vendredi 27 juin 2014

Avenir : vers une société féministement québécoise...

Projetons-nous dans l'avenir et tâchons de nous représenter ce à quoi pourrait ressembler notre société québécoise à l'apogée du féminisme militant.  Sans doute à un avant-goût du paradis terrestre, non ?  Où l'égalité homme femme serait enfin devenue la norme absolue ?  Lançons-nous dans le temps, et consultons les entrefilets médiatiques du futur qui suivent, inspirés par cette idéologie dominante.  Tâchons ensuite d'anticiper vers quels progrès le féminisme pourrait nous mener, ainsi que nos institutions, dont le Barreau du Québec.  Les mêmes exemples pourraient tout autant provenir de tout pays occidental où le féminisme d'État a force de loi.  Imaginez le bonheur...

Refus de don de sperme obligatoire

Le sperme, c'est la vie...
Le 21 février 2027, Marcel Labonté-D'amours a été condamné à 5000 $ d'amende et à dix dons de sperme obligatoires pour avoir refusé sa contribution annuelle de cinq dons séminaux au Centre de procréation assisté du Québec (CPAQ). Comme si son crime n'était pas assez odieux, l'individu a également été reconnu coupable d'hétérosexualité au premier degré avec intention de faire jouir sa voisine, un fait malencontreusement attesté par celle-ci et par les témoignages de voisins accablés par les cris de la victime.  L'agression étant survenue la nuit, l'accusé a été de plus reconnu coupable de tapage nocturne.  S'ajouteront à sa peine initiale six mois de prison ferme.

Est-il nécessaire de rappeler que l'hétérosexualité a été criminalisée en 2022 à titre de déviance sexuelle patriarcale et ne peut exceptionnellement se voir autorisée qu'à des fins reproductives dans le cadre d'une union de fait ou maritale garantissant progéniture et pension à venir aux épouses souffrant de la même affliction hétérophile, hélas, toujours dominante dans notre société !   Les contributions obligatoires au CPAQ seront sollicitées du coupable manu militanti, si nécessaire, et ce jusqu'à ce que sperme s'ensuive. 

Violence conjugale par omission

Le 30 mars 2029, Carl Lebon-Paiement a été reconnu coupable de violence conjugale par omission, de désertion de foyer et de refus de s'acquitter de ses obligations alimentaires envers les enfants qu'il aurait éventuellement pu avoir avec Gisèle Malenfant s'il avait consenti à l'épouser trente ans auparavant quand elle attendait de lui qu'Il lui en fasse la demande pendant leurs études collégiales.  Non seulement la demande n'a-t-elle jamais été faite, d'où le chef retenu de violence psychologique par absence imposée, mais la victime, en proie à une violente dépression, a tenté à trois reprises de mettre fin à ses jours, deux fois par absorption massive de Life Savers, et une troisième en faisant de l'exercice. 

Un autre triste cas d'irresponsabilité...
Loin de représenter des circonstances atténuantes, le fait que l'homme n'ait jamais tenté d'entrer en contact avec la victime a au contraire aggravé son cas, tandis qu'il avouait candidement à la Cour ne même pas se souvenir de la plaignante.  Compte tenu du fait que l'accusé, selon Mme Malenfant, aurait dû lui faire la cour il y a trente ans, la fiancer l'année suivante pour l'épouser l'année d'après, et compte tenu aussi du fait qu'elle estime qu'il aurait dû lui donner au moins les trois enfants dont elle rêvait, pourquoi pas la même année sous forme de triplets, la Juge Lédwah-Khroshu a condamné l'accusé à verser une pension alimentaire pour la femme qu'il n'a jamais épousé et une autre pour les trois enfants dont il l'a si injustement privée.  

Les montants des pensions tiendront compte du fait que, même adultes, les enfants auraient pu nécessiter le soutien financier de leur père pour faire de hautes études, et incluront des arrérages de 28 ans, la moindre des choses.

Les vraies victimes, enfin identifiées

Une autre sordide affaire de détournement majeur, survenue dans une école secondaire de Québec, a connu son juste dénouement, ce 3 octobre 2025, avec la condamnation de Jérôme Lamoureux, 15 ans, pour avoir honteusement séduit sa professeur de musique, Mme Jeanine Dupire, 32 ans, profitant ainsi du fait que la vie sexuelle de cette dernière avec son mari était, selon les dires de la victime, tombée au neutre.  Le jeune délinquant devra subir une cure de désintoxication hétérosexuelle dans un centre jeunesse où il demeurera en garde fermée pendant deux ans.  Nos sympathies à la victime qui, lentement, reprend goût à la vie.  Espérons qu'elle saura retrouver une existence normale après une aussi bouleversante épreuve.

De graves injustices, enfin redressées...
Une tragédie scolaire n'attendant pas l'autre, Guillaume Lefort-Têtu, 14 ans, a été reconnu coupable le 9 août 2027 de ne pas avoir compris les explications mathématiques de son enseignante, Martha-Théo Rêmes, 40 ans.  L'agression est survenue dans une école secondaire de Shawinigan.  Le fait que la victime ait admis au directeur de l'établissement ne pas avoir elle-même assimilé la matière enseignée n'a pas été retenu par la juge Lapierre-Durocher, qui a préféré prendre en considération le traumatisme évident de la plaignante, perturbée au point de suivre une thérapie chez les Alcooliques anonymes alors qu'elle n'avait jamais bu une goutte d'alcool.  Une telle confusion a aussitôt éveillé l’empathie de la magistrate, restée sourde aux objections de simulation de la défense.

Ces regards qui violent

Un cas particulièrement vicieux d'agression sexuelle par contact visuel prolongé vient d'être sanctionné dans la région de Montréal ce 28 avril 2026.  L'agresseur, Jean-Jacques Beauregard, partisan du Canadien de Montréal, a été reconnu coupable d'avoir ainsi agressé sa victime, une femen qui lui barrait le chemin avant un match lors d'une manifestation contre les éliminatoires au hockey, sport patriarcal et misogyne.  Cette atteinte à la pudeur a été jugée d'autan plus odieuse que la militante s'est vue bouleversée du fait que sa poitrine ne retienne pas davantage l'attention du forcené.   

Par son geste délibérément violent, Beauregard a enfreint la plus récente disposition du code criminel canadien sanctionnant tout regard adressé à une femme dont la durée excéderait 30 secondes, peu importe le contexte de l'agression.  Line Laterreur-Lagacé, porte-parole du Groupe d'aide et de lutte contre les agressions à caractère X (GALACX), s'est dite réjouie de la victoire de sensibilisation remportée dans la reconnaissance de la violence sexuelle subie par les femmes.  

Victimes à jamais...
Et notre militante de renchérir : « Nos dirigeants ont compris que l'ancienne statistique voulant qu'une femme sur trois sera un jour victime d'une agression sexuelle était bien en deçà de la vérité.  En fait,  trois femmes sur trois seront un jour agressées.  On n'arrête pas le progrès. »

Les valeurs féminines

Même si les valeurs féminines innées ne peuvent exister, puisque les études de genre féministes ont démontré que ce qui différencie les hommes des femmes reste purement culturel et n'a donc rien à cirer de la biologie, lesdites valeurs sauront néanmoins guider notre société vers le nirvana idéologique où l'égalité homme femme sera enfin la norme.  Imaginez un gouvernement féministe chez qui la suprématie des femmes, contrebalançant le patriarcat destructeur, étendrait sa bienfaisante influence dans toutes les sphères de la société pour son bien ultime !  Moi, j'en frémis.

dimanche 8 juin 2014

Quand le hijab devient bâillon...

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, c'est tant à titre personnel que dans une perspective collectiviste que je prendrai la plume afin de commenter une saga qui se poursuit dans la plus grande indifférence médiatique malgré les enjeux fondamentaux qu'elle représente pour la sauvegarde de notre vie démocratique et de notre liberté d'expression.  

Louise Mailloux, attaquée.
Je veux parler de la poursuite bâillon « en diffamation » de 120 000 $ intentée par la militante islamique Dalila Awada contre Louise Mailloux, militante laïque, contre Philippe Magnan, qui opère le site Poste de veille, et contre Vigile.net, qui a diffusé quatre textes d'opinion que Mme Awada a décrété diffamatoires.  

Je ne suis pas visé personnellement par la poursuite, mais je reste néanmoins l'auteur de deux des quatre textes « diffamatoires » publiés dans Vigile.net, soit « Féminisme » islamique : quand le masque tombe, le hijab reste, déjà paru dans le Huffington Post, et Les islamistes félicitent déjà Couillard..., qui annonçait la débandade du PQ aux dernières élections.  J'endosse toujours chaque syllabe de ces textes.

J'ajoute que j'aurais pris position de toute manière sur la question brûlante de la poursuite, mais que je le fais aujourd'hui d'autant plus intensément que c'est également mon droit de citoyen de m'exprimer sur un sujet controversé qui se trouve remis en cause par elle.  Comment expliquer l'attitude de Dalila Awada autrement que par la thèse d'une agression victimaire, mais implacable, visant à museler quiconque remet en cause la légitimité de ses motivations à contester la charte et, surtout, à faire la promotion du hijab, instrument d'oppression des femmes dans les pays écrasés par l'islam politique ?

Que ça choque sa délicate sensibilité ou pas, on emprisonne, torture, mutile et tue des femmes qui refusent de porter cet oripeau.  Quand on affiche une position aussi déconnectée et dénuée de solidarité envers des femmes opprimées, il est inévitable de se voir accuser, à tort ou à raison, d'entretenir des sympathies pour le moins contestables envers des éléments parmi les moins recommandables de notre société.   Quand a-t-on vu, par ailleurs, des musulmans affranchis de l'usage arriéré du voile islamique infliger des sévices aussi abjects et infamants aux femmes qui, comme la militante de Québec solidaire, prétendent le porter par choix personnel ?

Quand on n'a pas d'arguments...

La violence, qu'elle soit physique ou morale et économique, par l'agression judiciaire visant à faire taire des adversaires en les ruinant financièrement, reste l'arme de gens qui n'ont pas d'arguments à faire valoir contre eux.  Comment expliquer qu'une femme disposant d'une tribune publique et invitée par tous les médias ne trouve pas en elle les ressources de contester les arguments de Mme Mailloux ou de M Magnan ?  Dans une société démocratique et civilisée, c'est ainsi qu'on défend ses positions ou sa réputation.  Quand on se sent légitimé par ses convictions, bien sûr.

Le bâillon, compatible avec la démocratie ?
Si les arguments de ces deux porte-parole sont si faibles et contestables, pourquoi ne pas leur river leur clou publiquement ?  L'opprobre qu'ils s'attireraient pour avoir parlé à travers leur chapeau les discréditerait pour longtemps et le tour serait joué.  Mais est-ce seulement possible ?  Leurs prétentions sont-elles si infondées et diffamatoires que la musulmane le prétend ?

Loin de calmer le jeu en sa faveur, Mme Awada accréditera par son geste insensé la thèse voulant qu'elle soit téléguidée par une mouvance fanatisée et ce, qu'elle le soit ou pas.  Cette perception pourrait se voir renforcée par l'étonnement de voir une simple étudiante en sociologie de l'UQÀM en mesure de se payer les services de l'onéreuse Anne-France Goldwater.  Cette dernière a bien prétendu que sa cliente bénéficierait d'un tarif préférentiel, mais qui a confiance en la parole des avocats ?

Aucun média n'a risqué de sondage sur la pertinence d'une telle poursuite.  Dommage.  Il existe pourtant un site, The Muslim News, qui prétend lutter contre « l'islamophobie », qui a tenté l'aventure.  C'est bien pour dire...  Ce média social a posé cette question : Dalila a-t-elle raison de poursuivre ?  79 % de répondants ont répondu simplement : non.  Clair, non ? 

Par delà Awada...

Si notre Justice devait s'abaisser à donner raison à Dalila Awada, elle ouvrirait une brèche déplorable qui scellerait pour longtemps notre droit légitime à débattre d'enjeux sociaux aussi incontournables que sensibles.  Le chantage victimaire musèlerait alors notre droit de parole et les agresseurs victimes de toutes déviances idéologiques contrôleraient le débat populaire avec la complicité de nos institutions démocratiques.  Quel paradoxe ce serait alors de nous voir imposer le bâillon au nom d'une société juste et tolérante !

À ce stade, déterminer si Dalila Awada est partisane de l'islam radical ou pas n'importe plus.  Les enjeux vont bien au-delà de sa petite personne.  Il est évident que les ténors de cette mouvance rétrograde, comme tout autres extrémistes, récupèreraient à leurs fins prosélytes un verdict favorable aux prétentions de la femme voilée.  C'est cette dérive délétère qui doit être à tout prix évitée.  

Des enjeux dépassent la petite personne d'Awada.
 Sitôt la poursuite entreprise, la riposte s'est organisée et la mobilisation citoyenne bat son plein.  Louise Mailloux, la société des amis de Vigile et Philippe Magnan, épaulé par l'éditeur Daniel Laprès, ont entrepris de tenir tête à la militante islamique.  Il n'est pas jusqu'au parti québécois qui vient de sauter dans l'arène pour soutenir inconditionnellement sa candidate défaite dans Gouin.  

La poursuite de Dalila Awada, peu importe les motivations de cette dernière, n'aura été que l'élément déclencheur d'une manipulation odieuse, qui va bien au-delà de la susceptibilité exacerbée d'une gamine inexpérimentée incapable de vivre avec les conséquences de ses positions.  

Ce serait un comble si notre société civile et civilisée permettait à des groupes d'individus aux valeurs arriérées et déshumanisées de la museler en raison de la démesure même de sa propre tolérance.