dimanche 27 septembre 2015

Pas d’utérhommerie sans utérhomme…

Quiconque défend la cause de la condition masculine a croisé leur route.  Comme leurs consoeurs féministes misandres, ils sont généralement arrogants, injurieux, prompts aux procès d’intention et adeptes de la projection : ils vous accuseront donc d’être arrogants, injurieux, prompts au procès d’intention et… adeptes de la projection.  C’est fou ce que de s’entretenir avec eux peut s’avérer instructif, à défaut d’être agréable, dans une perspective clinique, s’entend…

Mesdames, n'aimeriez-vous pas en adopter un ?...
De qui je parle en ce moment ?  Des utérhommes !  Ces hommes – ici, le mot est peut-être un peu fort – qui ne peuvent se définir autrement que par les diktats du féminisme le plus androphobe et le plus caricatural.  Le mot « mangina », contraction des mots anglais « man » et « vagina », les désigne depuis quelques années, mais je lui préfère « utérhomme », néologisme créé par Martin Malthus, blogueur, comme moi, sur la condition masculine.

Je recommande d’autant plus ce terme, forgé, on l’aura compris, à partir de « utérus » et d'« homme », qu’il évoque pour moi l’être masculin qui n’est toujours pas né, en perpétuelle gestation, végétant mollement, nourri par un placenta matriarcal avarié.  Un sous-homme, quoi ! Ne demandez pas à ces individus de penser par leurs propres moyens et de remettre de quelque façon que ce soit en cause les diktats féministes.  Ils en sont fanatiquement incapables et peuvent se montrer tout aussi enragés que leurs alter inégaux féministes radicales, les gestapounes, devant la plus minime divergence d’opinion.

La démocratie, dans cette optique, leur est intolérable, sauf, bien sûr, appliquée à eux-mêmes.  Ils sont les premiers à revendiquer la fermeture d’un blog, le retrait d’un article, d’une étude ou d’un livre, quand il ne s’agit pas de l’annulation d’une conférence.  Les plus extrémistes accompagneront même leurs consoeurs qui empêcheront la tenue de pareils événements par le vandalisme. 

Leur modus operandi,  toujours le même, est de chercher à bâillonner leurs adversaires au nom de la cause des femmes, de la lutte à la violence qui leur serait constamment imposée et du « noble » combat dont ils se réclament contre le « patriarcat »,  « l’antiféminisme » et maintenant la « culture du viol ».  De véritables don Quichottes à la poursuite de moulins à vents…

Nettement plus démocratique, je donnerai, dans la présente chronique, un point de vue féminin, à défaut d’être résolument féministe, sur les utérhommes, par Ann Sterzinger, auteure et bloggeuse.  Utérhommes sensibles – Ne l’êtes-vous pas tous… - , prière de vous abstenir…

« Les plus abusifs, déplaisants et pleurnichards… »

Ann Sterzinger, jolie et critique envers
les féministes ?  Curieux...
C’est par ces termes peu flatteurs qu’Ann Sterzinger dépeint d’entrée de jeu les utérhommes, qu’elle désigne sous l’expression « féministes mâles » (male feminists), des hommes qui traiteraient les femmes aussi mal que les pires machos qu’ils dénoncent.

Ces individus seraient donc, nous apprend l’auteure, égoïstes, paresseux au lit et prétexteraient « les pièges de la galanterie » afin de laisser à leur partenaire le soin de faire leur part du ménage en plus de la leur.  Dans la même perspective, ils lui abandonneraient la totalité de la facture d’épicerie.  Incapables de se faire des amies sans chercher à les attirer dans leur plumard, ils les laisseraient tomber quand elles refusent leurs avances, dans l’impossibilité où ils se trouvent de s’en tenir à une amitié platonique en raison d’un manque de confiance flagrant en leur masculinité incertaine. 

Mme Sterzinger relate par ailleurs une anecdote troublante à propos d’un ancien petit ami féministe qui avait cherché à la persuader de porter de fausses accusations de viol contre l’un de ses amis, à seule fin de la tester et de voir s’il avait suffisamment d’emprise sur elle pour l’amener à ruiner l’existence d’un proche.  Devant son refus, il lui répondit : « N’as-tu jamais entendu parler du féminisme ? »  Avec de pareils militants, le féminisme n'a plus besoin d'ennemis…

« Pourquoi les hommes qui parlent le plus fort de la cause des femmes et qui enjoignent le plus celles-ci à défendre leurs droits virent capot en les traitant de la façon la plus cruelle et le plus présomptueuse ? » demande la bloggeuse. 

Chers utérhommes, tenez-vous le pour dit, vous n’aurez jamais la cote auprès de femmes lucides comme Mme Sterzinger, qui préfèrent de loin les hommes autodéterminés et confiants.  Faudra vous satisfaire de vos consoeurs de « luttes »…   Des heures de bonheur... à genoux !  Selon l’auteure :

« Les hommes qui aiment les femmes n’ont nullement besoin de se réfugier derrière un écran de fumée idéologique.  Pourquoi plastronneraient-ils en se servant du féminisme ?  Ils n’ont rien à cacher.  Ils disent ce qu’ils pensent, vous tiennent la porte si ça vous plait, vous aident à nettoyer la litière du chat, viennent en aide à un étranger dont la voiture tombe en panne.  Ils sont bons et secourables, peu importe qu’ils vous entrainent dans leur lit ou pas. 

« Puisqu’ils sont confiants et habités par un véritable amour des femmes, ils y arriveront de toute façon de temps à autre.  La confiance en soi rend les gens généreux.  La haine les rend criards.  » 

Moi aussi, je trouve… 

samedi 26 septembre 2015

Quand le jupon censeur intégriste de Françoise David dépasse…

À moins de vivre dans un garde-robe, tout citoyen doté de sens critique et épris de démocratie ne peut que constater la menace qui plane de plus en plus sur la liberté d’expression au Québec.   L’abject projet de loi 59 des libéraux, visant à condamner tout discours soi-disant haineux, semble désormais servir de toile de fond à une avalanche de comportements victimaires des plus douteux, constitués essentiellement d'attaques d’agresseurs victimes soucieux, soit de faire prévaloir leur pouvoir de museler toute expression démocratique contraire à leur conception de la bien-pensance, soit de faire taire toute opinion menaçant leur pouvoir politique ou social. 

Françoise David et la démocratie féministe...
La présumée lutte à l’islamophobie semble la motivation la plus évidente derrière l’initiative liberticide du gouvernement Couillard, mais d’autres lobbys pourraient faire leurs choux gras d’un pouvoir de censure de plus en plus malsain.

Nous avons droit en ce moment à la croisade des parents de Jérémy Gabriel contre Mike Ward, rendant l’humoriste irrévérencieux directement responsable de l’intimidation subie au fil des ans par leur rejeton, mais de nombreux autres faits d’armes ayant pour cible la liberté d’expression sont venus récemment hanter les médias. 

Le ministre des transports, Robert Poëti, n’est pas parvenu à modérer ceux de l’opposition, ni d’une obscure chambre de commerce, scandalisées par une blague anodine à propos du penchant légendaire des femmes pour le magasinage; Jean-François Mercier a dû affronter des cohortes de féministes enragées pour avoir judicieusement souligné l’incohérence des allumeuses qui s’indignent de l’attention qu’elles ont délibérément provoquée;  un journaliste a dû s’excuser pour avoir ri d’une blague salace, certes,  mais pas méchante à propos de la candidate bloquiste Catherine Fournier, photographiée en pâmoison devant son chef, Gilles Duceppe; le député conservateur Larry Miller a dû présenter des excuses injustifiées pour avoir affirmé que les femmes qui ne voulaient pas dévoiler leur visage lors de leur assermentation en vue de devenir citoyennes canadiennes auraient mieux fait de rester « là d’où elles venaient », une évidence. 

Et le problème n’a rien de local.  En Grande-Bretagne, un prix Nobel de sciences a dû démissionner de l’université dans laquelle il enseignait pour avoir dit que, dans les salles de cours, les femmes tombaient en amour avec les hommes, les hommes avec les femmes, et que ces dernières pleuraient quand on les critiquait.  Il avait apparemment raison, mais ne supposait pas qu’elles pouvaient aussi lui faire perdre son emploi… 

Un projet de recherche révélateur… 

Ces réalités qu'on veut taire...
Dans une chronique de 2012,  je révélais déjà que les féministes d’État souhaitaient museler tout discours menaçant leur hégémonie idéologique et leur mainmise monétaire (subventions) en accusant leurs adversaires de propager un discours haineux envers les femmes et elles-mêmes. 

J’y citais un projet de recherche initié par la Chaire Claire-Bonenfant, de l’université Laval, et intitulé Internet et la violence: Le contrôle juridique des sites Internet violents envers les femmes. Analyse de la situation canadienne.  Le propos de cette initiative démontrait on ne peut plus clairement à quel point, écrivais-je, « les médias sociaux représentent une menace constante pour les féministes radicales, par le fait que les chiffres pourtant gouvernementaux qu’elles souhaitent taire, les injustices faites aux hommes qu’elles voudraient étouffer (les injustices ou les hommes, faites votre choix) et le discours critique sur leur déviance éthique - vers des objectifs exclusivement corporatistes - qu’elles désirent annihiler, les perturbent.  »

Horrible, non ?… Mais comment faire taire ces médias sociaux « antiféministes » ? interrogeais-je :  « Il semble que l’avenue judiciaire soit envisagée, puisqu’il est question de «  contrôle juridique », ce qui implique automatiquement, que ça plaise ou non, le concept de censure. »  Le projet de loi 59, mieux qu’esquissé…

Bouleversées, elles renchérissaient : « Leur discours (des vilains « masculinistes ») attire l’attention des médias, en plus d’avoir beaucoup d’influence tant sur les hommes que sur les femmes. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir, entre autres, de ces groupements de menacer les acquis des femmes et d’inciter à la violence envers elles. Grâce à Internet, ces groupements propagent, à peu de frais, une vision misogyne qui attise la violence contre les femmes. »  Non, les fausses allégations, ça n’existe pas, voyons…

Comment ne pas voir de liens entre le projet de loi 59 et l’extrait suivant : « Entre autres, on assiste à la mise en ligne de sites Internet, par des groupes « masculinistes », dédiés à la promotion des droits des pères et des hommes. Ces sites sont en réaction contre les acquis des femmes, les groupes de femmes, et le mouvement féministe. En plus de déformer les faits concernant les femmes, ils sont souvent violents dans leurs propos envers le mouvement féministe et les femmes, dans leurs représentations des femmes, ainsi que dans leurs recommandations de toutes sortes. »  Une telle démonisation d’hommes déjà lésés par un système judiciaire inféodé aux diktats féministes étatiques, ce n’est pas une forme de haine et de violence, peut-être ? 

Ça commence avec les rappeurs et... 

Mais défendre Adil Charkaoui, l'ami des femmes, c'est cool...
On retrouve un écho on ne peut plus évident de cette orientation idéologique dans la récente prise de position de Françoise David, tirant profit de la venue d’un rappeur controversé, l’été dernier, qui ferait l’apologie du viol collectif dans l’une de ses chansons.  Comment ne pas voir le jeu de la porte-parole de Québec solidaire, qui a pourtant déjà soutenu publiquement Adil Charkaoui, essayant d’utiliser un cas isolé extrême en vue de faire taire des voix d’autant plus dérangeantes qu’elles seraient modérées et pertinentes ?

Le très démocratique Huffington Post, qui m’avait incidemment affirmé qu’il se retirait du « débat masculinistes vs féministes » en fermant mon blog, relaie minutieusement le propos de Mme David : 

«  Alors qu’on associe plus souvent le projet de loi 59 aux islamistes, Françoise David croit qu’il permettra de lutter aussi contre les discours haineux envers les femmes, que ce soit dans les médias traditionnels, les médias sociaux ou sur scène. «Est-ce que ce n’est pas utile d’avoir une loi qui vient dire "là-dessus, comme sur d’autres manifestations de haine à l’égard de d’autres groupes vulnérables, qu’il y a une sorte de ligne qu’on ne peut pas franchir"?» demande la porte-parole de Québec solidaire. »

Tout en prétendant rassurer les humoristes sur leur droit de parole, elle est citée : «Pour Françoise David, les propos misogynes des rappeurs pourraient, dans des cas bien précis, être couverts par le projet de loi 59. «Si leurs propos constituent des appels répétés à la haine contre les femmes […], moi je vais dire ‘oui, on peut les poursuivre’. Après, le tribunal tranchera», dit-elle. »

Eh oui, à l’ombre des chartes des droits et libertés, de l’islam politique envahissant et du féminisme d’État sclérosant, « après, le tribunal tranchera… »

Après quoi ?  Mais après le projet de loi 59 devenu loi, pardi !

samedi 19 septembre 2015

La galanterie masculine, une « forme de violence et de possessivité », affirme une féministe…

Bon, la féministe en question étant Judith Lussier, il n’y a pas là de quoi se surprendre.  Rappelons qu’il s’agit de la bloggeuse qui, en juillet 2013, se disait « terrorisée », selon ses propres termes, à l’idée de circuler dans les rues avec sa jolie robe blanche, tant elle se sentait convoitée par le mâle désir hétérosexuel que son sex appeal affolant ne manquait pas de déclencher.  

Judith Lussier condamne la galanterie masculine...
Assez étrangement, ma blonde, très jolie femme à la taille de mannequin, arborait elle-même l'été dernier une très élégante robe blanche au décolleté seyant, sans se sentir le moins du monde victime d’attentions déplacées.  Peut-être ne réalisait-elle pas l’étendue de son oppression patriarcale ?  Loin de voir la gent masculine en prédateurs potentiels, me disait-elle, elle trouvait l’homme québécois très respectueux, pour ne pas dire inhibé, en raison de la muraille de soupçons de perversion et d’obsessions sexuelles que 50 ans de féminisme militant avaient construite autour de lui. 

Par delà Judith Lussier…

Les propos de Mme Lussier ne vaudraient pas une seule réplique si ils n’étaient pas représentatifs d’une mouvance lourde et insidieuse.  Plus inquiétant encore, il s’agit du point de vue d’une jeune femme qui s’inscrit dans le courant de ce que d’aucuns appellent désormais le néo féminisme.  En clair, il existe une relève au discours féministe dépassé que nous ne connaissons que trop bien depuis les années soixante.

Je précise que c’est en réponse à la lettre ouverte de France Picard, une citoyenne précisément lucide sur les dérives du féminisme, que Mme Lussier s’est sentie obligée de prendre position.  Mme Picard affirmait, parmi plusieurs constats pertinents :

«Les hommes ont perdu leur belle galanterie. Ils n'osent plus ouvrir la porte aux femmes, ils ont peur de se faire recevoir par une boutade. Dommage. »

Ce à quoi Mme Lussier a répliqué :

« Pour ce qui est de la galanterie masculine, je comprends qu’elle puisse vous manquer. Cependant, qu’est-ce que cela signifie réellement lorsque, dans une société, les membres d’un groupe d’individus ouvrent les portes, protègent et rassurent les membres d’un autre groupe quant à leur apparence physique? N’est-ce pas une autre façon de dominer affirmant sa supériorité? Ça vous paraît peut-être antinomique, pourtant, de nombreux chercheurs ont associé la galanterie à une forme de violence ou de possessivité. »

L'homme idéal, selon le néo féminisme...
Il faut le lire pour le croire !   
  
Alors, messieurs, réalisez-vous l’oppression que vous faites subir aux femmes dès que vous leur tenez la porte ou les complimentez sur leur apparence ?  Vous pouvez faire de même avec les hommes et les enfants, mais avec les femmes, oups !   Vous dominez ces petits être fragiles et sans défense en « affirmant votre supériorité » !  Ça ne prend vraiment pas grand chose pour écraser une femme dans l’optique de néo féministes comme Mme Lussier.  On peut même sans hésiter constater la misogynie de la bloggeuse quand on voit à quel point elle infériorise les femmes en leur prêtant une vulnérabilité misérabiliste et pathologique que la grande majorité n’a pas.

Comme bien des féministes, Mme Lussier reste très discrète sur ses sources quand elle cite ces conclusions farfelues qui auraient été émises par « de nombreux chercheurs » qui auraient « associé la galanterie à une forme de violence ou de possessivité. »  D’où sortent ces pseudos chercheurs ?  Du Conseil du statut de la femme ?  De la Fédération des femmes du Québec ?  De l’Institut de recherche et d’études féministes ?  du Regroupement québécois des Calacs ?  Existe-t-il encore une citoyenne ou un citoyen, doté d’esprit critique, qui prenne toujours à la sérieuse les élucubrations de ces instances ?

Les affirmations fumeuses de Mme Lussier transpirent la misandrie la plus primaire, ce qui en fait une misanthrope accomplie.  Quand on se montre à la fais misandre et misogyne, c’est l’humanité entière que l’on condamne, même en ayant l’air de vouloir sympathiser avec les « victimes » du patriarcat.

Ne reculant devant aucune incohérence, Mme Lussier affirmait néanmoins, quelques lignes plus haut, toujours en réponse à la lettre de Mme Picard : « Je connais plusieurs courants féministes, dont certains m’irritent plus que d’autres, mais aucun qui ne rabaisse les hommes. »   Les hommes étant  sans doute de par nature plus bas que terre, il doit par conséquent devenir impossible de les rabaisser, faut-il conclure, à la lumière du point de vue de la bloggeuse sur la galanterie masculine.  Parlez-moi d’une cohérence douteuse…

Mais c'est pas tout...

Le reste du texte de Mme Lussier regorge des sophismes prévisibles visant à présenter les femmes comme les éternelles victimes d’un patriarcat omniprésent.  Elle reprend les tyroliennes bien connues que sont la sous représentation des femmes en politique (On ne se demande jamais si les femmes ne seraient pas nettement moins intéressées par un domaine d’activité harassant, compétitif et agressant qui exige énormément de sacrifices au plan familial.); la tyrannie des tâches domestiques (On ne s’interroge jamais sur les travaux de bricolage, de plomberie, de menuiserie, d’électricité, de rénovations que les hommes effectuent plus souvent que les femmes.); les emplois à temps partiel (On présume encore que c’est toujours pour prendre soin des enfants, mais combien de femmes continuent, même quand les enfants sont d’âge scolaire, à travailler à temps partiel et à garder parfois le fruit de leur labeur quand Monsieur, qui travaille à temps plein, et parfois en surtemps, paie pour toutes les dépenses familiales.); la dissuasion présumée imposée aux femmes pour ce qui est des domaines d’emploi masculins tels que la construction, les sciences, les chiffres (Mme Lussier n’a apparemment pas entendu parler des programmes de discrimination positive favorisant l’inclusion des femmes en sciences, pas plus qu’elle ne semble au courant du programme, au secondaire, les filles et les sciences, un duo électrisant, ou des programmes universitaires Chapeau les filles et Excel Science.).

Oui, elles doivent s'exprimer !

Les féministes doivent pouvoir afficher leur « pertinence »...
Je lis souvent des commentaires à l’effet que les féministes radicales ne devraient pas avoir de tribune.  Je suis trop attaché à la liberté d’expression pour ne pas être fermement opposé à un tel point de vue, surtout après avoir vu mon blog fermé arbitrairement et abruptement par le Huffington Post.  Je dirais même mieux : plus les féministes misandres disposeront d’opportunités de s’exprimer, et plus vite le grand public prendra conscience de l’étendue des dérives de leur discours.  Tôt ou tard, nos dirigeants devront tenir compte de l’opinion populaire et faire les choix qui s’imposent, entre autres pour ce qui est du financement d'errances évidentes. 

Voilà un avantage certain d’une société démocratique dans laquelle même les points de vue les plus insensés doivent être exposés… pour mieux les contester !

mardi 1 septembre 2015

« Affaire » Julien et Picotte : quand la balourdise attise l’extrémisme…

Un psychodrame féministe sans l’intervention caricaturale du Conseil du statut de la femme et d’un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, c’est comme un short cake aux fraises sans fraises : il manque l’ingrédient de base pour que le dessert porte son nom. 

Les « accusés », Guy Julien et Yvon Picotte.
D’abord un bref rappel des évènements à l’origine de cette nouvelle montée militante : Lors d'une conférence de presse, Guy Julien, ancien ministre et maintenant administrateur au Groupe RCM, accuse une journaliste, Marie-Claude Julien, de salissage à propos de reportages traitant notamment de la rémunération que lui et Yvon Picotte, également ancien ministre, reçoivent dudit groupe.  Il lui enlace ensuite les épaules, lui fait une accolade non sollicitée, lui caresse les cheveux et lui dit qu’elle a grossi.  Fier de son coup, notre homme retrouve Yvon Picotte, lui fait part de son commentaire, et les deux administrateurs éclatent de rire devant un micro de Radio-Canada.

Je rappelle ma position exprimée hier dans mon dernier billet : Julien avait le droit d’exprimer sa colère envers les reportages de Mme Julien, si pertinents aient-ils pu se révéler; nous sommes en démocratie.  Son geste de l’enlacer, de lui caresser les cheveux et de lui donner une accolade non sollicitée est par contre condamnable et peut légitimement être interprété comme de l’intimidation.  

Son commentaire sur son tour de taille ne brille pas par la subtilité, mais une journaliste aguerrie est censée en avoir vu et entendu d’autres.  Qui plus est, elle peut user de son droit de réplique en soulevant, avec raison, que le physique de son interlocuteur se rapproche bien davantage de celui d’un lutteur de sumo que de celui d’un Adonis.

Il était légitime, dans un tel contexte, que la FPJQ prenne position.  Mais de là à parler d’agression physique, je ne mange pas de ce pain-là.  Une expression aussi forte, appliquée à un geste certes déplacé et répréhensible, mais pas criminel, vient banaliser les véritables agressions physiques impliquant coups, blessures et agressions sexuelles véritables.  

À force de crier au loup pour un oui ou un non, on atteint l’effet contraire à toute sensibilisation et on banalise une problématique sévère.  Je trouve tout aussi inadéquat de la part de la FPJQ d’attribuer un égal niveau de responsabilité à Yvon Picotte, qui a eu le malheur de rire, qu’à Guy Julien.  Le rire serait-il devenu une agression physique ? 

Le meilleur était à venir… 

Julie Miville-Dechêne, à contresens...
Ne reculant nullement devant cette occasion de justifier son généreux salaire de 165 000 $ par an, la présidente du CSF, Mme Julie Miville-Dechêne, allait se jeter dans la mêlée.  Je dois dire que je suis en partie d’accord avec son intervention, mais ne souscris en rien à son ton ampoulé et à ses contresens, tels que relatés dans Le Nouvelliste :

« La première chose qui est horripilante, c'est que cet homme-là a dépassé les bornes en touchant cette journaliste et en ayant un acte qu'on peut considérer comme paternaliste, d'une certaine façon, en lui flattant les cheveux», dit-elle.

M. Julien a ainsi démontré qu'il croyait avoir le droit de toucher au corps de cette femme, «ce qui était non indiqué, déplacé et certainement une forme de harcèlement», analyse la présidente du CSF.

«C'est carrément de l'intimidation que M. Julien fait», estime Mme Miville-Dechêne. »

Si JMD a raison d'évoquer l’intimidation, elle exagère quand elle accuse l’ancien ministre de harcèlement, à moins qu’elle ne soit au courant de nombreux gestes déplacés posés par M Julien sur la journaliste, et qui auraient été tus par les médias, ce qui serait étonnant.  

Selon une définition de Wikipédia : «Le harcèlement est un enchaînement d'agissements hostiles dont la répétition affaiblit psychologiquement l'individu qui en est la victime. Ce type de comportement peut être habituel et impliquer le statut social et physique. »  Je cherche encore la répétition dans le comportement de Julien.

La présidente du CSF dénonce également le paternalisme de Guy Julien, un mot qu’elle emploie sans doute en lien avec le concept de patriarcat, si cher aux féministes d’État.  

Toutefois, le Larousse donne deux définitions qui cadrent mal avec l’usage que JMD fait de ce mot : « * Conception selon laquelle les rapports entre patrons et ouvriers doivent être régis par les règles de la vie familiale, caractérisées par l'affection réciproque, l'autorité et le respect. (Il a été théorisé par Fréderic Le Play.)  * Comportement, attitude consistant à maintenir un rapport de dépendance ou de subordination tout en lui donnant une valeur affective à l'image des relations familiales. »  

J’avoue que l’aspect « familial » du comportement de M Julien m’échappe complètement, tout comme les valeurs  « caractérisées par l'affection réciproque, l'autorité et le respect », encore qu’un chroniqueur montréalais n’ait pas hésité à traiter les deux acolytes de « mononcles ».  Madame Miville-Dechêne réalise-t-elle vraiment le sens de ses paroles ?

Joëlle Boucher-Dandurand en rajoute...
Renchérissant sur les propos de JMD, la coordonnatrice au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Joëlle Boucher-Dandurand, établit un lien de cause à effet entre les reportages de la journaliste et la riposte de Guy Julien, ce qui relève de l’évidence.  

Elle ajoute : «On peut voir là-dedans du harcèlement sexuel et il y a vraiment une violence psychologique derrière ce geste-là. C'est une agression. Le contact n'était pas désiré et l'on voit tout le pouvoir qu'il essaie d'avoir sur elle en faisant des commentaires comme ça sur son corps», dit-elle. Il s'agit, explique-t-elle, d'une tentative de la «déstabiliser complètement, de l'arrêter dans ses démarches ou de lui enlever sa confiance en elle devant la caméra, dans son métier», explique la porte-parole du CALACS. »  Vue sous cet angle, la journaliste semble bien vulnérable…

Pour comprendre les propos extrêmes de JBD, il faut savoir qu’aux yeux des CALACS, tout geste à connotation sexuelle imposé devient automatiquement une agression sexuelle.  Reste à déterminer si l’intention de Guy Julien, si stupide et maladroite puisse-t-elle sembler, était bien à caractère sexuel.

Je le répète, le fait d’imposer un contact physique non désiré à Marie-Claude Julien était déplacé, vulgaire et condamnable.  Mais le fait d’accoler à un tel comportement des expressions aussi graves que « agression physique », « violence psychologique » ou « harcèlement sexuel » risque d’entrainer un effet tout à fait contraire à celui escompté.

Non seulement les prises de position de la FPJQ, du CSF et du CALACS, par leur caractère extrémiste et paradoxalement banalisant, n’aideront pas les véritables victimes d’agressions, de harcèlement et de violence, psychologique ou autre, mais Marie-Claude Julien pourrait bien finir par passer pour une frêle petite victime sans défense ni mordant, ce qu’elle n’est probablement pas.

Voltaire, plus qu'intimidé, mais combatif...
Comme le disait si bien Voltaire: « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis.  Quant à mes ennemis, je m’en charge ! »  En voilà un qui en connaissait un rayon quant à l’intimidation subie sous toutes ses formes, incluant une incarcération de 11 mois à la Bastille.  Faut-il alors conclure qu'un homme, c'est plus coriace ?