dimanche 6 août 2017

Les réseaux sociaux, une arme pour les pervers narcissiques ?

Pour quiconque en a croisé, poser la question, c’est y répondre.  Après tout, on entend de plus en plus parler de leurres informatiques ourdis par des pédophiles ou des manipulateurs qui séduisent leurs victimes pour mieux les pigeonner.  Il est donc normal que des prédateurs relationnels comme les pervers narcissiques recourent aux mêmes technologies pour hameçonner leur proie…


N'oublions pas que la perversion narcissique peut être aussi féminine...
Pour illustrer mon propos, j’aurai recours à un exemple impliquant une perverse narcissique, pour faire changement de l’habituelle rhétorique de l’homme pervers narcissique et de la pauvre femme victime, en passe de devenir un véritable stéréotype sexiste.  Bien entendu, mon exemple sera tout aussi valide pour un homme PN que pour une femme.

Que la perverse narcissique passe par les réseaux sociaux ou qu’elle vous côtoie au travail, dans votre famille ou dans votre cercle d’amis, le déroulement de la relation avec ce vampire relationnel sera toujours le même.  Un malheur n’arrivant jamais seul, c’est souvent au cours d’une passe difficile, perte d’emploi, peine d’amour, deuil dans la famille, que « votre » perverse narcissique se manifestera.

Vous en avez déjà croisées auparavant et su les détecter, votre système d’alarme intérieur vous ayant carillonné de vous sauver !  Mais voilà, cette fois, cette femme vient de vous faire une demande d’amitié Facebook.  Toute sa manière d’être, la voix, ses intonations, ses expressions faciales, ses sourires, ses hésitations, sa gestuelle, sa démarche, bref, tout ce qui aurait pu vous amener à vous interroger vous échappe.  Tout ce que vous savez d’elle, c’est ce qui apparaît sur votre écran, assorti de quelques photos qui peuvent être fausses.

Dès les premiers instants, vous sentez malgré tout une complicité instantanée s’établir entre vous deux.  Au fil d’échanges de plus en plus quotidiens, vous découvrez en votre nouvelle « amie » une compagnonne ayant les mêmes valeurs, les mêmes aspirations, les mêmes goûts, les mêmes biorythmes.  Ma parole !  Mais vous avez trouvé l’âme sœur !  Nul doute que vous finirez vos jours dans le même CHSLD, main dans la main, le trépas de l’un suivant de quelques minutes seulement celui de l’autre.  Quelle belle image…

Ouais, ben…

Peu à peu, vous passez du clavier au téléphone, et votre nouvelle flamme devient plus brûlante jusqu’à ce que, après qu'un très fort désir de vous voir succède à une vague attirance, vous décidiez enfin d'une rencontre.  Et c’est le grand choc amoureux !  Si elle réside dans une autre ville, vous ne visiterez pas l’endroit, occupé que vous serez à faire la navette entre sa chambre à coucher et sa cuisine, passant nettement plus de temps dans la première pièce que dans la seconde…

Vous vivrez des instants idylliques… jusqu’à ce que les crises de jalousie commencent, de plus en plus fréquentes, et viennent entrecouper - pour ne pas dire saboter - ces moments de grâce.  De magnifique, douce, enjouée, complice, câline, sensuelle et passionnée, votre amante deviendra, d’une minute à l’autre, tendue, glaciale, haineuse, revancharde, harcelante, vous mitraillant de questions sur vos relations féminines et doutant de toutes vos explications.  Docteure Jeckyll alternera avec Mrs Hyde…

Vous vous direz bien sûr que le temps fera son œuvre et que la confiance s’installera.  Oubliez ça !  Plus le temps passera, pires seront les crises, au point où vous vous demanderez comment cette femme qui était devenue le soleil de votre vie puisse à ce point s’être métamorphosée en virago dont les prochains courriels, les prochains coups de fil, seront redoutés comme autant de coups de poignard invisibles dans vos entrailles.

Vos proches auront beau cependant tenter de vous ramener à la raison, vous restez sourd à leurs appels, convaincu que vous êtes que votre amoureuse est la première victime de sa jalousie morbide, de son insécurité, de sa peur d’être abandonnée.  Et le pire, c’est qu’elle vit réellement tout ça, projetant sur vous ses propres infidélités, ses propres dissimulations, ses propres mensonges…

La situation dégénère finalement au point où, n’en pouvant plus, vous prenez une distance de la relation.  Loin de votre amoureuse, vous retrouvez un peu d’une sérénité que vous aviez perdue.  Vous avez le sentiment que vous avez commencé à vous désintoxiquer d’elle.  Ce que vous aviez pris pour le grand amour n’était finalement que dépendance affective, l’oasis n’était que mirage…

Vous en arrivez à la conclusion que la rupture définitive devient la seule solution.  Une période de deuil s’ensuivra, entrecoupée de vagues à l’âme, mais au cours de laquelle vous vous reconstruirez peu à peu, sentant vos plaies intérieures se cicatriser et votre confiance en la vie revenir.  Vous serez plus fort qu’avant d’avoir croisé votre prédatrice.  Ce qui ne nous tue pas nous renforce, dit un proverbe…

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