréal.  Devant la vindicte de son ex, Xavier entamera une poursuite en diffamation, avec le résultat que l'on sait, la virago ayant mordu la poussière.

Un cas extrême ?

La situation de Xavier n'a rien de surprenant.  La Justice québécoise affichant trop souvent un parti pris non avoué mais tacite envers la gent féminine,  l'homme aux prises avec l'appareil judiciaire se voit fréquemment contraint de prouver sa bonne foi, tandis que celle-ci est présumée standard chez son opposante, par la magie de ce qu'on appelle les valeurs féminines, faut-il présumer.  

Une telle attitude encourage fatalement la prolifération des fausses accusations qui, selon l'auteur, professeur et psychologue judiciaire Michel St-Yves, véritable spécialiste de la problématique des agressions sexuelles, représenteraient entre 30 et 40 % des plaintes dans ce domaine.  Dans les cas de violence conjugale, ce pourcentage pourrait grimper jusqu'à 70 %, tant le protocole d'intervention en violence conjugale - selon lequel on arrête systématiquement l'homme, même quand c'est lui la victime d'une agression de sa conjointe - ouvre la porte à tous les abus, en garantissant l'impunité à l'agresseure.

Cas extrême ne veut pas dire cas rare....
«C'est un cas extrême, devait affirmer l'avocate de Xavier, Me Dominique Goulet.  En 25 ans de pratique, je n'ai pas souvent vu ça.»  Parlait-elle du délit, du procès ou du verdict ?  Ceci étant posé, nous n'en savons pas davantage sur ce qu'il est advenu de la garde, partagée ou non, de l'enfant.  De nouvelles rentrées de fond en perspective dans le vaste tiroir-caisse juridique ?  Avec des dommages et intérêts de 20 000 $, Xavier pourrait avoir de quoi financer cette éventuelle entreprise, mais les bureaux des avocats sont tapissés de jugements non exécutoires, et rien ne garantit que notre homme verra un jour la couleur de son argent...

Le commentaire de la magistrate, d'une franchise pour le moins discutable, se comprend, par ailleurs, s'il ne s'approuve pas.  S'il fallait qu'elle admette la fréquence de causes impliquant de fausses allégations, il lui faudrait également convenir du fait que le système qu'elle représente les encourage forcément.  C'est toute la crédibilité du Barreau du Québec qui serait mise sur le grill.  Mieux vaut faire comme si les femmes intrigantes et manipulatrices ne représentaient que des cas fâcheux, certes, mais exceptionnels.  En réalité, les cas «extrêmes», pour reprendre l'expression même de Me Goulet, n'ont rien de très rares, même si l'on souhaite qu'ils ne représentent pas un majorité.

La vraie rareté

En fait, la véritable rareté, dans toute cette affaire, c'est qu'une mère ait été condamnée pour fausses allégations, envers un père, de surcroît, et dans un contexte de lutte pour la garde d'un enfant, par-dessus le marché.  Ça, c'est vraiment exceptionnel, même s'il ne s'agit que de diffamation et non de méfait public.  C'est l'inexplicable et injustifiable rareté des condamnations dans ce type de cause, surtout, qui pourrait entacher la crédibilité déjà vacillante de notre Justice.  Même si Xavier ne devait jamais encaisser l'argent auquel il a droit, sa victoire recèle une portée symbolique indéniable.  Un signe des temps ?

Imaginez si le public devait prendre acte de la permissivité offerte et de l'irresponsabilité encouragée par l'aveuglement volontaire de nos robes noires.  Essayez par ailleurs de vous représenter la chute du chiffre d'affaires de près de 16 000 avocats familialistes, s'il fallait que les accusatrices mensongères, conscientes des risques qu'elles encourraient de se voir démasquées et condamnées, renonçaient à s'en prendre à leur ex-conjoint.  L'horreur...

Vers de nouveaux marchés...

C'est dans la perspective non avouée de continuer à se nourrir de la misère, immédiate ou provoquée par ses soins, que la magistrature québécoise, spécule sur de nouveaux marchés.  L'exemple le plus probant de ce sinistre plan d'affaires, qui subordonne l'intérêt social aux considérations les plus mercantiles, demeure le «combat» d'Anne-France Goldwater (AFG), féministe radicale autoproclamée, dans la cause qui opposait Éric à Lola.   Rappelons que cette dernière devait mordre la poussière de justesse par une seule voix en Cour suprême en janvier dernier.  Il s'en est fallu de peu que 1,2 millions de Québécois vivant en union libre ne se retrouvent mariés de force par cette inadmissible initiative.  

AFG, figure de proue du droit québécois...
Mais qu'à cela ne tienne, la riposte ne s'est pas fait attendre.  Notre gouvernement péquiste devait précipitamment mettre sur pied un comité d'études mandaté en vue de réexaminer le cadre de l'union de fait.  Font partie de ce comité, comme il fallait s'en douter, des intervenants aussi sympathiques... à Lola que le Barreau du Québec, la Chambre de notaires du Québec et l'inévitable Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, dont la devise semble «Je dépend, donc je suis.»  Curieusement, aucun organisme favorable à la décision de la Cour suprême n'est représenté...

Non content de chercher à multiplier les causes de pensions entre ex conjoints dans le cadre des unions de fait, dans un Québec où le mariage reste en perte de vitesse, notre Justice pourrait créer une jurisprudence pour le moins inusitée, avec le cas de cette ancienne maîtresse qui réclame de son ex riche amant une compensation pour rupture d'un million de dollars... Imaginez les causes qui pourraient se multiplier si notre magistrature, aveuglée par le profit facile, donnait raison à semblable parasite.

C'est dans un tel contexte que l'improbable victoire de Xavier prend une valeur significative.  Improbable, vraiment ?  Dans un Québec où l'on anticipe que le revenu des hommes sera bientôt inférieur à celui des femmes, plus scolarisées, tandis que la pauvreté des hommes, à 9,7% de leur population, dépasse déjà celle de femmes, à 9,0 %, que la gent masculine se voit désormais majoritaire parmi les assistés sociaux, les chômeurs et les itinérants et que l'écart salarial entre les hommes et les femmes n'est plus que de 10 %, la gent féminine pourrait bien représenter un gibier d'avenir...

Et c'est sans doute sous le douteux prétexte de rendre - enfin - justice aux hommes opprimés, et de corriger les erreurs du passé, néanmoins commises, on s'en doute, avec les meilleures intentions, que les fausses allégations féminines pourraient alors s'avérer un marché pour le moins lucratif, une voie d'avenir.  Just follow the money...

vendredi 12 avril 2013

École des Plants : en chaque père sommeille un pédophile...

Si vous imaginez que l'ère des grenouilles de bénitier, punaises de sacristie, femmes esseulées pudibondes, mères de familles armées de chapelets vengeurs ou dames patronnesses à l’œil sévère était derrière vous, détrompez-vous !  Une ère nouvelle pourrait bien prendre naissance à Clergy (Val d'Oise), France, où un père de famille sans reproche vient de se voir ostracisé par deux viragos au cri strident et au scandale facile. 

Frédérick Boscia, père spolié.
Que je vous raconte cet événement à prime abord aussi ridicule qu'insignifiant, mais qui pourrait devenir lourd de conséquence si, dans un pays où le féminisme militant se montre nettement plus agressif - du moins médiatiquement - que dans le nôtre, d'autres esprits fanatisés s'inspiraient de ce triste exploit.

Figurez-vous qu'il aura suffi à une mère de famille, suffisamment perturbée au plan émotionnel pour voir en chaque homme un prédateur sexuel latent, pour convaincre Ève Coviaux, directrice de l'École maternelle des Plants, à la santé mentale manifestement aussi vacillante, d'exclure un père séparé, Frédérick Boscia, d'une sortie à la piscine sous prétexte que, potentiellement dangereux, le malheureux ne devait en aucun cas se retrouver dans le vestiaire mixte où les enfants se changeraient.  Aucun problème, cependant, avec le fait que des femmes se trouvent elles-mêmes en compagnie de garçons dans la même situation... 

Le choc pour le papa a été d'autant plus inattendu qu'il participait régulièrement aux activités de l'école que fréquente sa fille, qu'il ne voit que quelques jours par mois, et dont il pouvait par ce moyen se rapprocher.  

Têtue comme une mule

Qu'une mère de famille sans intelligence adresse à une école une requête absurde, motivée par une paranoïa sexuelle misandre, ça arrive.  La bêtise et la méchanceté se retrouvent chez tous et toutes, nonobstant l'âge, le sexe, la race ou le statut social.  Mais qu'une directrice d'école, chargée de maintenir l'équilibre, le calme, la prudence, le discernement et l'esprit de justice - dans un établissement aussi fondamental, au plan des valeurs à inculquer aux adultes de demain - sombre dans pareil accès d'imbécilité et de haine des hommes, c'est renversant.  Et condamnable.  Cette femme mérite la porte.

Patrick Guillot, du GES.
Son comportement est d'autant plus répréhensible que, malgré la correspondance qui lui est adressée par le père désireux de trouver un terrain d'entente, la mégère garde obstinément le silence.  Dans un texte co-signé par Patrick Guillot, du Groupe d'études sur les sexismes (GES) et Fabrice Méjias, président national de SOS PAPA, paru dans le site même du GES, on apprend que le conjoint de la mère fanatisée à l'origine de cette dérive est allé jusqu'à administrer une raclée au père spolié.  Quel couple finement agencé que celui qui réunit une brute épaisse à une sociopathe.

À la suite de cet événement, Guillot et Méjias établissent les précisions qui suivent.

M.Boscia annonce avoir porté plainte contre l’auteur des coups qu’il a reçu stoïquement (5 à 7 coups de poing et un "coup de boule"), et poser une réclamation contre la Directrice de l’école auprès de Monsieur Dominique Baudis, Défenseur Des Droits, pour discrimination en raison de son genre masculin.

 
M.Boscia tient à préciser que :

- l’opposition à cet accompagnement de jeunes enfants des deux sexes dans le vestiaire n’est pas initiée par une personne se réclamant d’une quelconque religion.
- il a proposé en vain à la directrice plusieurs solutions ou compromis : utiliser le 2ème vestiaire de la piscine pour séparer les sexes, faire passer alternativement filles et garçons dans le même vestiaire, ne pas transiter par le vestiaire commun mais pouvoir surveiller sa fille et les autres enfants sur le bord du bassin.
Les associations signataires déplorent à cette occasion l’ambiance perpétuelle de suspicion et diffamation à caractère sexuel pesant sur les pères à l’occasion des divorces, certes sans aucune suite judiciaire de la part des Juges Aux Affaires Familiales, mais malheureusement aussi sans aucun rappel à l’ordre envers les accusatrices.

Le droit des pères

Cet événement, mettant en scène des protagonistes aussi misandres qu'écervelées, s'inscrit dans une sinistre mais révélatrice continuité mettant de plus en plus en relief l'injustice et le sexisme vécu par les hommes, nommément les pères, et dont l'événement des pères à grue, à Nantes, a été le révélateur en février dernier.  Devant un certain remous médiatique suscité par les protestations de Frédérick Boscia, l'inspection académique du Val d'Oise devait tenter une maladroite opération de damage control en interdisant à tous les parents, mères comme pères, l'accès aux vestiaires pour enfant.  

Bien sûr, pareille reconnaissance du sexisme envers les hommes attire son lot de résistance de la part de porte-parole féministes qui, en France comme au Québec - pour ne pas dire partout en Occident où le féminisme d'État est devenu tentaculaire - ressentent comme une menace à leur hégémonie toute allusion au fait que les hommes, comme les femmes, vivent des problématiques liées au sexisme et à l'exclusion. 

Des médias, en mal de sensations fortes, peu scrupuleux quant à la recherche de la vérité et craintifs devant les foudres de pareilles fanatiques, sont devenus leurs valets, espérant cotes d'écoute et revenus publicitaires.  Voilà où en est le journalisme d'enquête en France, comme le récent passage de France 2 dans notre belle province l'a démontré.  La journaliste Nathalie Sapena a dû rentrer bredouille à Paris, sans avoir trouvé les masculinistes haineux et misogynes qu'elle était venue y chercher.  Depuis sa diffusion, son reportage a même été retiré des ondes...  Au Québec, les représentants des médias ne sont guère plus éthiques, cependant.

Aurélie Fillod-Chabaud, chercheuse.
Parlant de Français venus, comme cette journaliste, sous le faux prétexte de donner l'heure juste sur la condition masculine, je m'en voudrais de passer sous silence le douteux passage de cette doctorante en sociologie à l'Institut universitaire européen, Aurélie Fillod-Chabaud, venue rencontrer Lise Bilodeau, de l'Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec, en plus de consulter ses archives.  Est résulté de cette rencontre la publication d'un article calamiteux réduisant les revendications légitimes des pères spoliés à l'habituel discours féministe sur les masculinistes béotiens et irresponsables envers leur progéniture. 

Nul doute que des initiatives aussi malhonnêtes s'inscrivent dans un contexte calamiteux, tant médiatique qu'universitaire, qui conditionne le tissus social français et québécois en le transformant pour le pire.  On prend des préjugés pour des évidences, la haine pour de la vertu.  C'est ainsi que des intelligences primitives et limitées, semblables à celle des deux femmes à l'origine des déboires de Frédérick Boscia, peuvent en arriver à se sentir autorisées à poser des gestes hostiles, discriminatoires et diffamatoires en s'imaginant agir pour le bien de la collectivité.  Triste et malsain paradoxe que d'opprimer l'intègre pour protéger le vulnérable.

samedi 6 avril 2013

France 2, une télé... guidée par Patrick Jean ?

Il y a quelques semaines, un militant de longue date des droits des pères m'informe par courriel qu'une journaliste de France 2, une nommée Nathalie Sapena, veut l'interviewer sur la condition masculine à la suite d'un événement qui a fait la manchette en France au cours duquel deux pères ont revendiqué leurs droits - bafoués, affirment-ils  - envers leurs enfants, au sommet d'une grue.  Mon correspondant semble inquiet, redoutant que ses propos ne soient récupérés de façon à le faire passer pour un homme des cavernes d'extrême droite qui milite pour un retour du patriarcat oppresseur envers les femmes, et qui célèbre, comme il se doit, la Saint-Marc-Lépine, chaque 6 décembre, pour commémorer dans l'euphorie le massacre de 14 jeunes filles à Polytechnique.  

La cause des hommes, selon France 2.
Tel est le refrain à la mode entonné jusqu'ici dans les médias, plus récemment en France, sous la baguette du docu-menteur Patrick Jean, auteur du long-métrage féministe intitulé La domination masculine, qui serine sur toutes les tribunes qui lui sont offertes son concerto ordinaire sur le complot patriarcal, en victimite majeure. Selon cet idéologue à gogo, le masculinisme, né au Québec en 1989, est devenu une telle menace que ce James Bond d'opérette, après avoir infiltré, au péril de sa sécurité personnelle, l'antre de douteux activistes montréalais, redoute maintenant de succomber, s'il remet le pied en sol québécois, sous les balles d'une milice armée masculiniste, désireuse de lui rentrer sa duplicité dans la gorge.  Ajoutons à ce portrait peu reluisant que M Jean considère les masculinistes comme paranoïaques...

Malgré ce contexte calamiteux, je conseille à mon interlocuteur de tantôt de faire parler les faits, les chiffres, les études, comme il en a le talent, et de mettre les émotions de côté.  Il me rétorque qu'il a connu de mauvaises expériences par le passé et qu'il craint d'en ajouter une nouvelle.  Il décide, afin de montrer que la défense de la condition masculine intéresse plusieurs personnes au discours argumenté et crédible, de référer des noms de militants et d'organismes, parmi lesquels Lise Bilodeau, présidente-fondatrice de l'Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), ainsi que votre humble serviteur.  

Quelques jours après, Lise Bilodeau m'informe que je devrais avoir des nouvelles de Mme Sapena.  Cette journaliste affirme de son côté à mon interlocuteur qu'elle ne cherche à piéger personne, ni à faire la promotion de quelque idéologie que ce soit, sans doute par souci d'objectivité et de respect du droit légitime du public à l'information, bien entendu.  

Allo, allo, allo...

Nathalie Sapena, journaliste ?
Le lendemain, au retour du travail, je trouve sur mon répondeur un message (numéro confidentiel) dans lequel une voix féminine au très fort accent français, répète : Allo, allo, allo, avec une diction qui n'est pas sans rappeler Peter Sellers dans le rôle de l'inspecteur Clouseau, en version originale anglaise.  Ça commence bien, me dis-je, à propos d'une journaliste incapable de s'identifier correctement, comme tout professionnel le ferait.  

Dans les jours qui suivent, six mars, je reçois ce courriel de Mme Sapena : Bonjour.  Je vous contacte sur les conseils de X (mon correspondant), car je prépare un reportage pour l'émission Complément d'enquête sur France 2 un reportage (sic) sur la place des hommes dans la société, et j'envisage d'aller faire un tour au Québec, qui me semble plus avancé en matière de réflexion sur ce sujet.  J'aimerais beaucoup discuter avec vous si vous êtes disponible.  Très cordialement

Je réponds que je suis ouvert et lui laisse mes coordonnées téléphoniques.  Elle me répond le lendemain : Je vous appelle aujourd'hui dès que le décalage horaire me le permet.  Cordialement.  La nuit tombée, aucune nouvelleConstatant, dans les jours qui suivent, que des messages presque monosyllabiques apparaissent de temps à autre sur mon répondeur, tandis que je suis au travail et, pour être certain cette fois que la journaliste me rejoigne, je lui donne le 13 mars par courriel mon numéro de cellulaire.  

M Kaasteul... M Kaasteul... M Kaasteul...

Malgré cette précaution, je retrouve par la suite d'autres tentatives sur mon répondeur résidentiel, cette fois avec une voix masculine, qui m'interpelle : M Kaasteul... M Kaasteul... M Kaasteul... Décidément, à France 2, la présentation, c'est pas leur tasse de thé...  Chez nous, les journalistes savent au moins leur nom.  Le 18 mars, je relance Mme Sapena, lui réexpédiant par courriel mon numéro de cellulaire.  Le lendemain, elle m'écrit qu'elle me téléphonera le soir même, dès son arrivée à Montréal.  Le soir même, cette fois encore, aucune nouvelle.  

C'est à mon travail, tandis que je m'occupe de patients psychiatrisés, heureusement cette fois tranquilles, qu'elle me téléphone le lendemain, 20 mars.  Elle s'informe sur mon engagement dans la cause des hommes, sur ma profession et me pose quelques questions qui démontrent un certain intérêt pour le sujet qu'elle doit traiter, avant de s'informer sur le chemin pour se rendre dans mon patelin, Trois-Rivières, et de me dire qu'elle me rappellera le lendemain.  Ce fut la dernière fois que j'eus des nouvelles de cette journaliste... par elle-même.

Le lendemain, c'est Lise Bilodeau qui m'apprend que ma rencontre, comme la sienne, ont été annulées en raison... d'un bris de caméra.  Imaginez une journaliste, qui arrive à grands frais de France, et qui se laisse arrêter par semblable détail.  La prendriez-vous au sérieux ?  Ce problème n'a pourtant pas empêché Mme Sapena de réaliser une entrevue à Montréal avec Daniel Laforest, de Fathers4Justice. Lise Bilodeau avait cependant tout organisé pour recevoir dignement la journaliste, au cours d'un buffet avec des membres de son association et d'une rencontre avec la station FM 93. 

Lise Bilodeau, de l'ANCQ.
Pas plus de professionnalisme que de savoir-vivre à France 2, donc, mais ce n'est pas tout.  Au début de la semaine suivante, j'apprends, toujours par Lise Bilodeau, que, non seulement Mme Sapena a finalement dégotté une caméra fonctionnelle, mais qu'elle était le samedi même à Trois-Rivières pour rencontrer des membres du Réseau Hommes Québec... Nul doute que ces hommes étaient des interlocuteurs aussi valables que moi, mais pourquoi une telle comédie pour en arriver là ?  Et Lise Bilodeau qui n'a jamais été interviewée...

Mon correspondant avait raison...

Imaginez la qualité des efforts d'investigation de France 2 avec un titre pareil : La croisade des "masculinistes"... La présentation annonçant le reportage de Mme Sapena aurait pu être rédigée par Patrick Jean lui-même : Il y a aussi ces hommes qui se revendiquent comme anti-féministes. Leur mouvement est né au Québec, dans les années 90. On l'appelle le masculinisme. Des hommes qui dénoncent la domination des femmes. Au XXIe siècle, ils n'hésitent pas à réclamer le droit au retour de l'ordre ancien, celui où les femmes étaient soumises aux hommes…  À noter la finesse des caractères gras, sans lesquels le public habituel de France 2 risquerait de ne pas saisir ces enjeux cruciaux, on s'en doute...

Mme Sapena ne voulait piéger personne, naturellement, avec ce portrait du Québec, qui, selon ses propres dires, lui semble plus avancé en matière de réflexion sur ce sujet (la place des hommes dans la société).  Soulignons la mention qui suit cette introduction foireuse, qui démontre à quel point le discours est orienté : En plateau, l'invitée est Safia LEBDI, conseillère régionale EELV (Europe Ecologie - Les Verts), féministe, fondatrice de Ni Putes, Ni Soumises, soutien des Femen, groupe contestataire féministe d'origine ukrainienne.  Aucune mainmise féministe sur l'information en France, dites-vous ?  Récupération, quand tu nous tiens...

Et c'est reparti pour un tour avec Marc Lépine...

 Une icône de la mythologie féministe.
Comme s'il existait un lien évident entre la condition masculine, ceux qui la défendent et la violence faite aux femmes, Mme Sapena et ses complices, Antoine Husser et Vincent Gobert, nous resservent le plus éculé des clichés de la mythologie féministe : Polytechnique et Marc Lépine.  Cet événement est célébré, faut-il le préciser, non pas par des masculinistes attardés, mais par des féministes radicales hostiles aux hommes dont l'attitude des plus fanatiques peut encore se voir résumée par cette formule désormais historique : En chaque homme sommeille un Marc Lépine.

La première moitié du reportage avait pourtant bien démarré, avec une approche presque humaine des hommes dits roses et de la réalité des pères privés de contact avec leurs enfants.  Les porte-parole trifluviens, filmés au cours d'un activité dans une cabane a sucre, sont présentés de façon un rien condescendante mais sympathique, tandis que Daniel Laforest et Andy Srougy, des Fathers4Justice, semblent à un moment très émus par leur situation.  

Polytechnique vient tout gâcher, avec, notamment, une entrevue de la sœur de l'une des 14 victimes, dont les commentaires, qui auraient été à leur place dans un documentaire sur le sujet, détonnent et choquent au cours d'un reportage sur la place des hommes, comme si la violence meurtrière en constituait un passage obligé.  Le problème, dans cette optique, n'est nullement la personne interviewée en soi, mais le choix éditorial de fort mauvais goût de l'avoir présentée dans un tel contexte.

S'ensuit la rituelle entrevue avec la mère du tueur de masse, qui n'apportera toujours aucune réponse à son geste insensé et, heureusement, le mot de la fin laissé à Daniel Laforest, qui dénoncera la récupération idéologique du massacre.  Mais le mal est fait, et Polytechnique restera gravé dans l'esprit du téléspectateur français moyen.  Reste à savoir si le public de l'hexagone, aux prises avec des porte-parole féministes nettement plus agressifs dans l'espace public que les nôtres, au Québec, se montrera réceptif à cette nouvelle dérive.  

L'amour hétéro, cauchemar féministe ?
Il est permis d'en douter, après la réaction du peuple français à cette goutte qui pourrait faire déborder le vase, soit le mariage pour tous et, surtout, à sa corollaire, l'homoparentalité, qui semble indiquer un ras le bol difficile à passer sous silence. Une telle attitude populaire pourrait bien traduire une volonté qui n'a que peu à voir, comme les idéologues féministes cherchent à nous le faire croire, avec le rejet homophobe ou le retour des femmes vers l'âge de pierre.  Cette volonté pourrait au contraire refléter l'affirmation de la nécessité de balises tenant compte d'une nature humaine qui ne relève nullement de conditionnements sociaux, mais bien de ce qu'il existe de plus inné chez les hommes comme chez les femmes.  

Aucune idéologie ne peut durablement se substituer à cet incontournable état de fait.