dimanche 28 juillet 2013

Violence au féminin : natures sensibles, prière de vous abstenir...

Il m'est souvent arrivé, lorsque je traitais de violence féminine en m'appuyant sur des faits divers publiés dans les médias main stream, de me voir reprocher de généraliser des incidents précis à toutes les femmes, d'alimenter une guerre stérile entre les sexes, de prendre un plaisir malsain à salir le genre féminin, quand on ne me reprochait pas tout simplement d'haïr les femmes de façon viscérale.  Misogyne, antiféministe et masculinise demeurent des épithètes qui me sont par moments attribués, preuve que mes constats dérangent la bien-pensance d'idéologues qui se prétendent - à mon avis, à tort - entièrement dévoués à ce qu'ils appellent la cause des femmes.

La rectitude politique, préférable à l'évidence ?
Est-il donc nécessaire d'expliquer encore en 2013 que, bien que la violence au féminin existe, elle fait l'objet d'une omerta tenace de la part des médias, au sein des gouvernements comme des universités, et qu'il devient indispensable, autant pour ceux qui en sont victimes que dans l'intérêt de celles qui la ressentent et l'exercent, de la circonscrire, afin de la circonvenir, sinon intégralement, du moins, le plus possible ?  Dans cette perspective, les rituelles campagnes de violence contre les femmes font fausse route, pour employer une expression à la mode.  La violence infligée et subie par l'humanité entière, incluant bien sûr celle opprimant les femmes, doit être dénoncée, prévenue, et soulagée, quand on n'est pas arrivé à l'empêcher.  

De telles luttes à sens unique, par leur côté réducteur et caricatural, en plus de bafouer et de démoniser la moitié de l'humanité sans leur reconnaître leur statut de victime (Les hommes représentent plus de 73 % des victimes d'homicides au Canada, nous indique Statistique Canada), finissent par lasser le public par leur côté larmoyant et victimaire, ce qui entraîne exactement l'effet contraire à celui escompté.  Qui plus est, les gens, aussi bien informés par les médias officiels que sociaux, réalisent de plus en plus la différence entre le sort réservé aux femmes occidentales et celui de celles qui vivent en Iran, en Irak, en Arabie saoudite, en Afghanistan, en Algérie ou en Égypte, pour ne nommer que ces pays où la vie féminine vaut moins que celle d'un animal.

Des incidents de plus en plus nombreux...

.... Ou de plus en plus relatés, je ne saurais dire.  Ceux qui détestent mes narrations d'événements où les femmes n'ont pas le beau rôle peuvent toujours aller surfer sur la page web du Conseil du statut de la femme et s'abreuver aux préceptes dépassés et mélodramatiques de cet organisme.  Ils peuvent également prendre un douteux plaisir à pester contre moi à la lecture des faits divers qui suivent.  Nous avons tous besoin d'un hobby.

Oui, ça arrive parfois à des hommes...
Imaginez qu'on vous apprenne qu'un costaud passionné d'arts martiaux a été insulté, giflé, puis battu par une femme, mannequin de profession, avant de se voir attaché et sodomisé, le croiriez-vous ?  Il faudra vous en persuader, puisque cet incident hors norme est survenu à Lyon au printemps 2009.  L'agresseure, âgée d'une trentaine d'années, devra purger deux ans de prison, dont un ferme,  sentence prononcée en mai dernier.  La jalousie de la femme et la fragilité psychologique de l'homme ont été à l'origine de cette événement où la violence a su tirer parti de la dépendance affective. 

Une autre femme, de Garden Grove, en Californie, s'est vue infligée une peine d'emprisonnement à vie pour avoir sectionné le pénis du mari qui avait demandé le divorce deux mois plus tôt.  Catherine Kieu, 50 ans, avait drogué l'homme avant de commettre son crime et de jeter l'organe de sa victime.  Selon le juge Richard F Toohey, « Ses gestes (de la criminelle) ont été aussi calculés, froidement exécutés et dénués d'émotion que lors de n'importe quel meurtre au premier degré. »

Les luttes pour la garde des enfants débouchent parfois sur des drames pires que ceux couronnés par une décision inique de la part d'un magistrat partial.  À témoin, cette femme qui a fait assassiner le père de son enfant de 18 mois, Théo, pour avoir ce dernier à elle seule.  David Ervinckx a été attiré le 28 mars à Mellet, Belgique, dans un  traquenard tendu par un faux client qui lui proposait de tenir la comptabilité d'une société fictive.  À peine arrivé, le pauvre homme a été abattu de deux balles.  Le lendemain du drame, le tribunal de la jeunesse devait précisément rendre une décision sur la garde de l'enfant.  Le père désirait simplement le voir plus souvent.

Des apprenties sorcières...

Filmée, négociant le meurtre de son mari...
Aux États-Unis, une jeune femme de 21 ans pourrait encourir une sentence à vie après avoir été piégée par un policier de Muskegon, au Michigan, averti par une délatrice.  L'officier a enregistré la « stratège » alors qu'elle lui proposait de tuer son conjoint. L'assassiner lui paraissait préférable au divorce : « Ce n'est pas qu'on ne s'entend pas.  Mais c'est juste plus facile que de divorcer (plus expéditif en tout cas NDA).  Ainsi, je n'aurai pas à m'inquiéter de lui briser le cœur (trop de sensibilité peut tuer...).  C'est pour trouver une sortie propre (et sans appel, apparemment).  

Elle ajoutait : « Si vous pouviez aussi le tuer hors de la maison, ce serait bien, sinon ça va être le désordre (Une fille rangée, c'est une fille rangée.).  Une prime d'assurance vie de 400 000 dollars pourrait être le mobile de ce complot. 

Une autre apprentie meurtrière, de Rio Preto, au Brésil, a su faire preuve de créativité et tentant d'éliminer son mari de manière inusitée.  Désireuse de se séparer de lui, elle avait empoisonné son vagin par injection en vue de l'inciter à lui faire un cunnilingus fatal.  Mis au parfum, si j'ose dire, par une odeur inhabituelle, l'homme devait interrompre ses ébats et se rendre au plus vite à l’hôpital pour y subir un lavage gastrique.  Aucune substance toxique ne fut détectée, mais la femme n'en confessa pas moins ses malodorants projets. 

Small is beautifull  

Simple d'esprit ou perverse ?
Megan Nicole Hayes, 21 ans, de Rockledge, en Floride, vient d'être accusée d'agression sexuelle sur la personne d'un jeune garçon de 11 ans.  Elle en était la gardienne, en l'absence de ses parents.  Comme dans le cas de la première apprentie meurtrière, l'agresseure a été dénoncée grâce à une confidente.  Celle-ci a d'abord informé les parents de la victime.  Bien que le père de Hayes la présente comme demeurée, la police la considère responsable de ses actes.  La prévenue a déjà été condamnée pour fraude.

En Nouvelle-Zélande, cette fois, un gamin également âgé de 11 ans s'est retrouvé père malgré lui.  Une femme de 36 ans est allée jusqu'à saouler le gamin, un ami de son fils, à la bière pour l'attirer dans son lit.  Le manège se serait répété plusieurs fois au cours des derniers mois.  Résultat : l'agresseure, négligente au plan contraception, en plus de ses autres talents, est maintenant enceinte.  Selon la loi de ce pays, malgré l'évidence des faits, une femme ne peut jamais se voir accusée de viol.  Il doit sans doute s'agir de cours d'éducation sexuelle qui seraient cautionnés par les Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles...  

Judith Collins, ministre de la Justice du pays, a assuré qu'elle tenterait d'agencer la loi avec la réalité.  Espérons que le jeune ne sera pas condamné à verser une pension alimentaire pour son rejeton...

Être parent, c'est pas toujours facile...

Il faut le voir pour le croire...
... Et certains peuvent à l'occasion manquer de patience.  Il semblerait que ce fut le cas d'une maman vivant à Xuzhou, en Chine, qui est allée jusqu'à poignarder son garçon de 90 coups de ciseau parce qu'il avait eu l'indélicatesse de la mordre en tétant.  Le bébé, qui a survécu, après une centaine de points de suture, est considéré comme un miraculé.  

Elle a beau avoir voulu faire porter l'odieux de ses gestes à son conjoint, une mère d'Abitibi-Témiscamingue, âgée de 22 ans, a été accusée en mai dernier d'avoir mutilé, blessé et défiguré son fils.  La victime conserve des séquelles, mais la Direction de la protection de la jeunesse de Val-d'Or se refuse à toute précision sur son état de santé.  Aurait-elle fait preuve de la même discrétion si l'auteur des sévices avait été un homme ?

Si vous avez trouvé cet incident, et ceux qui précèdent, horribles, et que vous êtes toujours persuadé qu'aucune femme ne peut faire preuve de violence, de perversion, ni de cruauté, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.  Suite à la prochaine chronique...

La suite en question, ici.

lundi 22 juillet 2013

Gare aux maléfiques dangers de la démoniaque identité masculine !

Il y a quelques jours à peine, je soulignais les risques des canulars affichant un tel réalisme apparent qu'on pourrait aisément se laisser prendre au jeu et tenir pour vraies des fausses nouvelles susceptibles de nourrir l'hostilité comme les faux espoirs.  A l'inverse, force m'est de constater l'existence de nouvelles véridiques si absurdes que l'on pourrait aisément croire à une arnaque.

Le ridicule d'une négation...
Ainsi, si le texte dont je m'apprête a vous entretenir était paru dans l'Axe du Mad, site spécialisé dans les parodies à saveur politique et sociale, son caractère loufoque n'aurait étonné personne, en plus de susciter probablement quelques fous rires tout à fait légitimes.

Hélas, c'est dans la lugubre Pravda féministe Sisyphe, dont l'humour n'a jamais transcendé le contenu généralement mortifère, que l'article a été diffusé.  Le second degré, chez ces gens n'est pas une option.  Ils pensent vraiment ce qu'ils écrivent, et c'est ce qui nous fait passer du comique au tragique.

Commençons par le titre de l'article.  Je vous recommande de vous asseoir.  Vous êtes prêts ?  Voilà : « Refuser d'être un homme.  Pour en finir avec la virilité. »  J'aurais voulu trouver un titre singeant le féminisme radical que je n'aurais pas imaginé mieux et que des âmes chagrines m'en auraient certainement reproché l'idée, tant le propos annoncé relève de l'absurde.  


Dans la première version de cette chronique, j'avais attribué à tort la paternité - ou maternité, me voilà perplexe - du texte, un publireportage, à Micheline Carrier, l'éditrice même de Sisyphe, alors qu'il provenait en fait de l'éditeur de l'ouvrage, M éditeur.  Il s'agissait bien davantage d'une inexactitude que d'un procès d'intention; je suis persuadé que la militante radicale endosse chaque syllabe du communiqué qu'elle a par ailleurs décidé de diffuser.

Publicité et duplicité


L'article en question entend faire la publicité - ou duplicité ? - d'un brûlot anti-masculin - vous l'aurez sans doute compris - ayant pour titre celui-là même du texte « duplicitaire ».  Et c'est un homme, un nommé John Stoltenberg, qui en est l'auteur.  Parmi les signataires de l'avant-propos de cet opus larmoyant et misandre, soulignons le concours empressé de Martin Dufresne et de Patric Jean, dont on peut dire sans exagérer qu'ils sont parvenus à régler définitivement le cas de leur virilité.  Dites-le leur et vous ferez sans doute deux heureux.


L'Axe du Mad n'aurait pas trouvé mieux que la brève introduction plantant le décor de cet essai manqué : « Un manifeste contre l'identité sexuelle masculine dominante.  Un livre insurrection qui traduit les idées féministes en une vision du monde et une identité morale que les hommes peuvent revendiquer et incarner sans fausse honte. »  Après avoir lu ce qui suit, force sera de constater que s'il se trouve des hommes pour endosser un propos aussi dégradant, ils pourront le revendiquer et l'incarner avec une honte tout à fait authentique.


John Stoltenberg, féministe.
Mais M Éditeur ne s'arrête pas en aussi bon chemin (mes commentaires sont en gras) : « L’identité masculine en tant que rapport social doit être transformée (Par qui ? Dans quel but ? Avec quels moyens ? Avec ou sans le concours des hommes et des garçons ? Et surtout, pourquoi ?): tel est le postulat de ce livre (prometteur en diable...). L’identité sexuelle masculine, la pornographie (bien sûr la corollaire immédiate de l'identité sexuelle masculine...),la suprématie masculine (l'auteur du texte n'a apparemment jamais lu ni entendu parler de The end of men, d'Hanna Rosin, un essai qui démontre à quel point le monde - occidental, du moins - appartient désormais aux femmes, dès l'école, formatée pour les besoins des filles, mais « oubliant » ceux des garçons) et le militantisme proféministe, autant de questions qu’aborde cet ouvrage devenu un classique (en avez-vous jamais entendu parler ?). 

Au-delà des « stéréotypes » (terme féministe pour « différences »), il montre l’investissement actif dans le pouvoir sur l’autre instillé dans le rapport aux femmes et aux hommes (je comprendrais ce propos, appliqué aux sociétés islamistes, mais en Occident, il s'agit d'une faute de goût et de désinformation pure et simple), dans la sexualité et le contrôle social de la procréation (L'éditeur réalise-t-il que nous vivons dans une société pro-choix où c'est la femme qui détient le pouvoir suprême de décider de l'avenir d'un embryon, d'un fœtus, et même d'un enfant à naître, puisque les avortements tardifs sont tolérés et financés dans le Québec où il réside ?  Réalise-t-il que ce sont les hommes qui sont mis au pied du mur, soit par le refus de Madame d'un enfant souhaité par eux, soit par l'imposition par Madame d'un enfant non désiré, sans compter les obligations, notamment monétaires, que notre Justice familiale ne manquera pas de leur faire avaler ?  On pourrait longuement disserter sur le viol génétique, alors que Madame cesse la contraception sans en aviser le géniteur involontaire...  Qui exerce le « contrôle social de la procréation », à l'ère de la procréation médicalement assistée ?) et, en fin de compte, dans l’identité sexuelle masculine elle-même (Cette tare, oh, cette tare...). »

Le mythe du mâle dominant


Alors qu'un nombre sans cesse croissant de sources nous indique que l'homme est en crise, qu'il a perdu ses points de repère, qu'il bat des records de suicides, de toxicomanie, qu'il devient moins scolarisé, plus pauvre que sa consœur, plus itinérant (et de loin), plus chômeur, plus assisté social, bref, plus... moins, voilà que Stoltenberg, présenté comme - tenez-vous bien - « l'analyste le plus attentif de la masculinité contemporaine » ( à quoi ressemblent donc les imbéciles ?) déclare, avec une candeur qui confine au gâtisme : « Les hommes ont le choix, ils peuvent refuser l'identité masculine dominante. »  Dominante...


Un ouvrage hérétique...
Au fait, comment définir cette identité masculine dominante ?   M Éditeur nous « éclaire » : « John Stoltenberg témoigne de la construction sociale de la virilité dans ses différentes conséquences : viol, homophobie, chosification sexuelle, pornographie, violence conjugale, militarisme et contrôle masculin de la procréation des femmes (encore ?!). »  Comme je le disais plus haut, un tel propos androphobe, présenté comme une satyre des positions féministes radicales - et ridicules - auraient pu faire sourire.  Mais je le répète, ces gens-là sont sérieux, ils se sont persuadés de la véracité de leurs dogmes « dénonçant » l'identité masculine comme un fléau social à éradiquer.  Ils souffrent de schizophrénie idéologique et plus rien ne les rattache au réel.

Fier d'être un homme


Je me rappelle d'un jour où Yvon Dallaire m'avait affirmé qu'au lendemain de la parution de son best-seller Homme et fier de l'être, des féministes outrées lui avaient demandé : « Mais comment peut-on être fier d'être un homme ? » comme si les mots « fier » et « homme » sans double négation dans une même phrase relevait du blasphème ou du fanatisme guerrier.  


Aussi ne faut-il pas s'étonner, dans une perspective aussi ratatinée que haineuse, du propos suivant : « Ses coups de sonde ( de  Stoltenberg, bien sûr) trouvent dans le quotidien des hommes – homosexuels comme hétérosexuels –  (tiens, la faction gay du lobby LGBT serait sans doute heureuse de se voir « rabaissée » au niveau des hommes straights) des résistances et des accointances avec le projet radical d’une véritable égalité sexuelle (formule prête à porter dissimulant plus que maladroitement l'escroquerie visant la suprématie féministe, davantage que féminine. «Money talks.»), en validant une identité morale intime, qui place la justice au-dessus du plaisir encore éprouvé à « être un homme » (on constate toute l'horreur appréhendée devant ces hommes hérétiques, contents de l'appartenance à leur sexe, si contraire à l'idée même de la « justice » féministe).


On a vite la nausée à la lecture de la table des matières que l'éditeur a jugé à propos de nous infliger.  Je n'en citerai que les thèmes les plus « signifiants », gage d'une vision intégralement négative de l'identité masculine et donc, par conséquent, des hommes et des garçons.  Régalez-vous : l'éthique du violeur, objectification sexuelle et suprématie masculine, érotisme et violence dans la relation père-fils, pornographie et liberté, pornographie et suprématie masculine, violence conjugale et désir de liberté, et j'en passe.  


Andréa Dworkin, misandre.
Quelle triste et pathétique illustration d'une idéologie dont les ténors ne veulent pas réaliser qu'elle perpétue de façon détournée les travers de domination injuste et de suprématie sans partage qu'elle feint de vouloir dénoncer.  On aurait envie de dire à Stoltenberg « Andrea Dworkin, sors de ce corps ! » Et on aurait raison : Stoltenberg a été son conjoint...

Afin de mieux situer cette militante, célébrée et enseignée dans nos progressistes universités québécoises, je vous laisse sur l'une de ses plus révélatrices citations : « Je veux voir un homme battu jusqu’a ce qu’il soit une pulpe sanglante, avec un soulier à talon haut enfoncé dans la gorge, comme un cochon avec une pomme dans la bouche. » - extrait de Ice and Fire.

Assez révélateur d'une identité sexuelle féministe dominante, non ?  

dimanche 21 juillet 2013

Accommodements religieux : un canular... inoffensif ?

Ceux et celles qui lisent régulièrement mon blog savent que je cultive un certain humour où le second degré reste à l'honneur.  J'aurais donc mauvaise grâce à critiquer quiconque recourt au même procédé afin de faire passer une idée, souvent subversive, par un soupçon de drôlerie qui en adoucit le côté « perturbateur ». 

Ces bêtes qui ne se doutent de rien...
Un événement récent devait m'inciter toutefois à reconsidérer mon point de vue, tandis qu'un ami Facebook mettait en ligne un texte, en apparence sérieux, nous « informant » qu'un obscur organisme islamique, le Regroupement musulman du Québec (RMQ), souhaitait ardemment voir changer le nom honni, à leur yeux, de la municipalité de Sault-au-Cochon, de façon à faire disparaître, vous l'aurez compris, l'épithète « Cochon », à l'origine d'irrésistibles démangeaisons soi-disant religieuses. 

Sur le coup, je me dis que, depuis belle lurette, rien ne pouvait désormais me surprendre en matière d'accommodements déraisonnables, au plan du ridicule.  Une nouvelle frontière dans ce domaine où personne ne devrait tenir à s'illustrer venait pourtant en apparence d'être reculée grâce au concours dérisoire d'une poignée d'andouilles fanatisées.

Quand même, j'eus le réflexe - salutaire, devais-je réaliser par la suite - de vérifier si d'autres médias avaient traité le sujet, pour découvrir un étonnant silence radio, ce genre de nouvelle ne tardant pourtant jamais à faire la une Un parfum de canular commençait à investir l'atmosphère... Je lançais donc un « avis de recherche » dans Facebook en vue de trouver des sources susceptibles de confirmer ou d'invalider ce « scoop » apparent.  Une première amie Facebook me confirma qu'il devait s'agir d'un canular, tandis qu'une autre m'informa que la source, l'Axe du Mad, était un site bien connu d'humour grinçant.  Bon, tout devenait clair.

Canular bien ficelé

Je n'ai pratiquement jamais travaillé dans les médias ayant pignon sur rue, mais j'ai une formation journalistique et une expérience rédactionnelle étendue.  Il était normal pour moi d'avoir le réflexe de vérifier mes sources, de douter, et de tenter de les valider ou de les rejeter.  Tout le monde n'a pas le même réflexe.  « L'article » était si bien ficelé, rédigé en très bon français, affichant des normes journalistiques crédibles, et faisant état d'une situation malgré tout si plausible, qu'il était normal qu'un lecteur n'ayant pas l'heure de connaître l'Axe du Mad, comme la majorité donc, puisse se laisser prendre au jeu et croire en la véracité d'une telle farce. 

L'intégration est un art...
J'ai bien dit « plausible ».  Après l'imposition du kirpan dans les écoles, du turban dans les tournois de soccer, l'épisode des vitres givrées au YMCA, l'interdiction du porc dans un hôpital juif, son retrait désiré dans les CPE et les cabanes à sucre, l'imposition d'une tenue vestimentaire « décente » à Héma Québec, les cours prénataux et les piscines dont les hommes sont exclus, le refus d'être servi par une femme à la SAAQ, pour ne mentionner que ces aberrations revendiquées au nom de prétendues convictions religieuses, la perspective qu'un groupe isolé d'hurluberlus souhaite imposer un changement de nom à une municipalité en raison de la valorisation insupportable d'un animal impur n'aurait rien eu de  bien surprenant.  

En fait, je m'étonne presque que cet événement ne soit que fictif...

Un exercice inoffensif ?

Pas si sûr.  Comprenons-nous bien.  Je questionne mais ne condamne pas la blague, sophistiquée et, avec le recul, plutôt amusante de l'Axe du Mad.  Mon propos n'est pas davantage un appel à la censure de telles initiatives.  Les gens comme moi restons suffisamment menacés d'un silence imposé pour éviter de recourir à cette arme dangereuse pour la démocratie, la liberté d'expression et le droit du public à une information sans omissions indues.  Je crois cependant que les personnes qui s'expriment sur la toile doivent demeurer responsables de leurs propos, en raison du pouvoir d'influence, variable selon les cas, qu'elles détiennent, et juger de leur impact.

Dans le cas de l'Axe du Mad, je constate que, même une fois le canular dénoncé, des internautes tombent toujours dans le panneau et tiennent des propos hostiles, voire virulents.  Si je crois personnellement que l'islamisme doit être dénoncé avec force et vigueur, je pense également qu'il doit l'être en lien avec des événements réels, et Allah sait qu'il s'en trouve en quantité suffisante pour éviter de jeter de l'huile sur le feu.

Les pièges, pas que pour les ours...
L'amie Facebook qui devait me confirmer l'arnaque des humoristes souleva un point digne d'intérêt auquel j'avais moi-même pensé : se peut-il que, sous le couvert de faire de l'humour, le canular en question ait eu pour but d'amener des militants anti islamistes à tomber dans le panneau et à se couvrir ensuite de ridicule en dénonçant une fausse idiotie ?

Si tel devait être le cas, une telle initiative aurait eu deux conséquences funestes : l'accentuation des tensions stériles envers les musulmans qui n'adhèrent pas à l'islam radical et la banalisation par le ridicule d'une remise en question salutaire et incontournable d'une idéologie rétrograde et oppressante dont les femmes et les homosexuels demeurent les premières - mais non les seules - victimes.

dimanche 14 juillet 2013

De la lutte à l'homophobie aux affres d'une nouvelle bien-pensance...

L'enfer est pavé de bonnes intentions, dit le proverbe.  Il arrive ainsi qu'en réaction à un fléau donné, par exemple l'homophobie, l'attitude ayant pour but de l'éradiquer nous fasse sombrer vers une intolérance aussi pire que celle dénoncée.  On pourrait, pour prévenir ce genre d'excès, recourir au dicton « De la mesure, toujours de la mesure, même dans la mesure... »  

Une image qui dit tout...
J'ai été à même d'expérimenter ce phénomène récemment, en mettant en ligne dans Facebook une nouvelle révélant qu'un couple d'hommes homosexuels, après avoir mis trois ans pour obtenir la garde d'un garçon, l'avait violé pendant six ans, en plus de l'offrir à des réseaux de pédophiles.  Si certains internautes ont manifesté un dégoût légitime envers les deux « parents », d'autres, apparemment indifférents au sort de la victime, ont hurlé à l'homophobie.  Tout le monde n'a pas les mêmes priorités...

Si j'ai mis en ligne pareille nouvelle, c'est en réaction aux positions pour le moins perverses et misandres du lobby LGBT, aux yeux de qui, en France, à tout le moins, l'homoparentalité est pratiquement présentée comme une alternative à l'hétéroparentalité, envisagée comme une porte ouverte à la pédophilie et aussi, bien sûr, à la violence faite aux femmes, ces activistes étant soutenus par les féministes radicales.  On se souviendra des injurieux slogans de certains porte-parole : « Mieux vaut une paire de mères qu'un père de merde. »  ou du très subtil « Les lesbiennes font des parents hors père. »  Éloquent, n'est-il pas ?

Cette attitude hostile aux pères hétérosexuels reste d'autant plus condamnable que des études démontrent que la violence conjugale reste deux fois plus répandue chez les couples gays et lesbiens, et quatre fois plus chez les bisexuels (Statistique Canada). Évoquez ces chiffres et de bonnes âmes vous accuseront de vous livrer à une chasse aux sorcières.  La ministre française Christiane Taubira, chargée du dossier tant controversé du mariage « pour tous », a été surprise en train de dissimuler une enquête faisant état de dix fois plus d'agressions sexuelles commises sur des enfants par des gays que par des hétérosexuels.   Si ces résultats sont véridiques, il s'agirait d'une monumentale pierre dans le jardin des nouvelles vertus homosexuelles en matière de parentalité...

« Haro sur l'homophobie ! »

C'est dans ce contexte particulier que j'ai mis en ligne le fait divers cité plus haut, avec la note suivante : « Bien sûr, il y a des couples hétérosexuels qui commettent pareils abus, mais qu'on ne vienne plus nous présenter l'homoparentalité comme un alternative à l'hétéroparentalité pédophile. N'oublions pas que la ministre française chargée de piloter le dossier du mariage pour tous a tenté de dissimuler une étude faisant état de dix fois plus d'abus sexuels sur enfants chez les gays que chez les straights. »

Les réactions ne se sont pas fait attendre.  J'ai sélectionné ici un « Best of » des « meilleures » réparties de bien-pensance inspirées par ce post.

Il ne faut pas généraliser !

Facebook, que de découvertes !
Non, en effet, il ne faut pas davantage traverser la rue sur une lumière rouge, laisser une personne en détresse sans la secourir, ne manger que de la malbouffe, garder ses ordures chez soi indéfiniment, priver ses enfants de nourriture, etc.  Quand a-t-il été question de feux de signalisation, de malbouffe, d'ordures (au sens strict, bien sûr) ou de privation alimentaire ?  Jamais.  Quand a-t-il été dit par moi ou par d'autres internautes que tous les gays étaient des agresseurs d'enfants ? Jamais.  Il y a parfois un univers de différences entre le message que l'on véhicule, et celui que certains décident de comprendre.

Les études seraient de la propagande anti-gay...

Statistique Canada n'a pas toujours donné l'heure juste sur les sujets qu'elle a abordés.  À témoin l'enquête sociale générale (esg) de 1993, à laquelle des groupes de femmes avaient participé au plan de l'élaboration, et d'où les hommes avaient été exclus des statistiques concernant les victimes de violence conjugale.  Cet incident mis à part, c'est toutefois au même organisme, malgré tout le plus fiable qui soit, que nous devons les esg de 1999, de 2004 et de 2009, confirmant que la violence conjugale est bidirectionnelle, même si les cas les plus lourds regroupent des femmes comme principales victimes.  

À force de vouloir lutter contre l'homophobie, va-t-on en arriver à envisager les gays comme des personnes sans défaut, ou devant bénéficier d'une totale immunité diplomatique ?  Il s'agit là d'un danger bien réel.  Je lisais récemment cet autre fait divers d'un jeune homme qui avait été abusé pendant des années par ses parents homosexuels, mais qui n'avait pas été secouru malgré ses plaintes répétées parce que la police redoutait de passer pour homophobe.  

Dans un autre ordre d'idée, n'est-ce pas la même névrose, cette fois en lien avec la xénophobie, qui avait poussé des intervenants de la DPJ à ne pas agir outre mesure dans le dossier de l'affaire Shafia ?  On se rappellera de la suite : quatre femmes assassinées par un père, un fils et une seconde épouse, islamistes fanatisés.  Voilà des conséquences tangibles de la bien-pensance et de ses dérives.

L'amalgame entre homosexuels et pédophiles est malheureux

Seuls les pédos hétéros devrait être dénoncés ?
L'auteur de cette phrase, dans le fil de discussion, ajoute : « J'espère qu'il s'agit d'une erreur. »  Aucun doute là-dessus... Je n'ai lu nulle part que quelque participant que ce soit au débat - très émotif - suscité par mon post ait identifié tous les homosexuels comme pédophiles.  Il y a donc bien eu une erreur.  Ce qui me paraît malheureux, c'est que le simple fait de souligner un fait divers faisant état d'abus graves échelonnés sur plusieurs années puisse à se point scandaliser les bien-pensants, sans que ceux-ci ne manifestent la moindre sympathie envers la victime.  Si j'avais mis en ligne un fait divers avec les mêmes paramètres, mais mettant en cause des parents hétérosexuels, je vous parie que ces nobles cœurs seraient montés - légitimement, d'ailleurs - aux barricades pour dénoncer les agresseurs et pour plaindre la victime.

Un autre internaute m'a écrit que le journaliste n'aurait pas dû préciser l'orientation sexuelle du couple d'agresseurs, au motif d'éviter l'homophobie.  Il aurait donc fallu dissimuler ce facteur.  Rendu là, les mots me manquent et les bras me tombent...

Silence radio

Ce qui m'a littéralement pué au nez, dans le déferlement d'outrances et d'effets de balustre concernant « l'homophobie » de mon post, c'est qu'à aucun moment, il ne se soit trouvé parmi ces vierges offensées qui que ce soit pour plaindre la victime.  La rectitude politique représentait apparemment à leurs yeux une valeur nettement supérieure à la compassion envers un enfant - de sexe masculin, il est vrai, moins sujet à sollicitude qu'une victime féminine - martyrisé pendant six ans, non seulement par ses deux pères, mais par un nombre incalculable de prédateurs.  Un détail, apparemment...

Prière de ne pas déranger...
Je me contrefiche éperdument, devant pareille tragédie, des atermoiements de dames patronnesses ou de coupeurs de cheveux en quatre se donnant bonne conscience  en jetant les hauts cris quand des agresseurs homosexuels sont mis sur la sellette, plutôt que de compatir au malheur des victimes.  Si c'est là un exemple du projet de société auquel ces moralistes de pacotille ont décidé de croire, je n'aurai que cette phrase à leur adresser : continuez sans moi, mais interrogez-vous sur vos priorités en matière de valeurs sociétales.  C'est urgent.