samedi 28 septembre 2013

Charte du PQ : vers une redéfinition du féminisme d'État ?

Il est faux de prétendre que le projet de Charte des valeurs québécoises du parti québécois a suscité des divisions au Québec.  Ces divergences avaient déjà éclaté au grand jour au lendemain de l'épisode des normes de vie d'Hérouxville en 2007, suivi de celui de la commission Bouchard-Taylor, dont les conclusions semblaient décidées d'avance.  

Les dissensions n'ont pas commencé en 2013...
Devant l'inertie du gouvernement précédent, incapable même de trancher sur son timide projet de loi 94 proscrivant le port de la burqa ou du niqab dans l'espace public, les tensions entre militants de la laïcité, défenseurs de cette absurdité appelée laïcité ouverte et citoyens penchant majoritairement vers le premier camp et plus modestement vers le second, ont continué de s'exacerber.

Comment les détracteurs de la Charte et du PQ peuvent-ils à la fois accuser ce dernier d'opportunisme politique et de s'intéresser à une question qui ne préoccupe personne ?  Si les citoyens étaient indifférents à la problématique de la laïcité, il n'y aurait aucun opportunisme à vouloir leur vendre une charte balisant enfin le sujet épineux des accommodements religieux.  Le PQ, avec son projet, aura enfin réussi à commencer à crever un abcès sociétal et à susciter un débat sans cesse remis aux calendes grecques.  Il était temps !

Un féminisme d'État - enfin - remis en question

Parmi les avantages collatéraux du débat entourant la charte, une remise en question salutaire d'un féminisme d'État sclérosé n'aura pas été une mince surprise.  Il y a déjà des années que le Conseil du statut de la femme (CSF) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) se trouvent emmurés dans un discours victimaire dépassé et infantilisant pour les femmes, tout en s'affichant comme leur unique planche de salut.  Pendant ce temps, la gent féminine, de plus en plus autonome et sûre de ses moyens, ne se reconnait plus en ces militantes déphasées et passéistes, qui ne semblent plus avoir à cœur que leur propre survie et le maintien de leurs subsides étatiques. 

Une remise en question des ces organismes s'imposait depuis belle lurette, et s'impose toujours.  Déjà lors de l'arrivée en 2008 de Christiane Pelchat, aussi maladroite qu'emportée, à la présidence du CSF, des personnalités telles que Lise Ravary, alors rédactrice en chef à Châtelaine, et Diane Lemieux, elle-même ancienne présidente péquiste du Conseil, s'étaient prononcées en faveur de l'abolition pure et simple de cet organisme.  

Christiane Pelchat, emportée...
Malgré ses défauts, Mme Pelchat s'était positionnée contre Lola, cette femme qui, soutenue par la juriste Anne-France Goldwater, a bien failli marier de force 1,2 millions de Québécois vivant en union libre en revendiquant sans l'obtenir le paiement d'une pension aux ex-conjointes.  

L'ancienne présidente du CSF devait également se prononcer contre le port de signes religieux ostentatoires dans la fonction publique, position courageuse qui, non seulement détonnait de l'à-plat-ventrisme de la FFQ, assujettie à un Québec solidaire « tolérant » envers l'islamisme, mais l'opposait à la mollesse du PLQ, désireux de ménager son électorat issu des communautés ethniques.  Résultat : avant même la fin de son mandat, Chrisitane Pelchat se voyait offrir un aller simple vers le Mexique où elle devenait déléguée générale du Québec.

Son remplacement par Julie Miville-Dechêne allait faire reculer le Conseil du statut de la femme sur Lola, dont la nouvelle présidente semblait dorénavant approuver le positionnement et, comme nous l'avons constaté récemment, sur l'interdiction des signes religieux visibles dans la fonction publique.  Les liens existant entre l'ancienne ministre de la Condition féminine et la présidente qu'elle avait nommée quand son parti était au pouvoir ne représentent plus de mystère pour personne et il est clair que JMD a été téléguidée dans sa désastreuse sortie médiatique.

L'actuelle présidente du CSF s'est vue remise à sa place par Pauline Marois, qui lui a rappelé l'évidence légale et protocolaire que le Conseil du statut de la femme n'est pas, comme elle se l'imaginait, indépendant, et qu'il relevait de la ministre de tutelle même qu'elle avait attaquée publiquement.  Même Mme Pelchat n'est jamais parvenu à pareil sommet dans la balourdise...

Laila Lesbet, contestée au CSF, déjà exclue à la FFQ...

Alors que le CSF tente laborieusement de recoller les morceaux de l'incurie de sa présidente et d'afficher un semblant d'unité la liant désormais aux quatre nouvelles venues qu'elle avait désavoué et qui lui ont bien rendu, un autre psychodrame idéologique vient d'éclater avec la naissance d'un nouveau groupe féministe, Pour les droits des femmes (PDF), qui dénonce sans ambiguïté et non sans motif l'égarement de la FFQ sur la question des signes religieux.

Déjà enregistré comme organisme sans but lucratif, PDF prône l'interdiction du voile intégral en tout lieu et regroupe déjà des féministes de plusieurs milieux.  L'anthropologue Luce Cloutier en sera la porte-parole.  Aux yeux du nouvel organisme, la position de la FFQ sur le voile islamique est antiféministe !  Il était temps que quelqu'un le leur fasse savoir...

Laila Lesbet, exclue.
On pouvait lire à ce propos dans Le Devoir : « Il y a un contrepoids à faire par rapport à la Fédération des femmes du Québec », explique Louise Beaudoin (...) qui disait « regretter ses positions ». « Le mouvement féministe est tombé dans la défense de droits individuels plutôt que collectifs. » La FFQ comme dirigée par Alexa Conradi, et Françoise David avant elle, défend davantage les droits économiques des femmes au détriment « de la dimension collective du féminisme », poursuit-elle. C’est ainsi qu’on en vient à dire « Pauvre Fatima, on l’oblige à enlever son voile » pour garder son emploi, et on ne voit pas que ce voile perpétue une vision de la femme « qui n’est plus dans l’égalité », ajoutait Louise Beaudoin. »

Étonnamment, Laila Lesbet, l'une des quatre nouvelles venues dont JMD contestait les nominations au sein de son organisme, avait déjà été muselée lors d'une activité de la FFQ visant à déterminer les orientations politiques du regroupement pour les vingt prochaines années.  Elle et une autre militante qui s'étaient prononcées contre le voile islamique avaient été exclues au prétexte qu'elles avaient « un comportement problématique »...

Une ancienne présidente dissidente...

Il n'est pas jusqu'à Vivian Barbot, ancienne présidente de la FFQ de 2001 à 2003, à s'être dissociée publiquement de ce regroupement dont elle dit constater le « lent déclin ».  Elle désapprouve l’opposition de la FFQ à l’interdiction du port de symboles religieux ostentatoires dans la fonction publique.  

En entrevue au Devoir, elle n'a pas hésité à dénoncer les positions de la FFQ : « Ça tourne toujours autour de la pauvreté, la pauvreté et la pauvreté » (...) Cette idée qu’elles (les femmes musulmanes) doivent absolument rester voilées sous prétexte qu’on va autrement les garder dans la pauvreté présuppose que toutes les femmes immigrantes sont pauvres, que toutes les femmes voilées sont ostracisées, que toutes les femmes noires sont discriminées. C’est un peu court comme réflexion. Je ne suis pas d’accord du tout. » 

Vivian Barbot, dissidente.
Toujours dans le Devoir : « Mme Barbot adresse à la FFQ la même critique que PDF, soit celle de faire du « clientélisme » et d’essayer de faire plaisir à chaque groupe communautaire plutôt que de développer une « vision beaucoup plus large » des enjeux féministes. »

 Le véritable complot patriarcal 

Par ce dernier constat, Vivian Barbot énonce une enjeu crucial pour le féminisme - véritablement - militant : tôt ou tard, il faudra choisir entre l'approche corporatiste de ce mouvement - de plus en plus sclérosé et jaloux de ses prérogatives - et une identification sans complaisance de la menace la plus évidente pour les femmes occidentales, soit la montée de l'intégrisme religieux et, pour ne pas le nommer, de l'islam politique.  

Bien davantage que la lutte acharnée que ces militantes livrent injustement aux groupes de pères revendiquant l'égalité parentale, ce positionnement sans complaisance contre l'islam politique aurait enfin pour effet d'identifier clairement le complot patriarcal qu'elles disent voir partout, sauf quand il se prépare sous leurs yeux éteints.  S'il existe un enjeu crucial qui devrait mobiliser les féministes occidentales, c'est définitivement celui-là !

dimanche 22 septembre 2013

Meurtre fanatique : après tout, ce n'est jamais que la mort d'un homme...

Vous souvenez-vous du battage médiatique, en 2007, entourant l'assassinat crapuleux en Ontario d'Aqsa Parvez par son frère et son père parce que la gamine de 16 refusait de porter son hijab à l'école ?  Qui a déjà oublié le quadruple meurtre des trois sœurs Shafia et de leur mère par le père, le fils et la seconde épouse du père à Kingston, toujours en Ontario ?  Il faut croire que cette province demeure une destination - danger - de choix pour tout meurtrier fanatisé puisqu'un pompier de Toronto et père de deux filles, Dominic Parker, 45 ans, vient d'y être assassiné, ce 14 septembre, sans aucune provocation de sa part, par un fanatique islamiste, Nabil Hurhuy, 23 ans.  

Dominic Parker, assassiné.
Étrangement, la nouvelle ne s'est pas rendue jusqu'à nous puisque les médias québécois n'en font guère mention.  On comprendra La Presse et Radio-Canada d'observer un pieux silence sur un événement aussi fâcheux, ces instances s'étant vraisemblablement donné pour mandat officieux de promouvoir un multiculturalisme aussi idyllique qu'un vieux film de Walt Disney tout en tentant maladroitement de faire passer quiconque soutient le parti québécois et sa charte des valeurs québécoises pour des béotiens rétrogrades, racistes et vaguement idiots.  Les régions, vous savez, ils parlent sans savoir, nous à Montréal, on connaît la situation...

Sans doute que David Cameron, premier ministre britannique, et Angela Merkel, chancelière allemande, ne savent pas ce qu'ils disent quand ils affirment que le multiculturalisme s'est avéré un échec retentissant dans leur pays respectif.  Pourquoi, par ailleurs, avait-on jugé pertinent de faire les gorges chaudes, en 2008, du meurtre atroce suivi de la décapitation d'un jeune homme, passager d'un autobus Greyhound, au Manitoba ?  Peut-être parce que l'assassin schizophrène l'avait pris pour un dangereux extraterrestre.  Aucune connotation de fanatisme religieux dans ce cas-là, alors, on peut y aller...

Un de plus, un de moins...

À cette censure bien-pensante s'ajoute un autre facteur déterminant expliquant cette étonnante omission : le sexe de la victime.  Il y a fort à parier que, s'il s'était agi d'une femme assassinée d'aussi violente façon, dans notre contexte québécois et canadien où les victimes féminines s'attirent un statut préférentiel, La Presse et Radio-Canada aurait au moins hasardé une mention de l'événement.  

Les victimes masculines, un tabou ?
Alors que, selon les plus récentes données de Statistique Canada, datant de 2010, les hommes représentent 72,5 % des victimes d'homicides au pays, toutes catégories confondues, en comparaison de 27,5 % de victimes féminines, c'est toujours sur le sort de ces dernières uniquement qu'année après année, on ne cesse de s'émouvoir.  Il serait bon de se rappeler ces chiffres le 25 novembre prochain, lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes de l'ONU, cet organisme qui a choisi le 19 novembre, depuis 1999 Journée internationale de l'homme, pour instaurer cette année sa première Journée mondiale des toilettes.  Chapeau les filles...

Les faits

C'est donc au matin du 14 septembre, dans un café torontois, que Dominic Parker a été poignardé à plusieurs reprises au cou par Nabil Hurhuy qui espérait, semble-t-il, parvenir à le décapiter.  Ce geste fanatique lui aurait été inspiré par le Coran, qui exprime les beautés et nuances d'une religion d'amour.  Quelques hypothèses d'extraits ont été avancées par les rares médias à avoir abordé le sujet.  En voici.

La sourate 8, verset 12, dit ceci : lors ton seigneur inspire aux anges : « Je suis avec vous.  Affermissez ceux qui croient.  Je jetterai l'épouvante au cœur de ceux qui dénient.  Frappez-leur le haut du cou; faites leur sauter les doigts.»

La sourate 47, verset 4, renchérit : Aussi, quand vous aurez des rencontres avec des dénégateurs, un bon coup sur la nuque !  Une fois inanimés, serrez-leur bien l'entrave; (...)

La police de Toronto a déclaré que la victime était assise à boire un thé dans l'établissement quand le fou furieux a tenté de le décapiter, après lui avoir administré de nombreux coups de couteau à la tête et au cou.  Il est décédé peu après deux heures du matin à l’hôpital St-Michael. 

Nabil Hurhuy.
Selon le patron du Rotana Café, le fanatique se serait brièvement entretenu avec Parker sur un ton qui ne laissait en rien présager le massacre.  « Il n'y avait aucun conflit.  Dominic était normal », devait-il préciser, ajoutant que la victime, un habitué de son café, lui avait semblé choisie au hasard.

La police, qui a arrêté le musulman peu après son forfait, marche sur des œufs, évitant de se prononcer sur le caractère fanatisé du geste criminel.  Dominic Parker, très apprécié de son milieu et marié depuis 23 ans, a été décrit comme un homme calme et bon.  

Et le droit du public à l'information ?

Je peux comprendre l'attitude des policiers dans cette affaire : l'annonce d'un crime à caractère « religieux » peut susciter une agitation islamophobe qu'ils devraient ensuite contenir, sans compter l'indignation parfois spectaculaire d'associations musulmanes.  Personne ne court après les problèmes et la responsabilité policière est de protéger le public, et non de l'informer.

Faut-il pour autant s'interroger sur un hypothétique pouvoir des corps policiers sur les médias ?  Est-ce pour obéir à une directive implicite que la nouvelle, comme les motivations de l'assassin, ont été jusqu'ici tenues sous silence ?  Peu probable.

La rectitude politique des médias ontariens, comme celle des médias québécois d'ailleurs, suffit à expliquer l'assourdissant silence radio d'une telle tragédie.  Quand des médias, pour des raisons irrationnelles, choisissent de taire une information d'une telle ampleur, ils trahissent une éthique qui devrait les pousser à faire leur travail, certes sans mousser un événement en attisant les préjugés, mais également sans faire preuve de complaisance en vue de ménager des susceptibilités culturelles, politiques et populaires.  Et ce, même quand la victime n'est « qu'un » homme... 

L'éthique médiatique et celle des corps policiers n'ont pas les mêmes contraintes.

samedi 21 septembre 2013

CSF : de l'intolérance de Julie Miville-Dechêne à l'incohérence de Françoise David...

Moins présente dans les médias que jadis son collègue Amir Khadir, Françoise David affiche tout de même régulièrement comme lui sa « tolérance » envers les symboles religieux islamistes.  J'ai bien écrit islamistes et non musulmans, puisque nul part dans le Coran est-il précisé que les femmes doivent s'affubler d'un hijab, et encore moins d'une burqa ou d'un niqab, bien que la « modestie » de ces dernières y soit fortement « encouragée ».  

Françoise David, féministe ?
Au-delà des symboles, Mme David s'est déjà prononcée en faveur de pratiques intégristes, en appuyant la perspective de cours prénataux réservés exclusivement aux femmes musulmanes. Vive l'ouverture sur l'autre quand il s'agit des femmes, et la ségrégation sexiste pour les hommes, mais il est vrai que Mme David est une féministe radicale, pour qui l'incohérence n'est pas un obstacle aux prises de position discutables. 

J'ai déjà exposé dans une chronique récente les liens incestueux existant entre le parti politique de Mme David, Québec solidaire (QS), et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) qui, à mon sens, aurait dû préserver son indépendance de tout parti politique, comme les événements des dernières années allaient le démontrer.

Quand QS le fait, c'est bien...

J'expliquais ainsi, dans ma chronique du 25 août dernier, l'ingérence idéologique de Québec solidaire au sein de la FFQ : 

« On se souviendra des positions pour le moins incohérentes de la FFQ, désormais assujettie à Québec solidaire (QS), un parti politique flirtant avec des groupuscules d'extrême gauche, dont le parti communiste du Québec, qui inscrit automatiquement ses membres à QS, et les Palestiniens et Juifs unis (PAJU), qui préconisent l'embargo économique en vue de l'éradication d'Israël, ambitieux et utopique programme, mais bon.  Quand on sait que Françoise David, leader de QS, a déjà été présidente de la FFQ et que l'actuelle présidente de cet organisme, Alexa Conradi, a déjà été présidente de QS, il ne faut se surprendre de rien.

« À commencer par l'opposition de la FFQ, en 2009, sous les pressions de Conseil islamique canadien et de Présence musulmane, à l'interdiction des signes religieux visibles dans la fonction publique que la militante anti-islamiste, Djemila Benhabib devait dénoncer avec une légitime sévérité.

« Cette dénonciation énergique ne devait pas empêcher la FFQ de revenir très vite à la charge avec la proposition pour le moins déplacée d'autoriser les gardiennes musulmanes en milieu familial de se présenter au travail attifées d'un voile intégral, sans égard à l'impact psychologique qu'un tel accoutrement pourrait forcément susciter chez des enfants en bas âge, possiblement traumatisés par l'approche de femmes masquées et sinistrement vêtues de noir. »


Quand le PQ le fait, c'est mal...

Compte tenu de ces hauts faits pour le moins déplorables témoignant de la mainmise de Québec solidaire et de ses accointances pro ou tolérantes à l'islam radical sur la FFQ, il y avait de quoi se rebiffer, à défaut de s'étonner, devant les récentes déclarations de Françoise David dénonçant l'ingérence présumée du PQ au sein de Conseil du statut de la Femme (CSF) qui, avant l'arrivée de son actuelle présidente, Julie Miville-Dechêne, et du parti de Pauline Marois au pouvoir, s'était clairement prononcé en faveur de l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique.

Julie Miville-Dechêne, tolérante ?
Comme la position du  CSF était sans ambiguïté, au temps où le parti libéral, frileux à l'idée de trancher la question, occupait le pouvoir, comment se fait-il maintenant qu'appuyée par Françoise David,  Julie Miville-Dechêne  trouve le moyen de ne voir que mainmise gouvernementale dans les quatre récentes nominations par la ministre de la Condition féminine,  Agnès Maltais, au prétexte que les femmes retenues soient favorables à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique prescrite dans la Charte sur les valeurs québécoises du PQ ?  

N'est-il pas normal, même si le choix fait l'affaire de la ministre, de sélectionner des candidates en fonction des valeurs dites historiques défendues par l'organisme, peu importe le parti au pouvoir ?  Si le CSF s'était nettement positionné, avant l'arrivée de l'actuelle présidente, en faveur de l'interdiction, pourquoi devrait-il reconsidérer son point de vue en fonction des états d'âme, désormais théâtraux et outranciers, de cette dernière ?

Fin mars 2011, la présidente du CSF d'alors, Christiane Pelchat, avait été on ne peut plus limpide : « Quand on dit que l’État est laïc, ça veut dire que l’État ne peut pas paraître associé à la religion. Et toutes les religions, pas seulement la religion catholique. Ces fonctionnaires qui représentent l’État ne peuvent pas porter de signe religieux ». Cette position, et bien d'autres sur la laïcité, étaient défendues dans le document Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Compte tenu de ce contexte, assistons-nous vraiment à une ingérence gouvernementale contraignante ou à l'insubordination d'une présidente dogmatique, intolérante aux positions assumées et officielles de l'organisme dont elle a la responsabilité, quitte à désavouer publiquement sa ministre et ce, au nom du respect de la différence ?  

Il semble que, à l'instar de l'ancienne ministre de la condition féminine, Christine St-Pierre, qui avait envoyé paître son organisme, le CSF, en endossant la position déplorable de la FFQ s'opposant à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique, JMD se soit elle aussi trompée d’allégeance.  Elle aurait été davantage à sa place à la FFQ.  

Faux problème

On constate tout de suite le faux problème que tente de créer de toute pièce, elle aussi, Françoise David en imaginant un psychodrame d'indépendance menacée au CSF, qui lui a compris le danger sociétal de la montée de l'islam politique.  Mme David, apparemment, ne semble pas redouter l'impact de cette idéologie rétrograde et haineuse sur l'autonomie des femmes du Québec, qu'elles soient musulmanes ou de souche.  

Compte tenu de la mainmise de Québec solidaire sur la FFQ, on ne peut que constater l'incohérence flagrante de l'ancienne présidente de cet organisme, qu'elle continue manifestement d'orienter.  Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

La rançon de la « tolérance ».
Dans cette perspective, on ne peut que sourire à cette déclaration de la députée de Gouin : « C'est digne des manœuvres des conservateurs de Harper qui ne tolèrent aucune opinion divergente et sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.  Pourquoi le gouvernement veut-il empêcher le Conseil du statut de la femme de faire des études sur les impacts qu'aura la Charte péquiste sur les femmes de minorités religieuses (ce que la ministre Maltais devait plus tard démentir NDA) ?  Le gouvernement aurait-il peur de confronter son projet aux faits ? »

Stephen Harper, de son côté, aurait-il des leçons à recevoir d'une politicienne qui téléguide, soutenue ou manœuvrée par des idéologues rétrogrades, les positions d'un organisme dont elle a quitté l'avant-scène, et d'une présidente qui joue les victimes en désavouant publiquement sa ministre et les positions officielles de l'organisme qu'elle doit représenter et défendre ?  Nous assistons, au choix ébahis ou amusés, à une démonstration publique d'incohérence et de manipulation d'opinion ourdies par deux féministes militantes ayant pignon sur rue.  

Se rendent-elles compte que leurs sparages sont loin de faire l'unanimité ?  Ou auraient-elles, suivant l'expression même de Mme David, « peur de confronter leurs projets au faits » ?...

samedi 14 septembre 2013

Un islamisme rampant, tout près de chez vous...

Vous souvenez-vous de Naïma Atef Amed, cette Égyptienne voilée d'un niqab qui, en 2010, non seulement refusait de l'enlever pendant ses cours de francisation au Cégep Saint-Laurent, mais qui exigeait également que les hommes de sa classe lui tournent le dos pendant ses allocutions ? 

Naïma, celle par qui le niqab arrive...
Cette curieuse musulmane, refusant d'obtempérer aux directives de son école, s'était entêtée, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada le 4 mars 2010, à affirmer qu'elle n'avait pas demandé d'accommodements lors de son cours : « C'est plutôt dans la classe et dans l'école qu'on me demandait beaucoup de choses », devait-elle affirmer.  Si le concept d'agresseur-victime vous était jusqu'ici étranger...

Quand des gens refusent le bon sens, des balises s'imposent.  Que la personne interpellée en admette ou non la pertinence, elle doit s'y conformer.  Or, l'attitude de Naïma s'avérait à ce point butée et intransigeante que la ministre québécoise de l'immigration de l'époque, Yolande James, dût intervenir, devant le tollé suscité par la nouvelle arrivante, afin de lui interdire l'accès aux cours si elle ne revenait pas à la raison. 

L'attitude de mépris de Naïma envers sa société d'accueil était à ce point flagrante que Gérard Bouchard, ancien coprésident de la commission Bouchard-Taylor, devait même arriver à s'en rendre compte, non sans ajouter avec désinvolture qu'il s'agissait là d'une tempête dans un verre d'eau.  « Ce qu'on doit retenir, devait-il préciser, c'est le manque d'assurance des gestionnaires qui ont cru devoir référer cette question au ministère plutôt que de prendre la décision eux-mêmes, alors qu'ils avaient tout pour le faire. »

Tout, vraiment ?  En vertu de quelles normes, de quelles lois ?  Naïma avait porté sa « cause » à l'attention de la Commission des droits de la personne.  Le timide projet de loi 94, qui devait notamment proscrire le port du niqab et de la burqa dans l'espace public allait rester sur la glace tandis que le parti libéral du Québec priait conjointement Dieu et Allah pour que le dossier des accommodements religieux sombre peu à peu dans l'oubli.  Pensée magique et électoraliste, quand tu nous tiens...

Toujours dans le registre de la pensée magique, Gérard Bouchard semblait se comporter comme si les tenants de l'islam radical, avoués ou insidieux, allaient rester de marbre devant l'ampleur du débat soulevé.  Voilà qui n'allait pas effacer son image d'universitaire déconnecté des réalités sur le terrain, tandis que les accusations d'atteintes aux symboles religieux surgissaient de toute part.

Les prémisses d'un débat de société

Parmi les défenseurs de Naïma, un écrivain, Daood Hamdani, auteur du  livre sur les musulmanes du Canada intitulé In the Footsteps of Canadian Muslim Women 1837-2007, devait déclarer : « Selon la législation qui est envisagée au Québec, les musulmanes seraient forcées de choisir entre le niqab et l'accès aux administrations publiques. Ce projet, connu sous le nom de Projet n° 94 témoigne d'une conception étriquée, fondée sur des stéréotypes, de l'intégration des minorités religieuses. »  On retrouve déjà le principal argument des détracteurs actuels de la Charte des valeurs québécoises.

Daood Hamdani
Ne s'arrêtant pas en aussi bon chemin, il concluait ainsi : « La culture est une norme qui évolue, surtout dans une société pluraliste. C'est le mécanisme social qui permet aux membres d'une société - anciens et nouveaux venus - de s'adapter à des situations nouvelles. Il appartient aux états démocratiques ouverts de faciliter cette évolution et non de la dicter au prix d'une restriction des libertés. »  Curieuse façon, pour des « anciens et nouveaux venus » de « s'adapter à des situations nouvelles » en imposant des us et coutumes rétrogrades et misogynes, non ?

Voilà qui achevait de poser on ne peut plus clairement, avant même qu'elle ne soit proposée, les positions des opposants à la Charte des valeurs québécoises mises de l'avant trois ans plus tard par le parti québécois.  L'inertie du gouvernement précédent sur le sujet, tout en irritant la majorité dite de souche et des régions, avait momentanément tranquillisé les factions intégristes des communautés ethniques concentrées en métropole.  Mais l'incident de Naïma n'était qu'un tranquille prélude à la crise bien plus forte qui allait être déclenchée récemment.

Puis vint le PQ...

... Afin de réveiller la bête intégriste religieuse.  Devant la montée de lait initiale des maires et aspirants maires de la métropole, l'inquiétude des milieux scolaires montréalais et celle d'associations ethniques, le parti québécois a dû s'accrocher, soutenu d'abord par un appui populaire fort de 68 %, fluctuant par la suite, et par le soutien non négligeable du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).


À travers ce brouhaha, l'exclusion de la députée bloquiste Maria Mourani, officiellement opposée à la charte, par son chef Daniel Paillé, n'avait pas manqué de retenir l'attention des médias, qui avaient présenté l'événement sous l'angle de l'éternelle division des souverainistes.  Dans les médias sociaux, ce sont les accointances de Mme Mourani qui ont entraîné des questionnements allant bien au-delà de la personnalité même de l'intéressée.  
Maria Mourani, ex bloquiste.
Il est maintenant de notoriété publique qu'Angela Merkel, chancelière allemande, David Cameron, premier ministre britannique, comme Nicolas Sarkozy, alors qu'il était président français, ont tour à tour constaté l'échec lamentable dans leur pays respectif du multiculturalisme, celui-là même auquel Pierre Trudeau a ouvert la porte en le consacrant si naïvement avec sa Charte des droits et libertés, presque aussi chère aux islamistes que leur Coran.  Son fils Justin, le Sean Lennon de la politique fédérale, suit docilement les traces de son père.

À la lumière de certaines fréquentations de Mme Mourani, il devient nécessaire de s'interroger sur la possibilité de troubles sociaux qui nous guettent si notre gouvernement ne pose pas des limites claires à une mouvance religieuse prosélyte, tout particulièrement, qui préconise la conversion de tout ce qui respire en Amérique du Nord.  Il faudra bien davantage qu'une charte, probablement une réforme de nos politiques d'immigration, mais c'est déjà un début.

Strange bedfellows...

Théorie du complot islamiste sans fondement, pensez-vous ?   Dès son assermentation comme députée à Ottawa le 6 mars 2006, Mme Mourani avait invité les représentants de huit pays membres de l'Organisation de la coopération islamique à y assister, leur déclarant : « Je serai à votre écoute. » L'Arabie saoudite et la Turquie, au nombre des pays invités, sont reconnus pour leur désir de promouvoir l'islam radical. 

Le site web Point de Bascule, qui diffuse ces informations, a déjà révélé que l'Arabie saoudite travaillait activement à promouvoir l'islam radical au Canada, par la diffusion de documentation dans les mosquées et les écoles qui vivent sous sa coupe.

La Ligue islamique mondiale (LIM), organisation saoudienne opérant en Amérique du Nord, est d'ailleurs à l'origine de la tentative ratée d'implantation des tribunaux islamiques au Canada.  Dès 1991, cette organisation avait convoqué des imams vivant aux États-Unis et au Canada à une réunion ayant pour thème « Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis ».  Ces gens ont de la suite dans les idées.

Et ils ne sont pas les seuls.  Lors des procès survenus aux États-Unis, en 2007 et 2008, de la Holy Land Foundation,  la plus importante organisation de charité islamique aux États-Unis - dont les fonds servaient à financer le terrorisme islamiste - , des documents déposés en preuve démontraient que le Hamas avait développé une importante structure nord-américaine qui n'avait pas que pour but de financer ses activités terroristes, mais aussi de promouvoir l'islam radical en Amérique du Nord.

Après avoir étourdiment envoyé par courriel à ses collègues députés des liens glorifiant les attentats-suicide et le jihad, puis s'en être excusée, Mme Mourani, précise toujours Point de Bascule, a voyagé en Turquie, en février 2010, aux frais de l'ambassade et du gouvernements turcs, ouvertement solidaire du Hamas.
Assermentation de Maria Mourani : portrait de famille.
La députée d'Ahuntsic, en agissant de façon aussi inconsidérée, servait-elle adéquatement les intérêts de ses commettants, ou s'était-elle assujettie à un lobby dont les valeurs antidémocratiques, violentes et sexistes heurtent de plein fouet - parfois au sens propre - les nôtres ?  Nul doute que le chef du Bloc québécois a bien fait d'expulser de son caucus pareil canard boiteux.

Pour la charia... 

On pouvait apprendre le 14 septembre dernier dans Le Journal de Montréal, sous la plume de Richard Martineau, que, parmi les présumés défenseurs de libertés individuelles islamistes qui préparaient leur première manifestation monstre - de plus d'une façon  - contre la Charte des valeurs québécoise, on retrouvait, en plus d'Adil Charkaoui, jadis soupçonné de terrorisme, un étrange individu ayant pour nom Salam Elmenyawi.

Qui est donc ce sympathique personnage ?  Nul autre que le président du Conseil musulman de Montréal, regroupant une quarantaine de mosquées et d'organismes musulmans qui, en 2004, avait fait pression sur le gouvernement du Québec afin de le persuader d'autoriser les tribunaux islamiques dans notre belle province, tout simplement.   

Martineau citait un article du Devoir en date du 11 décembre, relatant les positions de l'individu : «   Cette cour religieuse porterait le nom de Conseil de la charia, indique Salam Elmenyawi (...) Tout ce qu'on veut, c'est un accord pour que les musulmans aient une instance officielle pour s'assurer qu'ils gèrent leur vie selon les préceptes de leur religion, affirme monsieur Elmenyawi.  Si Québec refuse, nous devrons nous-même donner la crédibilité au Conseil de la charia... »  Bref, accord de Québec ou pas, on en fera à notre tête...

Salam Elmenyawi
L'insipide Naïma et son entêtement représentent peu de chose en comparaison d'un islamisme rampant de plus en plus structuré et « articulé » sévissant non seulement au Québec mais aussi en Amérique du Nord.  S'il est un fait important que la crise entourant la charte du PQ révèle de plus en plus, c'est l'étendue du phénomène et l'identification des organisations et des individus fanatisés qui servent la « cause » de l'islam politique.  Pour reprendre un calembour plus que jamais d'actualité, nous ne sommes pas sortis de la mosquée...

samedi 7 septembre 2013

Mon voile ou l'Ontario ? Bon voyage !

La charte des valeurs québécoises du parti québécois, qui entend notamment bannir les symboles religieux de la fonction publique, la moindre des choses, n'est pas encore déposée que déjà des fétichistes du voile islamique poussent les hauts cris.  Il y a gros à parier que les turbanophiles qui ont mené le Canada au bord de la crise nationale avec l'interdiction - maintenant levée - du turban de la Fédération québécoise de soccer prendront le relais avant que les juifs hassidiques ne défendent à leur tour avec véhémence leur particularités vestimentaires si attrayantes et exotiques.  

Bouchara et Lysanne Couture.
Des citoyens et citoyennes ont manifesté leur opinion, favorable ou non, au bannissement des signes religieux ostentatoires.  J'en ai retenu trois, que je m'apprête à commenter.

Le chantage à la main d’œuvre

Une nommée Lysanne Couture, professeure de sociologie dans le programme de soins infirmiers au Cégep Édouard-Montpetit, y est allée d'une salve culpabilisante à l'égard de ce qu'elle appelle « l'un des dommages collatéraux que le PQ risque fort d'entraîner s'il va de l'avant avec sa charte des valeurs québécoises. »  Quel est ce dommage collatéral ?  Des femmes, qualifiées selon elle, pourraient quitter le Québec si on leur impose de renoncer à ce bout de tissus sans attrait appelé hijab pour travailler dans la fonction publique.  Elles ne pourraient survivre, un peu comme un asthmatique chronique sans tente à oxygène, si on le leur retire.  Pauvres choupettes !

Le chantage au racisme reste l'une de armes favorites des tenants de l'islam radical.  Je ne sais si la jeune Bouchara, étudiante modèle en soins infirmiers présentée par la sociologue, est instrumentée par cette mouvance insidieuse et tenace, ou si elle est tout simplement étroite d'esprit, voire idiote, toujours est-il que son attitude de refuser de retirer son hijab, si son futur employeur gouvernemental le lui demande, ne relève en rien d'une requête légitime.  

Il y a là une volonté manifeste d'imposer au sein de la fonction publique un symbole d'oppression envers les femmes, en flagrante contradiction avec nos valeurs égalitaires.  Commençons avec le hijab, nous enchaînerons avec la burqa, les manches longues, non hygiéniques en milieu hospitalier, pour finir avec le refus, par les infirmières les plus intégristes, de soigner les patients masculins.  

Sans doute faudra-il en plus accorder cinq pauses prières par jour et aménager des locaux pour cet exercice, comme c'est déjà le cas dans certaines universités.  La nourriture de la cafétéria devra alors devenir halal, malgré les risques, au plan de l'hygiène, que cette pratique barbare et cruelle implique.  C'est petit à petit que l'islam politique fait son nid dans nos sociétés démocratiques et finit par générer des tensions sociales inacceptables. 

Ladite Bouchara avait quitté la France, résolument laïque,  justement parce qu'elle ne pouvait se séparer de son carré d'étoffe, et espérait trouver dans le Québec une société « tolérante » qui lui permettrait de le conserver en tout temps.  Imaginez, tout ça pour ça !  Il faut vraiment avoir l'esprit paralysé par un conditionnement culturel dépassant tout entendement.  Pire que ça, la greffe du voile islamique sera bientôt envisagée. 

Qui veut d'un tel climat social ?
Interrogée par Mme Couture à savoir ce qu'elle ferait si on lui interdisait de porter le voile au travail, l'étudiante, radicale et intransigeante, a répliqué : « J'apprendrais l'anglais et j'irai travailler en Ontario. »   Je suis certain que cette jeune femme s'imaginerait rejetée, alors qu'elle s'exclurait elle-même d'une société d'accueil ouverte et - parfois trop - tolérante.  Ce chantage au voile est assommant.  Le Québec, quoiqu'en pense Mme Couture, peut faire l'économie d'une telle citoyenne.

Malgré son étroitesse de vue et son idée fixe évidentes, Bouchara est présentée ainsi par sa professeure : « Ce que j'ai trouvé le plus remarquable, cependant, c'est sa capacité d'ouverture et l'intérêt qu'elle manifestait pour les sujets abordés en classe. Les cours de sociologie dispensés dans le programme de soins infirmiers ont pour objectif d'amener les infirmières à mieux comprendre le milieu social des personnes qu'elles soignent et, donc, de dépasser leurs préjugés pour établir une meilleure relation d'aide. Bref, elles doivent être capables de dépasser leurs préjugés. Or, elle a plus qu'atteint ces objectifs. »  Je pense au contraire qu'elle a manifestement échoué.

En quoi le refus de renoncer à son hijab témoigne-t-il d'une « capacité d'ouverture et d'intérêt », d'une aptitude à « mieux comprendre le milieu social des personnes qu'elles soignent » et, mieux encore, de « dépasser ses préjugés pour établir une meilleurs relation d'aide ».  Il est clair que cette jeune femme, exigeant un privilège illégitime, ne s'arrêtera pas en si bon chemin si on le lui accorde.  Elle trahit, par son obstination, une attitude intransigeante et conflictuelle dont notre société peut faire l'économie.

Une charte des valeurs québécoises qui afficherait des balises claires aurait déjà le mérite d'informer les nouveaux venus de nos valeurs et éviterait que les Bouchara de ce monde ne viennent inutilement encombrer des bancs d'école qui pourraient accueillir des citoyens soucieux de s'intégrer à notre société.  Bouchara aurait ainsi pu apprendre l'anglais avant son départ de la France et se rendre directement en Ontario, nous épargnant ses lubies vestimentaires.

À la question en titre de la lettre ouverte de Mme Couture, à savoir « Peut-on se passer d'elle ? », la réponse est claire : certainement !

Le chantage à l'amour

Un autre intervenant larmoyant, professeur agrégé du département d'anthropologie de l'université Laval, un nommé Abdelwahed Mekki-Berrada, y est allé à son tour de son laïus culpabilisant. Ne reculant devant aucune insinuation venimeuse, il écrit : « Je me souviens que toute petite personne ou tout petit groupe qui tentent d'imposer au reste de la population une idéologie unique étaient qualifiés de nazis, de fascistes ou, au mieux, de dictateurs. »  Aussi subtil qu'ordurier comme propos.  Cet individu enseigne dans une université et « forme » le Québec de demain.  Nous ne sommes pas sortis de la mosquée...

Ce sont apparemment les journalistes devenus ministres, donc Jean-François Lisée et Bernard Drainville, par leur défense de la laïcité, qui l'exaspèrent.   « La menace est encore et toujours incarnée par l'Autre, celui qui porte le hidjab-turban-kippa-crucifix. » nous interpelle cet universitaire aux affinités évidentes avec les Bouchard-Taylor de ce monde.  

Bernard Drainville, ministre.
Oui, monsieur l'anthropologue, tant et aussi longtemps que des intégristes se serviront de symboles soi-disant religieux pour faire reculer notre société civile et démocratique par l'octroi de privilèges immérités, l'Autre, comme vous dites, représentera une menace.  On commence par le hijab, et on finit avec les tribunaux islamiques, mais ça, ce n'est pas du fascisme, ou au mieux, des dictateurs, qui l'imposent, naturellement.

L'auteur conclut avec ce « cri du cœur » : « (...) coudon Québec, tu m'aimes-tu ? »  J'espère que vous maîtrisez bien l'anglais, M Mekki-Berrada.  Paraît qu'en Ontario, on vous aimerait déjà pas mal plus... 

Enfin, une intervention pertinente... 

Pour racheter l'honneur - passablement compromis avec les témoignages précédents - de représentants du corps enseignant voué aux hautes études, un retraité de l'UQÀM - comme il doit se sentir mieux - un nommé Denis Gaumond, qui a participé à la commission Bouchard-Taylor, nous offre un point de vue très lucide et - véritablement - humaniste.

Après avoir indiqué à quel point les commissaires Bouchard et Taylor l'avaient impressionné, mais « pas toujours dans le bon sens cependant », l'auteur relate l'intervention de quelques femmes musulmanes voilées venues présenter leur point de vue à leur commission : 

« Structurées et bien documentées, ces jeunes femmes ont ébloui les commissaires. Elles ont défendu avec aplomb le port du voile, le respect de l'époux, la charia appliquée à la famille, la bonté d'Allah, leur auto-exclusion si nécessaire. Un travail bien fait. Classique. Au point que messieurs les commissaires ont remercié mielleusement ces émissaires, de toute évidence en service commandé et bien escortées. Pour en rajouter une couche, les commissaires les ont explicitement félicitées pour la qualité de leur «féminisme» à la sauce musulmane! »

M Gaumond enchaîne avec un événement qui l'a profondément marqué : le meurtre d'Aqsa Parvez, tuée par son père et son frère, à Mississsauga, en banlieue de Toronto, le 10 décembre 2007.  Le motif ?  Par - réel - souci d'intégration, elle refusait de porter le hijab à l'école, cet oripeau auquel la déconnectée Bouchara et l'idéologue larmoyant de l'université Laval se montrent si inconsciemment et si stupidement attachés. 

M Gaumond pose une question fondamentale : « Depuis, je me demande chaque jour si Aqsa n'aurait pas eu la vie sauve si l'Ontario avait eu une loi pour interdire les signes religieux ostentatoires à l'école. Comme cela se passe en France depuis 2005. Comme, je l'espère, cela se passera bientôt au Québec. »

Que valent, devant la préservation de vies humaines, cette prétention obstinée, imbécile, de vouloir à tout prix conserver sur la tête un oripeau symbolisant l'oppression des femmes ?  Comment les Bouchara de ce monde peuvent-elles revendiquer de porter pareil déchet ?  Et les hommes, qui prétendent les respecter, soutenir une coutume aussi barbare que misogyne ?  

Aqsa Parvez, assassinée.
Aucune femme digne de ce nom, musulmane ou autre, aucun homme, digne de ce nom, qui prétend aimer et respecter la gent féminine, ne peut moralement cautionner le port de ces signes avilissants.  Qu'importe que le PQ agisse par opportunisme avec sa charte des valeurs québécoises !  Pour une fois que ce parti pose un geste signifiant depuis un an qu'il occupe le pouvoir, nous devons l'encourager.  Si nous ne voulons pas tourner le dos à nos valeurs au profits d'un retour vers l'obscurantisme - véritablement - patriarcal.  

Quant aux partisans de cette lubie appelée « laïcité ouverte », je recommande l'apprentissage de l'anglais et un aller simple vers l'Ontario.  Bon voyage ! 

mardi 3 septembre 2013

Société pro-choix : aussi pour les hommes ?

C'est rare, pour ne pas dire exceptionnel, que je tombe d'accord avec une féministe.  Et quand, en plus, ladite féministe se double d'une juriste, c'est encore plus rare.  Il faut croire que tout arrive.  Je viens de visualiser une interview avec l'auteure d'un essai intitulé Paternités imposées, une nommée Mary Plard, avocate familialiste s'il vous plaît, et je suis d'accord avec elle.  Incroyable.

Marie Plard, féministe et juriste.
Comment pourrais-je ne pas l'être ?  Plard affirme que les hommes ne disposent pas des mêmes droits que les femmes devant une grossesse non désirée, l'évidence même.  Dans les faits, ceci implique que, quand une génitrice potentielle ne veut pas de l'enfant, elle avorte, que ça plaise au géniteur ou non.  Dans un autre cas de figure, si celui-ci ne veut pas de l'enfant, et que la génitrice le veut, elle, le géniteur potentiel subit et devient géniteur effectif.  Pourquoi en est-il encore ainsi au 21e siècle ?  

Bien sûr, il existe des cas où un homme impose à une femme sans ressort une paternité ou un avortement, mais reste que, légalement, c'est la femme qui tient le gros bout du bâton.  Pourquoi, dans une société où le concept de l'égalité homme femme finira un jour par devenir un hymne national, devons-nous accepter sans broncher une inégalité de droits aussi flagrante ?  C'est inadmissible.

Parce qu'au nom du droit de la femme à disposer de son corps, avoir un enfant ou pas, pour celle-ci, relève du choix.  Pour un homme, avoir un enfant ou pas relève de l'arbitraire, qu'il s'agisse de chance ou de fatalité.  Bien sûr, il arrive qu'il n'en veuille pas, et que la génitrice non plus, alors tout va bien, le couple renonce.  Il arrive également, et c'est heureux, qu'il le désire et que la future maman aussi.  Mais tout dépend tout de même de la femme, et du projet de vie à deux - ou à plus - qu'ils ont prévu, ou pas.

Le grand chantage...

Qui ne connaît pas un homme qui s'est fait faire un enfant dans le dos, pour emprunter une expression consacrée ?  La femme qui lui joue ce tour pendable, soit en « oubliant » de prendre la pilule, soit en récupérant le sperme d'un condom utilisé ou par tout autre moyen aussi pernicieux, sait très bien qu'elle a la loi pour elle et que l'homme devra tôt ou tard « faire face à ses responsabilités ».  

Et ce, même quand il est clair qu'il aura été carrément manipulé.  Le juge en profitera pour sermonner la fautive, lui donnera quelques petites tapes de convenance sur les doigts, et cette dernière, les yeux baissés, jurera, d'un mince filet de voix, qu'elle ne recommencera plus jamais, bien entendu...


Pour éviter les robes noires, l'homme piégé se verra contraint dans certains cas de rester avec une femme dont il commençait justement à se détacher, ou dont il ne voulait carrément plus, piégé à la fois comme père et comme conjoint malgré lui.  Ou alors il osera se séparer et devra éventuellement payer une pension alimentaire pour l'enfant, à laquelle pourrait s'ajouter une autre pour la mère, si les parents étaient mariés.  Trouvez-moi une femme soumise à pareil chantage ?


Qui ne connaît pas l'un d'eux ?

Beau contexte pour refaire sa vie quand on sait qu'au Québec féministe, le revenu d'une éventuelle nouvelle conjointe peut être mis à contribution lors d'une révision à la hausse de la pension de madame l'ex, et que les allocations familiales peuvent atterrir dans le compte de la nouvelle partenaire de vie de l'homme, ce dernier étant jugé de facto inapte à administrer l'argent de sa progéniture en raison de son sexe.



Le libre choix sans balises...

Personnellement, je suis pro-choix. Mais pas mur à mur.  J'estime qu'il existe des différences fondamentales entre un embryon, un fœtus et un enfant à naître.  La gravité du geste à poser augmente avec le temps et la condition.  Or, selon de code criminel canadien, un enfant est reconnu comme tel seulement à partir du moment où il est complètement sorti du ventre de sa mère.  Vingt-quatre heures avant, ce n'est toujours pas un enfant.  Cherchez l'erreur... ou l'enfant. 


Le Barreau du Québec s'oppose par ailleurs à toute révision de cet état de fait, et cite le code criminel canadien : « Actuellement, l’article 223 stipule qu’un enfant ne devient un être humain que lorsqu’il est complètement sorti, vivant, du ventre de sa mère. »  Je vous l'avais dit...

Le contribuable a défrayé le coût de 26 248 avortements en 2011 dans la province et de 64 641 autres dans le reste du pays en 2010, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles.  Je reste par ailleurs sidéré du taux québécois d'avortements par 100 naissances, passé de 7,3 en 1976 à 27,3 en 2011, ce qui signifie que plus d'une grossesse sur cinq finit par une IVG.  Existerait-il un vaste de complot de désinformation sur la contraception ?

Je réprouve les avortements tardifs - sauf si la vie de la génitrice est en danger - et tout autant les avortements sélectifs, que l'on favorise la naissance de garçons, comme en Chine ou aux Indes, ou que l'on privilégie celle des filles, dans l'éventualité où ce serait déjà le cas chez certaines personnes misandres ou idéologiquement dérangées bien de chez nous, ou d'ailleurs en Occident. 


Comment piéger un homme ?
Le Canada fait partie des trois seuls pays dits civilisés à n'avoir qu'un vide juridique pour seule loi régissant l'IVG.  Que la situation plaise ou pas, c'est ça qui est ça.  En me fondant sur ce contexte si particulier, je ne vois pas pourquoi le droit de refuser une parentalité ne devrait pas être le même pour les géniteurs potentiels que pour leurs contreparties féminines.  

Si l'on prétend vivre dans une société égalitaire, bien sûr. 

L'histoire de Paul

À l'appui de sa défense du droit des hommes à refuser une paternité, Mary Plard, citée dans Libération raconte l’histoire de Paul : « L’homme est quinqua, marié, père de grands enfants. Lors d’un déplacement, il croise Barbara, 44 ans, célibataire. Quelques semaines plus tard, Barbara annonce à Paul qu’elle est enceinte de lui, elle qui n’a pas eu d’enfants. Qu’elle le garde. 

Paul cherche des réponses, juridiques, et n’en trouve pas. «Sur le terrain de la conception, les hommes ont aujourd’hui moins de droits que les femmes, constate Mary. Ils doivent juste se taire. C’est normal, ça, en 2013 ?» Et voilà comment Paul a réveillé son féminisme, qu’elle définit tout simplement comme «une recherche d’égalité, et pas une surpuissance de la femme». 

Il ne s’est pas protégé ? Soit. Mais quid des filles qui avortent ? Leur reproche-t-on, à elles, de n’avoir pas utilisé un préservatif ? Si Paul est un salaud, les femmes qui avortent, alors, sont des salopes ? »

Troublante question, n'est-il pas, trahissant un double standard étatique et social.  Une juriste féministe le dénonce.  Sans doute aura-t-elle plus de chances d'être entendue que les habituels défenseurs de la cause des hommes...